Romain Boussard
Publié le 13/06/2012

Minute papillon !


Ancien étudiant en coloriage et pâte à modeler reconverti dans le dessin d'actualité. 
http://rboussard.canalblog.com/
 

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À voir aussi

Le 8 février 2012 à 10:08

"Le problème d'image d'Eva Joly ne vient pas que de son accent, c'est aussi physique. "

Nadine Morano, Le Parisien/Aujourd'hui, mercredi 8 février 2012.

Le problème d’image de la ministre de  l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, ce n’est pas son physique mais l’accent vulgaire qu’elle imprime à ses propos publics.  Sous la Révolution elle aurait été Tricoteuse commentant les  têtes qui tombent dans la sciure,  sous la présidence Sarkozy elle est une sorte de Rabouilleuse, celle dont Balzac raconte qu’elle salissait l’eau pour mieux pêcher l’écrevisse. Dans son interview au Parisien elle fait carton plein en ironisant sur la chirurgie esthétique qu’elle croit déceler sur le visage de Ségolène Royal et le régime alimentaire qu’elle voit poindre derrière la ligne retrouvée de François Hollande. Bref elle y va fort, la Morano. Mais, elle, sa forme elle l’entretient sans faire appel à la médecine. Quand elle est pressée, elle cravache son escorte policière motorisée, au point que celle-ci, empruntant un couloir d’autobus parisien à contre-sens, renverse un  piéton qui sombre – quelques heures – dans le coma. Elle confesse par mégarde sur Twitter qu’elle «  bulle dans un spa avec des copines » alors que les Français pèlent de froid et que ses collègues font des heures sup’ (non rémunérées) au service du Président-candidat. Nadine Morano est une bonne cliente pour les médias. Avec elle le show est garanti et le buzz assuré (la preuve…) Une suggestion pour ses affiches de campagne législative : « Nadine Morano, celle qui ose tout. »

Le 3 août 2010 à 14:50

« Le message que devra adresser cette loi, si elle est votée, c'est de réaffirmer au sein de l'édifice familial cette responsabilité dont les bases ont été sapées depuis mai 68 »

Eric Ciotti, « Monsieur sécurité » de l'UMP, JDD, 1er août 2010

Quarante ans après, la marche des fiertés réactionnaires sur les Champs-Elysées n’est pas dispersée. Jeter en prison les parents de mineurs délinquants qui ne se seraient pas amendés - le projet auquel fait allusion le député niçois - devrait ainsi être le magnum opus du sarkozysme, stade suprême du gaullisme. Ce préposé de l’UMP aux basses œuvres sécuritaires a déjà associé son nom à quelques intempérances parlementaires. Il récidive en reprenant le fil de l’épopée entamée une semaine avant le premier tour de la présidentielle par un Nicolas Sarkozy pourfendant « l’héritage de Mai 68 » qui aurait aboli toute les valeurs fondamentale de la France, au point de « préparer le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique des parachutes en or, des retraites chapeaux et des des patrons voyous ». Mais on n’évacue pas sans inconvénient la Sorbonne pour le Fouquet’s. Mai 68 n’était plus « le sujet ». Grâce soit rendue à Eric Ciotti qui rappelle combien ces « événements » furent générateurs de désordres dans la société. La loi ouvrant les vannes du divorce n’est-elle pas le produit des relâchements moraux de l’époque ?  Alors, vite une abrogation restaurant l’ordre conjugal d’avant. Manquerait plus qu’on hérite un jour d’un président de la République trois fois marié et flanqué d’une famille « recomposée ».

Le 18 octobre 2011 à 09:05

«C'est le rêve français que je veux réenchanter»

François Hollande, après le second tour de la « primaire citoyenne », dimanche 16 octobre 2011

