Jean-Michel Helvig
Publié le 02/06/2012

"Rachida Dati est la plus grande menteuse de la République"


Hervé Morin, JDD.fr, vendredi 1er juin 2012.

Hou la menteuse ! elle est ambitieuse. Hou le centriste ! il est hypocrite. Car au bal des faux culs, l’ancien ministre de la défense est maître de ballet. N’est-ce pas lui qui assurait que sa candidature à l’élection présidentielle serait irreversible, irréductible et irévocable, avant de l’abandonner en douce quand les sondages ont montré qu’il se situait entre  Cheminade et Poutou. Le voilà qui daube son ex-collègue de la Justice pour avoir renoncé elle-même à sa candidature aux législatives contre François Fillon pour “ne pas diviser son camp”, alors qu’elle craignait surtout de se prendre la veste de sa vie,  un sondage la donnant largement distancée au premier tour par son rival ? C’est vrai qu’elle a dit faux, la fashionista du sarkozysme. Mais si ce genre de petit arrangement avec la vérité suffit à vous propulser au Panthéon de la menterie républicaine, alors c’est à y perdre tous ses repères. Mitterrand qui prétend souffrir d’une “petite grippe” alors qu’il suit un traitement de choc contre le cancer, c’est une pudeur de jeune fille ?  Chirac qualifiant d’”abracadabrantesque” les accusations de financement illicite de son parti alors que des billets depassent de ses chaussettes sous la table, c’est une blague de collégien?  Là  on joue dans la cour des grands. Dati a effectivement la langue bien pendue, une “menteuse” agile pour emprunter à l’argot, mais elle n’en est qu’à  ses débuts dans la promotion UMP.
Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

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Le 19 juin 2014 à 10:11
Le 21 juin 2012 à 08:00

Il en a dans le chou !

