Le Tampographe Sardon
Publié le 05/07/2012

On ne vous coupera plus le sifflet


Le Tampographe ne fabrique jamais de tampons sur commande. Il n'aime pas les artistes, il s'intéresse pas à leur travail, il n'a aucune curiosité pour les merdes qu'ils produisent généralement, s'il pouvait il les emploierait volontiers à goudronner les routes, curer les fossés, vider les poubelles ou creuser le canal Seine-Volga.

Son site : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/ 

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Le 26 juillet 2011 à 09:00

Steph & Max, des spectateurs pas tout à fait comme les autres

Ce duo de graphistes fait pour nous son festival d'Avignon

Certains les appellent « les p’tits ». Il faut dire qu’il reste de l’enfance dans le regard de ces trentenaires. Et pas seulement… Leur insatiable curiosité les conduit dans les capitales du monde, à la recherche de menus plaisirs esthétiques et de grandes joies gourmandes. Dernière capitale nommée, celle du théâtre, Avignon. « Steph & Max » (et non pas « Max & Steph ») ont planté leur tente à deux pas du Palais des Papes pour ne pas perdre une miette du Festival. Ils ont envoyé régulièrement leurs cartes postales graphiques à ventscontraires.net. Pour en savoir davantage sur ces tourteraux passionnés de graphisme et de théâtre, nous leur avons posé quelques questions…Qui êtes-vous ?Un binôme permanent!Vous êtes nos envoyés très spéciaux à la grand-messe d’Avignon, mais pour vous, c’est quoi, le festival ?C'est deux heures de patience pour tenter d'avoir quelqu'un au bout du fil le jour de l'ouverture des réservations. C'est l'excitation, la densité, c'est la cour Calvet, le cloître, l'électricité du public, ceux qui gueulent, ceux qui doublent, ceux qui hurlent au scandale, ceux qui ont été bouleversés.Comment sont faites les cartes postales que vous envoyez à ventscontraires.net ? Et quelle est cette phrase que vous choisissez ?C’est une interprétation subjective, une phrase qui s'échappe du spectacle. Pour le matériel : des feuilles bristol, un porte-mine, une gomme, un cutter, un x-acto, une planche à découper, de l’encre typographique, un pinceau-tampon et une application "scan" iPhone. En clair : un pochoir et un mail avec notre téléphone.Vos coups de cœur de ce festival ?«Enfants » et « La levée des conflits », de Boris Charmatz, « Cesena », le spectacle de l’aube par Anne-Teresa de Keersmaeker & Co et « I am the wind » de Patrice Chéreau. Beaucoup de danse, donc, cette année.Vos coins préférés là-bas ?Et puis quoi encore ? Trop contents d’avoir quelques havres de paix dans la grande foule, on se les garde, ou on les file aux copains!Vous y serez l’an prochain ?Oh oui.Et sur ventscontraires.net ?On fera de notre mieux. On a d'ailleurs quelques cartes postales de retard, prêtes à envoyer.Plus d'infos sur www.dupont-barbier.com

Le 30 octobre 2010 à 10:20

Pour votre sauvetage demandez un devis !

Conseil Citoyen 10

Un hasard malheureux et qui reste un mystère Te fait te retrouver bloqué cent pieds sous terre, Ne pouvant accuser que ta seule imprudence A vouloir pimenter un peu plus tes vacances. Le problème l’ami, ainsi enseveli, C’est que tu es français, on n’est pas au Chili, Et même dans le cas de ta prise en otageTu risques de payer les frais de sauvetage. Rappelle-toi le prix du baptême de l’air Offert à ta maman pour son anniversaire. Multiplie-le par cent ou, que dis-je, par mille, Compte les spéléos, les maîtres cynophiles… C’est à se demander s’il vaut mieux remonter Respirer, à l’air libre, à jamais endetté Ou finir, dans le fond, comme un aventurier, Toi qui n’étais, là-haut, qu’un blafard employé. Toi pour qui l’aventure était, assis peinard, De regarder des gens sauter du Fort Boyard.   Si malgré tout tu tiens à retrouver ta vie, Demande aux sauveteurs de te faire un devis. Comment le demander ? Mais en morse bien sûr ! En tapant quelque part avec une chaussure. Refuse absolument l’emploi d’hélicoptères ! Aucun professionnel, juste des volontaires Et un chien et demi : un berger, un caniche. Le premier pour trouver l’endroit où tu te niches L’autre pour la photo, car soyons réalistes Ceux qu’il te faut avoir, ce sont les journalistes. Si tu joues bien ton jeu, tu pourras faire en sorte Qu’au lieu de te coûter, tout cela te rapporte.   S’ils te trouvent trop tôt, planque-toi, fais le mort, Le temps que les médias s’installent au dehors. L’idéal, il est vrai, pourquoi te le cacher, Ce serait d’être deux et que l’autre amoché Périsse à tes côtés. Tu en manges un morceau, Tu deviens nécrophage et là c’est le grand saut. Avec une bouchée, un peu de peau de coude, Tu vendras ton histoire aux studios d’Hollywood. Signe-toi en sortant ! Ça fera le spectacle. Les médias relaieront en parlant de miracle.   Quand enfin tombera, de là haut, la facture Fais valoir l’audimat de ta mésaventure, L’argent qu’ont rapporté, chaque jour, tes tracas Et comment, en soudant le pays sur ton cas L’info s’est détournée de dossiers plus sensibles. Ne cesse plus jamais de rester bien visible.

