Service Rond-Point
Publié le 05/09/2012

Architerotiko Russe


Une expo en hommage aux Pussy Riots

Quelle prémonition a poussé Agnès Lévy M à hybrider des nus avec des bulbes d'églises orthodoxes russes ? Comme si, avant même que les "Pussy Riots" ne soient injustement condamnées pour avoir chanté « Sainte-Marie, délivre nous de Poutine !  » sous le dôme de la cathédrale Saint-Sauveur à Moscou, elle avait rendu hommage à ces magnifiques et courageuses néo-hooliganes. Il n'en fallait pas plus pour que le théâtre du Rond-Point l'affiche sur ses murs.

 

Exposition Agnès Lévy M, "Architerotiko Russe", dessins-collages du 5 septembre au 3 octobre 2012 au Théâtre du Rond-Point, entrée librairie et accès salle Topor.


A 7 ans, Agnès Lévy M a compris que le Père Noël n’existait pas et ne s’en est pas remise. Après des études artistiques à Paris, elle a été décoratrice ensemblière au cinéma, au théâtre et à la télévision, avant de se consacrer à la peinture. Agnès Lévy M vit et peint en Avignon

La rédaction de Vents Contraires se met en quatre pour résoudre les grandes énigmes du moment, vous offrir cadeaux & conseils, poser les questions qui vous préoccupent et y répondre à votre place. Bref le Service Rond-Point vous prodigue le service irréprochable auquel vous avez droit. 

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Jean Caupenne (1908- ?)

Les cracks méconnus du rire de résistance

Un beau jour de 1930, le premier de promotion de l’École militaire de Saint-Cyr, la recrue Keller, reçoit dans les gencives une lettre assassine provenant de Novaro, dans le Gers.« Nous tenons à vous dire, et c’est pourquoi nous vous écrivons malgré le peu de loisirs que nous laisse la paresse, que nous crachons sur les trois couleurs : bleu, blanc et rouge du drapeau que vous défendez. Nous attendons avec une vive impatience le prochain soulèvement des hommes que vous prétendez commander et qui, demain, avec notre concours, mettront au soleil les sales tripes de tous les officiers de l’armée française et celles des petits binoclards casoardeux de votre espèce (…) ».« Il est du moins indispensable que vous remettiez, sitôt cette lettre reçue, au général directeur de l’école de Saint-Cyr (Seine et Oise), votre démission d’élève de cette école avec l’exposé des motifs de cette décision, en y joignant une copie de la présente missive. Sinon, nous continuerons à vous considérer comme le premier et le dernier des tristes Cyrs dont vous n’aurez pas que l’air (Keller) !! Et, comme tel, nous vous fesserons publiquement sur la place Saint-Cyr ! »La missive fait scandale. Et ses deux auteurs se retrouvent inculpés de « violences sous condition ». L’un d’eux, Georges Sadoul, qui deviendra le célèbre historien stalinien du cinéma qu’on sait, est même congédié aussi sec de la NRF. Et, pour éviter les trois mois de prison ferme que lui vaut sa lettre antipatriote, il préfère prendre le large jusqu’à Moscou aux bras du couple Aragon.L’autre coupable, Jean Caupenne, n’est pas passé, lui, à la postérité. On ne trouve en tout cas trace ni de sa queue ni de ses oreilles dans les principaux dicos et panoramas du surréalisme (Clébert, Nadeau, Passeron, Fauchereau…). Ce qui est d’autant plus curieux qu’à l’époque, Caupenne faisait partie des drôles de paroissiens du mouvement surréaliste. Et que sa prose sulfureuse courait parfois la grande bordée dans ses bulletins de combat (La Révolution surréaliste, Le Surréalisme au service de la Révolution).Comment accommoder le prêtre de Jean Caupenne (1929), dont voici quelques fragments fracassants, peut être tenu pour l’un des chefs-d’œuvre absolu du pamphlet mécréant frénétique.« Chaque fois que dans la rue vous rencontrez un serviteur de la Putain à Barbe de Nazareth, vous devez l’insulter sur ce ton qui ne lui laisse aucun doute sur la qualité de votre dégoût. D’ailleurs, si votre bouche ne déborde pas d’insultes à la vue d’une soutane, vous êtes digne d’en porter une (…) ».« Voler les objets sacrés, souiller les églises, sont des actions essentielles. (…) ».« Quant aux sacrilèges locaux, ils présentent de grands avantages pratiques, étant donné la rareté des chalets de nécessité et la disparition progressive des vespasiennes. Quatre-vingt-cinq églises et soixante-dix temples de divers cultes sont à la disposition des Parisiens (…) ».« Ces trois sacrilèges : insulter les prêtres, souiller les lieux saints, voler les objets sacrés, doivent être les trois principales actions habituelles qu’accomplit un homme probe quand son activité se tourne vers la religion ; mais bien des moyens restent à sa disposition pour se défendre contre les malfaiteurs ecclésiastiques, des moyens variant entre la plaisanterie de mauvais goût et l’ignoble sacrilège et que chacun trouvera, selon ses dispositions, pour la pratique de l’anticléricalisme. On peut, par exemple, comme cela se fit longtemps à Notre-Dame-des-Champs, tirer plusieurs fois dans la nuit la sonnette pour les Saints Sacrements : à la fin le bedeau ne se dérange plus et quelques croyants, au désespoir de leur famille, crèvent sans être munis des Excréments de l’église. Dans le métro, à une heure d’affluence, si vous êtes à côté d’un prêtre, ne le prenez pas à partie immédiatement, mais au bout d’une ou deux stations, vous commencez à hurler, en lui foutant un coup de poing en pleine gueule : « Vieux porc, vous n’avez pas fini de me peloter ! » La foule écoute ; alors vous déclarez : « C’est la troisième fois cette semaine qu’un curé me fait des propositions, et dire qu’on envoie encore les enfants au catéchisme ! » Vous donnez à quelques personnes un exemple réel de l’ignoble hypocrisie des prêtres, ce qui peut, dans certaines circonstances, influencer les actes de ces personnes contre eux.Tout ce qui est fait contre les curés étant bien fait, ce n’est que la volonté de leur nuire qui peut manquer ; que tous ceux qui n’ont pas cette volonté aient la face couverte de nos crachats ».Illustration : photographie de Man Ray : "Au Cabaret du Ciel", Paris, 1927Cette scène de cabaret a été photographiée dans l'intention de la reproduire dans "Variétés", une publication belge dédiée au surréalisme. On y retrouve les penseurs, écrivains et artistes de proue du mouvement surréaliste. Il s'agit de : (debout) Hans Arp, Jean Caupenne, Georges Sadoul, André Breton, Pierre Unik, Yves Tanguy, Cora, André Thiron (qu'on voit de dos, face à Cora), René Crevel, Suzanne Musard, et Frédéric Mégret (avec la cigarette). Assis à la table se trouvent Elsa Triolet, Louis Aragon, Camille Goemans et Madame Goemans.

