Raphaël Chabloz
Publié le 06/07/2012

Grupetto


On m'a demandé une chronique "plus cycliste" alors je me suis mis en danseuse. Le plus dur, ça a été de trouver des ballerines en 46. Le Tour de France arrivera bientôt à la Planche-des-Belles-Filles, avant de repartir le lendemain pour Porrentruy (je suis sûr que je passe à côté d'un jeu de mots génial). Je ne vous connais pas bien, mais je suis sûr que vous êtes nombreux à rester insensibles à la froide beauté d'une attaque au pied de l'Alpe d'Huez. Mais même pour le cyclistophobe convaincu, le Tour de France a ses qualités.

Quand vous trépignerez au beau milieu du peloton des départs en vacances, au cours d'une longue étape un peu insipide entre le péage de Chatuzange-le-Goubet et l'aire de la Coucourde, sans le moindre espoir d'échappée, coincés entre deux caravanes dont aucune ne vous distribuera de main géante, par exemple. Coincé là, sans porteur d'eau, avec à votre gauche un village pittoresque dont vous ignorez totalement le nom et encore plus si quelqu'un de vaguement célèbre y est jamais né, droit devant un château du 13e ou 18e siècle, dont l'histoire est probablement forte et tragique, mais comment le savoir ?, et à votre droite une centrale nucléaire sur laquelle il existe probablement mille anecdotes croustillantes. C'est vrai qu'ils sont plaisants, tous ces petits villages, tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités. Mais bon, si on s'arrête dans tous les bleds où il y a une église et probablement un musée pittoresque, le musée de la barbe artisanale, ou celui du chapeau melon, on n'arrivera jamais à la mer avant l'apéro, et puis la dernière fois qu'on a désobéi au GPS, ça a failli mal se terminer, alors est-ce bien la peine ?
C'est dans ces moments-là que vous auriez bien besoin d'un Jean-Paul Ollivier portatif.
Bien que n'ayant jamais pratiqué le water-polo, je suis blogueur, journaliste, suisse, traducteur et parfois même auteur, mais pas trop. J'aimerais vous parler de mon enfance et de ma passion pour les dés de courgette. Hélas, les icônes scintillantes figurant sur ce site me terrifient et, pour le dire franchement car c'est important la franchise, me tétanisent.

http://www.bonpourtonpoil.ch/ 

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Le 12 mai 2011 à 08:00

Tout est chaos ? A côté !

Je sais pas vous, mais tout est chaos   Entre la gare et le lieu où je travaille, il y a un gymnase*, dans lequel des hordes d'adolescents apprennent les équations différentielles pour pouvoir un jour présider aux destinées de la nation. Tous les jours, donc, je partage un bout de chemin avec eux et même que parfois, je traverse au rouge. Cela me permet de me tenir au courant des aspirations de la « génération Z » (au passage, si quelqu'un connaît quelqu'un au nommage de générations, j'aimerais bien leur dire deux mots), ce qui tombe super bien puisque je dois être « plus transgénérationnel ». Or, l'autre jour, alors que je tentais un dépassement hasardeux, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre un jeune homme, muant et florescent, affirmer : « J'adorais ça quand j'étais petit. » Sans être vieux jeu ou quoi que ce soit, il me semble que les jeunes d'aujourd'hui sont nostalgiques de plus en plus tôt. Je suis ouvert d'esprit, j'ai moi-même, sans aller jusqu'à la nostalgie, eu quelques accès de mélancolie pendant mon adolescence, mais je ne sais pas si c'est bien, si vite... Oh, oui, on y pensait, on en parlait entre nous, on regardait avec envie ceux qui pensaient déjà que c'était mieux avant. Mais ça se faisait différemment, de manière plus naturelle. Je comprends, ils vont sur Internet, ils voient des sites nostalgiques, ils ont envie d'essayer eux aussi mais est-ce bien raisonnable ? Sinon, l'honneur est sauf, il avait aussi une coupe de cheveux ridicule.* NDLR : En Suisse, le gymnase est un lycée.

