Claire Bertin
Publié le 29/09/2014

Dieu


A l'école, il avait eu la vie dure, le petit Gaëtan, non tant à cause de son prénom démodé, celui de son grand-père, un prénom que sa mère lui avait infligé, qu'à cause de son patronyme, “Dieu“. Il est vrai que lorsqu'on est chargé, dès la naissance, du fardeau d'un tel nom, le prénom importe peu. Sa mère aurait tout aussi bien pu l'appeler Archibald ou Zarathoustra…                   

Lorsque les maîtres faisaient l'appel des élèves, le jour de la rentrée des classes, passée la première stupeur face à un nom aussi tabou, les quolibets ne tardaient pas à fuser. Dans la cour de récréation, les petits Kevin, Franck ou JR faisaient la ronde autour de lui en chantant "Dieu a une p'tite queue, à la queue leuleu. Dieu a une p'tite bite, s'est levé trop vite." Mais les plus acharnés c'étaient les Benoît, les Jean-Charles, et les Pierre-François, les petits saints inscrits au catéchisme qui ne lui pardonnaient pas d'avoir usurpé un nom sacré qui se chuchote avec respect. Ceux-là ne chantaient pas mais lui manifestaient leur réprobation en renversant négligemment leur bouteille d'encre sur ses copies ou en lui chipant ses affaires de sport.                   

Le jeune Gaëtan avait donc dû développer très vite des réflexes de protection. Il était passé maître dans l'art de l'évitement. La cour de récréation étant un lieu peu sûr, il s'était mis à explorer l'école en quête de possibles refuges, l'infirmerie, les cuisines de la cantine, la loge des gardiens, et y avait acquis une connaissance des adultes et de leur psychologie que l'on a rarement à son âge. Et c'est ainsi, tout naturellement, qu'à l'adolescence il s'était découvert une vocation pour la psychanalyse. Dieu n'est-il pas, après tout, celui à qui on chuchote les secrets les plus inavouables? Que cela soit agenouillé dans un confessionnal ou allongé sur un divan, peu importe le rite, ce qui compte c'est de pouvoir se délester de ses honteux secrets auprès d'une oreille bienveillante, toute prête à vous absoudre, moyennant quelque monnaie.                   

Il était ainsi devenu un psychanalyste renommé sur la place de Paris. Et ce nom qui avait empoisonné son enfance s'était transformé en argument, sans doute inconscient, mais efficace, pour convaincre de potentiels analysants de l'excellence de ses méthodes et de ses résultats. Ne devient pas "Dieu" qui veut. Son cabinet ne désemplissait pas de patients traumatisés par les concepts nietzschéens de "mort de Dieu", qui venaient vérifier que celui-ci était bien vivant et bien à eux pendant la séance. Ils en ressortaient, flottant sur un petit nuage mystique, qui les aidait à tenir jusqu'à la semaine suivante.

Claire Bertin vit et travaille à Paris, ville où elle est née et qu'elle n'a quitté que pour travailler au Maroc. Elle aime le théâtre, l'opéra et la littérature, et ne désespère pas, un jour, de s'y consacrer de façon plus exclusive. 

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À voir aussi

Le 8 avril 2011 à 09:27

A propos du film GAZA-strophe

Dialogue de deux scuds par vents contraires

Jean-Pierre : Ce film tourné à Gaza au lendemain de l’opération « Plomb durci » de janvier 2009  m’a bouleversé. Bouleversé par ces images d’après cataclysme, bouleversé par le contenu effroyable des témoignages, bouleversé par la dignité des témoins, bouleversé par l’acharnement d’Israël à massacrer les populations civiles. Catherine : Evidemment, moi aussi j’ai été bouleversée ! On ne peut pas rester insensible à l’intolérable. Néanmoins, passé le stade de l’émotion légitime et sans entrer dans une critique de film hors de propos, le point de vue des réalisateurs m’a dérangé. Jean-Pierre : C’est justement ce qui m’a interpellé. Ce zoom sur la catastrophe organisée que semblent nous confier les victimes. Dans le cas présent le point de vue de l’adversaire ne m’a pas manqué. Catherine : Moi, si. Au contraire de toi, face à un sujet aussi sensible, les répétitions des témoignages, au-delà de leur légitimité et de leur véracité, des images de dévastation, sans analyses et sans réflexion géopolitique m’ont donné une sensation de contrainte et de manque. Je n’aime pas que l’on m’impose une adhésion. On ne se refait pas. Jean-Pierre : Moi, j’aime être en empathie totale et personne ne m’a forcé ! D’autant que tu sembles oublier une dimension capitale du film : l’humour et la poésie. Lorsque je les entends respirer la poésie de Mahmoud Darwich au milieu des ruines, je ne peux m’empêcher de penser aux témoignages des rescapés des camps d’une autre catastrophe… Catherine : Mais mon cher Jean-Pierre, je ne les ai pas oubliés. S’il y a une chose qui m’a profondément bouleversée dans ce film, c’est l’humain dans toutes ses dimensions et la poésie qui irrigue ce film, qui jaillit à la fin dans cette grotte de ruine où ces hommes sont terrés, dans un lyrisme sublimé. Jean-Pierre : Enfin un terrain d’entente ! J’en ajouterai un autre. Cette phrase qui revient dans un sourire tout au long du film : « Encore deux victoires comme ça et il n’y aura plus aucun Palestinien à Gaza ! ».   GAZA-strophe, film documentaire (95 mn – mars 20011) de Samir Abdallah et Khéridine Mabrouk. Projeté Espace Saint-Michel, Paris. DVD disponible.   > www.gaza-strophe.comJean-Pierre Thiercelin et Catherine Tullat

