Gamer et Fingal
Publié le 10/09/2012

Méthodes drastiques


La surprise d'Eudes Bigniou

Eliott Gamer en eut un jour marre de dessiner dans les marges de ses cahiers. Il décida d'un seul coup qu'il allait prendre ses cours dans les marges et dessiner au centre. Puis il est rentré en école de dessin d'animation, tout en tenant un blog qui fait sourire dans les chaumières.
Quant à son cousin, Clément Fingal Bénech, après avoir cherché toutes les contrepèteries cachées dans le mot "chambranle", il a commencé un blog d'humour dont l'apparente légèreté en cache en fait une véritable. 

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Anselme Bellegarrigue (1813-1869)

Les cracks méconnus du rire de résistance

« Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande. » (Bellegarrigue) Les amateurs de révoltes épicées savent que tous les polémistes anarchistes du XIXe siècle n’étaient pas sérieux comme des papes, doctoraux comme des Proudhon, barbifiants comme des Kropotkine, rigoristes comme des Jean Grave. Parmi eux, il y avait aussi, heureusement, de turbulents excentriques. Certains d’entre eux ont fini par devenir un tout petit peu connu : Joseph Déjacque, Zo d’Axa, Ernest Cœurderoy, Albert Libertad (qui rôdent, notamment, dans cette rubrique). D’autres pas du tout encore (Adolphe Retté, Jacques Sautarel, André Colomer par exemple). Le cas d’Anselme Bellegarrigue est plus curieux. C’est qu’on disposait bel et bien jusqu’ici de quelques infos sur lui. On savait par L’Almanach de la vile multitude (1851) qu’« il avait vécu, pour avoir ses coudées vraiment franches, un an entier dans une tribu sauvage que ni missionnaires ni coureurs de bois n’avaient pu encore atteindre ». On savait qu’il avait terminé sa vie en retournant « à l’état naturel », subsistant de ses pêches sur les côtes improspectées du Pacifique. On savait qu’entretemps, dans le quotidien toulousain La Civilisation, il avait préconisé comme mode d’action prioritaire contre les pouvoirs en place la stratégie redoutable du « calme plat » consistant à ne même pas prendre connaissance des lois en vigueur et à répondre léthargiquement à tout arrêté municipal et à toute obligation civique jusqu’à ce que l’appareil social tout entier soit complètement paralysé par cette symphonie de fins de non-recevoir. Mais ce qu’on ne savait pas, avant que le très fiable historien rebelle Michel Perraudeau ne sorte fin 2012, aux éditions libertaires, un passionnant Anselme Bellegarrigue, le premier des libertaires, c’est que ces données biographiques parcimonieuses et quelques autres qu’on retrouve dans une muflée de publications historiques, y compris dans mon Anthologie de la subversion carabinée, s’avéraient archi-fausses. Archi-fausses, jambon à cornes ! Non, Anselme n’a pas tarzanisé durant sa petite enfance et ses derniers jours, établit Perraudeau après des recherches pointilleuses. Il est né à Monfort, dans le Gers, et a trépassé en République de Salvador où il avait créé une faculté de droit au sein de l’austère université nationale. Bellegarrigue, qu’on se rassure, n’en reste pas moins un des « inventeurs les plus originaux de l’anarchie ». Aimantés par une fort belle écriture, « servie, précise Michel Perraudeau, par le sens de la formule, par l’ironie ajustée, par l’art de la concision, de la synthèse, de la touche au cœur », ses pamphlets meurtriers sont au top du crime littéraire, sur le même palier que La Boétie, Stirner, Darien. Cavalcadant principalement dans l’essai krakatoesque Au fait. Au fait !! Interprétation de l’idée démocratique (1848) et dans les deux uniques numéros de sa fouettante revue L’Anarchie, journal de l’ordre (1850), les brûlots d’Anselme passent férocement, et cocassement souvent, à la moulinette   toutes les formes de gouvernement qu’il soit bourgeois, monarchiste, « démocratique ». « Je ne vois pas, en un mot, comment il arrive qu’un gouvernement que je n’ai pas fait, que je n’ai pas voulu faire, que je ne consentirai jamais à faire vienne me demander obéissance et argent. » « Si nul n’avait peur dans la société, le gouvernement n’aurait à protéger personne, il n’aurait plus aucun prétexte pour demander compte à chacun de l’emploi de son temps, du caractère de son industrie, de l’origine de son avoir : il n’aurait plus à demander le sacrifice du sang ni la vie de personne. » et tous les styles de pouvoir hiérarchisé : « Le pouvoir ne possède que ce qu’il prend au peuple. » tous les partis politiques, mêmement filous : « Je proclame mon avènement propre à la souveraineté de fait dans une société où chacun se gouverne lui-même. » le système électoral en soi qui « ne peut être actuellement qu’une duperie et une spoliation ». le socialisme à la Manuel Valls : « Le socialisme veut faire de la société une immense ruche dont chaque alvéole recevra un citoyen auquel il sera enjoint de rester coi et d’attendre patiemment qu’on lui fasse aumône de son propre argent. » les règlements, les interdits, les tables de la loi, qu’elles soient étatiques, familiales, politiques, religieuses. « Je m’étonne, je m’effraie de rencontrer à chaque pas que je fais dans la vie, à chaque pensée que j’accueille dans ma tête, à chaque entreprise que je veux commencer, à chaque écu que j’ai besoin de gagner une loi ou un règlement qui me dit : on ne passe pas par là, on pense pas ainsi, on n’entreprend pas cela. » l’éducastration : « L’enseignement est écourté, ciselé, rogné, et réduit aux étroites dimensions du moule confectionné à cet effet par le pouvoir, de telle sorte que toute intelligence qui n’a pas été poinçonnée par le pouvoir est absolument comme si elle n’était pas. » le respect des traditions et des lois de l’hérédité : « Pour moi, la création du monde est datée du jour de ma naissance. Pour moi, la fin du monde doit s’accomplir le jour où je restituerai à la masse élémentaire l’appareil et le souffle qui constituent mon individualité. » « le mariage en cul-de-sac » « le dogme de la résignation, de l’abnégation, de la renonciation de soi » et les différents types de servitude volontaire : « Quand bien même le peuple, tout le peuple français consentirait à vouloir être gouverné, je déclare qu’en droit, son esclavage volontaire n’engage pas ma responsabilité, que sa bêtise ne compromet pas mon intelligence. »   Un bien joli jeu de massacre mais qu’est-ce qu’Anselme Bellegarrigue oppose à la société de l’esclavage consenti ? Il lui oppose la société de l’égoïsme fraternel « concourant au bien-être commun » dans laquelle on s’approprie de soi-même, on pratique l’auto-gouvernement, on affirme sa singularité, on n’obéit qu’à ses vraies inclinations, on proclame l’avènement de l’individu-roi. Objectif prépondérant du nouveau monde bellegarriguesque : la jouissance carabinée généralisée. « Je n’ai qu’une doctrine, cette doctrine n’a qu’une formule, cette formule n’a qu’un mot : jouir. » En guise de pousse-café, une anecdote prélevée dans L’Histoire de l’anarchie de Claude Harmel et Claude Sergent (Ivréa) qui n’est pas infirmée, semble t-il, par les recherches de Michel Perraudeau. Se pointant à Paris juste le jour de l’émeute républicaine du 24 février 1848 qui envoie Louis-Philippe paître les oies, Anselme Bellegarrigue est pris en aparté par le jeune galibot « noir de poudre et délirant de joie » qui monte la garde devant l’Hôtel de Ville. -       « Cette fois on ne nous la volera pas, notre victoire. -       Ah, mon ami, lui réplique le libelliste, la victoire, on vous l’a déjà volée : n’avez-vous pas nommé un gouvernement ? » À lire de Michel Perraudeau, aux intrépides éditions libertaires, outre le roboratif Anselme Bellegarrigue, le premier des libertaires, Léo Ferré, poétique du libertaire (2008) ; Vendée 1793, Vendée plébéienne (2010) ; et un fort précieux Dictionnaire de l’individualisme libertaire (2011).

Le 15 juillet 2014 à 08:50

Encore la mauvaise file au supermarché

Selon plusieurs sources, la caisse avec le délai d’attente le plus long aurait une fois de plus été choisie dans un magasin de grande distribution. Un nouveau coup du sort qui nécessitera sans doute patience et détermination pour être surmonté. Le mauvais sort peut-il être évité ? Les supermarchés sont-ils de hauts lieux de fatalité ? Décryptage. Une succession de merdes Elle paraissait pourtant plus courte mais ce sera finalement la plus lente. La file d’attente sélectionnée a, comme à son habitude depuis des années, été le théâtre de nombreux incidents qui ont fait ralentir la prise en charges des clients : « Il y a d’abord le classique produit dont le code-barres ne passe pas, avec un appel de la caissière à l’une de ses collègues », raconte Michel qui lui a eu la chance de ne pas choisir la mauvaise file. S’ensuivirent alors d’autres problèmes d’origine plus humaine cette fois-ci : « Une cliente qui pensait acheter trois boîtes de cassoulet en promotion mais qui avait en réalité mal lu les étiquettes dans les rayons. Elle a fait tout un cinéma pour essayer de ne pas perdre la face. Ça a évidemment gonflé tous les autres dans la file qui lui ont dit de se dépêcher, d’autres l’ont tout simplement insultée ou lui ont lancé des paquets de biscuits au visage », témoigne Laure, 28 ans, qui, elle, a fait l’erreur de viser la caisse maudite. Evidemment le cycle infernal ne s’arrête pas là. La caissière décide alors de passer le relais à un autre membre du personnel. Le passage de témoin implique évidemment un changement de la caisse qui va durer trois longues minutes. Pendant ce temps-là, les clients placés dans les autres files avancent, doucement mais sûrement. « Comme d’hab’ quoi…On voit passer devant nous ceux qui sont pourtant arrivés en dernier. Là, on a la haine, on en veut au monde, on a envie de voter Mélenchon », ajoute Laure, visiblement abattue par l’expérience. Des années de mauvais œil

