Eric Poindron
Publié le 10/07/2012

Dans la rubrique "Freak & Chic"


Les géants ont toujours de bonnes raisons pour être géants ;  et puis ça les différencie assez facilement des personnes de petite taille. 

(François Régulus-Deslunes, XVIIIe siècle)

 

Certes Robert James Wadlow fut l'homme le plus grand de tous les temps du haut de ses 2 m 72 (pointure 61, et autres informations anecdotiques mais incroyables du genre sur simple demande : à 5 ans il mesurait déjà 1 m 63), mais ce que ces biographes omettent de souligner c'est qu'il mangeait de la soupe à tous les repas, et ce depuis sa prime enfance... Que l'on médite...

 

Toutefois, me voilà désolé d'avoir accusé Robert James Wadlow (l'homme le plus grands de tous les temps du haut de ses 2 m 72, taille des pieds 47 cm) de manger de la soupe à tous les repas, depuis sa prime enfance, et d’avoir pris ses biographes en otage alors que nous n'en savons strictement rien...

 

En revanche, nous sommes affirmatifs quand nous affirmons que Robert James Wadlow (l'homme le plus grand de tous les temps du haut de ses 2 m 72, mais déjà 2 mètres à 11 ans) fut le plus grand scout de tous les temps ; et de tout l'univers connu. Pour l'univers inconnu, il serait cavalier de se prononcer.

 

N.B. Enfin, L’auteur demande aux lecteurs d'accepter ses excuses pour avoir fait passer Robert James Wadlow pour l'homme le plus grand de tous les temps alors qu'il était d'une taille des plus quelconques. En effet, Robert James Wadlow est un bel exemple d'usurpateur usant de sa presque homonymie avec Robert Pershing Wadlow qui fut, lui, et bel et bien, l'homme le plus grand de tous les temps du haut de ses 2 m 72 (et possédant deux mains longues chacune de 32,4 cm.). Et par conséquent - mais dans sa jeunesse - le plus grand scout de tous les temps ; et de tous l'univers connu. Pour l'univers inconnu, il est toujours aussi cavalier de se prononcer.

 

Demain, un autre géant sympathique ou quelques anecdotes choisies sur Robert Lalande savant sérieux et astronome distingué qui, pour encore mieux se faire remarquer, adore manger des araignées…

 

Eric Poindron est éditeur, piéton, écrivain, collectionneur obsessionnel, critique, éleveurs de chats, animateur d’atelier d’écriture, détective littéraire et bibliopathonomade. Il vit dans une montagne au pied d’un phare, au milieu des ratons laveurs et des perroquets sauvages. Il est aussi le gardien d’un cabinet de curiosités et édite des livres sous l’enseigne « Curiosa & Caetea » aux éditions du Castor Astral. Il se prend pour un poète et croit que les fantômes existent.
 
> Cabinet de curiosité d'Eric Poindron
 

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Eric Poindron

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Le 24 juin 2011 à 08:50

La plante verte qui sèche

Une plante verte et grasse qui n’a pas vu la lumière depuis des mois sèche l’ambiance dans un pot ivoirin. Autour, des murs crèmes, des liserés bleus, rouges et quelques affiches qui commencent toutes par « vous ». Oui, NOUS qui venons régulièrement attendre là sur des chaises en fer noir, suspendues aux murs de crainte qu’on ne les vole. Cet endroit est fait pour nous. On y entre sans dire bonjour, finalement on est chez nous, on ne se salue pas quand on rentre chez nous. Un sas, deux portes battantes et on s’arrête dans le hall, les pieds dansants sur le lino maculé de traces de pas. La queue devant l’accueil, petit meuble ikéa blanc avec deux pupitres mais une seule hôtesse. On patiente devant la marque au sol, sticker bleu et blanc, disposé à quelques mètres avec la mention : stop discrétion. Zone de replis pour observer l’intimité de l’autre qui dialogue avec la conseillère, ne pas entendre des fois qu’il ait trouvé, lui. Cinq minutes et déjà la file augmente. Jeunes, vieux, hommes, femmes, courrier de convocation à la main flanqué d’un grand « e » comme espoir, se serrent pour laisser entrer les derniers coincés dans le sas. Fébriles gens qui regardent leurs chaussures, tripotent leurs papiers, s’angoissent du rendez-vous. Les visages sont graves, la honte est proche, certains se reconnaissent, très peu se parlent. Et la circulation se fait, trois pas en avant, stop discrétion et le saut vers les pupitres. Papiers tendus, sourires crispés, on va nous recevoir. Attente sur la chaise noire, les affiches colorées qui nous parlent et au centre la plante verte qui sèche.