Le 22 septembre 2011 à 08:00

Devenir caméléon

Pourquoi se battre ? Pourquoi faire des efforts ? Je crois que je ne vais plus bouger. Avec de la chance je vais finir par prendre la couleur de mon environnement. Je veux devenir un caméléon. Jusqu’à maintenant je me suis conduit comme si j’avais le pouvoir d’être un anti-caméléon : je voulais donner mes couleurs au monde. L’influencer, le changer, l’amender. Mais le monde est récalcitrant. C’est une lutte sans fin pour un résultat incertain. Alors il vaut mieux devenir comme le monde. Se fondre dans la masse. Ne plus bouger. Ne plus offrir sa fatigue et son énervement, ne plus sacrifier sa bonne humeur. C’était une erreur. Il faut se laisser couler. La noyade est la seule règle de vie valable. C’est à partir de ce moment que l’on peut agir, car on ne gaspille plus son énergie à tenter de rester à la surface. Se noyer, doucement, se laisser porter par les courants. On veut tout le temps prendre position et se tenir face à un monde monstrueux. Résister. Mais on est ignoré, souvent même écrasé. Nous ne changerons rien à la destruction de la planète et à la domination sociale. Nous avons passé des années à nous battre sans résultat. La lutte pour un monde meilleur nous abîme. Nos épuisements et nos cicatrices ne sont pas des victoires. Peut-être la solution est de devenir invisible. Parer les coups de l’éternelle déception, de la dureté, de la solitude, de l’incompréhension. Invisibles, non pas à nos yeux, mais aux yeux de ce qui nous opprime. Ne pas prendre le monde si sérieusement que l’on se croit obligé d’apparaître entièrement face à lui, et donc offert à ses coups. Il faudrait ne plus être honnête. Superbement mentir. Apprendre à faire disparaître des parties de nous-mêmes et les garder en secret. Les nouvelles révolutions seront menées par des hommes et des femmes qui sauront être des fantômes.

Le 17 février 2014 à 07:56

Myconet

Les progrès du futur #10

A cette époque, on connaissait depuis longtemps la symbiose entre les plantes et les champignons : il s'agissait d'un mariage mutuellement avantageux, dans laquelle les partenaires échangent des minéraux, des sucres et de l'eau. Dans ce cadre, les champignons dialoguent constamment avec les plantes. Mieux que ça, leur réseau (puisque les champignons sont avant tout des radicelles) relie les plantes entre elles et leur permet de procéder, elles aussi, à des échanges. Cette découverte resta cantonnée aux laboratoires quelques décennies, jusqu'à ce qu'on invente Myconet au tournant des années 2030. La célèbre mycologue Céline Plini décida de tirer parti des stupéfiantes capacités des champignons. Après quelques manipulations génétiques, au cours desquelles un de ses protégés lui nécrosa un poumon, elle mit au point un champignon capable de transporter un nouveau type d'antibiotique. Un premier dispositif expérimental relia d'abord les hôpitaux de la Pitié-Salpêtrière et de Saint-Antoine à Paris, avec un résultat tout à fait satisfaisant : le champignon transférait à la demande les molécules nécessaires. Fort de ce succès, le réseau fut étendu à tous les hôpitaux parisiens. Cette extension ne prit que quelques jours : la croissance du champignon était exponentielle. Les pharmaciens hospitaliers se frottaient les mains : la gestion des stocks devint bien souple et efficace. Les trafiquants se frottaient les mains eux aussi. En deux ans, ils mirent au point leur propre réseau, livrant la morphine dans toute l'Ile-de-France. Puis le principe fut encore étendu, avec la mise au point de Myconet 3D, permettant de livrer à domicile la résine des imprimantes 3D. C'est alors que le syndicat des transporteurs bretons commença ses opérations coup de poing.