 Cette mésaventure pourrait sembler futile et bénigne si elle n’était pas la énième d’une série infinie. « Le pire c’est que c’est à chaque fois. Et on sait que la prochaine fois ce sera encore la mauvaise, même si on choisit celle qui a l’air la plus longue en espérant renverser le sort. Si l’enfer existe, il ressemble à un rang de caisses au supermarché », conclut Laure.

Le 5 septembre 2015 à 08:27

E-passeur.com

Cher e-réfugié, merci de nous avoir choisi. Avant la guerre, tu étais médecin, avocat, étudiant en Syrie et tu te retrouveras bientôt sur les routes, devras supporter la faim, la soif, le froid, traverser des mers. Mais maintenant, grâce e-passeur.com, tu as un vrai compagnon de route. Plus besoin de chercher des passeurs malhonnêtes dans chacun des pays traversés, nous resterons en contact tout au long de ton périple. Tu pourras nous envoyer des messages Whatsapp, parler à ta famille par Skype, lire les tweets des autres migrants, te diriger par Google Map et nous liker régulièrement sur Facebook ! Avec ton smartphone, tu pourras réserver ta place sur une barque de pêcheur, dans un camion frigorifié, dans un container de navire de marchandises, retenir un matelas dans un campement de clandestins ou encore poster tes selfies pour que la vieille Europe se réveille enfin ! Rappelle-toi, elle n’avait pas vu les quatre millions de syriens déplacés avant que la photo du petit Aylan circule sur les réseaux sociaux. Tu pourras aussi profiter de nos conseils en cliquant sur notre rubrique « vie pratique » : Comment te glisser entre la remorque et la cabine du chauffeur d’un poids lourd, comment effacer tes empreintes digitales en les brûlant à l’acide ou en arrachant la peau de tes doigts. Tu vois, ami internaute, on n’arrête pas le progrès.  Souviens-toi, le plus grand nom de l’histoire du numérique était le fils d’un réfugié syrien : Steve Jobs. Viens donc vite rejoindre e-passeur.com !

Le 31 octobre 2011 à 09:15
Le 11 décembre 2014 à 10:06

Mystères et boules de gomme

J’ai appris à nager dans un bénitier. Enfant, je tombais en oraison devant le moindre signe de la nature : un rayon de soleil et hop : extase – j’avais une vie bien compliquée. A cet âge quand on dit à son chien « allez viens Toutou on va sortir » et qu’il remue la queue, on croit au miracle. Un été alors que je jouais au scaphandrier dans la mer, j’ai croisé un poisson qui ressemblait à mon ancêtre. Soliste dans le Chœur des Petits Enfants de Clermont-Ferrand, je suis entré, après ma mue, dans le Chœur des amis de l’Auvergne. Un jour, en Anatolie, j’ai été poursuivi par le chien d’un pope qui était la réincarnation d’un canard que j’avais mangé au réveillon de 1972. A 30 ans je me suis retiré dans un monastère pour réfléchir à mes 20 ans, quand je suis sorti, j’en avais 40. J’aime quand il pleut placer mon parapluie au-dessus de la tête des passants pour qu’ils croient à la Providence. Au cours d’une retraite bouddhiste, après avoir jeuné pendant quarante-huit heures, je me suis tapé un poulet. Un jour que je dansais dans une rue de Paris en robe safran et agitant des clochettes, un homme s’est approché de moi et m’a demandé l’heure. Quand je bois un verre de Lacryma Christi, au bout d’un moment, j’en vois deux. Lors de la dernière sortie de mon corps astral, je suis allé au rayon lingerie des Galeries Lafayette. L’autre jour dans le RER après avoir donné deux euros à un paralytique, je l’ai vu sauter de joie sur le quai en agitant sa béquille. Une fois, au milieu d’un oratorio de Bach, je me suis mis à léviter et a voleter dans l’église jusqu’à me coller en haut de la nef les bras en croix. Il n’est pas rare qu’à la station Saint-Lazare une voix impérieuse me commande de me lever et de marcher vers la sortie. Quand je dors il m’arrive de rêver que je prie, mais je ne sais pas qui.

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