Entretien avec Jean-Christophe Royer

Depuis maintenant 4 mois, Jean-Christophe Royer propose chaque semaine sur ventscontraires.net ses « Prises de choux », petits bijoux d'humour paysan au bon goût de terroir. Sachez qu'il est aussi l'un des créatifs publicitaires les plus primés au monde. Il vient encore de recevoir 4 prix pour une campagne que nous avions envie de vous faire découvrir.   Les lecteurs de ventscontraires.net vous connaissent pour vos « Prises de choux » mais peu savent que dans la « vraie vie », vous travaillez dans la publicité. Vous y faites quoi exactement ?   Je suis concepteur-rédacteur dans une agence de pub : BETC/PARIS. En deux mots, mon travail consiste à trouver des idées en partant d’un « brief » des clients/commerciaux pour de la presse, de l’affichage, de la radio, des films, du web…   Quitte à froisser un peu votre modestie, pouvez-vous nous dire deux mots sur les campagnes qui vous ont valu un bon nombre de distinctions ces dernières années (éventuellement un mot sur votre palmarès) ?   Vous ne froissez rien. Les quelques campagnes récentes que j’ai faites qui se sont fait remarquer sont des films pour Canal+ : L’ours et, toujours pour Canal+ : Le placard. Une campagne presse pour Ricard, quelques films Peugeot… Quant au palmarès récent, le film du placard a été le film de pub le plus récompensé au monde en 2010, et « L’ours » semble en prendre la voie…   Vous venez de recevoir 4 lions d'or à Cannes pour votre campagne « Blood relations ». Pouvez-vous nous en dire plus sur le brief, la commande du « client » ?   Il y a deux ans, au festival de Cannes de la publicité, une agence Israélienne (Saatchi & Saatchi Tel-Aviv) a lancé un appel aux créatifs du monde entier (via Facebook) pour trouver une idée pour promouvoir la paix entre Israël et La Palestine. J’ai proposé une idée qui a été retenue par un jury composé de publicitaires israéliens et arabes.   Comment vous est venue cette idée ? C’est une idée assez simple, de pur bon sens : rappeler à ces deux peuples qu’ils sont « frères » et donc qu’ils ont le même sang qui coule dans leurs veines. D’ou l’idée d’organiser un don/échange de sang entre volontaires israéliens et palestiniens sous le « slogan » : feriez-vous du mal à quelqu’un dont votre sang coule dans les veines ?   Comment la campagne a-t-elle été accueillie ? Apparemment très bien. Elle a reçu le soutien de Shimon Perez lui-même via le « Shimon Perez center for Peace » et, c’est une association de parents de victimes du conflit Israelo-Palestinien qui a été la première à se prêter au « jeu ». Cette initiative a même été saluée par Clinton, Obama, Desmond Tutu et quelques autres…(Eux, par contre, ils ont bien froissé ma modestie, les salauds.)   Vous travaillez régulièrement pour de grandes causes (récemment pour Planète Urgence, notamment). Est-ce un moyen de vous racheter une conscience à côté de votre travail pour le « grand capital » ?   On peut voir ça comme ça, mais ça sous-entendrait que j’ai honte de ce que je fais pour vivre (ce qui n’est pas le cas). Je dirais plutôt que j’estime que j’ai un certain savoir-faire que je peux mettre au service de personnes ou de causes qui ne pourraient pas se les offrir si on les considérait comme des annonceurs « normaux ». Mais, je n’ai pas mauvaise conscience de faire le métier que je fais.   Pensez-vous que la publicité puisse « améliorer » le monde ?   Non. Mais elle peut aider à faire connaître ceux qui, eux, essayent de le faire et donner à leurs actions une résonance qu’elles n’auraient pas autrement.   Y a-t-il des clients, des marques pour lesquels vous refuseriez (ou avez refusé) de travailler ?   J’ai déjà refusé de bosser pour des hommes politiques simplement parce que, si j’aide à vendre un yaourt ou une voiture, les consommateurs peuvent les essayer et, les refuser si cela ne leur convient pas. Alors qu’un homme politique, on en prend quand même pour cinq ans et qu’ils ne sont ni remboursés, ni échangés, comme on dit dans la réclame. (PS : ce n’est pas une question de conviction politique, on m’a proposé de bosser pour des politiques dont je me sentais plutôt proche, c’est marrant, j’ai écrit PS).   La publicité est-elle ou peut-elle être considéré comme un art ? N'est-ce pas gâcher votre talent que de le consacrer à la pub ?   Je n’en sais foutre rien. Certains vous diront que de grands tableaux étaient des œuvres de commande avec un « brief » très précis et des buts « politiques » ou même « propagandistes ». Je pense juste que mon boulot est de rendre « regardable », voire joli ou drôle quelque chose qui, de toutes façons, existerait sans moi. Vous savez, on stigmatise souvent les publicitaires, mais je ne connais pas un créatif qui n’ait pas envie d’être fier de ce qu’il fait, de faire marrer les téléspectateurs, de faire de beaux films, de belles annonces… Sans vouloir balancer la patate chaude, c’est plutôt du côté de nos amis annonceurs (n’oublions pas que ce sont eux qui décident quelle idée verra le jour) ou des instances comme le CSA ou l’ARPP qu’il conviendrait de pointer les flingues de temps en temps.   Le créatif/créateur que vous êtes a-t-il des projets strictement artistiques ? Un film, un roman, une pièce, un album ?   Comme vous le dites, je suis créatif, pas créateur. Je fais un peu de musique, j’écris des conneries… Rien de plus. Quant à dire qu’un film, un bouquin, un album sont forcément des projets artistiques…   « Prises de choux », le livre, c'est pour bientôt ?   Voilà un projet absolument pas artistique qui me tient à cœur. Un bouquin est prévu pour septembre, si tout se passe bien. Question subsidiaire : Les rabbins volants se reformeront-ils un jour et était-ce déjà une contribution au processus de paix israélo-palestinien ?   C’était il y a bien longtemps, autres temps, autres mœurs. Je pense que si on décidait de reformer les Rabbins Volants aujourd’hui on irait directement en tôle et je crois même qu’on se ferait plastiquer notre cellule.

