Philippe Mouchès
Publié le 04/11/2015

Les conséquences du réchauffement climatique sur la peinture flamande


Peintre
Fondateur et théoricien du Divisionnisme Périgourdin
Membre de l'Oupeinpo

http://doublevue-mouches.blogspot.fr/

 

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Le 26 mai 2012 à 16:09

Le problème avec Secret Story

Le problème avec Secret Story 6 qui a commencé hier soir c’est que quoi que tout ait déjà été dit sur le degré profond de débilité d’une émission qui tendrait en comparaison à donner un air intelligent à Nadine Morano, il arrive un moment où tu réalises que dans quelques années arriveront sur le marché du travail de jeunes gens qui jamais n’auront connu le monde sans qu’il soit rythmé par une de ces annuelles Foires du Néant, du Bikini et du Grammaticide reines des prime-time et qu’en posant ton café deux secondes pour imaginer à quoi ce futur pourrait ressembler tu réalises que tu pourrais un jour hériter d’un collègue qui, balayant ta citation de Desproges d’un méprisant revers de la main déclamerait fièrement au pot de départ de Jean-Louis une des plus belles citations philosophiques de Benjamin Castaldi, jetterait au feu les poèmes de Victor Hugo que ses enfants ramèneraient de l’école pour leur faire étudier un recueil des plus beaux tweets de Mickael Vendetta, garderait en évidence sur son bureau un portrait de Moundir dont il s’inspirait largement pour conquérir de jeunes femmes qui céderaient facilement à ses désirs, immédiatement conquises par son sens de l’humour ravageur savamment acquis depuis le berceau grâce à l’écoute appliquée d’un hilarant Christophe Dechavanne qu’il considérerait comme un génie contemporain, t’offrirait un sourire dédaigneux lorsqu’à la cantine tu avoueras n’avoir jamais lu « Miette », premier chef d’œuvre poignant d’une Loana ayant détrôné Anne Frank au rayon des légendaires martyrs féminines, devenant peut être même un jour ton supérieur hiérarchique et te mettant à la porte pour faute professionnelle suite à une sombre histoire d’inversion de deux mots dans une citation de Steevy Boulay, t’obligeant alors à quitter ton bel appartement de la rue Bataille et Fontaine devenu hors de prix, et te présentant pour une demande d’HLM à la Mairie, mais que c’est au moment où ton cerveau commence à se demander si le buste de Marianne sous tes yeux est réellement moulé sur le modèle de Vincent MacDoom que tu réalises que, merde, ton café est déjà froid, et que le café froid, honnêtement, c’est dégueulasse. C’est ça le problème avec Secret Story 6.

Le 10 novembre 2013 à 08:06

Les chimères sont parmi nous

Les progrès du futur #8

A partir de 2013, l'hypothèse commença à se répandre parmi les biologistes. Au début, le pouvoir tenta d'étouffer la rumeur. Certains grands scientifiques disparurent mystérieusement à cette époque, on fit même croire à la mort naturelle d'Albert Jacquard. Mais ce fut peine perdue et l'information finit par filtrer : beaucoup d'humains sont des chimères, portant plusieurs ADN différents. De nombreuses mères en particulier portent celui de leurs enfants en plus du leur. Quand Ségolène Royal fit son coming-out sur le sujet, on n'y fit pas trop attention. Mais d'autres célébrités suivirent, dont, pour certaines, on doutait qu'elles eussent même un seul ADN complet. Finalement l'idée fut largement relayée par la presse. Ce fut un cataclysme. Si chacun pouvait porter plusieurs ADN, la médecine légale perdait un de ses outils d'identification les plus fiables : la diffusion de la série « Les experts » fut stoppée net dans un gigantesque scandale, au motif que ça n'était « plus crédible ». Des centaines de prisonniers virent leurs dossiers rouverts, ce qui acheva d'engorger le système judiciaire. Mais surtout, la découverte acheva de brouiller les frontières de l'humain : si nous gardons en nous un peu de notre mère, si les deux kilos de microbes que nous avons dans le ventre font partie de nous, si nous portons des prothèses sous la peau, l'humain ne colle plus à l'image simple d'un sac étanche dont le mode d'emploi est enregistré sur ADN. Que sommes-nous alors ? se demanda-t-on. Une ville avec des entrées et des sorties, des bouchons et des espaces verts, des glissements de terrain et des zones industrielles ? Un biotope avec des centaines d'espèces, comme un paysage de moyenne montagne ? Un métaréseau chimio-électro-psychologique ? Le penseur prothète Bernabé Fakebum résuma ces doutes dans sa légendaire formule : « La seule certitude désormais, c'est que l'humain est une construction bioculturelle. »

Le 31 octobre 2014 à 09:14
Le 27 décembre 2011 à 08:57

Heureux les animaux!