Le 13 mai 2014 à 09:54

On ne choisit pas sa famille

- Bonjour, que puis-je faire pour vous ? - Je voudrais des cousins. Quatre ou cinq cousins. Comprenez, je n'ai pas eu la chance d'en avoir et ça me manque, pour la complicité et tout. - Il y en a un peu plus, ça ira quand même ? - Oui, oui, très bien... ah non, mais celui-là, il est tout petit ! Que voulez-vous que j'en fasse ? - C'est vendu par lots, monsieur. On ne choisit pas sa famille. C'est connu. - On ne choisit pas sa famille ? - Non, monsieur. On choisit ses amis. - Les miens, laissez-moi vous dire que je ne les ai pas vraiment choisis. - C'est votre problème, monsieur. - Tout de même, je trouve qu'on devrait pouvoir choisir sa famille. Après tout, la famille est le fondement de la société. Et qui bien choisit son fondement mieux bâtit sa maison. - Bon. Ok. Je reprends le tout petit. Mais c'était le rigolo de la famille, celui avec lequel vous auriez des souvenirs de bêtises de gosse. Celui qui vous aurait emmené faire les 400 coups. A la place, je peux vous mettre une cousine très religieuse. - Je ne pourrais pas avoir plutôt une cousine un peu... - Un peu... ? - Ben je sais pas, elle aurait deux ans de plus, elle m'aurait appris des gros mots et à cracher et puis elle m'aurait montré ses seins, aussi, quand on était petits et puis on aurait une grande complicité parce qu'elle ne s'entendrait pas trop bien avec ses parents ? - Vous avez vu ça dans un film français ? Non, on n'en fait plus, des comme ça. - Bon ben, je sais pas, mettez-moi quand même le cousin tout petit. - Il vient de partir, monsieur, dans une famille bretonne. - C'est très contrariant. - Oui. - Bon et en beaux-frères, qu'est-ce qu'il vous reste ?

Le 16 juillet 2013 à 07:14

Tour de France : un supporter courant à côté des cyclistes contrôlé positif à l'EPO

Cette édition 2013 de la Grande Boucle n’échappera pas aux éternels scandales de dopage. Ce matin, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) vient d’annoncer un nouveau cas de contrôle positif. Et cette fois-ci, le choc est encore plus rude puisqu’il s’agit d’un spectateur du Tour qui est directement concerné, un Allemand de 61 ansconnu sous le nom de El Diablo. Il accompagnait en courant les cyclistes du Tour de France depuis des années déjà. Les organisateurs de l’épreuve comme les fans de la course se disent abasourdis. Affaire. L’une des figures du Tour Dieter Senft est son nom. Il est connu comme le spectateur le plus fou du Tour de France dont il parcourt les routes depuis plus de 20 ans déjà. Costume rouge et trident empoigné, il était jusqu’à aujourd’hui l’une des attractions régulières du Tour. Seulement voilà, Dieter Senft, qui s’époumonait à courir à la suite des vedettes du Tour vient d’être contrôlé positif à l’EPO par l’AFLD comme l’a confirmé ce matin Christian Prudhomme, le directeur de la Boucle : « De nombreuses analyses effectuées lors des contrôles anti-dopage traditionnels tendent à prouver que El Diablo a bien eu recours à des produits interdits pour améliorer ses performances. Nous sommes obligés de l’interdire dès à présent de toute participation au Tour de France, même dans le public. » Pour Maryse, qui chaque année part en caravane avec son mari pour suivre le peloton au fil des étapes, c’est un terrible coup dur pour l’image de l’épreuve déjà bien écornée : « C’est terrible ! Déjà les coureurs, et maintenant El Diablo…C’est terrible. C’était l’une des grandes figures du Tour, peut-être même plus que les grands noms du cyclisme qui cherchent à y décrocher le maillot jaune. El Diablo c’était le folklore, le bon état d’esprit si propre à la Grande Boucle. Ce matin, je n’arrive tout simplement pas à croire qu’il se soit dopé. » Pour Michel, un autre supporter inconditionnel de la plus grande course de vélo du monde, cette révélation n’est pas tout à fait sans surprise : « Je suis évidemment choqué comme tout le monde mais quelque part je m’en doutais un peu. On le voyait tous courir comme personne derrière les cyclistes en pleine montée d’un col. C’était suspect, surtout à son âge. Peu importe ce que disent les uns et les autres. On ne cavale  pas à cette vitesse et on ne fait pas des sauts de cette hauteur sans se doper. Et ceux qui pensent le contraire sont soit des menteurs soit des naïfs. » Christian Prudhomme, après avoir confirmé les résultats de l’Agence de lutte contre le dopage a également fait part de sa désolation et de sa tristesse : « El Diablo était un ami personnel. On se connaît depuis que je dirige le Tour de France. C’est un peu une trahison qui vient une énième fois jeter le discrédit sur le cyclisme, et en même temps une déception dans ma vie personnelle particulièrement dure à vivre aujourd’hui. »  Une suspicion devenue générale Après cette terrible révélation, le Tour semble à nouveau accuser le coup alors que la course avait jusque là échappé aux affaires de dopage. Désormais, chacun devient suspect. A.S.O, la société organisatrice, a annoncé, dans une volonté de transparence, vouloir renforcer les contrôles anti-dopage pour « toutes les personnes impliquées de près ou de loin » dans le Tour de France. Un grand ménage qui aurait d’ailleurs même déjà commencé avec une grande campagne d’analyse d’urine chez les motards de France Télévisions qui suivent à longueur de journée les coureurs du peloton. Le Gorafi

Le 1 août 2013 à 08:08

Belge comme le jour

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la Suisse. Et ça tombe drôlement bien, puisqu'on m'a demandé : « plus belge, ta prochaine chronique ». Or, quand on y réfléchit bien, Suisses, Belges, tout ça, c'est un peu pareil. Ils ont des Flamands, nous avons des Suisses allemands, la langue est à peine différente et le pouvoir de nuisance est à peu près le même. Ils se débrouillent sans gouvernement, nous en avons un parce que c'est bien pratique pour dire que tout ça, c'est de sa faute, mais personne ne sait tellement qui est dedans. Ils ont un roi, nous avons trois cartes à l'as mit stöck et des combats de reines. Ils ont une équipe de foot surnommée les « Diables Rouges » mais qui est environ aussi diabolique qu'un best of de Kiss, notre équipe joue aussi en rouge. Ils ont Jacques Brel, nous avons Henri Dès. Ils ont des frites, on a des röstis. Ils ont réinventé la bande dessinée, nous avons Yakari. Ils disent 70, comme nous, alors que les Français disent 70, ce qui est parfaitement ridicule, tout le monde en conviendra. Personne n'a jamais très bien compris la Belgique, pareil pour la Suisse. C'est pourquoi je nourris secrètement un dessein politique ambitieux mais réaliste : la fusion de la Wallonie avec la Romandie, réunies sous la bannière de la République monarchique et patatière de Wallomandie. Dont je ne peux vous parler, puisque c'est un projet secret. Du coup, pour mener à bien ma mission, une chronique « plus belge », je vais me contenter de vous raconter des carabistouilles, alleïe, une fois.

Le 5 juillet 2014 à 10:23

Le travail, c'est lassant

Thé ?

– J'ai beaucoup de chance, car j'ai pu faire de mon hobby une profession.– Ça alors, quelle chance !– Oui. Je viens de le dire. C'est un réel plaisir, car jamais je n'ai l'impression de travailler. Tous les matins, je suis heureux de me lever.– Même en cas d'insomnies ?– Mais monsieur, quand on aime son travail, on n'a jamais d'insomnies.– Même quand vos voisins ont joué du tambourin toute la nuit ?– Mais monsieur, quand on aime son travail, on n'a pas de voisins !– Même quand votre splendide épouse Inge décide à brûle pourpoint de vous faire réviser 19 positions différentes du kama sutra au cours de la même nuit ?– Ah, je vous vois venir, vous aimeriez que je vous réponde "mais monsieur, quand on aime son travail, on n'a pas de splendide épouse" !– Oui.– Aucun lien. Elle ne supportait plus les voisins alors elle est partie refaire sa vie avec leur tambourin.– C'est triste.– Non, quand on aime son travail, on n'est jamais triste.– Et quel est ce hobby ?– La comptabilité analytique.– Ça alors.- Tout petit, déjà, après un marathon ou une dégustation de fromages, pour me détendre, je faisais un plan comptable. Un bilan. Parfois même un tableau excel. Aujourd'hui, c'est devenu mon métier.– Quelle chance !– Oh, la chance n'y est pour rien, quand on veut on peut, tout est question de volonté, et un match n'est jamais joué avant le coup de sifflet final.– Quelle sagesse !– Mais vous, mon brave, avez-vous également connu la satisfaction d'avoir fait, si j'ose dire, de votre hobby une profession ?– Hé bien non, pas du tout.– C'est ballot.– Mais non. Au contraire. Car j'ai fait de ma profession un hobby ! Et j'en suis ravi.– Plaît-il ?– J'ai fait de ma profession un hobby. Le matin, j'arrive au travail, je relève mes e-mails, j'y réponds, je fais des concours sur internet, j'écoute de la musique, je poke des amis, je lis des blogs, je lis des journaux en ligne, je lis les commentaires, je me lamente sur l'état de l'humanité, je bois un café, je tweete, je facebooke, j'instagrame, je rebois un café, je commente le match d'hier soir avec mes collègues, j'achète des billets d'avion, je me gratte le dos, puis, quand je sens que je commence à m'ennuyer, je bosse un moment. C'est très gratifiant.– Quelle chance.

Le 25 mai 2011 à 15:00
Le 29 février 2012 à 08:25

La pita qui se fout de la charité

(parce que j'ai fini par renoncer à "Je m'appelle Hellène" ou "sirtaki le tour")

On m'a demandé une chronique « plus grecque ». En effet, bien des lecteurs de « Vents Contraires » s'interrogent, et c'est légitime, sur l'opportunité de racheter la Grèce pour un euro symbolique et, comme je suis suisse, je m'y connais forcément bien en symbolique.   Bien entendu, le futur acheteur aura des frais. Déjà bien avant la crise actuelle, il y avait beaucoup de laisser aller dans la gestion du patrimoine culturel. C'est plein de ruines partout, une catastrophe. Il faudra également songer à retravailler un peu la mythologie. C'est d'un compliqué ! Et que je me transforme en pluie d'or, et que je sors de ta cuisse, et que je suis Dieu des récoltes, des bichons, des mardis et des boissons chaudes... Prenez la mythologie suisse : une flèche, une arbalète, c'est simple, c'est efficace. L'idéal, pour le futur acheteur, serait d'adapter quelques séries en dessin animé. "Jason 42", par exemple, ça pourrait marcher. Ou "le masque de Zorba", à la limite.   Une chose importante, il faudra repenser le nom. Grèce, c'est très péjoratif, à cause de l'homonymie. Hellas, on n'en parle même pas. J'avais pensé à un truc plus sain, mais qui reste dans l'hellénistique : Omega trois.   Pour la bouffe, ça manque un peu de typicitude. Yaourt grec, sandwich grec, salade grecque : rien de très original, qui n'a pas son yaourt, son sandwich et sa salade, de nos jours ? Il faudra revoir ça   Mais sinon, le côté mer bleue, toits blancs, très bien, très vendeur. A la limite, moi, je revendrais toute la partie un peu montagneuse du pays. Et je recollerais toutes ces îles aussi. Le côté insulaire, c'est sympa, mais il faut pas tomber dans l'exagération.   Voilà. Une dernière recommandation. Je sais que j'insiste un peu avec ça mais c'est important : le futur acquéreur de la Grèce devrait, à mon avis, renoncer au titre de champion d'Europe de foot 2004, je reste persuadé que tout ça n'était qu'une vaste plaisanterie.

Le 25 décembre 2013 à 08:54

Noël au bal con

On m'avait demandé une chronique riche en esprit de Noël. J'étais là, penché sur ma planche à chronique, soucieux, angoissé. L'esprit de Noël. Soit je critique la commercialisation et les blagues de l'oncle Roger après trois verres, c'est une plate-forme dédiée au rire de résistance ici, que diable, et je tombe dans les clichés. Soit au contraire, je parle de la joie qui illumine les cœurs des enfants quand la nature a revêtu son blanc manteau, et je tombe dans les clichés. Que faire ?, me disais-je, quand soudain, l'esprit de Noël m'est apparu. Je ne l'ai pas reconnu tout de suite, parce qu'il était en slip.   - Salut mec, grimpe sur mon dos, je vais te montrer un truc, tu vas kiffer sa race », me dit-il tout de go.- Ouais, ouais, je connais la combine, tu vas m'emmener voir les Noëls d'antan, les Noëls futurs et à la fin, y aura une morale. Tout le monde sait ça. #OLD. »- Pas du tout, tu m'as pris pour Dickens ou quoi ? »- Dickens ? »- Bah le mec qui a écrit le conte de Noël avec les esprits et tout. »- C'est pas l'oncle Picsou ? »   Bon. Il m'a expliqué que les excursions dans les Noëls passés, ça ne se faisait plus trop, parce que ça créait des drames familiaux (« Quoi ? Maman, tu nous avais toujours affirmé « Nous, à Noël, tout ce qu'on avait, c'était une orange et on ne se plaignait pas » et que vois-je ? Noël 1957, deux oranges ! Je suis outré et je vais donc me plaindre rétrospectivement. Je ne suis pas très content de cet ours reçu en 1982 alors que j'avais expressément stipulé dans ma lettre au père Noël « Pas de putain d'ours cette année ! ») et que les excursions dans les Noëls futurs, ça se faisait plus trop, parce que Noël, dans le futur, ça ne marche plus tellement depuis que les extrémistes athéistes ont réussi à faire rebaptiser « Fête du sapin et des boules ».   Là, je lui ai dit d'aller droit au but, parce que je n'avais que 1500 signes à disposition et que j'approchais des 1515, ce qui n'est jamais rassurant pour un Suisse, et il m'a répondu « allons allons, c'est Noël, tu peux bien dépasser pour une fois ».   Il m'a donc emmené voir l'esprit de Noël Gallagher, ancien chanteur d'Oasis devenu chanteur de Banga suite à un drame familial, et ça n'a pas été facile de le retrouver, il l'avait perdu, puis l'esprit de Noël Mamère, ancien présentateur télé devenu maire pour qu'on arrête tous ces jeux de mots avec son nom (ça n'a pas marché), puis l'esprit de Noël Godin, qui est mon idole, puis l'esprit de Léon Noël, qui habitait la route qui monte vers la forêt, au village, à l'époque, mais on ne l'aimait pas trop (je n'ai jamais su pourquoi), malgré son nom palindromique.   Il m'a demandé si je voyais où il voulait en venir, j'ai répondu non, il a pris sa tête entre ses mains, je lui ai répondu que c'était une attitude ridicule pour un esprit, il est parti boudeur, j'ai terminé ma chronique.   Bons baisers de Fort-de-France.