Le 30 juin 2014 à 09:59
Le 28 décembre 2011 à 08:10
Le 11 avril 2012 à 13:00

L'inique de la Forêt Noire...

- Bonjour Marcel. Bienvenu dans notre clinique. Me dit ce grand monsieur allemand, dans un français parfait.   - Hein ?... (répondis-je, dans un français parfait, là-aussi)   - Oui, je vous explique : puisque la mode est indubitablement au rétro, nous avons décidé de produire un "reboot" de notre légendaire feuilleton à succès "La Clinique de la Forêt Noire" ! - Ah... - Bien sûr, nous désirons engager de beaux et talentueux acteurs, et c'est pour ça que nous avons pensé à vous. - C'est bien aimable, mais pourquoi m'avoir lâchement enlevé, enfin ?! Ce ne sont pas des manières, mon cher ! - Je sais, et nous vous prions de nous en excuser. mais nous avions peur que vous refusiez... - Ah, voilà. Alors que je m'apprêtais à prendre mes jambes à mon cou, deux molosses entrèrent à leur tour, et, au son de la dernière phrase émise par le grand allemand francophile avant de quitter ma chambre ("Reposez-vous bien Marcel, nous tournons la première scène dans quelques heures..."), m'attachèrent à mon lit, les salauds ! Enfin seul, je tentais désespérément de m'échapper par la seule force de ma pensée, quand le grand teuton revint m'annoncer que j'avais beaucoup de chance : les autres acteurs étaient arrivés, et l'on allait pouvoir tourner la première scène plus tôt que prévu. "Super !" feins-je de m'enthousiasmer. Je fis nettement moins le malin lorsque l'équipe de tournage arriva, escortée de quatre gros balaises sapés comme dans un épisode d'Urgences. L'un d'eux, armé d'un scalpel, m'expliqua qu'il allait "m'ouvrir". -Mais heu... Vous ne voulez pas plutôt vous lancer dans un "reboot" de L'inspecteur Derrick ? C'était sympa, aussi, comme série (et un brin plus calme)... Rudi, le grand de tout à l'heure, accouru alors pour justifier l'intervention de ce pseudo-chirurgien :  - Mais enfin, Marcel, nous sommes en 2012, les fictions d'aujourd'hui ambitionnent un certain réalisme ! Et ne vous inquiétez pas, Detleff est un excellent acteur. Et puis, prenons l'exemple d'un film à caractère pornographique : avez-vous l'impression que les membres du casting jouent "pour de semblant" ?! - Heu... Je n'sais pas, j'n'en ai jamais vu. Puis, le trou noir... A mon réveil, on m'expliqua que l'opération s'était très bien passée, et les techniciens crurent bon de m'applaudir tous en choeur, prétextant le naturel impressionnant de ma prestation. Soudain terrifié, je palpai un à un mes membres, afin de définir lequel de ceux-ci avait été bouché-charcuté... Mais ô joie, ces sots venaient de m'opérer de mon épaule droite, justement en attente d'intervention chirurgicale après avoir choisi pour hobby la fâcheuse habitude de se luxer environ tous les 6 mois. "Un mal pour un bien", donc. Par contre, mon projet secret de réécrire un à un certains grands romans français (les virgules y sont parfois mal placées, je trouve...) allait, du coup, être sacrément retardé...  Mais cet handicap momentané constituait également une excellente excuse pour justifier de mon assiduité des plus défaillantes par ici ! N'empêche, avouez je ne suis pas verni : j'avais déjà perdu l'inspiration, voilà qu'on me retirait (pour un temps, tout au moins) l'usage d'un bras. Qu'importe : tel ce valeureux chevalier à qui l'on tranche un à un tous les membres dans Sacré Graal des Monty Python, il en faudra plus pour totalement m'annihiler ! Je reviendrai !