A tout prendre une bouille molle avenante est plus sympathique qu’une bouille dure sectaire, ce n’est pas une raison pour taire la perplexité où nous a plongés, dès sa première déclaration, le candidat de la gauche socialiste, citoyenne, etc. Quand on reprend, posément, mot à mot, sa profession de foi, elle interpelle quelque part au niveau de la comprenette. Réenchanter un rêve, cela sous-entend qu’il y a des rêves désenchantés. En un certain sens, oui. Mais il n'est nul besoin de rêver la désespérance sociale, elle s’impose dès qu’on ouvre les yeux. Un aspirant président, son terrain de jeu ce n’est pas le sommeil agité de ses concitoyens mais les angoisses de leur quotidien. Bref qu’il parvienne seulement  à « réenchanter » la vie, le Merlin qui a terrassé la Martine, et ce serait déjà pas mal. Encore que la formule a des relents de calotte (signe ostentatoire commun aux monothéistes)  qui offusquent les narines rationalistes. Ainsi, quand Max Weber parlait du « désenchantement du monde » pour constater, en sociologue, que l’avènement des sciences et des techniques privait de sens, sinon de magie et de merveilleux les sociétés humaines, d’aucuns prétendaient qu’il régressait en deçà du « Siècle des Lumières.»  Dans ce cas, « réenchanter », serait plutôt réactionnaire. Au risque d’une autre régression, la remise en service du bon vieil « ascenseur social » aurait l’avantage de dire la même chose, de façon plus « normale ».

Le 5 juillet 2010 à 10:15

« La politique économique que nous menons en France actuellement, c'est une politique de ri-lance"

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, 4 juillet 2010

Cacher un vilain mot que l’électeur ne saurait entendre, en atténuer un autre que le consommateur ne doit pas trop prendre… au mot, faire carburer les concepteurs d' « éléments de langage »,  produire en scène la ministre la plus rompue aux contractions anglo-saxonnes et nous voilà lestés de « ri-lance ».  C’est ce qu’on appelle un mot-valise où rigueur et relance sont rangées tête-bêche pour suggérer que tout est « under control ». Christine Lagarde n’est pas la plus antipathique des ministres en exercice et dans sa bouche « ri-lance » c’est du rire et de l’aisance, comme si tout ça n’était pas bien grave. La conduite des politiques économiques étant riche en métaphores routières on observera cependant que faire de la rigueur pour conjurer le crash budgétaire et de la relance pour éviter la panne de marché, c’est appuyer en même temps sur le frein et l’accélérateur. Généralement ça ne se termine pas très bien. De même d’ailleurs la « stagflation » des années 60 (stagnation et inflation vont dans la même valise !) où, cette fois, on débrayait et accélérait tout à la fois. L’avantage de « ri-lance », par les temps présents, c’est que pour sacrifier à la mode des « lipduds » on verrait bien les ténors UMP en faire la promotion sur du Mika : « rilance…relax...take it easy… ».

Le 28 octobre 2010 à 14:15

"Je présente mes excuses à ceux que ça a pu blesser parce que ce n'était pas le but"

Benjamin Lancar, président des Jeunes UMP, Beur-FM, 26 octobre 2010

Voilà la formule désormais formatée de celui qui vient de sortir une ânerie et qui, devant l’effet déplorable produit, veut l’effacer en se livrant à une repentance qui aggrave un peu plus son cas. Elle suggère en effet que si d’aucuns se sont sentis visés, c’est qu’ils n’ont rien compris des intentions innocentes de l’auteur. Bref, les cons c’est les autres. Ce Benjamin Lancar qui postule à la succession de Frédéric Lefèbvre dans le rôle d’aboyeur à l’UMP, n’a donc rien inventé, d’autres l’avaient précédé, du parfumeur Guerlain à l’égard des « Nègres »,  à Brice Hortefeux vis à vis des « Auvergnats ». Mais le plaisant dans les « excuses » de ce béjaune, c’est qu’il n’a blessé que lui-même, puisqu’il est dit que le ridicule ne tue pas. Ainsi il avait cru devoir comparer les défenseurs de la réforme des retraites aux résistants qui refusèrent la défaite de 40, et il avait assorti cette puissante analogie d’un commentaire flatteur sur l’œuvre économique de Pierre Laval à la présidence du Conseil, au début des années 30, avant de sombrer dix ans plus tard dans la collaboration. Même son mentor élyséen a dû se sentir gêné, lui qui s’était affiché en fervent admirateur de Georges Mandel, assassiné en 1944 par la Milice de… Laval. Quant à faire d’Eric Woerth une sorte de Guy Moquet, pourquoi, tant qu’on y est, ne pas comparer les défilés syndicaux à l’exode de 40 !

Le 21 janvier 2012 à 09:40
Le 27 octobre 2011 à 09:19

Marie Darrieussecq : "Je préfèrerais finir en saucisses plutôt que l'on publie notre adaptation!"