Le 1 août 2012 à 08:16

I can haz a chronique

(on m'a demandé : "plus lolcat, la prochaine")

Que se serait-il passé si Galilée avait disposé d'Internet, ce formidable outil d'expression ?   Bon, d'abord rien : il était très mal classé par Wikio, n'avait pas un énorme pagerank et un tout petit Klout. Son fameux post « et pourtant, elle tourne » serait d'abord passé inaperçu.   Jusqu'au jour où un Twittos serait tombé dessus par hasard, en googlisant « mon chaton refuse de manger de la salade, que faire ? » par exemple.   Il aurait alors relayé l'information et, très vite, le buzz aurait pris. Aux premiers commentaires outrés (« Je suis pour la tolérance mais des propos pareils ne devraient pas exister, si on accepte ça après ce sera quoi ? On va nous faire croire qu'il existe une loi de la gravitation universelle, aussi, peut-être ? » ou « LOL de toutes façons t'as tout piqué à Copernic ») auraient succédé les premiers commentaires moqueurs. Très vite, le hashtag #elletourne aurait fait son apparition dans les trending topics de Twitter, incitant ainsi les journalistes à s'intéresser aux théories de Galilée :  « L'héliocentrisme fait le buzz sur les réseaux sociaux. Un certain Galilée (@justapoorboy) a prétendu démontrer qu'en réalité, la Terre tournerait autour du soleil ! Très vite, les internautes se sont déchaînés. L'hilarant @LeJeanBon a ainsi déclaré « Je comprends pourquoi j'avais mal au cœur ce matin, dire que j'allais accuser la vodka ». La fameuse blogueuse @niniblogue s'est quant à elle exclamée « LOL, je vais devoir acheter des Louboutin à crampons pour ne pas tomber ! » Les déclarations insensées de ce Galilée ont également inspiré de nombreux LOLcats, ces désopilants montages à base de chats. Ce buzz négatif a poussé Galilée à effacer son post, preuve qu'il disait bien n'importe quoi».                

Le 20 juillet 2011 à 09:14

Les quatre saisons

mais sans anchois, s'il vous plaît

J’aimerais m’excuser publiquement. Souffrant de procrastination tenace et d’inspiration volage, je nourris le rêve secret d’être un jour choisi comme mascotte de l’Amicale internationale du syndrôme de la page blanche. Si l’inaction devenait sport olympique, je pourrais facilement prétendre à une médaille, si je n’avais pas bêtement loupé le délai limite d’inscription. Je suis prêt à saisir n’importe quel prétexte pour ne pas m’y mettre. Avant Internet, déjà, je préférais réactualiser cent fois ma boîte aux lettres et mon quotidien préféré plutôt que de me mettre à bosser. Il est des jours où je m’ennuie tellement que j’ai l’impression d’entendre mon cerveau fondre, où je m’ennuie tellement que je regarde les étapes de plat du Tour de France en entier,… Tiens, je suis tellement accro à la procrastination que j’ai même un compte Google+, c’est dire ! Google +, ça ressemble un peu au croisement de Twitter et de Facebook, c’est-à-dire qu’on y parle essentiellement de la météo, comme sur Twitter, et du temps qu’il fait, comme sur Facebook. Et justement, c’est pour ça que j’aimerais m’excuser publiquement. L’autre jour, on m’a demandé « plus estival, ton prochain article ». Je me voyais déjà me rouler nu dans le sable fin, rire en courant, échevelé et exubérant, dans les embruns mordorés, et des glaces aussi, c'est important, les glaces, mais encore cinq minutes, il y a un coureur mexicain en échappée, il a quarante-deux secondes d’avance sur le peloton et il va aborder une côte de quatrième catégorie, ça a l’air important et... Ah ben tiens, l’été est fini, dirait-on. Quand je te disais que j'étais prêt à n'importe quoi pour remettre à plus tard !

Le 26 août 2012 à 09:16

Le renard d'un Romand

« Plus rusé, ton prochain texte », m’a-t-on demandé. Je me suis donc mis, pour chercher l’inspiration, dans la peau d’un renard, un animal qui, comme le prouve une récente étude de l’Université de Cambridge, est réputé pour sa ruse. Enfin, quand je dis « je me suis mis dans la peau », il faut le voir au sens métaphorique du terme, n’appelez donc pas immédiatement Brigitte Bardot, merci : alors que les températures flirtent avec les normes saisonnières en raison de la dépression centrée sur les Açores, se mettre physiquement dans une peau de roux serait une idée particulièrement peu rusée. Je me suis mis dans la peau d’un renard, donc, mais d’un renard urbain, cet animal fougueux qui a su s’adapter à la modernité, délaissant les poulettes pour se rapprocher des centres-villes, où il y a quand même plus de choses à faire le samedi soir. Alors qu’autrefois, le goupil était obligé de suivre un entraînement rigoureux dans les plus célèbres académies ninja pour pouvoir approcher sans se faire surprendre des poulaillers, il mise aujourd’hui sur des arguments différents : il a bien compris, comme avant lui le moineau qui a pourtant une cervelle de moineau, que pour pouvoir se prélasser dans les rues de nos villes, sans naturellement travailler , le renard a un terrible poil dans la main, il lui suffisait d’être mignon. Il a beau éventrer nos sacs poubelles et dévorer nos chatons, le renard a droit de cité dans nos cités grâce à sa grâce. Et c’est de la même manière que je vais tenter de faire passer ce billet un brin poussif à l’aide d’un sourire charmeur.

Le 4 octobre 2012 à 11:26

J'avais des hauts, j'avais des bas

j'avais plus ou moins chaud

Je dis pas ça pour râler, mais c'est Mitt Romney qui a remporté le débat. Les juges l'ont déclaré vainqueur à l'unanimité par ippon dans le troisième round. Ça a l'air super important. Quelque part, aux Etats-Unis, peut-être à Punxsutawney mais peut-être pas, d'ailleurs ce n'est pas le sujet, il y a des gens, ils sont, je ne sais pas, représentants en articles de toilettage canin, ou compositeurs de musiques d'attente pour administrations municipales, je ne sais pas, je ne les connais pas vraiment, des gens qui se disent "ah tiens, j'allais voter Obama, mais il a perdu le débat". Ils n'ont pas regardé, hier soir, leur fils cadet Polgar avait une répétition avec son club de ballet, ils ont dû aller le récupérer avec le 4x4 parce que leur fille aînée Gunda avait cassé l'autre voiture en sortant du garage, depuis elle est consignée (mais il faut aussi dire que j'ai une vision des Etats-Unis principalement basée sur les sitcoms des années 90)(sauf pour les prénoms), mais ils ont entendu dire à la radio qu'Obama avait perdu le débat et, du coup, ils vont plutôt voter pour Ralph Nader. Parce que bon, perdre le débat, quand même, ça ne se fait pas, ce n'est pas comme ça qu'on nous a éduqués (rires).    Et c'est pile leur voix qui va faire balancer le Connecticut (ou l'Indiana, je ne suis pas raciste) et ainsi faire pencher la balance, et c'est quand même ballot parce que d'habitude, ils n'écoutent jamais la radio mais là Ramuncho, leur labrador, a appuyé par inadvertance sur le bouton en essayant de ratrapper le frisbee que lui lançait Hans, le voisin noir homosexuel handicapé. Alors bon, quand on voit les milliards que les candidats investissent malgré la crise dans leurs campagnes pour tout perdre sur une blague mal placée en deuxième partie de débat, je me dis que finalement, on aurait mieux fait d'organiser directement des championnats du monde de débat, et à la fin le gagnant est président et tout le monde s'embrasse.

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