Gamer et Fingal
Publié le 03/12/2015

Changements climatiques


Eliott Gamer en eut un jour marre de dessiner dans les marges de ses cahiers. Il décida d'un seul coup qu'il allait prendre ses cours dans les marges et dessiner au centre. Puis il est rentré en école de dessin d'animation, tout en tenant un blog qui fait sourire dans les chaumières.
Quant à son cousin, Clément Fingal Bénech, après avoir cherché toutes les contrepèteries cachées dans le mot "chambranle", il a commencé un blog d'humour dont l'apparente légèreté en cache en fait une véritable. 

Plus de...

Blogueurs BD

 ! 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 14 novembre 2013 à 09:09

La Transat de «Coiffure Bergnol»

Journal de bord 1

Bob et moi avons pris jeudi le départ de la Transat en double Jacques Vabre. Notre monocoque de 40 pieds s’appelle Coiffure Bergnol. On a fière allure avec nos barbes de vieux loups de mer et nos maillots siglés d’un peigne et d’une brosse. Ca y est, il est 13 h et tout le monde est parti – sauf nous. Problème technique. Un enfant habillé en marin nous a indiqué qu’une ficelle retenait notre navire au quai. A la sortie du Havre un panneau indique Atlantique Sud : nous faisons route toutes voiles dehors. Le challenge n’est pas pour nous seulement sportif : il est aussi industriel. Notre sponsor souhaite que nous testions en conditions extrêmes des brushings haute résistance et des laques imperméables. « La France est dans la brume ! » a crié Bob. Peut-être que ce voyage a aussi une dimension spirituelle et politique : s’éloigner pour prendre de la hauteur, et mieux réfléchir à tout un tas de choses. De là où nous sommes, peut-être éclairerons-nous la France. Nous doublons notre premier concurrent, il est 17h. Bob a cru reconnaître Michel Desjoyeaux – même si moi, je doute qu’il traîne avec lui des filets de pêche. Nous avons couru à l’arrière pour lui faire des bras d’honneur et lui envoyer nos tubes de vieux shampoings vides. Le soir, premier repas frugal à bord. Bob a préparé des mignonnettes de saumon à la sauce béchamel avec leurs pommes de terre en robe de chambre ; en dessert, un baba et sa farandole d’éclairs. Puis nous avons fumé la pipe sur le pont en discutant tactique de course : Bob est pour se laisser porter par les vents, moi aussi, ce qui devrait en surprendre plus d’un. 21h, extinction des feux et dodo. Classement provisoire : 1er  GDF-Suez  (…) 27e Coiffure Bergnol à 2 jours.

Le 14 février 2012 à 10:52
Le 21 mars 2015 à 09:24

Je ne suis pas Julien Alpern

Je me suis déjà pris pour mon voisin. Un jour, je rentrais du travail, et je me suis retrouvé sur mon palier. Mais plutôt que de me diriger vers la porte de droite, celle de mon appartement, je me suis dirigé vers la porte de gauche,  celle de mon voisin. J'ai mis la clé dans la serrure, et la porte s'est ouverte. Si la clé n'avait pas correspondu à la serrure, comme ça aurait dû être le cas, tout serait rentré dans l'ordre, j'aurais fini par ouvrir la porte de droite, comme tous les jours, comme tous les soirs en revenant du travail. Oui mais voilà, la porte de gauche s'est ouverte. Et je suis entré chez mon voisin. Je suis resté dans le vestibule, incrédule, pendant quelques secondes. Je n'avais jamais pénétré chez lui. C'était exactement le même appartement que le mien, la même distribution des pièces, le murs de la même couleur crème, exposition sud-ouest comme chez moi, baie vitrée dans le salon et une petit fuite dans les toilettes, on entendait le même plic-plic-plic... Tout était pareil, mais le plan de l'appartement était inversé. Après un long moment de silence, j'ai fini par dire, assez fort : "C'est moi, chérie !", comme je l'entends faire parfois à travers la cloison. Surpris par ma propre voix, j'ai répété : "Chérie, c'est moi !". Et là, une voix de femme que je ne connaissais pas m'a répondu du fond de l'appartement : "Je me doute que c'est toi, Julien, qui veux-tu que ce soit d'autre ?". Je restais pétrifié. Je m'appelle Stéphane. Mes voisins ont un énorme rottweiler. Il a surgi d'une pièce voisine... et il m'a fait la fête !Finalement la voisine a fini par apparaître et elle est venue m'embrasser dans le cou. Je me suis retrouvé à table, au milieu du salon, avec une blanquette de veau dans mon assiette. J'ai fait la vaisselle, puis je me suis retrouvé au lit avec la voisine, nous avons fait l'amour, elle me murmurait "Julien, Julien"... C'était démobilisant. D'autant que je ne connaissais pas son prénom à elle. Je l'appelle toujours "Madame Alpern" quand je la croise dans l'ascenseur. Alors là, je lui disais : "Madame Alpern, Madame Alpern", je n'avais pas d'autre choix... Et manifestement, ça ne lui a pas déplu. J'étais au milieu d'un quiproquo de plus en plus indémêlable.Je suis resté quinze jours chez mon voisin. Je guettais la porte, je tendais le dos, je m'attendais à être démasqué. Mais personne, rien. Dans le même temps, je n'avais plus de nouvelles de ma propre épouse, alors même qu'elle habitait de l'autre côté de la cloison. Chez moi, quoi. Alors un matin, alors que je partais travailler à la SNCF, place de la gare, bureau 5146, là où travaille mon voisin, un matin, avant de descendre l'escalier, eh bien un matin... j'ai sonné chez moi. Pour retrouver mes marques à l'endroit. Et pour revoir un peu ma femme, à laquelle je suis attaché. Alors j'ai glissé la clé dans la serrure.  J'ai trouvé mon voisin chez moi, avec ma femme, mes chaussures, mon chien. Et avec un enfant,  un petit garçon de sept-huit ans. Alors que nous, nous avons une fille, déjà ado. Et le papier peint était nettement plus clair que dans mon souvenir. Mon chien m'a mordu. Ma femme a fait un pas en arrière et m'a appelé monsieur. Elle était blonde, alors qu'à l'ordinaire elle est châtain, avec des reflets roux. Le voisin lui était bien le voisin. Pas de doute. Il a claqué la porte sur moi. J'ai pensé appeler la police, expliquer qu'il y avait usurpation d'identité caractérisée. Et puis j'ai reconsidéré la situation. Je ne partais pas gagnant, je vivais moi-même depuis quinze jours la porte à côté, difficile d'expliquer ça aux autorités. J'ai préféré battre en retraite, pour prendre du temps, établir une tactique, y aller pas à pas, étape par étape. Ce jour-là, je ne me suis pas rendu au travail du voisin. Ni au mien. Je suis revenu dans l'appartement – du voisin. J'ai sorti le rottweiler. Et j'ai appris que Madame Alpern se prénomme Sophie.

Le 24 octobre 2011 à 08:12
Le 21 juillet 2010 à 08:53

Un maxi best of Proust s'il vous plaît !

Alors qu’hier soir, je franchissais gaiement le pas de ma porte dans le sens du retour, ma femme que j’aime bien et qui s’était approchée pour m’embrasser machinalement fut prise, à deux ou trois décimètres de ma personne, d’un vif mouvement de recul : « Ah mais… mais quelle horreur ! Tu pues la friture … ». Et bien oui chère femme que j’aime bien, j’ai lu Proust et maintenant je « pue » la friture, et alors ? Aurait-il été préférable que je rentre de ma journée de lecture parfumé de cuir et de tabac à pipe ? Aurait-ce été plus classe, plus raccord ? Moi, j’aime Proust et j’aime le Mac Do, et plus encore, j’aime lire Proust au Mac Do… Et Proust, c’est long ! Chère femme, chers tous, pourrais-je vivre un jour ma singularité en toute liberté, ou finirai-je ma vie seul, redoutant la mort qui me plongera dans l’enfer des monstrueux lecteurs, condamné pour l’éternité à me gaver d’interminables sandwichs de papier en cherchant en vain du regard quelques éclats littéraires sur les faces rugueuses de steaks hachés synthétiques ? Hermétique à ma soudaine désespérance, ma femme qui m’aime bien mais qui n’y connaît pas grand chose rayon bouquins, m’invita à aller terminer ma lecture sous la douche. Proust n’étant selon moi guère un auteur pour la douche, ce fut donc à poil en route pour la salle de bain que j’attrapai fièrement dans le couloir un recueil de poèmes de Paul Valery. J’aime lire Paul Valery sous la douche. Profondément, La Régie

Le 16 avril 2012 à 08:28

Chronique rurale

Huitième jour : l'enterrement de ma mère.