Le 20 février 2015 à 12:10
Le 12 août 2010 à 10:00

Toujours au-delà : le froid

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Mon nom est Claude-Achille de Bussy, mais au conservatoire, ils m’ont appelé Claude Debussy. Ce n’est pas tellement que je ne supporte pas les règles, les codes, les conventions. Je les traverse pour mieux m’en défaire, pour mieux les dépasser. Ce n’est pas tellement que j’entretiens mon image d’homme étrange. Ce sont mes pièces qui sont étranges, pas moi. Cela n’a même rien à voir avec mes pièces, c’est juste qu’il faut un petit temps pour s’habituer à l’étrangeté. J’aime aussi les mots mystère, intériorité, lointain et parfois même incompréhension. Les mots s’arrêtent trop vite, même s’ils sont bien plus nombreux que les quelques notes dont je dispose pour écrire un opéra. J’aimerais bien écrire un opéra. Comment faire ? Je ne sais pas encore, je vais voir. Il n’y a aucun concept dans mon écriture, je n’ai que faire des questions intellectuelles, je ne cherche que l’immédiateté d’une sensation pour qu’elle s’évapore seule, apaisée, reposée. Je m’appuie sur un ensemble de régulations intimes, denses qui me permettent d’aller plus loin, vers d’autres strates musicales. Je cherche, je me heurte, j’écris, je réécris, je m’arrête et je repars ailleurs, parfois, je ne fais rien, j’attends. Je sais que mes désirs ont des routes longues et tenaces et des chemins qui s’explorent à mon insu. Un jour, je tombe sur Pelléas et Mélisande, écrit par Maeterlinck. Est-ce parce que les personnages sont dans un pur état de folie ? Est-ce parce que Maeterlinck me donne toute latitude pour maltraiter son texte ? Je vais écrire un opéra. Des années, des années durant, je coupe, je taille, je relègue le texte, je mets en avant la musique, ou l’inverse. Pendant dix ans, je cherche, je me heurte, j’écris, je réécris, je doute. Je ne doute plus. Je me défais, je me répands, je saisis, j’apaise, j’apaise encore. J’invente le silence, du silence, le mien. Mélisande meurt, j’ai fini, j’ai écrit un opéra.  GOLAUD. Quel âge avez-vous ? MELISANDE. Je commence à avoir froid. Pelléas et Mélisande, I, 1.

Le 8 septembre 2011 à 09:03
Le 25 septembre 2013 à 15:22

L'objet du délire #12

Il est là, il attend.