Le 25 novembre 2015 à 14:38

Du crime de nommer un acte meurtrier de passionnel

Salut !Alors voilà, ça fait 12 jours que je ne parviens pas à recoller les morceaux de mon cerveau, genre puzzle éparpillé, 12 jours que j’erre d’un point à l’autre, en faisant des ronds avec mon corps, aidé par une marche mécanique.Et là je me dis : « Marie, tu dois te reprendre, et te remettre au travail, et repartir sur le chemin de la vie, de l’amour, du féminisme et des petits oiseaux. » Et bien aujourd’hui pour fêter ça – mon retour à l’écrit – je vais te parler de … Féminicide !(J’ai pas dit que j’allais écrire sur un sujet rigolo, hein …) Nous sommes le 25 novembre et comme tu le sais peut-être, c’est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.Il s’agit donc de toutes les violences, mais spécifiquement contre les femmes.Le choix est vaste. Je pourrais te parler des viols de masse comme armes de guerre, du harcèlement sexuel, etc. Il n’y a pas de sous cause. Tous ces sujets sont importants.Mais j’ai décidé de te parler d’un certain type de féminicide. Alors on va me rétorquer : ″C’est quoi encore ce « barbarisme sémantique », ce « néologisme de féministes », qu’est-ce donc que le féminicide ?″ Les violences contre les femmes sont systémiques. Elles découlent de ce que l’on nomme le patriarcat. Elles sont une relation de pouvoir, de dominant à dominé. Dans ce système, les femmes sont violentées parce qu’elles sont femmes.Voilà ce qu’est le « féminicide » : tuer un individu en fonction de son sexe. Ça englobe plein de façon de procéder : - Tuer les filles à la naissance, notamment en Asie, où culturellement et économiquement une fille peut être considérée comme un poids pour sa famille. Ce n’est pas sans conséquence (outre le crime) : on assiste à un « déficit de femmes » : les chiffres attestent qu’il s’agit de plus de 100 millions de personnes… - Les crimes d’honneur prémédités (précision plus qu’importante) et exercés contre des individus (très majoritairement des femmes) par une communauté/une famille, qui considère que la victime a porté atteinte à l’honneur du groupe. Les punitions sont connues : jets d’acide au visage, lapidations, etc.(Je te mets pas d’images, tu comprends bien de quels genres d’horreurs je parle). La liste des crimes exercés contre les femmes parce qu’elles sont femmes est longue.Mais je vais préciser pour un cas bien particulier.Je classe dans les féminicides la terminologie que l’on emploie très souvent dans nos médias sur la question du crime dit « passionnel ». La Passion, dans les cours d’Assises françaises (entre autres) semble être une excuse à un meurtre.Ainsi, jusqu’au 11 juillet 1975 (et la dépénalisation de l’adultère), les crimes considérés comme commis sous l’emprise de la passion pouvaient tout simplement être excusés. Jusqu’à cette date, l’article 324 du Code pénal stipulait que « Le meurtre commis par l’époux sur l’épouse, ou par celle-ci sur son époux, n’est pas excusable, si la vie de l’époux ou de l’épouse qui a commis le meurtre n’a pas été mise en péril dans le moment même où le meurtre a eu lieu ». Toutefois, dans les cas d’adultères prévus par l’article 336, « le meurtre commis par l’époux sur son épouse, ainsi que sur le complice, à l’instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale, est excusable. »  « Oui mais c’était il y a longtemps ! » Heu… Bon déjà 40 ans c’est pas si loin que ça (hem) et surtout ce n’est pas parce qu’une chose n’est plus inscrite dans une loi qu’elle disparaît des esprits. Or c’est bien cela le problème. Je ne parle même pas du fait que cette loi n’était pas symétrique : on parle bien de l’époux sur son épouse mais quid de la femme trompée ? Ah non, elle, elle va casser sa pile d’assiettes et puis basta. Ce qui, en dehors du fait que cela soit une excellente excuse pour se débarrasser d’une vaisselle horriblement moche, est l’acte de violence ultime que l’on peut se permettre d’un individu sur un autre. Parce que non, taper ou tuer les gens, désolée pour la tarte à la crème, mais c’est pas bien du tout. Même si on est très en colère. La passion ça te met des étoiles dans les yeux, ça peut te faire pleurer parfois, mais non, ça ne te fait pas tuer quelqu’un. Ce n’est en aucun cas une justification à la violence. Ce qui crée ce meurtre mal nommé, c’est la perte de pouvoir, la jalousie, la possession. Pas la passion. Tout comme le viol n’est pas un acte sexuel, mais une violence de domination d’un individu sur un autre. Dans les deux cas, il s’agit de violences influencées par le désir de pouvoir. Rien d’autre. Aujourd’hui en France, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint. Ce n’est pas la passion qui tue, ce sont des individus. Et nous ne devons plus accepter que l’on minore un crime par des excuses qui relèvent du non-sens. La loi a changé, le traitement de l’information par les médias, pas vraiment, et combien de fois a-t-on entendu : « Oui, mais franchement, il faut dire aussi qu’elle était pas hyper réglo… » => Elle l’aurait presque cherché, on connaît la chanson… Non, on ne cherche jamais cette violence, les femmes (en grande majorité*) ne peuvent pas continuer à être les victimes d’un système machiste et violent qui pose comme fait aggravant qu’elles soient femmes et qui réduit l’importance d’une réalité bien concrète. On meurt de violences conjugales et les chiffres baissent peu.Les facteurs sont multiples, mais le vocabulaire et la terminologie employés ne sont pas anodins dans ce processus. CQFD. P.S : Faites l’amour. Comme vous l’entendez. Mais s’il vous plaît arrêtez de vous faire la guerre. …………………………….. * En 2014, 134 femmes et 25 hommes sont décédés sous les coups de leur partenaire ou conjoint. (Chiffres issus du Ministère des Affaires sociales, de la Santé et du droit des femmes : http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Les-chiffres-de-reference-sur-les.html)