> Premier épisode                    > Episode suivant   Ce matin au petit jour, j’ai enterré maman sur la plage. Je l’ai récupérée après que la poule l’ait traînée toute la nuit et lui ait bouffée consciencieusement toutes les parties les plus grasses. Elle ne lui a laissé que les os et les poils. Beurk. J’ai dit une prière en espérant que quelqu’un l’entende, même si j’ai renoncé depuis longtemps à l’idée d’un Dieu « utilitaire ». J’ai l’impression en effet que la présence du Créateur est toute relative, c’est une sorte d’absence finalement. Ca ne me gêne pas outre mesure, d’ailleurs, puisque j’ai bien compris que vivre seul était précisément le principe de la condition humaine. Dieu nous propose de faire avec. Croire en Dieu est donc un acte purement gratuit, un des derniers encore possibles sur cette Terre. De cela je l’en remercie. Il faudra que j’en touche deux mots au Curé.   Après avoir sauté sur le sable à pieds joints pour bien tasser, j’ai quitté le corps de ma mère vers 9h30, et me suis dirigé vers le Nord. C’est ici que vous me retrouvez. Un vent saharien et radioactif me balaie gentiment la frange. Je croise un restaurant routier dont le toit, soufflé par l’explosion, a été entièrement recouvert de  cadavres d’ouvriers polonais employés par un sous-traitant de Bouygues sur l’ex-chantier de l’EPR, avant l’accident. Je les salue amicalement. Pas de réponse des polaks, belle mentalité !   Un peu plus loin, un peu plus tard. Dans une zone hyper- radioactive - comme l’est maintenant cette partie sinistrée de la Manche -, la sensation du temps est décidément très étrange. Je confirme même une nouvelle fois que je suis le témoin –et la victime- d’une véritable accélération du temps, une sorte de micro-climat spatio-temporel, encore un truc pas prévu par Einstein… Si je dis ça, c’est que mon ventre ne cesse de s’arrondir davantage, une journée semble être à minima l’équivalent d’un mois, et ce que je dois bien désigner comme mon utérus - malgré les doutes persistants sur ma féminité - est sujet à des contractions de plus en plus fréquentes. Je  suppose que j’approche du 7ème mois de grossesse. Je culpabilise un peu de n’avoir pas prévenu le Père et Nadine. Il me suffit pourtant de fermer un instant les yeux, et je les visualise tous les deux : l’un debout en chaire, éclairant les foules béates de la Maison de Retraite par ses enseignements contemplatifs ; l’autre assise en caisse n°4, éclairant pareillement la clientèle par l’évangile de ses deux seins fièrement dressés, son badge d’hôtesse ornant le droit tel un sermon sur la montagne.

Le 17 septembre 2013 à 08:51

La Russie veut bannir l'usage du signe « coeur avec les mains »

Moscou – Dans sa lutte tous azimuts contre les signes extérieurs de ce que le pouvoir en place qualifie de « propagande homosexuelle », plusieurs députés de la Douma ont proposé de bannir le signe « cœur avec les mains ». En effet, ils estiment ce geste dégradant et lié à une forme de propagande homosexuelle cachée. Faire un cœur avec ses mains pourra bientôt être passible d’amende et de prison à Moscou et dans le reste de la Russie. Ce signe des mains, au demeurant inoffensif et plutôt symbole de bonheur et d’amour partagé, est dans le collimateur des députés russes qui l’assimilent à une forme de propagande clandestine en faveur de l’homosexualité. Or, depuis peu, une loi très sévère interdit toute forme de publicité qualifiée d’homosexuelle. « C’est un geste dégradant, qui est clairement rattaché à la culture gay et homosexuelle notoire en Occident » a déclaré Leonid Breshiev, un des signataires de la loi qui veut bannir ce signe de Russie. « Personne ne fait ce genre de signes avec les mains de manière innocente, c’est dégradant, puéril et franchement un peu gay » ont pour leur part souligné plusieurs conseillers municipaux de la ville de Moscou, à l’origine de la proposition de loi. « C’est tellement ridicule, il y a une forme de dégradation de la personne humaine. Vous faites un cœur avec les mains et vous souriez bêtement et stupidement. ». Mais pour certains, cette loi est dirigée expressément contre les opposants aux récentes lois visant la communauté homosexuelle. Selon Antojn Armyanski, responsable local d’une antenne LGBT, ceci vise les manifestants qui protestent contre la loi : « Parfois nous faisons ce type de signes face aux policiers, pour leur dire que nous sommes non violents » Et de préciser «  Désormais dès que nous ferons ce signe, la police aura donc le droit de nous arrêter » s’inquiète-t-il, affirmant réfléchir à d’autres formes de protestation silencieuse. Mais d’autres députés russes souhaitent ne pas en rester là et demandent le bannissement des dessins de coeurs transpercés de flèches jugés trop violents pour les enfants. Le Gorafi

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication