Nikola Obermann
Publié le 20/05/2012

Président normal, mon oeil


Ce François Hollande, moi je dis ce type il est pas net.  

Pour ne rien faire comme son prédécesseur et surtout pour bien sonner le glas du soi-disant « bling bling », le nouveau président a commencé par renoncer à avoir un corps. Rien que ça. Uniquement, parce que Nicolas Sarkozy était peut-être un peu « physique », avec ses footings, ses tics, ses talonnettes, sa montre, ses photos de vacances, sa femme nue dans les magazines, la petite veine sur sa tempe et l’envie, parfois, d’en venir aux mains avec ses adversaires. Il avait un corps, Sarkozy, c’était un vrai mec, quoi.  

Puis, arrive cet Hollande qui s’acharne à afficher le contraire : lui, c’est l’éthique, l’efficacité, la sobriété exacerbée du fonctionnaire. Voilà, « fonction »,  « fonctionner », Hollande se réduit volontairement à un petit robot en costume cravate au service du peuple ! Ce type n’a pas de corps. Et tout le monde applaudit ! Vous y croyez ?  

Bon, il pourrait s’arrêter là, le socialiste, mais non, une fois que tout le monde a bien compris à quel point il est un pur symbole, VLAN, il nous fout un rebondissement de dernière minute, un truc spectaculaire et totalement malhonnête : quelques heures après son investiture, il est frappé par la foudre ! Non, mais ! Pas en marchant dans le rue, trop facile, pas assez gros : il est frappé par la foudre dans le CIEL, dans un AVION. Et d’un seul coup, ce type désincarné nous rappelle que lui aussi a un corps, mais attention, pas un corps qui fait du footing dans un pull à rayures trop grand ! Lui, c’est un corps carrément attaqué par le feu, un corps qui risque de tomber du ciel, c’est un demi-dieu, un héros de film américain, le Bruce Willis du PS ! Un homme au sommet, seul, mortel, courageux ! Putain. Si ça ce n’est pas du gros gros storytelling symbolique, j’y connais rien ! Et vous savez combien ça coûte, une foudre ? Hein ? Alors, la fin du bling bling, mon œil.

Nikola Obermann est née de l'autre côté du Rhin. Aujourd'hui elle vit de ce côté-ci. Ce qui est chouette aussi. Elle en parle régulièrement dans l'émission Karambolage sur Arte. 

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Le 3 avril 2012 à 08:44

Vous craignez l'abstention : parler à un spécialiste peut vous aider

Les derniers chiffres des instituts de sondage sont inquiétants. Depuis quelques mois, les experts exprimaient leurs craintes quant à l'évolution du phénomène mais son ampleur à venir décontenance aujourd'hui les commentateurs les plus optimistes. Manifestement, les Français n'ont plus envie. Le désir s'émousse jour après jour et les danses du ventre, oeillades et autres parades de séduction paraissent aujourd'hui bien vaines au regard du désintérêt et même du désamour grandissant des Français pour ce qui constituait pourtant autrefois une passion et une fierté nationale. Les tentatives d'explication du phénomène sont variées. Certains perçoivent une érosion du désir liée à une lassitude à l'égard de discours, postures et positionnements trop souvent répétés. D'autres expliquent que l'attitude auto-centrée des partenaires potentiels aurait provoqué un rejet de l'acte : à quoi bon s'investir quand l'autre ne pense qu'à lui sans se soucier sincèrement de votre désir et de vos attentes ? Pour d'autres enfin, la morosité ambiante serait un facteur majeur d'explication : les Français, préoccupés par le quotidien, n'ont clairement plus la tête à ça. Trop de rouleurs de mécaniques, trop d'amants en panne d'inspiration ou d'imagination, trop de contorsions vaines et de circonvolutions stériles. Las, les Français s'emmerdent. Tout n'est pourtant pas définitivement joué et il est bien sûr courant de redouter une panne juste avant le passage à l'acte. Et si, pour l'heure, dans les enquêtes d'opinion, l'abstinence ne cesse de progresser, on peut encore espérer qu'un sursaut de créativité, d'audace et de fantaisie pourra revigorer les élans refroidis.

Le 5 janvier 2012 à 11:24

« C'est carrément carton rouge, on n'insulte pas le président de la République »

Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe à l'UMP, BFM-TV, mercredi 4 janvier 2012

Elle a même failli en avaler son sifflet le nouvelle wonder girl de la cellulle « riposte » du parti du Président. On le croit pas ! L’ignoble Vizir socialiste venait d’être surpris en train de traiter de « sale mec » le Vizir légitimement en fonction. Le recours à la vidéo pouvait pourtant éviter à Valérie Rosso-Debord l’erreur de jugement. Les images enregistrées auraient montré un François Hollande ( celui qui veut prendre la place de qui l’on sait) parodiant devant des journalistes supposés l’écouter en « off » un Nicolas Sarkozy se présentant bientôt devant les électeurs : "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage..."  Un résumé plaisant de la seule carte qui reste à jouer pour un candidat à réélection au bilan quinquennal désastreux, mais qui se rappelle que dans le film Titanic, la panique était telle que personne n’a songé à faire passer le commandant par-dessus bord. Bref, François Hollande a fait de l’humour. Et ça c’est une arme déloyale aux yeux d’une Valérie Rosso-Debord qui admet qu’on peut rire de tout, mais pas du Président. Parce que sinon,  elle est une sacrée farceuse  la Valérie. Un jour qu’elle était invitée au Petit Journal de Canal + il lui fut demandé ce qu’elle avait fait le matin même en tant que femme de droite. Elle répondit : « J’ai fait une tarte. »

Le 31 mars 2010

« Arrêtez ça tout de suite, vous faites beaucoup de mal au Président! »

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, rapporté par le Point.fr, jeudi 25 mars 2010

Hou! la vilaine brute. Prise à la lettre, cette imploration adressée à la secrétaire d'Etat à l'écologie, donne la chair de poule. Chantal Jouanno n'est-elle pas championne de karaté? On imagine Nicolas Sarkozy guettant nerveusement la furie qui l'attend dans la cage d'escalier pour lui taxer son empreinte carbone. Tout un climat.Par chance elle pratique une version soft de cet art martial : son karaté-kata est une discipline de posture où le geste prime sur le coup. Chantal Jouanno n'a pas songé à se venger quand elle a su que sa « contribution climat-énergie » était renvoyée à d'improbables lendemains européens. Elle s'est seulement dite « désespérée ». Le président de la République a quand même attendu d'être hors de sa portée, à Bruxelles, pour rappeler solennellement à l'ordre cette « desesperate green wife ».Dans l'histoire c'est Claude Guéant dont le propos a fuité par l'entremise d'une journaliste réputée bien tuyautée, qui a laissé échapper une vérité dérangeante. A l'Elysée, paranoïa aidant, c'est un sentiment victimaire qui s'est répandu dans les bureaux. Dans un palais qui n'est plus territoire de la République avec toutes ces régions où la gauche fait la loi, ce n'est plus d'effectifs de police dont a besoin l'hyperprésidence, mais d'une cellule psychologique.

Le 26 février 2012 à 08:32

Tics et tocs

Nombre de nos concitoyens, voire de nos compatriotes se trouvent affligés de tics. Ce constat effectué, il convient de classifier ces petits désagréments. Nous les rangerons dans deux catégories distinctes : les tics polis ou polis tics et les tics pas polis autrement désignés sous la locution de malpolis tics.Nous traiterons ici de polis tics.Le clin d'œil. Cligner de l'œil ne représente pas un gros handicap, à part pour les borgnes. Il consiste à faire du pied avec son œil, c'est-à-dire inviter un interlocuteur à adhérer à son opinion, ou lui indiquer que l'on n'est pas aussi éloigné de lui que semblent l'affirmer les apparences. Le clin d'œil à l'adresse d'un borgne a un effet aléatoire, selon que le destinataire est susceptible de l'interpréter comme une moquerie.Le haussement d'épaules. Hausser les épaules consiste à faire dire à son corps la sottise émise par un contradicteur, ou le manque d'intérêt que suscite une question de journaliste. Il peut se verbaliser par une locution du genre « pauv' con ».Le jeter de menton. Projeter le menton en avant consiste à affirmer une position ou lancer un défi. Certains remplacent le menton par une épaule.Le raclement de gorge. Bien que peu harmonieux au micro, le raclement de gorge constitue un tic subtil. Car comme le rasoir à deux lames, il a une double utilité. Il indique en premier lieu le malaise que le locuteur ressent lors d'une prise de position contre nature, mais insiste sur son courage à l'avoir exprimée. Dans le domaine sexuel, on pourrait le comparer à la prime décomplexion du puceau.La logorrhée.Souvent assimilée à une diarrhée verbale, la logorrhée consiste à dire souvent, très fort et à n'importe quelle occasion n'importe quoi, et particulièrement des imbécillités. Elle a pour effet de marquer en amplifiant sa nature la différence entre les imbéciles de chaque camp. Elle provoque l'indignation en chaîne. Celle ou celui qui profère une énormité s'offusquera de l'indignation outrancière de celui ou celle qui, naturellement offensé, outragé, choqué aura réagi à la sortie originellement émise. On constatera par là que la logorrhée est auto-productive. Certains spécialistes rangent une certaine forme logorrhée, proche du syndrome de la Tourette, parmi les polis tocs plutôt que parmi les malpolis tics.Le lâcher de culotte, autrement appelé le baisser de pantalon. Hormis quelques cas, le baisser de pantalon ne heurte pas la morale, du moins celle que l'on accole au comportement sexuel. Il consiste à renier sa pensée profonde, se trahir et trahir ses proches, mais toujours dans la dignité en invoquant le changement des circonstances.

Le 13 septembre 2011 à 10:20

"Il y aura du ménage à faire. Et ce n'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage"

Ségolène Royal, « Rencontre citoyenne » à Villeurbanne. Lundi 12 septembre 2011.

Alors là, les bras en tombent ! Voilà qu’elle virerait machiste la candidate perpétuelle qui planta naguère un compagnon intermittent des tâches domestiques, afin de porter bien haut le drapeau du genre féminin ?  On réprouve son idée que la présidence de la République devrait nécessairement revenir à une « ménagère » au seul prétexte qu’il y a des toiles d’araignée dans les recoins de l’Etat, de la poussière dans les caisses de Bercy, ou de l’argent sale qui déborde de mallettes africaines. Un homme pourrait tout aussi bien faire l’affaire.  Ou même ce serait une belle audace progressiste que de proposer une répartition égalitaire des travaux ménagers  sous forme d’un « ticket » paritaire à la primaire socialiste. Mais elle veut tout faire seule, Mme Royal. « Hop ! un coup de balai ! » a-t-elle renchéri à Villeurbanne. Effectivement, une seule personne suffit alors à tenir le manche.  Et puis maintenant ses enfants son grands, ils peuvent se garder tout seuls pendant que Maman brique la République. Un « ordre juste » c’est juste de l’ordre à remettre dans le grand désordre laissé par les hommes. D’ailleurs on a noté que sous la Vème République ce sont toujours des « Monsieur Afrique » à qui étaient dévolues les relations en eau trouble avec les potentats noirs. Faut que ça change. Avec une « Madame Afrique », sûr que tout redeviendrait nickel.

Le 12 août 2011 à 08:45

Toujours regarde le brillant côté de la vie

« Plus optimiste, ton prochain billet », m'a-t-on prié. C'est vrai que l'actualité actuelle n'est pas des plus réjouissantes. Mais chaque revers a sa médaille et avec un peu de bonne volonté, on finit par trouver des raisons de se réjouir dans les plus inquiétantes des nouvelles. Alors bien sûr, l'Angleterre est secouée par de terribles émeutes, et on ne sait même pas s'il s'agit d'un cri d'alarme lancé par des jeunes sans avenir, ou juste de mecs qui volent des télés. Mais le bon côté des choses, c'est que les éditorialistes finissent forcément par citer les Clash, ce qui est nettement mieux que Colonel Reyel. Alors bien sûr, la note des Etats-Unis a été abaissée, la France tremble pour la sienne et les marchés financiers, par compassion, n'en finissent pas de paniquer comme des pucelles effarouchées. Mais ce n'est pas si grave, une mauvaise note : je me rappelle, en primaire, je m'étais planté à une interro sur le passé simple et aujourd'hui, plus personne ne l'utilise, c'est bien la preuve. Alors bien sûr, on a un été pourri, ma bonne dame et franchement, il n'y a plus de saisons, plus d'été, plus de Printemps arabe, mais c'est excellent pour la relance économique des vendeurs de parapluies et de bateaux à rames. Alors bien sûr, la Somalie meurt peu à peu, mais peut-être que quelqu'un va avoir l'idée de faire un disque pour la sauver. C'est bien, les disques. Alors bien sûr, Carla B-S est toujours enceinte, mais du coup elle ne sera pas sur le disque pour la Somalie.

Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 29 avril 2010 à 18:35

Damien Glez

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (3)

Parfois, pour se défendre, rien ne vaut un bon dictionnaire. Non pour balancer un pavé de 3,2 kilos à la tête de son adversaire –quoique- mais pour éviter la prison au titre d’offense au chef de l’Etat. Convoqué, en juillet 2006, par la justice pour un dessin représentant Blaise Compaoré, le président burkinabé, en footballeur (« je suis un bon buteur, je bute beaucoup ») Damien Glez, directeur de publication du Journal du jeudi, un hebdomadaire satirique communément appelé JJ au Burkina Faso, a dû sortir son thésaurus et argumenté sur la définition du verbe « buter » afin de ne pas se retrouver sur la touche. « Les subterfuges pour contourner la ‘’censure’’ sont ceux que la satire nous offre : les détours verbaux, difficilement attaquables devant la justice, et les biais graphiques parmi lesquels les ombres "disant" ce qu'on ne peut représenter qu'en filigrane », témoigne ce dessinateur-éditorialiste de 43 ans au parcours atypique. Né à Nancy, diplômé d’une grande école, il est devenu citoyen burkinabé après avoir effectué son service militaire comme coopérant. Une vraie histoire d’amour pour ce pays et le dessin de presse qui, en Afrique plus qu’ailleurs, contribue avec vitalité et insolence à la culture démocratique et sert de moyen d’information à la population. « Nous exerçons dans un cadre institutionnel plutôt satisfaisant », estime Damien Glez, rappelant toutefois que l’ancien collaborateur de JJ, le journaliste Norbert Zongo a été tué en 1998 vraisemblablement pour des motifs politiques. Le tollé populaire soulevé par son assassinat a servi de leçon. « L'abus de pouvoir laisse peu à peu la place à la régulation du Conseil supérieur de la Communication. » Cette instance n’est intervenue qu’une fois, à la vue d’une illustration d’une affaire de « magie noire » selon laquelle certains individus détenaient le pouvoir de faire disparaître le sexe des personnes auxquels ils serraient la main. Difficile, dans ce cas, de ne pas montrer les organes génitaux. Or, au Burkina Faso, « les sujets les plus épineux sont le sexe en raison de la très prude culture sahélienne et la religion », raconte le caricaturiste qui collabore, par ailleurs, à de nombreux titres de presse, aussi bien en Afrique, en Europe qu’aux Etats-Unis. Deux de ses dessins ont été boycottés la même semaine pour hypersensibilité religieuse, l’un sur la charia en Somalie destiné à un journal panafricain, l’autre sur Benoît XVI commandé par un magazine italien. Qu’importe. Concernant le petit monde de l’au-delà, Damien Glez s’en donne à cœur joie avec Divine Comédie (www.glez.org), son comic strip qui met en scène Lord, un rabat-joie chenu, et Pete, l’espiègle gardien du Paradis et gestionnaire des conflits de ses pensionnaires. Pas de doute, Damien Glez vise juste. En matière de dessin, sa maîtrise du lob, sa technique du coup franc font de lui un redoutable… buteur.

Le 14 octobre 2011 à 08:44

On s'en fout!

Quoi de plus banal que de faire un enfant! C'est à la portée de n'importe quel homo sapiens... On met le papa dans la maman, on s'active... Quelques  acrobaties pour pimenter son ennui, on râle, on crie... Puis on fume une cigarette pour vraiment se décontracter et on s'endort. Alors le résultat de l'union physique entre ce mâle et cette femelle devrait être le cadet de nos soucis. Mais les médias supputent, parlent et écrivent pour ne rien dire, toujours. A la clinique de la Muette, c'est l'effervescence depuis une semaine. Dehors surtout. Les rues adjacentes sont fermées aux voitures et aux passants,  des journalistes armés d'appareils photos et de caméras font le pied de grue pour saisir du vide, de l'inintéressant, du rien. Quel beau métier que d'informer les gens d'inutile et de futile! Surtout en cette période difficile. Ça ne fait même pas rêver...ou alors, la misère s'est définitivement immiscée partout! Et puis que de minauderies insupportables dans le soi-disant non communication de l'évènement. Parce-que "c'est du domaine du privé et de l'intime!" Qu'est-ce qui ne faut pas entendre ! Mais qui peut gober de telles conneries ! Une stratégie qui se cache très mal sous le manteau de la véritable stratégie...allons circulons, il n'y a rien à voir! Ce qui pourrait être intéressant, c'est si le bébé ne voulait pas sortir. Une invitation à la lecture du livre "le divin enfant" de Pascal Bruckner. Drôle, terrifiant, pas politiquement correct, cruel...un régal quoi!

