Stéphane Trapier
Publié le 16/08/2014

Les métiers oubliés du cirque #4


Né le 15 juillet 1790, Stéphane Trapier a toujours raté les rendez-vous de l’histoire. Ancien avant-centre de l’équipe de France, il n’a jamais gagné la coupe du Monde. Il collabore à Fluide Glacial (après le départ de Gotlib), au Monde (sans jamais croiser Beuve-Méry) ou encore à Télérama (dès la retraite de Jean-Claude Bourret). Il a illustré deux ouvrages de Jean-Michel Ribes, et son Rond-Point. Il ne connait pas personnellement Henri Guaino. 

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Le 4 mai 2012 à 09:09

Je suis chocolat !

Dans le langage courant, être chocolat, c'est être berné, roulé dans la farine et, plus familièrement, être entubé, l'avoir dans l'os, pour ne pas aller plus loin dans la grossièreté.   Il est admis que cette manière de dire viendrait d'un numéro de clowns ; des clowns qui se produisaient, à Paris, au Nouveau Cirque, en 1896.   George Tudor Hall, dit Footit (1864-1923) était un clown blanc au costume pailleté ; il portait des culottes à pompons laissant nus de gros mollets et un chapeau pointu ; son maquillage renforçait la grimace sanglante de la bouche. Jean Cocteau, qui a vu le spectacle, évoque «  sa voix de duchesse folle », apportant sur la piste « une atmosphère de nursery du diable, où les enfants retrouvaient leurs malices sournoises »   Raphaël Padilla, dit Chocolat (1868-1917) était cubain. Il portait un habit rouge, des escarpins vernis, des bas de soie, un gilet blanc, un petit chapeau melon qu'il ne manquait pas d'épousseter chaque fois qu'il tombait par terre. Avec lui, Footit était d'une mauvaise foi extraordinaire, comme l'annonçait une entrée de clowns appelée Les Deux bouts de bois. Et quand il avait perdu, Chocolat qui était l'Auguste, n'avait de cesse de répéter : «  Je suis Chocolat ! ».   Pour Félicien Champsaur, l'auteur de Lulu – Roman clownesque (1929), Footit « est noir comme l'âme d'un banquier »... surtout quand il entraîne son partenaire dans des jeux cruels du genre : « Nous allons jouer à nous crever les yeux. C'est moi qui commence ! »   C'est l'éternel conflit du fort et du faible, la domination du naïf sur le malin.   Il était tentant pour l'histoire du spectacle et des mots de s'arrêter à cette date : 1896. Mais faire le chocolat existait au moins une décennie auparavant, utilisée par les bonimenteurs dans le sens de jouer à la dupe pour mieux entréper, pour mieux berner le client, le gogo, le pigeon, celui qu'il convient d'arnaquer.   En fait,si le clown Chocolat a donné un corps et un costume à l'expression, elle est bel et bien liée au langage lui-même. Le chocolat étant l'équivalent du cambouis, du charbon, du goudron pour évoquer la sodomie.   Se faire ramoner la turbine à chocolat ou se laisser faire une visite guidée des usines Suchard, c'est aimer le chocolat, avoir des penchants sodomites.   Être chocolat, n'est-ce pas plus jouissif que cette fade expression se faire avoir ? Et, pour se consoler, avoir recours à du chocolat... en tablette.

Le 25 juin 2012 à 08:46

Mon petit pan de mur gris

Yves-Noël Genod : exercice d'admiration numéro 11

> premier épisode "Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?" C'est le titre du dernier livre de Jeannette Winterson, lecture conseillée par Patrice. Je lis, j'aime beaucoup et tandis que je découvre Winterson ils sont dans la dernière semaine de Je m'occupe de vous personnellement. Dimanche prochain, dans quelques heures, ce sera fini, tout va disparaître. La salle Roland Topor va retrouver son gris bleuté et fini pour moi les exercices d'admiration. Cette dernière semaine ne parachève rien, au contraire, Yves-Noël recommence, de plus belle, c'est encore un nouveau spectacle, neuf comme tous les matins du monde. Je sens monter une vague de nostalgie, elle me prend à la gorge, je bois la tasse salée. La nostalgie n'est que l'angoisse du futur et l'appréhension du vide après le plein. Bientôt, dimanche en fin d'après-midi, dans quelques heures donc, un petit pan de ma vie - petit pan de mur jaune - va s'estomper, disparaître, s'évanouir. J'aurais vécu avec eux, les acteurs d'Yves-Noël, je les aurais aimé d'amour. Tant pis si on me trouve sentimental ou naïf, c'est l'amourre qui fait ça. Je crois que je n'ai jamais offert autant de fleurs qu'à Valérie Dréville, je crois que je n'ai jamais offert autant de pastèque qu'à Dominique Uber. Tous ensemble et chacun en particulier, je les ai caressés du regard, je les ai écoutés, tendrement contemplés. J'ai admiré Yves-Noël, je l'ai supporté, parce qu'il peut être infernal YVES-NOËL GENOD, infernal dans le sens que Duras donnait à ce mot, infernal comme est infernal ce qu'il a fait et tenu, tout seul pendant trois semaines, un spectacle différent chaque soir, mettre tant de liberté à la fois sur un plateau, gérer les fauves, ne pas leur couper les griffes ou les endormir. Je pense au premier spectacle de Rabeux que j'ai vu : Les Enfers Carnaval. Correspondances.  Yves-Noël cite souvent Peter Handke : "Regarde le miracle, et oublie-le". Je ne sais pas comment je vais oublier le miracle que fut ce spectacle mais comme souvent quand j'ai un problème, je relis Proust : "L'oubli est un puissant instrument d'adaptation à la réalité parce qu'il détruit peu à peu en nous le passé survivant qui est en constante contradiction avec elle."  Et j'ai encore envie de faire une citation, parce que ceci sera ma dernière chronique et je sens que ma bouche s'assèche déjà : "Bien sûr nous eûmes des orages, vingt ans d'amour c'est l'amour fol. Mille fois tu pris ton bagage, mille fois tu pris ton envol. Et chaque meuble se souvient dans cette chambre sans berceau, des éclats des vieilles tempêtes. Plus rien ne ressemblait à rien, tu avais perdu le goût de l'eau et moi celui de la conquête." Dominique Uber, chère Catherine Deneuve du Sauvage et de Possession réunis, je vous aime. Anne Issermann, chère Virginia Woolf à l'ovale lumineux, je vous aime.  Alexandre Styker, mon Marilyn, mon Marcello, mon jeune faon diaphane, je vous aime.  Lorenzo De Angelis, mon cher nageur prodige, toi qui porte bien ton nom de famille, je vous aime.  Marlène Saldana, chère délicate et fine figure du réel, je vous aime.  Philippe Gladieux, mon cher faiseur et défaiseur de lumières et de sons, je vous aime.  Simon Bourgade, mon cher "garçon naturel", je vous aime.  Valérie Dréville, pour tout ce que j'ai déjà écrit et pour le reste, je vous aime.  Yves-Noël Genod, mon cher chat blond, de gouttière et angora, qu'est-ce que je peux ajouter ?  J'avais de grandes ambitions avec mes chroniques pour Vents Contraires, j'aurais voulu suivre le spectacle, en rendre compte de la manière la plus précise qui soit. Une sorte de spectacle littéraire dans le spectacle. Pas sur le spectacle mais dedans, exactement, sous le soleil. Je n'y suis pas arrivé. Il y aura eu 22 représentations, je n'ai fait que 11 chroniques. On ne suit pas à pieds dans la vase un pur sang lancé au galop. Au final il y aura eu autant de Je m'occupe de vous personnellement que de têtes et de mémoires de spectateurs. Ce que j'ai vu, je l'ai vu par le trou de ma serrure personnelle, tout petit point de vue, l'instant d'un regard. Mais un regard qui s'est dilaté à la mesure de toute la vie.  Je vais moins vivre désormais. J'aurai moins de vie vécue. Dimanche soir, après la dernière, je me mettrai sérieusement dans mon second livre. Je suis prêt pour l'apnée. J'ai eu beaucoup d'oxygène ces-temps-ci.

Le 24 mai 2012 à 10:30

A quoi bon ?

Yves-Noël Genod : exercice d'admiration numéro 5

> premier épisode   Dimanche flemmardise, je ne vais pas me fouler pour mon cinquième papier. Demain je travaillerai mieux. Sur le blog d'Yves-Noël, je viens de lire le texte de Joëlle Gayot l'amoureuse, et franchement, je ne vois pas ce que je peux rajouter. Enfin, si, je vais donner la parole à un petit jeunot de 25 ans, nous sommes le 1er mai 1846 mais c'est aujourd'hui, aussi. Alors voilà, il s'appelle Charles. Charles B. Et il a vingt-cinq ans, je répète : " A quoi bon ? – Vaste et terrible point d’interrogation, qui saisit la critique au collet dès le premier pas qu’elle veut faire dans son premier chapitre. L’artiste reproche tout d’abord à la critique de ne pouvoir rien enseigner au bourgeois, qui ne veut ni peindre ni rimer, – ni à l’art, puisque c’est de ses entrailles que la critique est sortie. Et pourtant que d’artistes de ce temps-ci doivent à elle seule leur pauvre renommée ! C’est peut-être là le vrai reproche à lui faire.  Vous avez vu un Gavarni représentant un peintre courbé sur sa toile ; derrière lui un monsieur, grave, sec, roide et cravaté de blanc, tenant à la main son dernier feuilleton. « Si l’art est noble, la critique est sainte. » – « Qui dit cela ? » – « La critique ! » Si l’artiste joue si facilement le beau rôle, c’est que le critique est sans doute un critique comme il y en a tant. En fait de moyens et procédés tirés des ouvrages eux-mêmes, le public et l’artiste n’ont rien à apprendre ici. Ces choses-là s’apprennent à l’atelier, et le public ne s’inquiète que du résultat. Je crois sincèrement que la meilleure critique est celle qui est amusante et poétique; non pas celle-ci, froide et algébrique, qui, sous prétexte de tout expliquer, n’a ni haine ni amour, et se dépouille volontairement de toute espèce de tempérament; mais, - un beau tableau étant la nature réfléchie par un artiste, – celle qui sera ce tableau réfléchi par un esprit intelligent et sensible. Ainsi le meilleur compte rendu d’un tableau pourra être un sonnet ou une élégie. Mais ce genre de critique est destiné aux recueils de poésie et aux lecteurs poétiques. Quant à la critique proprement dite, j’espère que les philosophes comprendront ce que je vais dire: pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons. Exalter la ligne au détriment de la couleur, ou la couleur aux dépens de la ligne, sans doute c’est un point de vue; mais ce n’est ni très large ni très juste, et cela accuse une grande ignorance des destinées particulières. Vous ignorez à quelle dose la nature a mêlé dans chaque esprit le goût de la ligne et le goût de la couleur, et par quels mystérieux procédés elle opère cette fusion, dont le résultat est un tableau. Ainsi un point de vue plus large sera l’individualisme bien entendu: commander à l’artiste la naïveté et l’expression sincère de son tempérament, aidée par tous les moyens que lui fournit son métier. Qui n’a pas de tempérament n’est pas digne de faire des tableaux, et, – comme nous sommes las des imitateurs, et surtout des éclectiques, – doit entrer comme ouvrier au service d’un peintre à tempérament. C’est ce que je démontrerai dans un des derniers chapitres. Désormais muni d’un critérium certain, critérium tiré de la nature, le critique doit accomplir son devoir avec passion; car pour être critique on n’en est pas moins homme, et la passion rapproche les tempéraments analogues et soulève la raison à des hauteurs nouvelles. Stendhal a dit quelque part: « La peinture n’est que de morale construite ! » – Que vous entendiez ce mot de morale dans un sens plus ou moins libéral, on en peut dire autant de tous les arts. Comme ils sont toujours le beau exprimé par le sentiment, la passion et la rêverie de chacun, c’est-à-dire la variété dans l’unité, ou les faces diverses de l’absolu, – la critique touche à chaque instant à la métaphysique. Chaque siècle, chaque peuple ayant possédé l’expression de sa beauté et de sa morale, – si l’on veut entendre par romantisme l’expression la plus récente et la plus moderne de la beauté, – le grand artiste sera donc, – pour le critique raisonnable et passionné, – celui qui unira à la condition demandée ci-dessus, la naïveté, – le plus de romantisme possible." Charles Baudelaire

Le 15 mai 2012 à 09:45

Le triangle d'or

Yves-Noël Genod : exercice d'admiration numéro 1

> épisode suivant   Paris paraît petit depuis la salle de répétiton. Bientôt, dans quelques jours, le 31 mai si je ne m'abuse, ça commence. C'est au Rond-Point et Yves-Noël Genod va s'occuper de vous, personnellement. En bon génie du titre qu'il est, Yves-Noël a appelé son prochain spectacle Je m'occupe de vous personnellement. 22 réprésentations, ce qui est beaucoup pour YvNo, 22 comme "22, v'là les flics" - au fait, personne ne sait vraiment d'où vient ce 22, c'est peut-être une déformation du juron "vain dieu" ou bien ça vient de l'argot "vingt-deux" qui signifiait "couteau" au 19ème siècle - Bref, tout ça pour dire qu'hier soir, j'ai pu assister à une répet. Yvno préfère dire audition ou filage ou recherche d'apparition ou mieux, rien. Silence total dans la salle, deux / trois personnes dont Alexandre Styker qui mange un sandwich. YN est d'un calme insensé, un calme que je ne lui connais pas dans la « vraie vie », impressionnant. Je suis dans mes petits souliers. Je lui demande à quelle heure ça se termine (car j'ai un rendez-vous après), il me répond : "ça ne se termine pas". Sur le plateau gris, tee-shirt gris et boxer noir, le petit M. Pas de danse sans musique, lumière du jour. M. traverse le plateau en déchirant une feuille de papier alu, YN dit « magnifique », dans ma tête, je pense « ouais, bof ». M. s'approche de la fenêtre - nous sommes au premier étage, il y a trois fenêtres qui donnent sur la rue. Depuis le dehors, Dimitri chante un air d'opéra russe. La voix entre dans la salle, par la fenêtre. YN me demande si ce n'est pas un peu faux, je réponds que oui, que c'est faux, mais que c'est pas mal, ce faux-là. Et là, catastrophe, M. se met à jouer un truc un peu comique genre Charlie Chaplin, un truc vraiment destiné au 4ème mur. YN éclate de rire et va sur le plateau. Très doux, souriant, il dit à M. : « Mais qu'est-ce qui se passe ? Encore une rechute ? C'était quoi ce petit moment « Au théâtre ce soir » ? Il n'y a pas de public, on n’a rien à jouer ici (quand YN dit « jouer », j'entends « démontrer »). » C'est simple, c'est dit avec beaucoup de tendresse, YN connaît M. depuis qu'il a 7 ans. M. recommence. Il fait des choses avec les murs. Il est un peu perdu. Et Yvno lance une chose improbable : joue "triangle d'or", ici, le quartier, c'est le triangle d'or : l'Elysée, les Champs, l'avenue Montaigne, le fric et le pouvoir, c'est ici, joue avec ça". Pauvre petit M., je me demande ce qu'il va faire avec une telle indication. M. s'exécute. Et ça vient, ça devient sublime. YN accompagne M. d'une voix faible : « Oui, somptueux, oui, très beau, ça marche, ça, oui. » Et M. le fait, il y va, dedans, le fil d'or se déroule. Quelle veine ! M. est solaire, ça coule de source, il est triangle d'or, contre, tout contre. Tour à tour isocèle, équilatéral et scalène. C'est dans ces moments-là que je me dis qu'Yvno est un magicien, cette façon de trouver les mots justes, au bon moment, c'est fou. M. va du déséquilibre à l'agilité la plus grande. Je pars sur la pointe des pieds, toujours mon rendez-vous... Dans le métro je me dis qu'YvNo n'a pas son pareil pour célébrer la jeunesse. Et je pense à Catherine Deneuve dans Indochine : « C'est peut-être ça, la jeunesse, croire que les choses sont inséparables : les montagnes et les plaines, les humains et les dieux... Olivier Steiner

Le 22 juillet 2011 à 09:17

Ubu malade ou La Débâcle de la Médecine

Une pièce inédite d'Alfred Jarry

Le docteur KNOCK, Le PERE UBU, La MERE UBU, La GARDE.   La scène est dans le cabinet du Docteur Knock.   KNOCK (en s’essuyant les mains). Mariette, faites entrer le patient suivant. (Le Père Ubu entre, suivi de la Mère Ubu.) MERE UBU. Docteur, c’est affreux, mon époux est fort malade. PERE UBU (se tenant le ventre). De par ma chandelle verte, ma gidouille me fait bien mal… (Knock s’approche du Père Ubu et lui appuie sur l’estomac) KNOCK. Est ce que ça vous gratouille ou est ce que ça vous chatouille ? PERE UBU. Merdre ! Bouffresque ! Vous me faites mal ! Arrêtez, ou je vous fais donner force coups de bâton ! KNOCK (impassible, en lui prenant le pouls). Qu’avez-vous mangé au déjeuner ? PERE UBU. Presque rien, c’est vendredi, on fait maigre… Tout au plus quelques kilos d’andouille… MERE UBU. Et une rouelle de veau… PERE UBU. Avec un poulet rôti pour l’accompagner KNOCK. Je vois… (il lui palpe le cou) Avez-vous conscience de votre état ? PERE UBU. Ho ! Ho ! J’ai peur ! J’ai peur ! Ha ! Je pense mourir ! MERE UBU (implorant). Ah ! Docteur ! Sauvez mon mari ! KNOCK. Souhaitez-vous guérir ? PERE UBU et MERE UBU (ensemble). Oui !!! KNOCK. Dans ce cas… Rentrez immédiatement chez vous, et mettez-vous au lit. Ce soir, prenez juste un bol d’eau chaude. Aucune nourriture solide pendant une semaine, tout au plus un demi biscuit trempé dans un verre de lait… MERE UBU. Tout ce que vous voudrez, Docteur ! PERE UBU. Madame de ma merdre, je vais vous taper ! (il la poursuit, puis s’approche de Knock, l’air furibond) Cornebleu ! Jambedieu ! Tête de vache ! A moi la garde ! On veut assassiner le Père Ubu ! LA GARDE (accourant). Nous voilà ! Nous voilà ! PERE UBU (désignant Knock). Gardes ! Emparez-vous de ce bélître, enfoncez-lui des petits bouts de bois dans les oneilles et passez-le par la machine à décerveler ! (les gardes emportent Knock, qui crie et se débat en vain). Ah ! Ma femme ! Me voilà guéri ! Que la Médecine est une grande et belle chose !                                                                     RIDEAU

Le 27 août 2010 à 15:49

L'insécurité n'est pas un mal en soi, mais un symptôme

Lutter contre l'insécurité par le tout répression, c'est comme prendre du sirop pour la toux quand on a mal à la gorge, et continuer à dormir dehors sous la pluie en hiver.

En médecine comme en politique, il y a plusieurs façons de lutter contre les maux auxquels nous sommes confrontés.   D'abord, on peut chercher à soigner les symptômes. Quand on a une pharyngite, on prend du sirop pour la toux. Quand l’insécurité est latente, on envoie la police. On peut aussi s’attaquer aux racines du mal. Pour certaines pharyngites, on prendra des antibiotiques. Si l’on est assez robuste, il suffit parfois de rester au lit, et l’organisme se chargera de lutter contre l’infection. Dans le même esprit, pour lutter contre l’insécurité, on s'efforcera d’endiguer la pauvreté, le chômage, la paupérisation... Enfin, et c’est la troisième option, on peut faire de la prévention ; éviter de sortir sous la pluie, avoir une alimentation saine et un train de vie équilibré, bref disposer d’un organisme qui ne favorise pas le développement de la maladie. En appliquant cette idée à la lutte contre l’insécurité, on en vient à se demander si une société qui pousse à la consommation à outrance ne favorise pas ainsi la délinquance, en faisant de l'argent une finalité en soi.   Un dernier commentaire. Ce n’est qu’en phase terminale, ou devant une maladie inconnue, que les médecins se résignent à ne s’attaquer qu’aux symptômes, afin de soulager le patient…

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