Il est là, il attend, c'est son heure, c'est maintenant, il le sent, mais il ne dit rien, pour conjurer le sort, par superstition, faut pas vendre la peau de la nuit avant de l'avoir crevée, ça fait si longtemps qu'il attend, il en a fait des sorties inutiles, il entendait les voix des hommes, les rires de filles, le choc des talons, le froissement des jupes, mais l'écho finissait par s'évanouir, lointain, étranger et à chaque fois il revenait défait, silencieux, un peu triste, un peu anéanti, et tous ces soirs maudits où ce n'est pas lui qui a été choisi, il en a vus passer devant lui des salopards, des moches, des bariolés, des déformés, même des troués, il restait là, sans un mot, dans l'obscurité, avec ses pensées et sa solitude, sa rage élastique qui lui sautait à la gueule, mais c'est fini, c'est fini, c'est son tour, c'est son heure, il le sait, il le sent, il perçoit les pas sûrs qui viennent de la salle de bain, il devine l'humidité des orteils, les empreintes laissées sur le parquet et qui s'évaporent presque aussitôt, il renifle le musc du parfum qui emplit la chambre, petit vertige, bientôt la plongée dans la nuit, il le sait, il le sent, c'est son heure, c'est maintenant, et les autres le comprennent aussi, le vieux défraîchi qui n'espère plus rien, il a eu sa chance jadis avec Lola, avec Agathe, avec tant d'autres, le bariolé dont tout le monde rigole et qui fut un jour à la mode, le rouge, si agressif autrefois, trois fois vainqueur et aujourd'hui délavé par les échecs, le gris, terne et trop petit, le blanc trop élargi, avec son teint blême de fantôme malade, et même les trois noirs, les triplets de l'enfer, eux qui ont tout raflé ces derniers mois, sentent que le vent a tourné, ils ne se tiennent plus aussi bien qu'avant, ils fatiguent, alors que lui est frais, net, il est prêt, il attend, c'est son heure et voilà que la porte s'ouvre enfin. Une main se tend. Il sourit. Oui, il sourit quand les doigts s'agrippent à lui. Lui, l'élu. Le caleçon qu'on choisit le soir où l'on va pécho.

Le 24 décembre 2013 à 09:17

Mimile et moi contre la CIA

Maman m’a appelé lundi matin affolée, elle venait d’apprendre par Le Figaro que les Etats-Unis espionnaient l’Europe. « Et la France ? » m’a-t-elle demandé très choquée ; « on est écouté pareil » lui ai-je dit, en lui révélant que Saint-Cloud, où elle vit, est particulièrement écoutée par la CIA. « Jour et nuit, maman, nos conversations sont espionnées et passées à la moulinette ; chaque appel est analysé par mots-clés, sujet et style de métaphore; et tout ça est recoupé avec tout un tas d'infos tirées de photos satellite, de films de caméras de surveillance et de nos relevés de cartes bancaires. » Quand elle m’a demandé ce que nous pouvions faire, je lui ai dit aussitôt de raccrocher et de convenir d'un rendez-vous secret avec l'aide de qui elle savait... Le lendemain, par le biais de X, j’ai vu celle que j’appellerai désormais Mimile dans un petit estaminet discret de Paris (je n’en dirai pas plus pour ne pas mettre des vies en péril). Pour brouiller un peu plus les pistes, j’ai commandé une camomille tandis que Mimile a pris un double whisky. Nous avons vite convenu qu’il ne fallait rien changer à nos habitudes pour ne pas mettre la puce à l'oreille de la CIA. Désormais, comme si de rien n’était, nous nous appellerons, Mimile et moi, le jeudi, comme avant, mais en inversant nos codes de réponse. Ainsi, à la question : « Alors, ça va bien Mimile ? », la réponse « oui » voudra dire « non », et vice versa. Sur ces bonnes bases, nous nous sommes quittés en empruntant chacun des itinéraires de métro au hasard, puis nous sommes rentrés chez nous : moi à pied, en marchant à reculons ; et elle en taxi, en donnant une fausse adresse.

