Gamer et Fingal
Publié le 03/12/2015

Changements climatiques


Eliott Gamer en eut un jour marre de dessiner dans les marges de ses cahiers. Il décida d'un seul coup qu'il allait prendre ses cours dans les marges et dessiner au centre. Puis il est rentré en école de dessin d'animation, tout en tenant un blog qui fait sourire dans les chaumières.
Quant à son cousin, Clément Fingal Bénech, après avoir cherché toutes les contrepèteries cachées dans le mot "chambranle", il a commencé un blog d'humour dont l'apparente légèreté en cache en fait une véritable. 

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Le 23 octobre 2012 à 15:57

Le problème avec la déchéance de Lance Armstrong

Le problème avec la déchéance de Lance Armstrong c’est qu’elle risque fort de mettre financièrement dans la dèche de nombreux parents à travers le monde, car il n’est un secret pour personne que le célèbre cycliste américain, en héros international de la pédale avait suscité nombre de vocations pour la bicyclette, passion transmise dès le berceau aux jeunes générations auxquelles les exploits du Texan étaient racontés avec ardeur telles de fantastiques épopées, et que quiconque a récemment mis les pieds dans un Carrefour au rayon matériel scolaire a pu constater que l’Enfant, aujourd’hui, éprouve visiblement la nécessité d’être matériellement équipé de façon à rendre hommage à ses divers héros, et que par conséquent des centaines de familles à travers le monde vont devoir se priver dans le but de racheter ce weekend au petit dernier archifan du cycliste un cartable Dopera l'exploratrice, un exemplaire de Oui-Oui et la piqûre magique, un autre d’Harry Potter et le Cycliste de sang-mêlé, des caddies entiers de tubes de bonbons Mythos et de pastilles Triche-tac à seulement deux calories sans compter une paire de baskets La Coke sportif chez Décathlon, sauf que Décathlon, comme nom c’était bien beau mais après résultats de test anti-dopage, ça va peut-être être obligé de se rebaptiser “Biathlon” du coup, voire “Microathlon”, “Minigolf” ou même “Parcours de santé du dimanche pour senior dans la forêt de St-Cucufa” et ça, il faut bien avouer que comme nom c’est quand même vachement moins pratique à taper dans le GPS. C’est ça le problème avec la déchéance de Lance Armstrong.

Le 10 septembre 2015 à 08:04

En lisant Agamben

Entre tes mains l'argile prend formeL'homme de demain sera hors norme Bashung, Malaxe.   L'homme de demain sera quelconque. Aucun signe, aucune qualité, rien de discriminant, l'inessentiel sera l'ensemble de ses caractères. Une communion d'impropriétés le fera. Il sera : non-socialiste, non-capitaliste, non-communiste, non-anarchiste, non-catholique, non-musulman, non-athée, il ne sera pas bleu, rouge, blanc ni noir, il ne sera pas professeur, chômeur ni comptable. Non-encarté, il sera aussi bien non-politique que non-apolitique, il ne revendiquera pas et ne votera pas, n'ira pas en prison, n'aura pas d'opinion, ne parlera pas, mais ne se taira pas non plus, ne se cachera pas, ni ne s'exposera, ne sera pas menacé, ni ne menacera, n'appartiendra pas, ni ne possédera. Il saura se définir sans remplir un seul champ de formulaire, ni cliquer sur aucun bouton, ce sera la fin des panels et la mort des statistiques puisqu'un agent représentera l'ensemble indiscernable à lui seul. Il saura enfin ne pas abandonner ce qu'il ne peut pas, et conserver son absence de puissance comme étant sa geste. Le progrès nous amène déjà l'être que rien ne permet de distinguer ; cet être inessentiel qui est l'universel.  (D'après Giorgio Agamben, La communauté qui vient (théorie de la singularité quelconque), traduit par Marilène Raiola. Seuil, 1990.)   Ceci étant dit, l'idée de la singularité quelconque d'Agamben suppose un effacement des classes, elle est circonscrite à une zone très proche d'un "nous" où l'auteur du présent texte semble s'inscrire tout en voulant faire semblant, par citation et lecture, de ne pas s'inscrire. L'homme de demain pourra-t-il être non-pauvre ? Il sera plus probablement non-riche, l'est sans doute déjà. Pourra-t-il être non-masculin ? Sans classe, vraiment ? Cette analyse qui se veut texte, enfin, serait-elle non-intelligente et inessentielle ? Manque-t-elle de propriétés, ou d'impropriétés ?  

Le 14 juillet 2010 à 14:37

Kodi

On rigole bien en France. Kodi (Claude-Michel Wilfrid) a 26 ans.  Kodi avait un travail, une vie sociale et une vie tout court, comme tout le monde. Il habitait Port-au-Prince. Oui mais voilà : à Port-au-Prince il y a eu un tremblement de terre, et Kodi y a tout perdu, comme ça, en quelques minutes (certainement dans le but de faire son intéressant, Kodi, tout le monde le sait, est comme ça). Une explosion au propane, ça pardonne pas : Kodi est brûlé au visage, aux mains, au torse, au dos et aux jambes. Comme Kodi ne fait rien à moitié, il possède également de nombreuses plaies ouvertes, certainement pour se donner un genre, faire son rebelle et se la péter grave devant ses potes (quel sacripant ce Kodi!). Jusque là me direz-vous, ce n'est pas très drôle. Rassurez-vous, c'est maintenant que ça va le devenir, promis. Kodi, cet immonde opportuniste, a bénéficié de la mesure qui a permis à de nombreux Haïtiens de séjourner en France pour traitements d'urgence. Alors la France, comme c'est un grand pays, elle l'a soigné le Kodi pendant tout ce temps. Sans rien demander. Très généreusement. A Lamalou-les-Bains. Lamalou-les-Bains c'est très joli en plus. Parce que la France elle a la classe atomique : elle ne rechigne devant rien, et a un cœur gros comme ça. Oui mais voilà, Kodi est en France depuis bientôt trois mois, et la France, et bien, elle permet aux Haïtiens de ne rester que trois mois, c'est la loi (la France elle est altruiste mais elle a des règles). Alors dans sa très grande mansuétude, eh bien elle a décidé qu'il fallait le renvoyer à Port-au-Prince le Kodi. Parce qu'après tout la France, elle est bien gentille, mais cette petite frappe de Kodi faudrait pas qu'elle prenne ses aises ici et ne profite trop du système. Il est pas complètement soigné Kodi ? Bah, il avait qu'à cicatriser plus vite aussi (il est d'un lent ce Kodi... c'est le premier pour faire des conneries, mais pour ce qui est de cicatriser dans les délais impartis, on attend toujours...). Alors Kodi, on va le renvoyer là-bas. Bon d'accord, il ne peut plus vraiment se servir de ses mains, aura des difficultés certaines à retrouver du boulot dans son état mais bon, la France elle fait ce qu'elle peut hein et quand elle dit trois mois, et ben elle dit trois mois: la France, elle transige pas avec les contrats ! Le Kodi il est bien mignon, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus.  La France, elle aime pas les profiteurs. Quel salaud ce Kodi... Je vous l'avait dit, on rigole bien en France... > plus dans le Midi Libre > plus sur Facebook

Le 4 décembre 2012 à 12:04

L'Unicef lance un casting pour trouver des visages d'enfants encore plus tristes

L’humanitaire n’empêche pas le marketing. C’est en tout cas ce que montre cette singulière histoire révélée par le journal La Croix ce matin. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) entame visiblement sa petite révolution publicitaire. La célèbre agence, Prix Nobel de la paix, a lancé depuis trois semaines un casting géant aux quatre coins du monde. Avec un seul objectif : trouver des visages d’enfants encore plus tristes pour sa prochaine campagne d’affichage. Reportage.   Trouver le prochain visage de l’Unicef En France c’est l’agence de casting Talentuo qui a décroché l’appel d’offre lancé par l’Unicef. Dans un entretien accordé à La Croix, Didier Cros, son patron, revient sur la mission qui est la sienne depuis bientôt un mois : « Nous nous donnons encore deux mois pour trouver le jeune garçon ou la jeune fille qui deviendra l’emblème de l’Unicef pour les cinq prochaines années. Le cahier des charges imposé par les Nations unies est très strict : il ou elle doit avoir moins de 14 ans, il doit être pauvre, non caucasien, si possible sale mais pas trop. Enfin, et c’est le point le plus important de notre recherche, il doit être en mesure d’adopter une expression profondément triste sur son visage. » Ce dernier point semble au cœur de la démarche de l’Unicef, comme le confirme Marixie Mercado, porte-parole de l’organisation : « Au regard des précédentes campagnes, nous nous sommes aperçus que les enfants que nous choisissions étaient tristes certes, mais pas assez pour inciter à un passage à l’action. Ils avaient beau avoir le visage décharné par la malnutrition ou des mouches dans les yeux à cause du manque d’hygiène, cela n’était pas suffisant pour interpeller l’opinion publique. Nous voulons désormais revenir aux fondamentaux. Ce que nous recherchons, désormais, c’est un garçon ou une fille capable de véritablement jouer une tristesse viscérale ou, à défaut, quelqu’un qui soit profondément triste dans sa propre vie. » L’agence Talentuo sillonne donc les routes de France depuis début novembre à la recherche de ce jeune talent. Pour l’instant, elle ne l’aurait pas encore trouvé, selon son directeur qui se rend pourtant dans les lieux les plus propices à ce type de profil : « Nous cherchons évidemment dans les quartiers pauvres, les banlieues. Nous avons fait de belles rencontres mais rien d’assez convaincant pour l’instant. Je passe donc le message à tous vos lecteurs qui seraient intéressés : si vous êtes pauvres et tristes et que vous souhaitez que les gens le sachent, nos portes vous sont grandes ouvertes. » Le Gorafi

Le 27 août 2010 à 15:49

L'insécurité n'est pas un mal en soi, mais un symptôme

Lutter contre l'insécurité par le tout répression, c'est comme prendre du sirop pour la toux quand on a mal à la gorge, et continuer à dormir dehors sous la pluie en hiver.

En médecine comme en politique, il y a plusieurs façons de lutter contre les maux auxquels nous sommes confrontés.   D'abord, on peut chercher à soigner les symptômes. Quand on a une pharyngite, on prend du sirop pour la toux. Quand l’insécurité est latente, on envoie la police. On peut aussi s’attaquer aux racines du mal. Pour certaines pharyngites, on prendra des antibiotiques. Si l’on est assez robuste, il suffit parfois de rester au lit, et l’organisme se chargera de lutter contre l’infection. Dans le même esprit, pour lutter contre l’insécurité, on s'efforcera d’endiguer la pauvreté, le chômage, la paupérisation... Enfin, et c’est la troisième option, on peut faire de la prévention ; éviter de sortir sous la pluie, avoir une alimentation saine et un train de vie équilibré, bref disposer d’un organisme qui ne favorise pas le développement de la maladie. En appliquant cette idée à la lutte contre l’insécurité, on en vient à se demander si une société qui pousse à la consommation à outrance ne favorise pas ainsi la délinquance, en faisant de l'argent une finalité en soi.   Un dernier commentaire. Ce n’est qu’en phase terminale, ou devant une maladie inconnue, que les médecins se résignent à ne s’attaquer qu’aux symptômes, afin de soulager le patient…

Le 3 août 2010 à 14:50

« Le message que devra adresser cette loi, si elle est votée, c'est de réaffirmer au sein de l'édifice familial cette responsabilité dont les bases ont été sapées depuis mai 68 »

Eric Ciotti, « Monsieur sécurité » de l'UMP, JDD, 1er août 2010

Quarante ans après, la marche des fiertés réactionnaires sur les Champs-Elysées n’est pas dispersée. Jeter en prison les parents de mineurs délinquants qui ne se seraient pas amendés - le projet auquel fait allusion le député niçois - devrait ainsi être le magnum opus du sarkozysme, stade suprême du gaullisme. Ce préposé de l’UMP aux basses œuvres sécuritaires a déjà associé son nom à quelques intempérances parlementaires. Il récidive en reprenant le fil de l’épopée entamée une semaine avant le premier tour de la présidentielle par un Nicolas Sarkozy pourfendant « l’héritage de Mai 68 » qui aurait aboli toute les valeurs fondamentale de la France, au point de « préparer le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique des parachutes en or, des retraites chapeaux et des des patrons voyous ». Mais on n’évacue pas sans inconvénient la Sorbonne pour le Fouquet’s. Mai 68 n’était plus « le sujet ». Grâce soit rendue à Eric Ciotti qui rappelle combien ces « événements » furent générateurs de désordres dans la société. La loi ouvrant les vannes du divorce n’est-elle pas le produit des relâchements moraux de l’époque ?  Alors, vite une abrogation restaurant l’ordre conjugal d’avant. Manquerait plus qu’on hérite un jour d’un président de la République trois fois marié et flanqué d’une famille « recomposée ».

Le 23 juin 2014 à 08:39

À Elia Kazan : Sur les couettes

Sous ma couvrante, tout dépend du livre que je me farcis Comment ça se passe sous ma couvrante ? En fait, ça dépend essentiellement du livre que je me farcis peu avant ou peu après avoir pénétré dans le pagnot. Ou alors dans le Pagnol. Il m’est en effet arrivé pendant la crémaillère d’un poteau bouquiniste de souffler mes clairs sur les piles des œuvres complètes de Marcel Pagnol que j’avais préférées à celles d’André Gide ou à celles, moins dodues il est vrai, de l’apôtre des résignations fétides Cioran. Je me dois de préciser encore que je ne fais pas pipi au lit chez les amis. Sinon c’est certainement dans le coin Philippe Sollers que j’aurais choisi de coincer la bulle. Voici les parutions récentes que j’ai examinées ces jours derniers dans les bannes. Elles ont toutes un petit côté libidinal. Car on commence à comprendre que c’est là que Jean-Michel Ribes et Jean-Daniel Magnin désirent en venir, que les larrons, en effet, ont de plus en plus en tête de refiler du rond-point à leur public. Ce qui impliquerait si l’on se réfère aux recherches langagières de leur vieil acolyte polygraphe, le regretté François Caradec, qu’ils mijotent vraiment, avec la distance philosophique qui s’impose, de lui faire subir à ce public un « coït anal » cathartique Trêve de jacasseries, il faut que je prouve à présent que je sais causer livres et cul à la fois au cas où François Busnel serait à la recherche d’un documentologue particulier. Quelques mots donc sur les ouvrages plastronnant sur ma tablette de nuit en rêvant de se plumarder bientôt avec vous. Livre et cul : parutions récentes sur ma tablette de nuit Par exemple Emeuta Erotika (éditions Sao Maï), six nouvelles de Lilith Jaywalker, une féerique sorcière aimantée par « l’étrange, la révolte, le dérèglement » qui sait fort bien, telle la Nelly Kaplan du Réservoir des sens, comment convier en même temps à toutes les espèces de transgressions toniques pimentées en entrelaçant les plaisirs du déchaînement sexuel sans freins avec ceux du déchaînement insurrectionnel anti-marchand à la Black Block. Autre recueil de nouvelles perturbantes (cette fois, y en a une cinquantaine), à lire pour bien faire avec un balconnet sur le thorax, La Plus Belle Paire des seins du monde (Wombat) de l’irremplaçable Topor qui nous explique comment rendre aujourd’hui hommage à Dada en se passant du centre Pompidou et des omniscients époux Virmaux. « Jetez un œuf contre le mur.Crevez une toile qui s’y trouve accrochée.Effeuillez les pages d’un livre pris au hasard dans votre bibliothèque.Mouchez-vous dans votre moquette.Jetez vos souliers par la fenêtre.Pissez dans votre frigo.Chiez sur votre télé.Au nom de Dada, merci. » Le troisième livre de ma pile est plutôt à brandir qu’à éplucher. C’est  le Nouveau Moyen de bannir l’ennui du ménage ou les 20 épouses des 20 associés (Finitude), fricassé en 1781 par Rétif de la Bretonne, qui propose aux jeunes mariés menacés par la routine de s’associer avec dix-neuf autres couples dans des communautés prônant l’égalité et l’entraide. Mais le texte du précurseur de la science-fiction Rétif restant curieusement pondéré et moraliste et allant jusqu’à réprouver tout « désordre avec les épouses les uns des autres », il vaut mieux le réinventer dans sa tête ou en polissonne compagnie. Ce qu’il n’y a pas lieu par contre de réinventer, c’est le somptueux « hymne à la lubricité » de l’éducatrice dépravée Delphine Solère qui, dans son premier roman, Le Goût du désamour (La Musardine), nous convainc sans peine que, expérience oblige, le meilleur endroit de Paris pour se branler l’un l’autre amoureusement, ce sont les chiottes du Fouquet’s. Il n’y a pas non plus à réinventer les deux récits historiques fort bien torchés appelant à la liberté sexuelle explosive qui ont tellement aimé faire dodo avec moi ces dernières semaines. Le Sylvia Bataille d’Angie David (Léo Scheer) qui n’a pu s’écrire qu’à partir des souvenirs des proches de la pétroleuse, cette dernière ayant détruit ses principales archives, est passionnant. Il nous montre à quel point la femme de Georges (Bataille), avant de devenir celle de Jacques (Lacan !), personnifia l’amour libre irréductible pendant l’entre-deux-guerres. La subjuguante Sylvia ne se laisse pas encager par sa mère possessive, sèche les cours du collège Sévigné, a le bon goût d’être fort vite déçue par la compagnie d’André Gide (dormez plutôt sur Marcel Pagnol), expérimente à dix-sept ans la formule du ménage à trois enjoué, refuse les avances de Guy de Rothschild pour convoler avec Georges Bataille qu’elle trouve aussi fédérateur que transgressif, cautionne les frasques incessantes de son mari dans les bordels, fait du théâtre d’avant-garde, est adoptée par la bande à Prévert, perd tous ses sous au casino avant qu’un mystérieux inconnu (Jules Berry !) ne les lui regagne, devient vedette de cinéma (Topaze, Jenny, Le Crime de M. Lange, Une partie de campagne…), s’acoquine avec le groupe révolutionnaire Contre-Attaque et avec la société secrète dionysiaque Acéphale. Sur la couverture du livre, et sur la mienne quand je lis au lit : une incandescente photo de Sylvia Bataille, les rebelles dénudés, prise par Denise Bellon. L’autre traité d’histoire ayant bercé mes nuits est frigoussé également par une tigresse érudite, Linda Williams, une prof de Berkeley connue pour ses études sur le ciné porno démontrant que le plaisir sexuel y est systématiquement filmé d’un point de vue phallo-macho. Dans Screening Sex (Capricci), Linda cherche à comprendre pourquoi, au fil du temps, certaines images à caractère sexuel, initialement considérées comme « ob/scènes » sont vues à présent comme étant « en/scènes ». Comment se fait-il que tout à coup Elizabeth Taylor s’est mise à balancer à ses partenaires des mots orduriers jusqu’alors interdits ou que les cow-boys de Brokeback Mountain s’empapaoutent soudain extatiquement. Pour nous sortir les bonnes réponses, la sociologue se fait épauler futefutement par Freud, Benjamin, Foucault et le docteur J. B. Pontalis. Heureusement que j’ai un grand plumard !