Le 23 avril 2014 à 10:21

Les bagatelles de la porte

Depuis le XIIe siècle et jusqu'à la Révolution française, se tenaient à Paris deux Foires : la Foire Saint-Germain près de l'église Saint-Germain-des-Prés actuelle, et la Foire Saint-Laurent, dans les environs de la gare de l'Est ; l'une au printemps, l'autre à l’automne. La Foire s'écrit ici avec une majuscule afin de ne pas la confondre avec la fête foraine née sous le Second Empire. Ces Foires se présentaient comme de véritables villes éphémères avec des rues bordées de loges. Certaines d'entre elles proposaient des spectacles. C'est là, d'ailleurs, qu'est né un genre : l'opéra-comique. Pour attirer le chaland, ces loges donnaient sur un balcon appelé « parapet » des « parades » obscènes interprétées par Arlequin, le séducteur ; par Polichinelle, le bossu et par Pierrot, l'amoureux transi. Ces « parades » consistaient en des petits textes égrillards destinés à allécher le public avant « le plat de résistance » donné à l'intérieur de la loge. On les nommait les bagatelles de la porte. Ces mises en bouche alertes étaient l'une des distractions favorites de l'aristocratie. N'avait-elle pas tout son temps ? En matière d'érotisme ne savait-elle pas cultiver l'art du différé ? Si bien qu'au XIXe siècle, s'amuser à la bagatelle renvoyait aux préliminaires amoureux avec la foutaise, les plaisirs de la fantaisie, la pacotille, l'amour à la dérobée. En rester aux bagatelles de la porte, c'est, littéralement, ne pas pénétrer, rester sur le seuil. La porte correspondant au portail de rubis, à la porte du palais d'amour, à la porte du paradis, du jardin des délices. C'est alors qu'il est opportun de convoquer un personnage de théâtre : Célimène, la coquette du Misanthrope. Elle est entourée de petits marquis qui restent dans la cour, sur le seuil, sans pénétrer. D'ailleurs dans Célimène, n'entends-on pas « c'est l'hymen » ? Elle est courtisée, certes, mais ne se laisse pas prendre. La coquette d'autrefois, c'est l'allumeuse d'aujourd'hui. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, n'hésitez pas à vous procurer mon dernier ouvrage paru : les bagatelles de la porte. Précis des préliminaires amoureux, Pauvert éditeur. Et, pour employer un proverbe bien connu et ambigu : « on n'est jamais si bien servi que par soi-même »...