"Quand Alfredo Arias m’a dit qu’il voulait adapter Truismes, je me suis sentie pousser des tétines de joie. L’évidence, c’était l’évidence ! La consécration de ma truie ! « Mais il n’y a pas de nonne ! » ai-je grogné pour m’excuser (je ne peux pas imaginer un spectacle d’Arias sans nonne). Qu’à cela ne tienne : il en a rajouté une, qu’il a métamorphosée à sa façon en l’affublant des accessoires de la policière et de l’infirmière, pour inventer une employée Policière-Infirmière-Nonne. Il n’a pas échappé à ma vigilance porcine qu’un simple E la transformerait en PINE, Policière-Infirmière-Nonne-Evaluatrice : l’évaluation étant, me semble-t-il, le but ultime de notre société, obsédée par le chiffrage et la surveillance du suidé libre qui sommeille en nous. C’est de cette façon, à plusieurs pattes, que nous avons réécrit une adaptation de ce roman, avec la bonne surprise (pour moi) que le poil, quinze ans après, ne lui avait guère blanchi : la France sarkozyenne bling bling n’a en effet rien à envier à celle du personnage d’Edgar, qu’à l’époque beaucoup assimilaient pourtant à Le Pen. Les avions charters sont remplis de sans-papiers, le travail salarié est de plus en plus précaire, les femmes sont de plus en plus cosmétisées, L’Oréal est le titre d’un feuilleton, les yachts sont de plus en plus grands, et la Bourse a pris son sens le plus définitivement obscène. Pour ne rien arranger, ce jeune marcassin d’Arias s’est mis dans la caboche de jouer tous les rôles, à commencer par la truie. On voit de ces choses… Le théâtre, le théâtre, cet homme n’a que ce mot à la bouche. Moi, je pense à la Littérature, et à l’immoral exemple d’un saltimbanque comme lui sur mes enfants. Je préfèrerais finir en saucisses plutôt que l’on publie notre adaptation, qui caricature outrancièrement la chair de mon roman tout en délicatesse, pour le transformer en jambonneau argentin. Mais je dois dire que quand Alfredo prononce certaines phrases (pourtant pas toutes immortelles : « quelles belles mâchoires vous avez ma chère »), je me retrouve les quatre fers en l’air de rire sous la table, où nous travaillons pourtant d’arrache-pied à préparer ce spectacle, avec le plus grand sérieux et toutes nos tripes." Marie Darrieussecq

Le 19 décembre 2010 à 11:47

« Cessez d'emmerder les Français ! »

Jacques Myard, Assemblée nationale, jeudi 16 décembre 2010

Europhobe, homophobe et tenant de la trique sécuritaire, ce député UMP est réputé pour ses saillies dans l’enceinte du Palais Bourbon, ce qui n’a bien sûr aucun rapport avec le fait qu’il soit élu de Maisons-Laffitte (Yvelines), « Cité du cheval ». Lors de la discussion du projet LOPPSI 2, acronyme gentillet d’une loi à poigne sur Internet, la vidéosurveillance, les mineurs de 13 ans, les squats, les écoutes, les fichiers, les polices municipales ou encore les chauffards, le liberticide s’est révélé libertaire avec ce cri du cœur inspiré du fameux « Arrêtez d’emmerder les Français ! » de Georges Pompidou. C’était en 1966 et le Premier ministre pestait contre l’excès de lois, décrets et circulaires. Moyennant quoi leur nombre n’a jamais cessé de croître. Rien que depuis 2002 on en est à dix-sept lois sur la sécurité et cinq sur l’immigration. Mais Jacques Myard visait seulement la réglementation du permis à points dont il souhaitait un assouplissement. Avec cet argument fort : un « pépé » flashé à 56 km/heures sur « les berges de la Seine » et qui serait de la sorte sanctionné. Il a flotté soudain comme un parfum de nostalgie sur l’hémicycle puisque si la bagnole peut faire la course avec les péniches dans la capitale on le doit à… Georges Pompidou. Au cas ou Delanoë persiterait dans son projet de rendre ces berges aux piétons, qu’il ne s’étonne pas si Jacques Myard remonte en selle avec un slogan tout trouvé : « Faites pas chier les Parisiens ! ».

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