Le 11 février 2013 à 10:03

"Vous n'avez aucun courage, vous préférez m'attaquer"

David Douillet, député UMP des Yvelines, Assemblée nationale, jeudi 7 février 2013

Ce pourrait être un tome 2 du  “livre collaboratif”  en vente dans toutes les bonnes librairies : le recueil des idioties, imprécations et autres ignominies des députés de la droite extrême bataillant contre le “mariage pour tous.” Les co-auteurs, cette fois, ne seraient pas consentants, préférant sans doute rester cons tout court dans la confidentialité du seul “analytique” de l’Assemblée nationale.  Car ce serait un ouvrage épais à tous égards, suintant l’homophobie souvent, le racisme pur et simple parfois, le burlesque à l’occasion. S’il fallait retenir l’acmé de cet opéra des tréfonds réactionnaires, comment ne pas mettre en exergue le cri de détresse d’une petite chose d’ancien judoka (1,96 m, 120 kilos) face à la lâche agression de Christiane Taubira, une ministre de la Justice pas plus haute qu’un Président sans talonnette. On se serait cru dans un Tex Avery où le bouledogue à mâchoires lepénistes, saute dans les bras du chat pour échapper à la souris. Ce serait faire preuve d’un “manque de courage” que d’attaquer la terreur des tatamis ? Il a raison ce gros compagnon de l’oxymoron. Quoi de plus facile que d’ouvrir ses mémoires et y lire à haute voix : "Oui je suis misogyne mais tous les hommes le sont sauf les tapettes. Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n'est pas valorisant". Quant aux gonzesses qui se mêlent de sortir de la jungle pour être ministres, n’en parlons même pas !

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