L'homme occupe une place toute particulière au sein du règne animal. En effet, il est au sommet de la chaîne alimentaire et ce, bien que la plupart d'entre eux soient en bas de la chaîne agroalimentaire (l'homme est un loup pour l'homme). L'homme est un animal social, un animal politique, certes, mais l'homme, in fine, n'est pas un animal. Pourquoi ? Peut-être parce que le rire est le propre de l'homme. Ou peut-être parce qu'il a une âme, qui sait ? Or, il y a quelques semaines de cela, dans l'église Sainte Rita, on bénissait des animaux. Cela a paru étrange à certains, car l'animal, comme jadis la femme, n'est pas censé avoir d'âme, pas plus que d'humour. Quelqu'un a objecté que, depuis des siècles, dans les hôpitaux et les maisons de retraites, on bénit des légumes et personne n'y trouve rien à redire ! Moi, je trouve que ça se tient, de bénir les animaux. Vous-même, et là c'est votre conscience humaniste que j'interpelle, trouvez-vous plus logique de bénir un chien d'aveugle ou celui qui a crevé les yeux de son maître ? Ô cruel dilemme ! J'ajouterai qu'en plus, si on prend le plus emblématique des canidés, Lassie, qui est un chien, oui oui, d'accord, mais fidèle avant tout -haha!- là, on retombe sur nos pattes. Sur nos quatre pattes, pour ne pas citer Kierkegaard. Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien, comme disait l'autre. Mon chien, à moi, j'ai dû le faire piquer. La pauvre bête était devenue aveugle. Non, l'homme n'est pas un animal, l'homme est bête, nuance.

