Marcel Ramirez
Publié le 03/08/2012

The Resident


Je m'en doutais, ce n'était pas tout à fait vrai : afin de me motiver à revenir par ici, on avait prétendu que des centaines de belles et troublantes jeunes femmes à demi nues menaçaient de se suicider collectivement si je ne repointais pas le bout de mon nez sur ce site giratoire. Revenu (plutôt essouflé) par ici, je n'tombai que sur le concierge, bien aimable, certes, mais - si j'en jugeais à sa façon de malaxer bruyamment ses énormes clés en me regardant méchamment - apparemment un brin pressé que je quitte les lieux. Puisque je n'venais pas souvent, je me dis qu'il serait tout de même de bon ton de raconter, même rapidement, quelles étaient mes activités du moment. Mais, parti précipitamment, j'avais bêtement oublié d'amener de quoi écrire. Alors que je tentais vainement de m'ouvrir l'index sans m'évanouir, le concierge, un brin excédé, se dépêcha de me trouver quelques post-its, et un crayon mal taillé. Sans finalement couvrir les murs du théâtre de mon (joli) sang, je pu m'épancher brièvement :  "Le montant du loyer se termine par un charmant "virgule soixante-huit". Je n'aime pas les chiffres ronds, j'ai signé de suite. 

Je l'ai enfin, ma résidence d'artiste ! Oui, oh, je sais : c'est facile (et plutôt prétentieux), de s'autoproclamer "artiste"; Mais traversant une fois de plus une terrible période de sécheresse créative, c'est tout ce que j'ai trouvé pour espérer retrouver l'envie, la flamme... Là-bas, je m'adonne à toutes sortes de disciplines : sculpture sur pâte à sel, érection de chapelles gothiques en  Frosties de Kellogg's, ou, bien sûr, confection de collier de nouilles Barilla pour au moins les cinq prochaines fêtes des mères... "Résidence d'autiste, oui !" s'exclame régulièrement l'un de mes amis, prétextant mon absence de vie sociale en résultant.  "Tu n'peux pas comprendre..." lui réponds-je inlassablement (non sans, bien évidemment, la condescendance appropriée). Enfermé sous ces toits, avouons-le : je ne sais où tout cela me mènera..." Espérant que cela ferait l'affaire jusqu'à la prochaine fois, je remerciai ce bon concierge, et lui laissai mon numéro, des fois que de belles et troublantes jeunes femmes criant mon nom, tout ça, se décident finalement à passer par là...

Quelque part entre David Lynch et Rémy Bricka, le protéiforme Marcel Ramirez tutoie régulièrement l'absolu (mais c'est vrai qu'il le connaît bien).
Notamment intermittent du blogging (http://blogs.lesinrocks.com/marcel-ramirez/), il s'engage en priorité dans les causes vaines et désespérées... 

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Le 24 janvier 2014 à 09:08

La Fontaine, démission !

Qu'on me permette d'émettre quelques doutes sur la réalité des anecdotes racontées par Jean de la Fontaine, et qui sont inculquées de force à nos chères têtes blondes depuis des siècles avec une suspecte constance par des instituteurs dont on sait par ailleurs qu'ils sont tous de gauche. Prenons l'exemple de l'oeuvre, présentée pour immortelle, et intitulée "Le corbeau et le renard". Si le titre de l'oeuvre ne souffre aucune critique, puisqu'il s'agit de narrer de façon concise une anecdote mettant aux prises ces animaux dans une rencontre certes improbable mais dont le caractère champêtre serait susceptible de lui conférer un certain charme agreste, regrettons d'emblée le manque de recherche qui caractérise le dit titre, mais passons. Ce poème, pour agréable qu'il soit dans sa narration, ne semble pas particulièrement documenté si on se place sous l'angle de la réalité de la vie animalière. Les deux protagonistes de l'histoire sont en effet dépourvus de cordes vocales leur permettant de conduire un dialogue organisé ; par suite, il est hautement improbable qu'on puisse prétendre qu'ils aient pu conduire une conversation, et il aurait été préférable, pour peu que l'auteur se préoccupât d'une certaine crédibilité de sa narration, qu'il mît en scène un ara chroloptère et un amazone à nuque d'or, pour ne prendre qu'un exemple au hasard dans wikipedia. De plus, relevons que la forme du bec du corbeau rend hautement improbable qu'il puisse tenir un fromage entier, dont l'auteur ne précise pas au demeurant quelle est sa forme ni sa provenance, et qu'à supposer qu'il ait pu y parvenir il soit en mesure, dérogeant ainsi aux lois les plus élémentaires de la physique, de rester perché sur un arbre sans être déséquilibré et se casser la gueule. Afin d'affiner cette démonstration, mettons-nous un instant à la place du corbeau, si vous le voulez bien. Redescendez de cet arbre, c'est une image. Merci. Reprenons. Admettons, donc, que vous êtes un corbeau, et que pour une raison restant imprécise, vous soyez en possession d'un fromage d'origine indéterminée. Vous êtes perché sur un arbre et sans qu'on puisse en expliquer la raison, vous n'avez pas encore mangé le fromage, quand soudain survient un renard. D'emblée, vous n'avez rien à attendre d'un tel animal ; vous n'avez nulle envie de l'écouter ; les conversations mondaines ne sont pas dans vos habitudes ; une certaine méfiance s'installe à l'égard de cet étranger, c'est humain (si on peut dire) ; le dialogue étant déjà assez difficile comme ça, vous n'avez aucune raison de chanter. On voit par là que l'aventure décrite par le poète est hautement improbable. En second lieu, si on se place du point de vue du renard, qui est un animal résolûment carnassier, pourquoi voulez-vous qu'il se fatigue à engager le dialogue avec le corbeau pour lui piquer un fromage dont, répétons-le, la provenance et la traçabilité ne sont pas exemptes de toute suspicion, au lieu simplement de bouffer le corbeau ? Il est donc temps de purger les manuels de littérature des "oeuvres" de l'imposteur Jean de la Fontaine, et d'alerter de toute urgence M. Peillon sur ce qui est bien un des scandales de notre système éducatif.

Le 20 octobre 2015 à 08:03

Il se lance le défi de vivre un an sans respirer et meurt violemment au bout d'1 minute 20 

Quand une tentative de record du monde vire au drame. En début de semaine, Dick Paulson, 20 ans, se lançait dans un pari fou : essayer de vivre un an sans respirer et ainsi battre l’actuel record d’apnée détenu par le danois Stig Severinsen en 22 minutes. Dick Paulson s’était même entrainé pendant plus de 3 mois pour réaliser cet exploit. Seulement voilà, le rêve a très vite tourné au cauchemar quand Dick a finalement perdu la vie au bout d’une terrible agonie qui aurait duré près d’1 minute et 20 secondes selon les légistes qui ont autopsié la dépouille du garçon. Recit. Une contre-performance Tout était pourtant prêt. Dick Paulson se disait « au top de sa forme » quelques secondes avant le début de son quasi-record. Un juge était présent pour valider la performance, les proches et les moins proches de Dick avaient fait le déplacement pour l’encourager. Sa famille s’était même cotisée pour lui offrir un caisson sans oxygène dans lequel il pourrait tenter de repousser les limites de l’apnée en toute sérénité. C’est donc dans ces conditions idéales que celui que sa petite-amie appelait « l’étoile de Rapid City » s’est élancé lundi matin dans un joli défi qui est finalement devenu un tragique fait divers. Car très vite après le début du record, le jeune américain originaire du Dakota se met à se tordre, il gesticule avec frénésie. Malgré cela, toutes les personnes qui l’accompagnaient au moment de ce fiasco n’ont pas su décrypter ce qui semblait être en fait des signes de détresse : « On a cru qu’il bougeait dans tous les sens pour se détendre, que c’était un genre de technique de relaxation, un truc comme du Yoga. On aurait du réagir plus vite. » confie Barry White, juge officiel du Guiness World Records. Car c’est seulement au bout de 7 heures que Barry White ainsi que les proches de Dick présents sur place se mettent à avoir des doutes : « Il avait définitivement arrêté de gesticuler à peu près 1min20 après le top départ. Ça faisait donc un petit moment qu’il ne donnait plus aucun signe de vie. On a tapé à la porte du caisson pour voir s’il dormait mais comme il ne réagissait pas on a décidé d’arrêter le record et d’intervenir. » nous raconte Jenny, la sœur aînée de Dick. Le personnel médical prévu dans le cadre de ce genre d’épreuves se précipite alors auprès de Dick Paulson. Les médecins constatent alors l’absence de toute réaction de l’apnéiste mais par précaution et après plusieurs minutes de concertation, ils choisissent pourtant de ne pas stopper l’épreuve et remettent le jeune homme dans son caisson : « Dans le doute, nous n’avons pas voulu l’empêcher de réaliser son record jusqu’au bout. Ça aurait très bien pu être une forme de décès temporaire et momentané. On ne voulait pas lui gâcher son rêve. » se justifie ce médecin. « Dans la mesure où il n’y avait aucun indice d’une quelconque reprise de respiration, il n’y avait aucune raison d’arrêter le record. » précise Barry White le juge à l’accent américain. Une famille effondrée L’ensemble des personnes autour du caisson sans oxygène décident finalement de mettre fin au fiasco quelques minutes plus tard après une nouvelle tentative infructueuse d’interpeller Dick Paulson. Le décès du garçon est alors confirmé par les médecins. Sa famille, elle, pleure la perte tragique de l’un des siens dans ce qui était à l’origine une véritable quête personnelle. Mais cet échec de Dick ne sera peut-être pas sans conséquence. Dan, son plus jeune frère âgé de 13 ans, a dans sa tristesse, affirmé qu’il ferait tout pour tenter de réaliser le record de son défunt frère. Un choix vécu difficilement par sa mère, Becky : « Je ne sais pas quoi penser. C’est très dangereux ce genre d’épreuve. Mais si mon fils veut lui aussi battre ce record pour honorer la mémoire de son frère, alors j’essaierai de l’aider du mieux possible dans ce chemin là. » Le Gorafi Illustration: Istock / scoutgirl  

Le 18 novembre 2011 à 09:04

L'école, c'est plus ce que c'était

Aux temps bénis des mines de charbon, un Hugo pouvait clamer : « Ouvrez une école, vous fermerez une prison ». Alors qu'en est-il à l'heure du nucléaire ? Et bien c'est l'inverse ! On ouvre des prisons et on ferme des écoles. Pourtant, ce constat hugolien côtoyait à la même époque un autre aphorisme : « Apprenez-leur à lire, ils se révoltent ! » Et les révoltés, on les enfermait. Étrange paradoxe dont on a su tirer les conséquences ! En effet, aujourd'hui, l'éducation nationale met tout en œuvre pour maintenir la paix sociale en entretenant l'illettrisme au sein des classes dangereuses. Un bon point, donc. Mais voilà. Y a plus d'autorité. Avant, l'élève récalcitrant, on lui cassait le bras ! Pour apprendre à écrire, ça ne facilitait pas les choses, j'en conviens. Oui, mais maintenant, quel laxisme ! Déjà, y a plus que des femmes dans l'enseignement. Des femmes ! En soit, quand on sait que l'école est le lieu de la transmission du savoir, c'est déjà absurde. Blaise Pascal qualifie l'homme de roseau pensant. Et la femme, alors ? Je vais vous le dire, c'est entre les lignes, la femme est un roseau, point barre ! Et un roseau comme tuteur, ça vous fait des tordus ! De l'autorité, de l'autorité, de l'autorité, voilà le remède... En plus, ça les habituera à la prison. Un seul point positif dans cette affaire. Si on admet, comme Trotsky, que le savoir est une arme, on ne peut que féliciter nos jeunes pour leur pacifisme militant.

Le 22 décembre 2012 à 11:44
Le 27 août 2014 à 08:25
Le 7 novembre 2014 à 08:07
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