Le 30 novembre 2011 à 09:00

Conversation entre un dépressif et un terrien

Texte inédit de David Foenkinos

Le dépressif : Je voulais te dire quelque chose.Le terrien : Oui.Le dépressif : En ce moment, je vois quelqu’un.Le terrien : Moi aussi.Le dépressif : Quoi ? Toi aussi, tu vois quelqu’un ?Le terrien : Ben oui. Je te vois toi. Tu es en face de moi.Le dépressif : Mais non… je parlais de voir quelqu’un.Le terrien : Quelqu’un ? Je le connais ton quelqu’un ?Le dépressif : Ben non. Je ne crois pas. En général, c’est mieux de voir quelqu’un qui n’a pas de relation avec son entourage.Le terrien : Je ne te suis pas du tout.Le dépressif : Je vois un psy quoi !Le terrien : Ah d’accord. Tu aurais dû le dire toute de suite. Je n’ai jamais compris cette manie de dire quelqu’un pour parler d’un psy. C’est la seule profession qu’on ne dit pas, c’est louche, non ?Le dépressif : Si tu veux tout savoir, je ne réfléchis pas à ça en ce moment.Le terrien : Et pourquoi pas le boucher ?Le dépressif : Quoi, le boucher ?Le terrien : Pourquoi on ne dirait pas « quelqu’un » pour parler d’un boucher. Quand tu vas acheter de la viande, tu dis à ta femme que tu vas voir quelqu’un. C’est pas plus con. Tiens, moi je vais faire ça. A partir de maintenant, mon quelqu’un c’est le boucher.Le dépressif : Bon je crois que je n’aurais pas dû venir te voir.Le terrien : Oui, pardonne-moi. C’est ton quelqu’un qui m’a embrouillé. Je ne supporte pas qu’on ne définisse pas les choses. Tant qu’on y est, on pourrait dire que « quelque part » c’est la Suisse. Et même la Suisse du Sud, si je veux.Le dépressif : J’ai l’impression que tu ne vas pas fort en ce moment. Je me demande si tu ne devrais pas voir quelqu’un.Le terrien : Ah, non j’ai déjà mangé de la viande hier.

Le 7 février 2012 à 09:23

Au théâtre ce soir

Indéniablement, le spectacle est touchant. Ne gâchons pas notre enthousiasme, laissons nos petits cœurs de midinettes prendre le pas sur la raison puisqu'ils ont des raisons que la tiède et paisible réflexion ignore. Et applaudissons. Applaudissons. Applaudissons, car le spectacle est beau et nous ne comprenons rien à rien. Comment avons-nous pu nous fourvoyer à ce point en collant à cet homme doux une étiquette de matamore colérique, ambitieux au-delà du supportable, fort en gueule, d'histrion dévolu à l'emploi de troisième rôle. Valet fourbe et traître, ce n'était pas Scapin, c'était Iago. Ce n'était pas Matti, c'était Mosca. Finalement, on lui trouvait davantage des ressemblances avec un Puntila dégrisé, un Arturo Ui en pleine forme ou un roi Ubu ivre de lui-même. Indubitablement on se trompait. Méchants que nous sommes. Ce que c'est que l'aveuglement. Car on l'a vu, ces temps-ci, offert aux foules, rieur, blagueur, onctueux comme une crème anglaise, sucré comme le miel, faire risette aux enfants et aux ouvriers, des ouvriers que les méchantes langues disent triés sur le volet pour jouer les utilités ; on l'a vu, complice avec eux, franc du clin d'œil, amical de la tape sur l'épaule. Il se confierait à eux s'il n'y avait la malencontreuse présence des tendeurs de micros et autres porteurs de caméras. D'ailleurs, il leur dit, aux ouvriers, lorsqu'impatients ceux-ci lui demandent s'il a l'intention de se présenter à l'élection, et ne craint pas de l'affirmer devant les micros et les caméras. En son for intérieur, l'homme n'aime pas la surexposition. Modeste, tempéré, simple. Il n'y a qu'à entendre sa voix, regarder son sourire plein de compréhension et d'indulgence. Mais courageux. Au point de ne pas craindre de prendre des mesures « impopulaires » risquant par le fait d'écorner sa popularité, comme il ne craindra pas de faire son mea culpa, de confesser « le moment venu » les quelques faiblesses dont il aura pu faire preuve, les erreurs de jugement qu'il n'aura su éviter. On se trompait en tout. Ni Puntila, ni Ui, ni Ubu, c'est Tartuffe qui est à l'affiche en ce mois de février. Richesse du répertoire !

Le 17 octobre 2012 à 10:53

On joue poudre, ce soir !

