Raphaël Chabloz
Publié le 24/10/2015

L'important, ce n'est pas de gagner


mais gagner c'est quand même pas mal

On m'a demandé un texte plus olympique et c'est vrai que Marseille est une jolie ville, grâce à la judicieuse installation de calanques. Seulement, après tous ces cyclistes, ces tennismen et ces footballeurs, et avant la fête fédérale de hornuss qui débute dans 20 jours à Lyss (mais vous l'aviez tous déjà noté d'une pierre blanche dans vos agendas), j'aimerais bien parler d'autre chose que de sport, cinq minutes, j'ai peur que cela ne finisse par laisser des marques. Tant il est vrai qu'il faut prendre les chroniques les unes après les autres et que rien n'est jamais fini avant le paragraphe final. 

Parce que bon, le sport est une école de vie, certes, mais en cette période de vacances scolaires, est-ce bien raisonnable ? Et parler de sport, on sait comment ça va, on commence par évoquer le match Zeljeznicar - Buducnost ou les performances plus que douteuses de l'hepthatlète kazakh et très vite, tout le monde s'engueule, ce qui n'arrive jamais avec des sujets plus consensuels tels que la biodynamique ou les furets. C'est pourquoi je me rebelle comme le veau qui refuse d'aller à l'écurie. Non, cette chronique ne sera pas plus olympique, ni même plus paralympique, mais plus vacancière.  

Voilà.

Bien que n'ayant jamais pratiqué le water-polo, je suis blogueur, journaliste, suisse, traducteur et parfois même auteur, mais pas trop. J'aimerais vous parler de mon enfance et de ma passion pour les dés de courgette. Hélas, les icônes scintillantes figurant sur ce site me terrifient et, pour le dire franchement car c'est important la franchise, me tétanisent.

http://www.bonpourtonpoil.ch/ 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 12 septembre 2011 à 08:34

Pique-nique avec hippopotame sur le chemin de Compostelle.

Histoires d'os 18

Au siècle des Lumières, Voltaire passait pour un homme éclairé. Il l’était, sans nul doute, en matière de philosophie et de littérature. Il l’était beaucoup moins dans le domaine de la paléontologie, science qui n’existait pas encore. Ayant eu connaissance qu’on avait découvert dans une gravière d’Etampes, des ossements d’hippopotames associés à des bois de rennes, le caustique philosophe ironisait avec dédain sur le fait que le Nil et la Laponie devaient autrefois se trouver entre Paris et Orléans. Avec la même malice, il allait même jusqu’à écrire que les coquillages pétrifiés qu’on ramassait parfois à plus de cent milles des rivages, étaient des restes de pique-nique abandonnés par les pèlerins sur le chemin de Compostelle. Vraisemblablement, l’homme de lettres n’en croyait pas un traître mot en dépit de son scepticisme. Il ne faisait que parodier, pour les tourner en ridicule, les interprétations fantaisistes de certains naturalistes. Au risque d’être mal compris et de susciter des réponses également sarcastiques. A l’exemple de celle de Buffon, homme de sciences éclairé, qui à son tour caricaturait les arguments du philosophe en suggérant que les fossiles auraient bien pu être transportés par de facétieux petits singes, à l’image de ceux que le diplomate La Loubère avait décrits dans la région du Cap de Bonne-Espérance. Voltaire aurait pu rétorquer (mais il ne l’a pas fait) qu’il voyait assez mal quel type de petit singe aurait pu déplacer dans le centre de la France, un lourd cadavre d’hippopotame ramassé sur le bord du Nil où, de notoriété publique, il n’y a plus de crocodiles. Pas plus qu’à Compostelle d’ailleurs !

Le 3 juillet 2015 à 07:42

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Les animaux font-ils de la politique ?