Le 14 août 2015 à 08:23

Ma femme est jalouse

Ma femme est jalouse, mortellement jalouse, non seulement de toutes ces femmes dont mon donjuanisme effréné a déjà fait la conquête, comme en témoignent mes tiroirs débordant de leurs lettres d'amour, mais aussi, et cette jalousie prospective l'obsède tout autant, de celles, peut-être encore plus nombreuses, que ma séduction extraordinaire et mon ascendant inouï vont fatalement aimanter dans les mois, les années, les décennies à venir. J'ai beau lui dire que je n'aime qu'elle, que je ne pense qu'à elle, mon passé ne plaide pas en ma faveur, où c'est à bon droit qu'elle pourrait lire l'augure d'un futur aggravé, car s'agissant du présent, si ça peut la rassurer, c'est le calme plat, je ne possède ni même ne désire aucune, absolument aucune de ces femmes qu'il m'est donné de croiser tous les jours dans la rue ou de côtoyer au bureau, et pour être tout à fait franc, ma propre épouse, dont je viens d'évoquer la jalousie morbide, je ne l'ai pas touchée depuis, depuis je ne sais quand, je la vois comme une ombre, c'est comme si je ne la voyais pas, et d'ailleurs je ne suis pas tout à fait convaincu de sa réalité, il m'arrive même à certains moments de me demander si je ne suis pas, tout bonnement, solitaire, célibataire, quant à ces lettres que j'évoquais tout à l'heure, qui faisaient de ma chambre une amoureuse caverne d'Ali-Baba, où sont-elles? je ne les vois plus, j'ai beau passer la main dans mon tiroir qui serait vide si n'y subsistaient, tout au fond, quelques vieilles photos découpées dans des magazines spécialisés, et qui ne me font plus rien quand mon désoeuvrement les exhume.

Le 13 mai 2011 à 08:32

« Je suis un mariniste »

Gilbert Collard, Valeurs actuelles, 12 mai 2011

Pour emprunter à Jacques Lanzmann :  il y en a qui contestent, qui revendiquent et qui protestent, l’avocat Gilbert Collard, lui, retourne sa robe, toujours du côté des projos. Cet opportuniste est aux prétoires ce que Michaël Vendetta est à la téléréalité : celui qui pète dans la soie pour que ses honoraires aient une odeur. Le radicalisme valoisien n’avait pas suffi à l’auréoler d’un destin politique. Par deux fois les électeurs de Vichy lui ont préféré le maire sortant Claude Malhuret et son humanitarisme aronien, garant de la réhabilitation historique de cette ville d’eaux. Ils savent désormais à quoi ils ont échappé. Un avocat « mariniste » en premier magistrat de Vichy, cela aurait fait jaser. Même si « lepéniste » était autrement connoté pétainiste, « mariniste » ça sonne cagoulard davantage que communard. Ce fameux suffixe adjectival « iste » déclinant le « isme» qui renvoie à un système de pensée (gaullisme, mitterrandisme, mendésisme – et même sakozysme, mais là c’est pour l’euphonie…), prend un tour étriqué avec la dame frontiste. Dehors les étrangers, on ferme les frontières et la République sera bien gardée : cela fait plus rabattage de voix que doctrine élaborée. Collard veut que l’on gobe une adhésion de raison, au lieu et place d’une filiation populiste. Le suffixe « ien » aurait été plus approprié. Mais « marinien » fonctionne mal. Ça navigue quelque part entre « Mars » et « rien. »  En revanche « collardien » ça s’entend mieux que « collardiste », non ?        