Il est rare qu'une expression de l'argot des coulisses soit signée. C'est pourtant le cas pour celle-ci : Jouer poudre. Antoine Vitez (1930 -1990) qui était metteur en scène, comédien, directeur d'acteurs, poète, en est l'auteur. Il l'a employée un soir de répétition générale. Un soir comme celui-la, il faut que les acteurs se ménagent, qu'ils ne donnent pas tout, qu'ils ne mettent pas le moteur à fond. Ou, pour employer une expression imagée communément utilisée dans le vocabulaire du théâtre : qu'ils fassent la rue Michel. L'expression faire la rue Michel est née d'un calembour entre « le compte » et « la rue Michel-le-Comte », une rue située à Paris, entre le Marais et Beaubourg. Cela fera le compte, cela fera l'affaire, « ça ira comme ça » pour être plus familier. Avant d'affronter le public le soir de la première.   Jouer poudre ne fonctionne pas sur un jeu de mots mais sur une réalité : celle du maquillage. Il se réalise ainsi : d'abord la crème, pour hydrater ; ensuite la poudre, pour matifier. La poudre s'applique avec une houppette ; autrefois, on utilisait une patte-de-lièvre. Au XIXe siècle, le figurant qui ne pouvait se permettre qu'une partie du maquillage, était surnommé une tête à l'huile. Comme il n'était pas rémunéré, il faisait les choses à moitié et se contentait d'appliquer une crème, la plupart du temps, de mauvaise qualité qui lui laissait le visage luisant, comme passé à l'huile. C'est ainsi que jouer poudre, c'est ne donner qu'une partie de ses possibilités d'acteur.   De son côté, l'écrivain Jules Claretie, qui demeura longtemps en poste comme administrateur de la Comédie-Française, produisit ce néologisme : empoudrerizé pour : poudré à l'excès. Antoine Vitez, qui était très cultivé, avait-il suffisamment lu Jules Claretie pour prendre connaissance de cet adjectif ? Lui, adoptant, une expression liée à la rétention, à la retenue ; Jules Claretie un adjectif stigmatisant l'excès, le trop-plein.   La poudre de riz a pour fonction, non seulement d'empêcher la peau de briller, mais aussi de prendre la lumière des projecteurs, sans pour autant donner une impression mortuaire. La tragédienne Rachel, très maigre et très pâle, utilisait une poudre spéciale censée aviver un tant soit peu son teint et à laquelle elle donne son nom : la poudre Rachel. La poudre n'a, cependant, pas que des effets positifs. La poudre blanche, dont les mimes se couvraient le visage, avait été selon les médecins, la cause de plusieurs décès. Jean-Charles Deburau (1829-1873), le fils du célèbre interprète de Pierrot, n'est-il pas mort au cours d'une crise d'asthme .   Puisqu'il s'agit d'une partie du maquillage s'effectuant en deux temps – crème/poudre – Antoine Vitez aurait-il pu, tout aussi bien, dire « jouer crème » ? Mais la crème est pourvue de trop de connotations érotiques ! La crème, c'est le sperme, crème d'amandes ou sirop des gourmandes... Et, faire mousser la chantilly, cette si jolie manière de dire, est liée à la fellation ; et à la prostitution, une mousseuse, c'est une prostituée.   Si le maquillage se fait en deux temps, Antoine Vitez a eu doublement raison de créer une expression attachée à l'histoire du théâtre, ainsi qu'à l'une des ses pratiques. Avec une dimension poétique.

Le 9 juillet 2010 à 12:44

En Avignon fais du pognon

Conseil Citoyen 7

Ton père, m’écris-tu, te laisse en héritage Avec un potager,  un très joli garage Aligné parmi d’autres au cœur d’une cité Et c’est dans cet endroit que tu vas habiter. Fermant par une porte de bois coulissante, Une autre porte arrière, et c’est ce qui t’enchante, Donne sur le jardin aligné lui aussi Avec ceux des voisins. De plus un établi Solide, tout en bois et de largeur notable Pourrais, racontes-tu, faire office de table. Tout cela est charmant, pourquoi pas après tout, Toi qui a tant de mal à joindre les deux bouts. Mais dans un post scriptum, ai-je là bien compris ? Ce garage n’est pas en banlieue de Paris, Mais en Avignon même, à deux pas des remparts ?Alors là, mon ami, c’est un nouveau départ. Sache qu’en Avignon, même un fond de soupente Rapporte du pognon plus qu’un remonte-pente. Tu tiens là ta revanche et mon esprit s’emballe. Avec jardin en fond, c’est Bussang, c’est royal ! Tu vas être patron, écoute je t’explique : Moi mon rôle sera Directeur Artistique. La cabane à outils fera le foyer bar, L’établi ; le plateau. C’est l’enfance de l’art ! Les compagnies que nous auront sélectionnées Camperont au jardin moyennant un loyer. Reste à trouver un nom de théâtre et ça coince. « Le Garage » ça fait discothèque en province. Il faut tirer un nom de l’histoire du lieu, Un nom qui rende hommage à l’esprit de ton vieux. D’ailleurs à ce propos, il a fini comment ? Suicidé ?! Asphyxié au gaz d’échappement …?! Le nom est tout trouvé : Théâtre Suce Idée. Ça tourne bien en bouche et fait subventionné..

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