NON. Les animaux ne font pas de politique. Or, comme chacun sait, ceux qui ne font pas de politique votent à droite. Donc, les animaux sont de droite. Ils préfèrent la nature aux maisons de la culture ; ce sont des scouts qui s'ignorent. Avec ça, ils sont très famille-famille et ils n'aiment pas les étrangers : le taureau, par exemple, se montre particulièrement chatouilleux quand on en entre dans son enclos ; il voit rouge, c'est un anti-communiste primaire. Ajoutons à cela que la plupart des animaux ne connaissent que l'agressivité, l'instinct, la force. Chez les crocodiles, cela s'explique facilement : ils n'ont jamais lu une seule ligne du Contrat social de Rousseau. Leur cerveau reptilien reste assez borné, et c'est bien dommage pour ceux qui, tombant dans la rivière et qui ont peut-être lu le Contrat social, découvrent tout à coup que la philosophie n'est d'aucun secours quand un bataillon de sauriens vient de réduire vos jambes au niveau du torse. Mais, me dira-t-on, c'est user là d'un exemple excessif. Et puis, qu'est-ce qui prouve que, parmi les crocodiles, il n'y en a pas un qui a lu Rousseau ? Un crocodile intello. Un saurien de gauche, qui aurait lu Marx et Groucho. Un croco qui dirait à la réunion de cellule : « Camarades, la violence n'appelle que la violence : si vous ne voulez pas finir en sacs à main, refusons la violence de ceux qui nous exploitent juste pour notre peau ! Bref, arrêtons de jouer aux crocodiles. Devenons pandas, dauphins, ours en peluche, Bisounours... » Mais il y a fort à parier que ce croco-là se ferait dévorer par ses congénères bas du front, qui finiront eux aussi en sacs à main, car c'est entendu : les animaux ne font pas de politique !

Le 14 novembre 2013 à 08:02
Le 8 février 2012 à 10:08

"Le problème d'image d'Eva Joly ne vient pas que de son accent, c'est aussi physique. "

Nadine Morano, Le Parisien/Aujourd'hui, mercredi 8 février 2012.

Le problème d’image de la ministre de  l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, ce n’est pas son physique mais l’accent vulgaire qu’elle imprime à ses propos publics.  Sous la Révolution elle aurait été Tricoteuse commentant les  têtes qui tombent dans la sciure,  sous la présidence Sarkozy elle est une sorte de Rabouilleuse, celle dont Balzac raconte qu’elle salissait l’eau pour mieux pêcher l’écrevisse. Dans son interview au Parisien elle fait carton plein en ironisant sur la chirurgie esthétique qu’elle croit déceler sur le visage de Ségolène Royal et le régime alimentaire qu’elle voit poindre derrière la ligne retrouvée de François Hollande. Bref elle y va fort, la Morano. Mais, elle, sa forme elle l’entretient sans faire appel à la médecine. Quand elle est pressée, elle cravache son escorte policière motorisée, au point que celle-ci, empruntant un couloir d’autobus parisien à contre-sens, renverse un  piéton qui sombre – quelques heures – dans le coma. Elle confesse par mégarde sur Twitter qu’elle «  bulle dans un spa avec des copines » alors que les Français pèlent de froid et que ses collègues font des heures sup’ (non rémunérées) au service du Président-candidat. Nadine Morano est une bonne cliente pour les médias. Avec elle le show est garanti et le buzz assuré (la preuve…) Une suggestion pour ses affiches de campagne législative : « Nadine Morano, celle qui ose tout. »

Le 24 mai 2011 à 19:30

Ça bouge sur les réseaux

Sit-in devant la Bourse 8

Je viens de recevoir un message sur mon smartphone, on dirait que ça bouge sur les réseaux :"Nous, jupes roses et sans-culottes, cagoules et bonnets, mitaines et foulards imbibés de citron, masques de latex et lunettes de plongée, communiquons à tou.te.s notre volonté de passer à l’action, ce jeudi 26 au matin, contre la finance organisée et ses réseaux mafieux. Nous appelons une horde débonnaire et clandestine à venir nous rejoindre le jeudi 26 mai à 9h à la Rotonde de la Villette (Métro Stalingrad) pour un départ groupé en direction d’un symbole bien connu de la manigance capitaliste, en vue de son occupation.Nous avertissons copains et copines que le risque juridique sera faible, mais que la jouissance sera grasse, car nous avons prévu de nous maintenir dans ledit lieu jusqu’à la dissolution de la dette grecque et du déficit de la sécu française.Nous avons prévu de monopoliser l’espace, d’y faire du boucan et d’y jeter des paperasses, d’y crier notre mépris pour le pognon et la magouille. Toute participation insolente et désinvolte de votre part ne nous rendra que plus forts et plus aguerris pour les batailles suivantes.Prenez avec vous tout ce qui agace les nanti.e.s et les cadres, quirend nauséabond l’atmosphère et réjouit les compagnon.ne.s révolté.e.s.JEUDI 26 MAI à 9H00 pétante,Place de la rotonde (Métro Stalingrad)Premiers signataires : Collectif des Allumés de la Fraude (CAF), Organisation des Téléspectateurs Anarco-Nihilistes (OTAN), Fédération Malgache des Insoumis (FMI), Groupe Invivable des Garçonnières du Nébraska (GIGN), Union Nécrosée des Lessiveurs de Parpaings, Association des fossoyeurs du Pole Emploi, Le collectif “Bien Assez de Conneries !” (BAC), le Cercle des Amis de l’Intifada, l’Union Radicale Survivre SAns Fessebouc (URSSAF), L’Internationale vegan pour une revanche des animaux, Collectif “Vivons bien, vivons couchés”, le Syndicat Démocrate Individualiste contre la Guerre (SDIG) et le Syndicat Démocrate pour l’Abolition du Téléthon (SDAT)..."Et j'ajoute mon nom à la liste des signataires : Fleur Ho!> épisode suivant> premier épisode

Le 8 mars 2011 à 12:35

Françoise G., par Laure A.