Le 6 mai 2012 à 08:36
Le 18 décembre 2012 à 08:32

Obama et la NRA d'accord pour supprimer le port d'armes après les 12 prochaines tueries

WASHINGTON D.C – Les Etats-Unis auraient-ils vécu leur tuerie de trop? Alors que l’Amérique sèche encore ses larmes après le massacre de Newtown, Barack Obama semble bien avoir décidé de réagir. Hier, il a annoncé qu’il souhaitait supprimer le droit de posséder une arme à feu après les 12 prochaines tueries. Et, de manière tout à fait inattendue, il a obtenu le soutien de la NRA, le principal lobby pro-armes aux Etats-Unis. Une association traditionnellement contre toute forme de restriction sur les armes à feu. Reportage Un juste milieu Hier, Barack Obama a tenu une conférence de presse pour rendre publique cette mesure : « Ce qui s’est passé à Newtown est la tragédie de trop. Il y a eu trop de tueries, trop d’enfants américains assassinés. Notre pays a un véritable problème avec les armes à feu. Trop de pistolets et d’armes de guerre circulent sur notre territoire et restent accessibles à des personnes psychologiquement instables. Nous devons réagir en restreignant l’accès aux armes. » Toujours dans le cadre de cette allocution, le président américain est ensuite revenu sur le cœur de la réforme qu’il souhaite mettre en place : « Nous allons soumettre au Congrès une modification du deuxième amendement de notre Constitution qui permet le port d’armes aux Etats-Unis. C’est une lourde réforme de fond. C’est pourquoi nous souhaitons le faire lorsque 12 tueries supplémentaires se seront déroulées.» La NRA, le lobby des armes qui a été au cœur des négociations avec Obama depuis la tuerie de Newtown, semble enfin avoir changé d’avis. Wayne LaPierre est vice-président de la NRA : « Nous avons fait des estimations et au rythme actuel d’une tuerie par trimestre, cela nous laisse 3 ans pour voir venir la suppression future du port d’armes. » Et le lobbyiste de continuer : « Douze tueries, cela nous paraît être un juste milieu. C’est à la fois assez pour laisser le temps aux acteurs économiques du secteur de restructurer leur activité commerciale. Et cela permettra en même temps de mettre fin à court terme à ce terrible phénomène des tueries de masse. » L’Amérique prête à tourner la page Christina est institutrice dans une école élémentaire du Wisconsin. Pour elle, cette annonce de Barack Obama est une bonne chose même si elle arrive un peu tard : « Il était temps. Ça aura pris des années mais le pouvoir est enfin prêt à tourner cette page de notre histoire et de nos habitudes. Maintenant, j’espère juste que cela va arriver vite mais je crains que ceux qui militent contre le port d’armes en profitent pour accélérer le processus en organisant des tueries. Ce ne serait pas une bonne solution non plus. Laissons les prochaines tueries se faire naturellement.»   Le Gorafi  

Le 8 avril 2011 à 09:14

Vacances en France

Mauvaises rencontres

« Pourtant, qui le croirait ? Un voyage au Morvan offre quelque danger. Des bandes parcourent les routes, composées d'individus d'aspect débonnaire, mais animés au fond de très mauvaises intentions, et qui ne craignent pas d'arrêter le voyageur isolé aussi bien que ceux qui circulent en nombre. Nous n'avons pas ouï dire qu'elles aient dévalisé personne ou pillé les diligences ; mais leur aspect farouche et provocant pourrait déterminer chez le voyageur novice quelque terreur. » Il s'agit de compagnies d'oies, dont le Morvan semble avoir le privilège ; oies puissantes, bien membrées, ayant fort mauvais caractère et portant haut la tête. Ces animaux féroces parcourent en liberté bois, prés et sentiers, et se figurent évidemment que les routes sont faites pour leur circulation exclusive. Dès qu'un bipède non pourvu de plumes et portant nez au lieu de bec se permet d'y mettre le pied, ils s'avancent en bataillon serré, ouvrant à outrance leurs larges becs et crachant à la face de l'intrus tout le catéchisme poissard de leur race. Il y en a toujours une qui est le chef de la bande et marche bravement à l'ennemi, devant toutes les autres, dégoisant un répertoire d'injures et de menaces du plus haut comique. » […] » Du reste, il ne faudrait pas entreprendre une lutte corps à corps avec ces bêtes guerrières. D'un coup de bec elles coupent fort proprement un doigt. Je comprends maintenant pourquoi l'on dit que certains jugements ont "force de l'oie". »(Jean Bertot, Août 1893 : la France en bicyclette : étapes d'un touriste de Paris à Grenoble et Marseille)

Le 19 septembre 2015 à 09:09
Le 9 novembre 2010 à 09:37

Au bord de la Laponie, Elin Larsson et la nuit polaire

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Le deuxième jour, la nuit. Elin Larsson monte sur scène, jeune et faussement fragile. Elle attend que le batteur soit en place, le guitariste aussi. Et elle envoie. Elle envoie tout. Parfois le trombone essaie de s’imposer, mais rien à faire, Elin Larsson est là, le plus prêt possible du micro, avec des notes rapides et précises, jouées avec la plus grande présence possible. Elin Larsson et personne d’autre. Elle absorbe tout, elle prend toute la place. Il est 14h30, nous sommes à Umeå, à quelques centaines de kilomètres du cercle polaire et de la Laponie, au bord de la mer Baltique. La salle de concert se remplie.La nuit n’a pas encore.Mais presque. Le froid non plus.Elin par contre.Elin Larsson parce qu’enfin, il est question de jazz, même en novembre, même à 62° de latitude nord. Il est donc question de basse, de batterie et d’instruments qui s’affirment, qui se combattent, s’affrontent. Elin Larsson est dans son instrument, cuivré, long, recourbé, elle est autre chose qu’une voie, autre chose que le silence ou la retenue. Il est 14h50. La salle est pleine, on est venu nombreux de Stockholm. Quelqu’un allume la lumière. Puis éteint.Elin s’arrête. Décontenancée. Puis la guitare, puis le batteur.Personne ne parle, personne ne bouge.Le silence est revenu.Le silence au nord de la Suède, dans une salle de concert. Elin s’approche du micro.Plus personne ne sait où il est, où il en est.Elin essaie de parler.Je.Je pense que c’est le moment pour Le ciel sombre.Le ciel sombre, celui qui va arriver dans quelques instants et ne plus partir pendant des mois.Elin laisse la guitare, la contrebasse et la batterie s’amuser, dans une musique blanche, adoucie, consolée. Elle les laisse jouer, à contre des jazz anciens, à contre des affrontements et des combats. Puis de conclure par un rire, de nouveau fragile, de nouveau humain.Le ciel sombre peut arriver. Il peut tout absorber. Il peut prendre place, il peut prendre toute la place. A écouter : Elin Larsson Set free.

Le 12 juin 2010 à 10:44

« L'idée que je pourrais "dealer", entrer dans une manoeuvre avec qui que ce soit, est une idée enfantine ! »

François Bayrou, La Croix, 9 juin 2010

L’idée que François Bayrou se fait d’une idée enfantine a de quoi affoler dans les maternelles. Il viendrait naturellement à l’esprit des mioches, le commerce des substances opiacées et les roueries de la politique ! On les croit scotchés devant les Télétubbies,  ils lisent en douce Millenium ! A moins que l’évocation des noirceurs enfantines ne soit qu’une manière de masquer ses propres turpitudes, en l’espèce deux rencontres discrètes avec un Nicolas Sarkozy contre lequel il était entré « en résistance ». Le  régime n’en a pas été plus ébranlé que ça,  tandis que le capital de voix constitué par François Bayrou en 20O7 se dilapidait au fil des élections. Seul réconfort, Nicolas Sarkozy commence à faire une allergie au Nouveau Centre – les Iagos du Modem - depuis qu’un des siens a des démangeaisons présidentielles. Pour le président de la République en quête de réélection mieux vaut un centriste qui braconne à gauche, qu’un centriste qui déconne à droite. Pour le président du Modem un petit espace s’ouvre alors pour revenir dans le jeu de son ancien camp sans changer de maillot. Un enfant de cinq ans le comprendrait. Justement, François Bayrou a une trop haute opinion de son destin pour le laisser à portée des enfants. Une intelligence aboutie est demandée à quiconque prétend interpréter ses choix. Le Modem bientôt interdit aux moins de 18 ans ?

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