Le 24 juin 2014 à 10:26

Dans de beaux draps

Il est 13h 24 et le drap percale 200 fils au centimètre carré n’a pas l’impression que la conversation va reprendre de si tôt entre elle et lui. Le matin, lui s’était absenté et avait flâné au marché en espérant trouver des mangues, parce que d’après lui les mangues étaient aphrodisiaques, bien plus que le gingembre et les asperges. Son apriori était dénué de valeur. Il s’était imposé pourtant de ne pas vivre sans valeur, mais là c’était la fin de la semaine, et il s’était autorisé un peu de complaisance. Elle avait dormi et réussi à passer la barre de midi, ce qui est considéré comme un signe de santé par les chercheurs scientifiques, et de dépression chez les lecteurs d’hebdomadaires. Ce devait être une journée resplendissante, les enfants étaient pris en charge par des organisations douteuses et allaient certainement se retrouver devant des écrans malveillants, et la sortie culturelle du soir, qui devait être une mission laborieuse pour l’un comme pour l’autre, venait d’être annulée par des intermittents. C’était une journée qui se devait d’être auréolée d’une grâce indolente, comme il n’en existe plus que dans les agglomérations où les loyers sont inférieurs à 300 euros par mois. Une journée exceptionnelle par son inexistence, s’accrochant au néant comme un soin de première nécessité. Une journée dévouée à un espace de moins de trois mètre carrés, comme il se plaisait à dire. Enfin, cela faisait un moment qu’il n’avait plus utilisé cette expression. Il avait bien compris qu’il ne fallait pas faire le malin, ni s’extasier sur des trouvailles poétiques, surtout si elles étaient teintées d’humour, et dénuées de valeurs. Mais la nature dominicale et le souvenir d’avoir vu un prêtre avec un nez rouge et un sourire narquois sur le chemin du marché, lui avait permis ce petit trait. Le prêtre avait beau avoir bu, et être satisfait de sa vie, il n’allait pas avoir ce privilège. Il se le répéta deux ou trois fois comme une formule magique. Ne trouvant pas de mangue, il se contenta d’huîtres, et de branches de céleri, ayant lu quelque part que les oligo-éléments aidaient à la production de sperme, et que les tiges de céleri produisaient de la testostérone. A chacun sa spécialité. Depuis quelque temps il s’était intéressé à la production de spermatozoïdes. A sa propre production, cela va sans dire. C’est elle qui avait éveillé en lui cet intérêt. Elle lui avait lu à voix haute un article passionnant à ce sujet. C’est surtout la constitution de la matière onctueuse qui avait marqué son intérêt, et il s’était mis à la considérer comme une recette culinaire, dont il voulait percer le secret. Elle était plutôt intéressée par le contenu que par le contenant gélatineux et y vouait un véritable culte. Impossible pour elle de parvenir à une quelconque jouissance sans en imaginer au moins une demi douzaine, de profil, de face, en gros-plan ou de plein pied. Elle pouvait les décrire avec une acuité déconcertante. L’inspiration lui venait en prenant le métro. Sa manière à elle de déjouer les regards mâles et lourdingues farcis d’illusions, était de prendre des notes mentales assez rapides de détails vestimentaires et d’anthropologie sociale approximative, pour ensuite en déguiser son sperme comme avec une panoplie. Elle avait vu un jeu destiné aux filles sur une Nintendo DS qui ressemblait à ça, sans les spermatozoïdes évidemment, et cette gymnastique mentale lui permettait donc d’en préciser la nature. L’habit fait le moine, pensait-elle en les déguisant. Lui ne comprenait pas cette démarche. Le spermatozoïde devenait par là un homme en devenir. Ce qui était faux, approximatif, et dénué de valeur, puisque le but du spermatozoïde était de se fondre dans un ovule, et pas juste de prendre le métro avec du gel dans les cheveux et une cravate de chez Tie Rack. De retour au bercail, en dégustant les huîtres et les asperges au lit, ils se préparaient, lui et elle, l’un comme l’autre, à s’abandonner à du sexe « de très bonne qualité ». Ils savaient que la performance était une nécessité, et qu’il ne fallait pas juste se contenter de se contenter. Elle avait acheté à New York une petite toile microscopique, à une époque où la nano peinture était en vogue. Cette peinture d’à peine 12 centimètres carrées représentait un homme nu faisant le poirier devant une femme, et s’intitulait « At least the sex is good. »  D’après elle, c’était le meilleur titre jamais trouvé pour une œuvre. D’après lui, c’était les meilleures huîtres qu’il avait goutées de la saison. En le voyant manger ses huîtres, elle ne put s’empêcher de lui décrire comment elle voyait se dessiner devant elle la prochaine fournée de spermatozoïde qui se constituait en lui grâce aux oligo-éléments. Il y avait : un joueur de flûte de pan, un Ashkénaze, et un retraité avec une barbe de nain de jardin, et un marathonien. Il lui reprocha amèrement de n’imaginer que des mâles. Ca le gênait qu’elle pense autant à d’autres hommes avant de faire l’amour. Elle savait aussi bien que lui qu’un spermatozoïde pouvait être mâle autant que femelle, et que ce n’était pas parce qu’ils prenaient plus de place sur les banquettes de métros et qu’ils louchaient systématiquement dans son décolleté qu’il fallait leur prêter plus d’attention. Mais elle lui rétorqua avec son sang froid habituel que cela lui était nécessaire, qu’elle devait évacuer toutes les mauvaises images des hommes au même titre que lui devait évacuer tous ses spermes. Que si elle se permettait de les évoquer, c’était juste dans l’idée qu’elles les envoyaient à une mort certaine. Elle faisait un régime alimentaire très strict qui avait pour vocation de créer en elle des fluides vaginaux suffisamment puissants pour ralentir ses spermes mâles, qui étaient les plus rapides, et permettre aux spermes femelles, plus lents, d’atteindre victorieusement l’ovule. Elle avait appelé ça la technique du lièvre et de la tortue. Mais, les asperges aidant, la testostérone monta en lui, se fraya un chemin à travers tous les couvercles qu’il avait soigneusement mis sur son sexisme latent, et il avait déversé un chapelet d’obscénités concernant ses ovules, qu’il compara à des célébrités dénuées de neurones, et elle s’en était fâchée, lui rappelant que son ovule était unique, qu’elle n’en revenait pas qu’il puisse oublier un détail aussi important. Elle le planta là, haletant dans sa rage masculine. Sur le marché, elle trouva une mangue, qu’elle croqua sous les yeux avisés du primeur.

Le 3 septembre 2010 à 09:13

La descente de la rue effectuée tôt le matin.