Le 3 juin 2015 à 08:26

L'Homme sort du classement des meilleurs amis du chien

Très attendu chaque année, le classement annuel des espèces amies des chiens marque cette année un tournant historique dans les relations entre les Hommes et les canidés. L’espèce humaine qui sort du classement, toujours dominé par les tortues, paye selon Kékette, une femelle caniche qui a participé aux délibérations, « son manque d’investissement pour entretenir cette soi-disant amitié ». Se faisant porte parole de son espèce lors d’une conférence de presse improvisée, Kékette n’y va pas avec le dos de la cuillère. « Un vrai meilleur ami se soucie vraiment de vous, de vos besoins et de votre bonheur. Il est là dans les bons, comme dans les mauvais moments » explique-t-elle tout en tentant d’attraper sa queue. Kékette dit se sentir elle-même lésée dans la relation qu’elle entretient avec son maître. « C’est toujours lui qui décide pour moi, sans me demander mon avis » explique-t-elle. « Si la relation était vraiment une amitié d’égal à égal, j’aurais le droit de l’attacher avec une corde lorsqu’il n’est pas sage, non ? » ajoute-t-elle avant de demander aux journalistes présents s’ils voulaient lui grattouiller le ventre. Le caniche affirme que son espèce attend un geste fort de la part des humains pour prouver leur statut de meilleur ami. « Nous espérons que cela agira comme un électrochoc. La baballe est dans votre camp » conclut-elle en évoquant plusieurs pistes parmi lesquelles la stérilisation de tous les punks à chien, ou l’interdiction totale des chats.

Le 18 décembre 2012 à 08:32

Obama et la NRA d'accord pour supprimer le port d'armes après les 12 prochaines tueries

WASHINGTON D.C – Les Etats-Unis auraient-ils vécu leur tuerie de trop? Alors que l’Amérique sèche encore ses larmes après le massacre de Newtown, Barack Obama semble bien avoir décidé de réagir. Hier, il a annoncé qu’il souhaitait supprimer le droit de posséder une arme à feu après les 12 prochaines tueries. Et, de manière tout à fait inattendue, il a obtenu le soutien de la NRA, le principal lobby pro-armes aux Etats-Unis. Une association traditionnellement contre toute forme de restriction sur les armes à feu. Reportage Un juste milieu Hier, Barack Obama a tenu une conférence de presse pour rendre publique cette mesure : « Ce qui s’est passé à Newtown est la tragédie de trop. Il y a eu trop de tueries, trop d’enfants américains assassinés. Notre pays a un véritable problème avec les armes à feu. Trop de pistolets et d’armes de guerre circulent sur notre territoire et restent accessibles à des personnes psychologiquement instables. Nous devons réagir en restreignant l’accès aux armes. » Toujours dans le cadre de cette allocution, le président américain est ensuite revenu sur le cœur de la réforme qu’il souhaite mettre en place : « Nous allons soumettre au Congrès une modification du deuxième amendement de notre Constitution qui permet le port d’armes aux Etats-Unis. C’est une lourde réforme de fond. C’est pourquoi nous souhaitons le faire lorsque 12 tueries supplémentaires se seront déroulées.» La NRA, le lobby des armes qui a été au cœur des négociations avec Obama depuis la tuerie de Newtown, semble enfin avoir changé d’avis. Wayne LaPierre est vice-président de la NRA : « Nous avons fait des estimations et au rythme actuel d’une tuerie par trimestre, cela nous laisse 3 ans pour voir venir la suppression future du port d’armes. » Et le lobbyiste de continuer : « Douze tueries, cela nous paraît être un juste milieu. C’est à la fois assez pour laisser le temps aux acteurs économiques du secteur de restructurer leur activité commerciale. Et cela permettra en même temps de mettre fin à court terme à ce terrible phénomène des tueries de masse. » L’Amérique prête à tourner la page Christina est institutrice dans une école élémentaire du Wisconsin. Pour elle, cette annonce de Barack Obama est une bonne chose même si elle arrive un peu tard : « Il était temps. Ça aura pris des années mais le pouvoir est enfin prêt à tourner cette page de notre histoire et de nos habitudes. Maintenant, j’espère juste que cela va arriver vite mais je crains que ceux qui militent contre le port d’armes en profitent pour accélérer le processus en organisant des tueries. Ce ne serait pas une bonne solution non plus. Laissons les prochaines tueries se faire naturellement.»   Le Gorafi  

Le 17 juin 2011 à 07:46
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