Le 18 octobre 2012 à 07:40

Copé, une Tourette bien à part

Peillon rouvre le débat sur le cannabis, Copé réclame sa démission. On a tort de s'étonner de cette réaction pour le moins excessive car si l'on étudie bien la biographie du petit Copé, l'on trouvera maints autres faits similaires. Naissance : Bébé Copé criait déjà "Démissiooooooon" en sortant du giron, trouvant que sa mère était dans un tel état de négligence lamentable, à suer les quatre fers en l'air, que les Français n'allaient pas le tolérer. Enfance : Devant la devise Liberté Egalité Fraternité trônant au fronton de l'école, Gamin Copé déclarait déjà à son instituteur "Démission, cher maître. Démission. Les chefs d'entreprise ne vont pas comprendre cette maxime, ça ne fait pas assez compétitif." Adolescence : Lors de son premier flirt, Boutonneux Copé s'offusquait déjà de la présence d'une pilule contraceptive dans le sac de sa petite amie : "Alors là ce n'est pas possible, moi je dis démission. T'as vu à combien ça revient pour la Sécu de se faire rembourser ces machins ? Il n'y a plus d'argent dans les caisses, ma pauvre ! Démission, carrément démission." Futur : L'invention tant attendue de la machine à remonter le temps a enfin permis à Papy Copé d'aller rétroactivement menacer de démission un certain Sarkozy Nicolas qui s'était jadis prononcé pour le droit de vote des étrangers alors qu'il n'était que ministre. "Justice est faite, il ne doit jamais être permis de dégrader à ce point sa fonction et de se désolidariser d'un gouvernement, ou sinon c'est définitivement démission dans la gueule, définitivement. Démission." Comme quoi, remercions-le au final, on va tout pouvoir revivre en mieux et on l'a pas volé.

Le 5 août 2015 à 09:32

Invitation à jouir

Une experte à votre service

On me dit experte, on réclame à grands cris ma technicité. Jeanne Moreau a eu plus de mille amants, on l’admire. Je suis une femme inconnue, on apportera peut de crédit à mon expérience de petite salope. Être  travailleuse du sexe est un choix (une licence de philosophie, une maîtrise de sociologie, il me semble que je pourrais faire autre chose de ma vie…). Merci de ne pas mettre en accusation mon enfance, mon parcours. Le petit doigt dans le cul pendant la fellation impériale, ils raffolent. Grisélidis Réal en parle suffisamment dans son Carnet de bal d’une courtisane… Les hommes sont très ouverts à la multiplicité des pratiques sexuelles, il s’en trouve un grand nombre pour essayer stupidement de me faire (de vous faire (salut les filles ! !) exploser de plaisir par tous les moyens. Leur jouissance triste se limite bien souvent à l’exercice de leur puissance indexé à leur valorisation narcissique. A l’observation, ils ne savent pas jouir autrement. Combien de lecteurs de Vents Contraires (animateurs de la revues, auteurs) suivront mon conseil quand je les inviterais gentiment à expérimenter un massage prostatique pour qu’ils aient enfin une idée un peu sérieuse de ce que signifie un orgasme masculin ? Il y en aura davantage pour s’affirmer féministe, attentif au plaisir de l’autre. Blah blah et brouhaha reprennent place à ce moment même où vous finissez de lire ce texte. Je retourne travailler.

Le 13 décembre 2015 à 10:40
Le 27 février 2013 à 10:00

La cinq

Je dis pas ça pour râler, mais le mouvement cinq étoiles du comique italien Beppe Grillo a fait une percée foudroyante lors des élections générales italiennes. On savait déjà que la frontière entre humour et politique était mince : Barack Obama est très drôle, le président de la Suisse Ueli Maurer est un comique et les Guignols de l'Info ont été élus deux fois à la présidence de la France, en 1995 et 2002. Je trouve cela plutôt sain : humoriste est un métier dans lequel on passe vite de l'ombre à la lumière, du cinéma Capitole à la roche du tarpé, du million de vue sur youtube à la pub pour Crunch. Il est bon que certains préfèrent se reconvertir rapidement plutôt que d'aller grossir les rangs des chômeurs ou des invités des émissions de seconde partie de soirée sur les chaînes de seconde partie de télécommande.Il serait même bon que d'autres métiers à tendance éphémère suivent cet exemple. Je ne parle pas ici des sportifs, qui ont compris depuis belle lurette, belle lurette moins le quart qu'ils pouvaient toujours devenir consultants ou, dans le cadre des spécialistes de l'équitation, ouvrir des restaurants italiens. Ni des chanteurs à la mode qui, une fois devenus has been, peuvent toujours tenter la méthode dite du M Pokora : se faire oublier un moment puis réussir, grâce à quelques pas de danse, un auto-recyclage. Pour les autres, il reste toujours les jurys de télé-crochets, on ne dira jamais assez à quel point la prolifération des nouvelles chaînes a permis de lutter efficacement contre le sous-emploi (et de l'occuper intelligemment).Non, je parle ici des politiciens qui, une fois non réélus, plutôt que de tenter des come-back à répétition qui gênent ou fatiguent, selon les cas, feraient mieux de se lancer dans l'humour ou la chanson, comme vous et moi.

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