(Chose vue)

Le jour n’est pas levé, quelques rares et pâles étoiles peinent à se démarquer du ciel noir. Les gyrophares de toutes les couleurs des voitures bleues et blanches et rouges illuminent plus la rue que ne le font les lampadaires publics. Des hommes en uniforme et variés repoussent les badauds. Quelque chose est sur le trottoir. La forme est pittoresque, recouverte. La femme voit les hommes et la forme au sol et glisse sa main du front vers les yeux de l’enfant. Les deux mains de l’enfant s’y agrippent. L’enfant effectue quelques mouvements de la tête. Rotation. L’enfant tente de se dégager. La main de la femme sur son visage l’empêche de voir. Les hommes aux uniformes bleus, rouges, noirs. L’enfant tire la main de la femme. L’enfant veut découvrir ses deux yeux et mirer les hommes aux uniformes et la forme tordue cachée sous la brillante couverture. La femme et l’enfant ne marchent plus. La femme s’arrête et s’accroupit devant l’enfant. La femme ôte sa main des yeux de l’enfant mais tient son visage avec les deux calées contre les joues de l’enfant. La femme parle à l’enfant. La femme explique à l’enfant. L’enfant enserre la femme par le cou et se laisse emporter par la femme qui se relève. L’enfant serre ses jambes qu’elle cale sur les hanches de la femme, pose sa tête sur son épaule ; ses yeux sont clos. Les bras de la femme serrent l’enfant, l’emportent loin du corps défenestré. La femme et l’enfant, elles sourient.

Le 18 août 2015 à 08:05

Pouffe-pouffe !

Si on dit que le cerveau de l'homme se situe dans son sexe, on comprend mieux pourquoi ils veulent tous avoir le plus gros. On peut supposer alors que l'âme des femmes est dans la culotte. Certaines savent bien l'enfiler, cette petite pièce, et surtout l'ôter à bon escient. Je pense à toutes celles qui jouaient au radada avec un vieux macho rital et qu'il recasait dans son gouvernement. A celle, mineure, passée entre les crocs d'un footeux et dont la fortune fut faite grâce à sa chute de reins qui enthousiasma photographes et créateurs de mode. A celle bafouée par un président qui commit un best-seller baveux sur leur intimité. Et tant d'autres. Car qui dit batifolage dit tournicotage assisté dans les magazines people et autres plus sérieux (pour l'analyse socio-philosophico-machin du truc), les télés et les radios en vogue et les discussions de cafeterias, et là, bingo ! On ne peut plus se passer d'elles, elles font des films, écrivent des articles, traînent dans les places to be, deviennent égéries de sacs à main ou chroniqueuses dans des émissions qu'on déteste regarder, bref campent dans l'actu. Puis, à la toute fin de leur vie, elles nous révèlent qu'elles n'ont jamais été vierges et qu'elles se sont entraînées depuis toutes petites à entrer dans la grande compétition des pouffiasses de la planète afin d'être un jour au top et de réussir leur vie. C'est quand même plus marrant que d'être étalagiste chez Speedy, physionomiste dans une boîte à Gand ou branleuse de dindons (si, si, ça existe), concluent-elles dans un bruyant dernier soupir.

Le 11 avril 2012 à 13:00

L'inique de la Forêt Noire...

- Bonjour Marcel. Bienvenu dans notre clinique. Me dit ce grand monsieur allemand, dans un français parfait.   - Hein ?... (répondis-je, dans un français parfait, là-aussi)   - Oui, je vous explique : puisque la mode est indubitablement au rétro, nous avons décidé de produire un "reboot" de notre légendaire feuilleton à succès "La Clinique de la Forêt Noire" ! - Ah... - Bien sûr, nous désirons engager de beaux et talentueux acteurs, et c'est pour ça que nous avons pensé à vous. - C'est bien aimable, mais pourquoi m'avoir lâchement enlevé, enfin ?! Ce ne sont pas des manières, mon cher ! - Je sais, et nous vous prions de nous en excuser. mais nous avions peur que vous refusiez... - Ah, voilà. Alors que je m'apprêtais à prendre mes jambes à mon cou, deux molosses entrèrent à leur tour, et, au son de la dernière phrase émise par le grand allemand francophile avant de quitter ma chambre ("Reposez-vous bien Marcel, nous tournons la première scène dans quelques heures..."), m'attachèrent à mon lit, les salauds ! Enfin seul, je tentais désespérément de m'échapper par la seule force de ma pensée, quand le grand teuton revint m'annoncer que j'avais beaucoup de chance : les autres acteurs étaient arrivés, et l'on allait pouvoir tourner la première scène plus tôt que prévu. "Super !" feins-je de m'enthousiasmer. Je fis nettement moins le malin lorsque l'équipe de tournage arriva, escortée de quatre gros balaises sapés comme dans un épisode d'Urgences. L'un d'eux, armé d'un scalpel, m'expliqua qu'il allait "m'ouvrir". -Mais heu... Vous ne voulez pas plutôt vous lancer dans un "reboot" de L'inspecteur Derrick ? C'était sympa, aussi, comme série (et un brin plus calme)... Rudi, le grand de tout à l'heure, accouru alors pour justifier l'intervention de ce pseudo-chirurgien :  - Mais enfin, Marcel, nous sommes en 2012, les fictions d'aujourd'hui ambitionnent un certain réalisme ! Et ne vous inquiétez pas, Detleff est un excellent acteur. Et puis, prenons l'exemple d'un film à caractère pornographique : avez-vous l'impression que les membres du casting jouent "pour de semblant" ?! - Heu... Je n'sais pas, j'n'en ai jamais vu. Puis, le trou noir... A mon réveil, on m'expliqua que l'opération s'était très bien passée, et les techniciens crurent bon de m'applaudir tous en choeur, prétextant le naturel impressionnant de ma prestation. Soudain terrifié, je palpai un à un mes membres, afin de définir lequel de ceux-ci avait été bouché-charcuté... Mais ô joie, ces sots venaient de m'opérer de mon épaule droite, justement en attente d'intervention chirurgicale après avoir choisi pour hobby la fâcheuse habitude de se luxer environ tous les 6 mois. "Un mal pour un bien", donc. Par contre, mon projet secret de réécrire un à un certains grands romans français (les virgules y sont parfois mal placées, je trouve...) allait, du coup, être sacrément retardé...  Mais cet handicap momentané constituait également une excellente excuse pour justifier de mon assiduité des plus défaillantes par ici ! N'empêche, avouez je ne suis pas verni : j'avais déjà perdu l'inspiration, voilà qu'on me retirait (pour un temps, tout au moins) l'usage d'un bras. Qu'importe : tel ce valeureux chevalier à qui l'on tranche un à un tous les membres dans Sacré Graal des Monty Python, il en faudra plus pour totalement m'annihiler ! Je reviendrai !

Le 23 septembre 2014 à 09:40

Je sais pas

L'objet du délire #11

Je sais pas si c'est sa couleur, ce jaune, ce jaune omelette et jonquille, ce printemps, cette promesse de printemps et d'oeufs frais dans la paille, quand le décolleté de la fermière les ramasse, tandis qu'un rayon de soleil frappe les poussières en suspension et la ligne d'ombre et de peau entre ses seins, je sais pas si c'est sa forme oblongue de tube d'aspirine coiffé d'un capuchon blanc, cette gueule de demi-jouet, cet air de faux médicament qu'on frotte sur les genoux égratignés des gamins, je sais pas si c'est à cause de la molette dentelée, elle résiste toujours un peu au début cette fichue molette dentelée, surtout quand on ne s'en est pas servi depuis longtemps, mais faut pas beaucoup de force non plus pour que ça glisse et puis que ça tourne, projetant lentement le bâton de résine blanc hors de son écrin, un peu comme le boudin qui tombe de la machine en inox de l'artisan boucher, mais un boudin raide, qui sort verticalement, qui vise le ciel, pas du tout un boudin quoi, je sais pas si je suis clair, ça m'obsède, peut-être que c'est sa consistance, dure et gluante à la fois, difficile à étaler quand on y va comme une brute, mais qui, entre des mains délicates, forme de minces pellicules discrètes, comme des lacs translucides sur le papier blanc, c'est peut-être un peu tout ça à la fois, je sais pas, je sais vraiment pas, ou alors je me trompe, ou alors c'est son parfum, simplement son parfum, cette odeur douce et molle de salle de classe, de billes perdues, de fêtes des mères et de doigts potelés, ce parfum d'enfance qui me saute à la gueule chaque fois que quelqu'un ouvre un bâton de colle UHU.

Le 11 septembre 2013 à 08:40
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