Le 14 avril 2012 à 08:41
Le 21 février 2011 à 10:57

La wrinkle pride

Conseil beauté : faites l'amour

C'est comme la gay pride, mais pour les ridés, puisqu'on n'y peut rien non plus. Donc pourquoi pas un défilé intitulé "la fierté des rides" ? Horreur ? Oui, horreur, je suis d'accord. Je préfèrerais me défiler. Cette idée m'est venue en voyant l'autre jour à la télé le pape de la chirurgie, Ohana, prénom Sydney, pratiquer des injections de botox à une jeune femme de 28 ans car pour son image professionnelle, il lui fallait faire disparaître de vilaines traces de fatigue.Deux choses :1/ Ça m'étonnerait que le pape Ohana-in-excelsis-Deo s'abaisse à piquer lui-même le bétail, au prix où il facture ses interventions ! Mais là, il y avait la télé, il était important pour sa promo qu'il y parût en clair et pas en off.2/ Se faire botoxer à 28 ans ! Il eût mieux valu que cette jeune femme qui n'était pas du tout moche se fît pénétrer non par une seringue, mais par un organe un peu plus joyeux activé par l'amour d'un mec ou d'une nana dans le but de lui faire plaisir, donc de la dérider. Cela s'appelle acte sexuel, en principe c'est gratuit, on peut en abuser, ça détend, ça fait chanter le regard, ça met du rose aux joues, ça rend belle. Et après tout, s'il se produit de petits bâillements le lendemain, cela rend les yeux plus brillants. Et Sydney Ohana peut aller se rhabiller. Heu, je ne suis pas sûre qu'il se déshabille devant ses patientes, enfin je l'espère pour elles !dessin © dominiquecozette

Le 4 juin 2010 à 10:00

Zapiro

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (4)

Non, il ne signe pas ses dessins d’un Z qui veut dire Zapiro, son nom de caricaturiste. Même si le Sud-africain Jonathan Shapiro est un bretteur et qu’il ferraille depuis vingt-cinq ans, d’abord comme militant anti-apartheid puis comme dessinateur critiquant l’actuel président, le controversé Jacob Zuma qu’il chapeaute d’un pommeau de douche depuis que celui-ci a déclaré en 2006 lors de son procès pour le viol d’une femme séropositive, qu’il s’était douché après l’acte sexuel pour minimiser les risques d’infection. Résultat ? L’arroseur arrosé. Plus le président sud-africain dérape, plus la pomme de douche, devenue un baromètre de vérité, se rapproche de sa tête. Zuma qui n’a pas non plus apprécié lors de son procès pour corruption, d’être représenté sur le point de violer la justice incarnée par une femme maintenue par ses alliés politiques a, d’ailleurs, intenté plusieurs procès en diffamation à Zapiro. La justice n’a pas encore tranché.Dénoncer par l’humour la bêtise et les violations du droit, frapper d’estoc avec son crayon, telle est la mission de cet élève d’Art Spiegelman et de Will Eisner. Mais porter des armes, jamais. Comme il s’y refusait lors de son service militaire, un caporal aussi idiot qu’obtus lui fit monter la garde du camp avec… une perche de plomb. La scène aurait pu sortir d’un court-métrage de Charlot. En 1987, le blanc Jonathan Shapiro a alors 29 ans, il est arrêté pour son appartenance au Front démocratique uni, fédérant près de 700 organisations anti-apartheid. Devenu l’année suivante collaborateur de publications progressistes, il est à nouveau mis sous les verrous par la police de sécurité. Seize ans après la fin de l’apartheid, la caricature reste, pour Zapiro, un sport de combat. En témoigne ce récent dessin (publié dans le Sunday Time le 23 mai 2010) où il s’est croqué marchant avec prudence sur un champ de mines, lesquelles sont des coiffes religieuses dépassant du sol. Le 20 mai, après une fatwa visant des collègues, il publie dans le Sunday Times une vignette où Mahomet est allongé sur un divan. « D’autres prophètes ont des disciples, déplore-t-il, avec le sens de l’humour. » A voir…La Coupe du monde de football qui se tient du 11 juin au 11 juillet dans son pays sera, à n’en pas douter, pour Zapiro une source féconde et féroce d’inspiration. Déjà, il s’en donne à cœur joie. Zapiro, roi du tacle. > www.zapiro.com

Le 18 juillet 2013 à 09:15
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