Le Tampographe Sardon
Publié le 13/11/2014

Dites-le avec des fleurs !


Le Tampographe ne fabrique jamais de tampons sur commande. Il n'aime pas les artistes, il s'intéresse pas à leur travail, il n'a aucune curiosité pour les merdes qu'ils produisent généralement, s'il pouvait il les emploierait volontiers à goudronner les routes, curer les fossés, vider les poubelles ou creuser le canal Seine-Volga.

Son site : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/ 

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Le 29 juin 2014 à 11:07

Premières fois...

Et au lit, comment ça se passe ? C'est à peu près la question que j'avais posée à une quarantaine de personnes lors d'entretiens anonymes qui avaient nourri Sous ma peau, mon précédent spectacle. Je poursuis cette plongée dans l'intime en m'entretenant à présent avec des adolescents. Ils me confient leur "première fois".  Charlotte (15ans)– Moi je croyais que j’allais avoir un feu d’artifice à l’intérieur, alors j’ai pensé : Je suis infirme...! je ne trouve pas le plaisir …Anna (18ans)– Je ne lui ai pas dit que j'étais vierge ... On parlait pas la même langue, il était Libanais. Déjà c'est pas des sujets faciles à aborder, mais en plus dans une autre langue... Ça a été atroce parce que j'ai eu super mal. Mais ce qui était trop cool, c'est que quand il s'en est rendu compte, Il m'a dit : « Eh ben, eh ben... mais pourquoi tu me l'as pas dit ? »Il était très touché, il a fait vachement gaffe après. Comme il y avait du sang, il m'a emmenée à la salle de bain, il m'a lavée.... il m'a habillée… il m'a pris dans ses bras… il m’a câliné… C'était très joli...Joe (16ans)– Moi la première fois que j’ai failli réussir à ne plus être puceau, j'étais avec un pote à moi, Victor et sa copine et il y avait aussi une très jolie fille blonde, Clémence : des gros seins, un beau cul, une danseuse, cool... On buvait... on parlait cul.Victor, il paie pas de mine, hein, il est moche. C'est mon pote mais il est moche, il est petit et gros mais il se tapait des boulets de canon.A un moment il a dit : « Bon ben nous, on va baiser. » Ils y vont.Clémence et moi on se regarde et on monte aussi dans la chambre.« – On va essayer de faire l'amour aussi. »  Ah ! ben oui, d’acc ! Faites l'amour. »Ils étaient là, nous on était là. J'ai la trique, tout va bien. J'enfile la capote, on commence à s'embrasser, j'entendais l'autre jouir derrière, c'était énorme . Putain, ça va le faire ! Et là elle me regarde dans les yeux et elle me dit : « C'est ma première fois, donc t'y vas doucement. »Euh !!!! Bon d'accord, OK. J'essaie de rentrer, j'arrive pas à rentrer. Beppp je débande. Victor et sa copine, ils arrêtent :« Qu'est ce que t'as mon pote ? T'arrives pas à bander ? »Clémence elle dit : « – Tu veux te regarder un film de cul, Joe ? Peut être ça va te redonner la trique. »« – Oh…!!! Ben non, t'es là à côté de moi, t'es magnifique, je vais pas regarder un film de cul! »Je me souviendrais toute ma vie de ce jour-là, toute ma vie... Illustration : Sous ma peau, Geneviève de Kermabon DR

Le 10 mars 2015 à 08:19

L'autre, espèce menacée

Dans mon pays, noir comme la beauté, où il pleut du soleil sur l'humain à longueur d'année grégorienne, nous avons un problème : nous ne sommes, en définitive, que des Hommes. Nous aimons, haïssons... et avons la perfidie fatale et suave d'être des Hommes dans toute la complexité contiguë au genre.Donc, dans mon pays, noir comme un jour de guerre, il y a une sagesse colorée qui dit : "Celui qui n'a personne ne se permet d'avoir une plaie dans le dos". Au delà de la proverbialisation atypique de la langue fongbé* que j'ai essayé de traduire sans en altérer l'essence du sens, que comprendre de la sagesse tropicale de mes ancêtres ? N'avoir personne au Bénin porte le sens de "ne pas avoir de famille (père, mère, frères/sœurs...)." C'est qu'au Bénin, l'individu se définit par le patronyme et par sa provenance géographique sur les 112.622 km² du territoire-pays. Et quand un Béninois rencontre un Béninois, il recherche l'altérité du Béninois d'en face. Parce que le ciment social n'a pas la même portée sémantique, cognitive ou sociologique partout sur notre belle bleue tourneuse, ici, il commence par "Comment t'appelles-tu?" et "De quelle région es-tu?" avant le "Je t'aime" expiatoire qui re-lie les sables liés dans le sablier de l'humain, ou le fatal "Tu es l'autre" qui ostracise et jette aux gémonies l'humain de par le fait de l'humain. Je suis l'autre, mais dans la communauté de nos peines et de nos pains ; de cette terre, ses scènes et son sein, il nous reste – c'est ma foi têtue – une parcelle de poésie qui nous permettra de sauver "notre" espèce car si je suis ton autre, tu es le mien. Nous sommes tous les "autre" des uns. De mon pays, noir comme un espoir, j'inaugure le geste enfanteur. Je croque la pomme en égérie sacrificielle d'un poème nouveau pour qu'il ne soit mal écrit et je signe l'ouvrage entamé de l'unique ardeur de mon vœu vivant.  C'est une invitation violente : "Inhumons l'inhumain" et soyons l'autre qui aime l'autre ! ______________________ *Fongbé : langue du continuum "gbé" parlée majoritairement au Bénin et au Togo (Afrique de l'Ouest)

Le 26 mai 2014 à 09:19

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Y-a-t-il des mots qui font du bien?

OUI. Par exemple, les mots amour, savon, choucroute garnie, vins des pays de Loire, caresse, câlin, viens dans mon lit, copains, joie, pâtisserie, service après-vente gratuit, soldes sur la lingerie fine, plombier à l'heure, sieste, Mozart, soleil, farniente, barbecue (à gaz ou pas), théâtre, ouvreuse sexy, où sont les toilettes, ma petite chérie? La liste est loin d'être close et chacun peut la compléter selon ses goûts. Ceci étant dit, les mots sont réversibles : un mot sensé faire du bien peut renvoyer à une réalité désagréable ou affligeante. Un barbecue, cela peut vous exploser à la gueule. Toutes les ouvreuses ne sont pas sexy : j'en connais qui pourrait être maître-chien. Mon plombier arrive à l'heure, mais c'est juste pour me faire un devis. Et que dire de la lingerie fine, si on n'a personne à l'offrir ? Que dire encore d'une choucroute garnie à laquelle il manque deux saucisses ? Et je ne parle même pas du savon sur lequel on glisse dans la baignoire, de l'amour de ma vie qui ne veut pas qu'on la caresse, des copains qui ont passé l'arme à gauche, de mes voisins qui préfèrent Céline Dion à Mozart et qui m'empêchent de faire la sieste, merde ! Bref, méfiez-vous des mots qui font du bien : il se pourrait qu'ils fassent très mal. La semaine prochaine, justement, nous parlerons des mots qui blessent comme redressement fiscal, hachoir à viande, Syrie, andouille, mine anti-personnel, enfoiré. Et si vous êtes bien sage, on fera un abécédaire !

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