Le 2 mars 2012 à 18:49

« Moi je n'ai pas 40 hectares, OK ? OK ? »

Nicolas Sarkozy, Itxassous, jeudi 1er mars 2012.

C'est la réplique (agri) culte du Président-candidat à un couple de paysans basques qui avait osé l'interpeller : « On n'a pas le même salaire. » Comment qu'il leur a rivé le clou, Nicolas Sarkozy, à  ces croquants qui se la pétaient damnés de la terre. Ils avaient omis de dire qu'ils possédaient  du bien. Et 40 hectares, ce n'est pas une paille. Savent-ils seulement, ces intempestifs ce qu'il en coûterait de posséder autant de terres cultivables dans les Hauts-de-seine ? Bon, c'est vrai que 40 hectares au Pays basque ça ne va chercher que dans les  200 000 neu-neu (5000 euros l'hectare de valeur vénale moyenne selon le J.O de 2009.) Pour ce prix là t'achètes à peine une chambre de bonne à Neuilly-sur-Seine. Pour dix fois plus t'aurais bien pu acquérir l'appartement de Nicolas et Cécilia, il y  a cinq ans, sur l'Ile de la Jatte. Mais justement ils divorçaient. Il a fallu partager, et avec cinq ayants droits il te reste quoi ? Il faut une mauvaise foi de socialiste pour voir le pognon dans l'oeil du voisin, mais pas le lingot dans le sien. La vérité, c'est que les « services » secrets hollandais n'avaient pas seulement déguisé des militants du PS en « abertzale » forcenés ce jeudi 1er mars dans le vieux quartier de Bayonne, que Nicolas Sarkoy était venu reconquérir comme « un territoire de la République ? » Ils avaient aussi travesti deux agents en paysans insolents. Demain, on vous le jure, ce sont des stations d'épuration qu?ils vont installer dans les campagnes.Illustration : d'après l'Ile de la Grande Jatte de Georges-Pierre Seurat

Le 27 octobre 2011 à 09:19

Marie Darrieussecq : "Je préfèrerais finir en saucisses plutôt que l'on publie notre adaptation!"

"Quand Alfredo Arias m’a dit qu’il voulait adapter Truismes, je me suis sentie pousser des tétines de joie. L’évidence, c’était l’évidence ! La consécration de ma truie ! « Mais il n’y a pas de nonne ! » ai-je grogné pour m’excuser (je ne peux pas imaginer un spectacle d’Arias sans nonne). Qu’à cela ne tienne : il en a rajouté une, qu’il a métamorphosée à sa façon en l’affublant des accessoires de la policière et de l’infirmière, pour inventer une employée Policière-Infirmière-Nonne. Il n’a pas échappé à ma vigilance porcine qu’un simple E la transformerait en PINE, Policière-Infirmière-Nonne-Evaluatrice : l’évaluation étant, me semble-t-il, le but ultime de notre société, obsédée par le chiffrage et la surveillance du suidé libre qui sommeille en nous. C’est de cette façon, à plusieurs pattes, que nous avons réécrit une adaptation de ce roman, avec la bonne surprise (pour moi) que le poil, quinze ans après, ne lui avait guère blanchi : la France sarkozyenne bling bling n’a en effet rien à envier à celle du personnage d’Edgar, qu’à l’époque beaucoup assimilaient pourtant à Le Pen. Les avions charters sont remplis de sans-papiers, le travail salarié est de plus en plus précaire, les femmes sont de plus en plus cosmétisées, L’Oréal est le titre d’un feuilleton, les yachts sont de plus en plus grands, et la Bourse a pris son sens le plus définitivement obscène. Pour ne rien arranger, ce jeune marcassin d’Arias s’est mis dans la caboche de jouer tous les rôles, à commencer par la truie. On voit de ces choses… Le théâtre, le théâtre, cet homme n’a que ce mot à la bouche. Moi, je pense à la Littérature, et à l’immoral exemple d’un saltimbanque comme lui sur mes enfants. Je préfèrerais finir en saucisses plutôt que l’on publie notre adaptation, qui caricature outrancièrement la chair de mon roman tout en délicatesse, pour le transformer en jambonneau argentin. Mais je dois dire que quand Alfredo prononce certaines phrases (pourtant pas toutes immortelles : « quelles belles mâchoires vous avez ma chère »), je me retrouve les quatre fers en l’air de rire sous la table, où nous travaillons pourtant d’arrache-pied à préparer ce spectacle, avec le plus grand sérieux et toutes nos tripes." Marie Darrieussecq

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