Une biographie tout en nuances d'une journaliste par une journaliste

« La femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente ». Françoise GiroudQuand on est femme et qu'on exerce le métier de journaliste (au passage, un journaliste sur deux est une femme en France, c'est bon à rappeler en ce 8 mars), Françoise Giroud, forcément, est une icône. Laure Adler est femme et journaliste, et après avoir raconté les vies de Marguerite Duras, Hannah Arendt et Simone Veil, elle nous en dit davantage sur cette autre femme d'exception, qui a commencé comme scripte au cinéma, a participé à la naissance du magazine Elle, a créé L'Express avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, est devenue secrétaire d'état dans le gouvernement Giscard, a écrit de nombreux livres, dont autant de best-sellers et… a pas mal de zones d'ombre.Car Laure Adler pourrait n'être qu'admirative de ce parcours sans faute, mais elle tente de garder la distance nécessaire à un bon biographe. Son livre s'intitule simplement Françoise. Elle n'a gardé que le prénom de l'icône, qu'elle nous présente avec ses forces et aussi avec ses faiblesses : Françoise qui a aimé passionnément un homme, celui pour qui elle est presque morte, celui avec qui elle a enfanté l'Express. Quand Giroud se battait, pour les femmes, pour l'indépendance de l'Algérie, pour Mendès France, Françoise soupirait pour l'ambitieux JJSS. On disait Giroud dure, elle l'était, parce qu'elle s'était sortie de sa condition, et qu'elle ne voulait pas y retourner. On la disait parfois méchante, on a du mal à le croire. Mais Françoise, pendant ce temps, était femme, femme aimante, femme souffrante. Giroud a renié ses racines juives au point de les oublier, Françoise, bien des décennies plus tard, les a retrouvées, par amour pour son petit-fils (devenu grand rabbin). Si la femme publique se tenait droite, et parfois raide, c'était pour empêcher la femme secrète de vaciller, puis de tomber. Ce qu'elle a fait, et elle ne s'est jamais vraiment relevée. On a tous en mémoire l'image d'une Françoise Giroud froide, élégante, brillante ; le livre de Laure Adler, qui est un succès de librairie, nous la montre humaine, sensible, fragile. Et on est bien triste, à la fin, de la quitter.

Le 19 juillet 2011 à 11:40

Le ver est dans l'escalier

Samedi, je vais chez Henrillette, ma copine du Mans venue de Côte d’Ivoire. Elle habite un meublé derrière la place Kichy, comme elle dit, au septième. Sept étage à gravir avec le risque d’y trouver ce que l’humanité a de plus craspec, tout le monde en chie, surtout les gens de la Côte d’Ivoire qui n’étaient pas habitués à des habitats en hauteur. Je dis ça, je dis rien. Mais je me comprends. J’entame mon ascension et vois un gros ver dans l’escalier, menaçant comme un élu du PS qui serait passé à droite. Et aussi vilain. Pouah. Impossible de l’enjamber, un ver ça ne s’enjambe pas, je sais de quoi je parle. Je redescends fissa et me poste devant la loge. Soudain me saute aux yeux l’écriteau, péniblement calligraphié : la concierge est dans le fruit. Comment lui dire que le ver est dans l’escalier si elle-même est dans le fruit ? Un enfant antédiluvien s’interpose : Madame, moi je sais ce qu’il faut faire : il faut battre le ver pendant qu’il est chaud. Nullement motivée, je tente d’appeler Henrillette du Mans sur son iphone portable sans fil (son antique Tam-tam) mais pas de réponse, ce qui est normal car pour l’appeler, il est préférable d’utiliser le téléphone arabe. Je me dis tant pis, suis avalée par la bouche du métro qui rote quelques individus chelou dans ce quartier cramé et je file chez Serge Lama ou Arno Klarsfeld, je les confonds toujours, car j’éprouve l’irrépressible besoin de prendre un ascenseur, quel qu’il soit. Mais propre et en état de marche.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication