Alban Orsini
Publié le 15/08/2015

Valérie


Hier après-midi j'ai rencontré Valérie Solanas au Lidl d'Aubervilliers, au rayon fruits & légumes. Pour beaucoup, Valérie Solanas est une figure incontournable du féminisme extrémiste. Pour d'autres, elle est cette folle qui a tenté d'assassiner Andy Warhol. Pour moi, hier, elle était simplement cette bonne femme un peu virago tout occupée à choisir ses fruits & légumes avec un soin particulier et un discernement certain. À un moment elle s'est tournée vers moi et m'a demandé si je savais comment choisir un melon. Je lui ai simplement dit : « Il faut leur arracher la queue. Si elle vient facilement, c'est que le melon est bon ». Elle a souri et elle est partie. « Le mâle est un accident biologique ; le gène Y (mâle) n'est qu'un gène X (femelle) incomplet, une série incomplète de chromosomes. En d'autres termes, l'homme est une femme manquée, une fausse couche ambulante, un avorton congénital. Être homme c'est avoir quelque chose en moins, c'est avoir une sensibilité limitée. La virilité est une déficience organique, et les hommes sont des êtres affectivement infirmes. » Valérie Solanas (1936-1988).
Né en 1980, écrivaillon de petites choses éparses de-ci de-là, ouvert à rien, décidé à tout, Alban Orsini n'aime pas parler de lui à la troisième personne mais adore les kebabs sur assiette, le son des fils en métal sur les mâts des bateaux amarrés, fumer ses cigarettes entre le pouce et l'index et le théâtre ce qui au final revient au même.
Pour l'instant publié en revue, Alban Orsini a pour ambition d'apprendre l'algorithme de résolution du Rubik's Cube pour rendre la vie meilleure et les moments plus doux... Il est également rédacteur pour le webzine Culturopoing.
Le blog d'Alban Orsini
 

Plus de...

Alban Orsini

 ! 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 18 novembre 2015 à 10:17
Le 6 décembre 2010 à 07:23

Avis de recherche

Un homme de 38 ans, Christophe M., a disparu depuis lundi soir. Il semble qu’il ait quitté le domicile conjugal à la suite d’une altercation avec son épouse à qui il reprochait une certaine frigidité. L’homme semblerait s’être rendu ensuite chez son meilleur ami qui est actuellement absent pour plusieurs mois en raison d’une délocalisation de son entreprise en Arabie Saoudite. La femme de celui-ci déclare que Christophe M. lui a effectivement rendu visite dans la soirée de lundi mais qu’il l’a quittée vers deux heures du matin. Christophe M. a ensuite été aperçu au domicile de Monique G., secrétaire de l’entreprise qui l’emploie, où il n’est, semble-t-il resté que deux heures. « Il est venu chercher un certificat de travail » nous a déclaré Monique G qui l’a vu se diriger vers le pavillon de sa voisine, une femme célibataire, qu’il connaissait et que nous n’avons pu joindre. Un peu plus tard, une troupe de majorettes nous révèle que Christophe M. s’est rendu à leur local qu’il a quitté plusieurs heures plus tard en annonçant qu’il comptait se rendre au foyer de jeunes filles de la rue voisine.  La dernière trace que l’on ait relevée de Christophe M. se situait aux alentours du bois de Boulogne où un témoin prétend l’avoir vu s’introduire successivement dans plusieurs camionnettes en stationnement. Depuis plus rien. La famille est anxieuse et lance un avis de recherche. Merci de bien vouloir rassurer une femme et des parents terriblement inquiets.

Le 15 juillet 2013 à 10:40

Nous sommes tous des clés USB

Les progrès du futur #5

En 2012, on réussit à stocker de l’information sur ADN, en substituant le code des molécules ATCG aux 0 et 1. Après une quinzaine d’années de tâtonnements, le procédé industriel fut au point. On put alors stocker la BNF dans un grain de poussière.   Mais entre-temps la quantité d’informations disponibles avait explosé : l’Internet participatif et l'épidémie d'addiction à l'enregistrement avaient lancé un véritable raz-de-marée sur la planète. Le réchauffement climatique aidant, les fermes de serveurs ne pouvaient plus se refroidir et se trouvèrent complètement dépassées.   Chacun fut donc mis à contribution : la persopuce qu’on portait désormais sous la peau avec son dossier médical et son abonnement de bus dut accueillir une partie de la bibliothèque mondiale. Bien entendu, pour des raisons éthiques, des conditions draconiennes de protection des données furent imposées. Malgré tout, on hurla à la location des corps, les pacifistes refusèrent de porter des informations militaires et certains naturistes radicaux, rejetant le principe même de l’écriture, menacèrent de s’écorcher vifs. Pourtant, les autorités furent inflexibles : c’était indispensable au fonctionnement fluide du cybiocerveau planétaire.   D'autres rirent beaucoup en pensant aux performances de conservation de l’ADN : quelle tête feront les archéologues des années 30 000 quand ils trouveront, dans des carcasses antiques, des scènes de Roméo et Juliette en hittite, des modèle de grille-pains pour impression 3D et des sex-tapes de calamars ?

Le 8 février 2014 à 08:15
Le 21 octobre 2014 à 08:16

Jocrisse qui mène les poules pisser

En cette rentrée chaotique, ne serions-nous pas à court d'injures ? Les insultes sont comme les hors-d'oeuvre : elles s'apprécient variées... « Pauvre con », « connard », « cornichon », c'est du déjà vu. « Il a l'air d'un jocrisse complet ! » cela nous tenterait-il ? Depuis le XVIIe siècle, le mot a pris un sens injurieux parce qu'il renvoie au niais, valet de comédie ou garçon de ferme stupide. La tradition en a fait le spécialiste des tâches inutiles, comme d'aller chercher la clé du champ de tir. Le roi lui-même a dansé dans Le Ballet des Fées des forêts de Saint-Germain, le 11 février 1625 où l'auteur a osé lui dire ces vers : « Partout on m'appelle JocrisseQui mène les poules pisserCe surnom rempli d'injustice.Que chacune de vous dessus moi se repose :Je lui ferai faire autre chose » Dans Les Femmes savantes (1672), Molière faire dire à Martine, la soubrette : « Si j'avais un mari, je le dis,Je voudrais qu'il se fît le maître du logis ;Je ne l'aimerais point, s'il faisait le jocrisse » Plus tard, Dorvigny (1742-1812) en fait un personnage ridicule avec Le Désespoir de Jocrisse (1793), pièce représentée au théâtre des Variétés Amusantes. Le comédien Jean-Joseph Mira, dit Brunet (1766-1851) en était le mémorable interprète. Avec sa culotte courte, ses bas chinés, sa veste rouge et sa perruque à queue, Jocrisse est le héros de vingt-deux comédies-vaudevilles, parmi lesquelles Jocrisse congédié et Jocrisse au bal de l'Opéra. Mais le personnage viendrait de plus loin... des Romains. On attribuait à un berger la fonction de traire les poules.

Le 17 octobre 2012 à 10:53

On joue poudre, ce soir !

Il est rare qu'une expression de l'argot des coulisses soit signée. C'est pourtant le cas pour celle-ci : Jouer poudre. Antoine Vitez (1930 -1990) qui était metteur en scène, comédien, directeur d'acteurs, poète, en est l'auteur. Il l'a employée un soir de répétition générale. Un soir comme celui-la, il faut que les acteurs se ménagent, qu'ils ne donnent pas tout, qu'ils ne mettent pas le moteur à fond. Ou, pour employer une expression imagée communément utilisée dans le vocabulaire du théâtre : qu'ils fassent la rue Michel. L'expression faire la rue Michel est née d'un calembour entre « le compte » et « la rue Michel-le-Comte », une rue située à Paris, entre le Marais et Beaubourg. Cela fera le compte, cela fera l'affaire, « ça ira comme ça » pour être plus familier. Avant d'affronter le public le soir de la première.   Jouer poudre ne fonctionne pas sur un jeu de mots mais sur une réalité : celle du maquillage. Il se réalise ainsi : d'abord la crème, pour hydrater ; ensuite la poudre, pour matifier. La poudre s'applique avec une houppette ; autrefois, on utilisait une patte-de-lièvre. Au XIXe siècle, le figurant qui ne pouvait se permettre qu'une partie du maquillage, était surnommé une tête à l'huile. Comme il n'était pas rémunéré, il faisait les choses à moitié et se contentait d'appliquer une crème, la plupart du temps, de mauvaise qualité qui lui laissait le visage luisant, comme passé à l'huile. C'est ainsi que jouer poudre, c'est ne donner qu'une partie de ses possibilités d'acteur.   De son côté, l'écrivain Jules Claretie, qui demeura longtemps en poste comme administrateur de la Comédie-Française, produisit ce néologisme : empoudrerizé pour : poudré à l'excès. Antoine Vitez, qui était très cultivé, avait-il suffisamment lu Jules Claretie pour prendre connaissance de cet adjectif ? Lui, adoptant, une expression liée à la rétention, à la retenue ; Jules Claretie un adjectif stigmatisant l'excès, le trop-plein.   La poudre de riz a pour fonction, non seulement d'empêcher la peau de briller, mais aussi de prendre la lumière des projecteurs, sans pour autant donner une impression mortuaire. La tragédienne Rachel, très maigre et très pâle, utilisait une poudre spéciale censée aviver un tant soit peu son teint et à laquelle elle donne son nom : la poudre Rachel. La poudre n'a, cependant, pas que des effets positifs. La poudre blanche, dont les mimes se couvraient le visage, avait été selon les médecins, la cause de plusieurs décès. Jean-Charles Deburau (1829-1873), le fils du célèbre interprète de Pierrot, n'est-il pas mort au cours d'une crise d'asthme .   Puisqu'il s'agit d'une partie du maquillage s'effectuant en deux temps – crème/poudre – Antoine Vitez aurait-il pu, tout aussi bien, dire « jouer crème » ? Mais la crème est pourvue de trop de connotations érotiques ! La crème, c'est le sperme, crème d'amandes ou sirop des gourmandes... Et, faire mousser la chantilly, cette si jolie manière de dire, est liée à la fellation ; et à la prostitution, une mousseuse, c'est une prostituée.   Si le maquillage se fait en deux temps, Antoine Vitez a eu doublement raison de créer une expression attachée à l'histoire du théâtre, ainsi qu'à l'une des ses pratiques. Avec une dimension poétique.

Le 10 août 2012 à 09:07

Racolage. De la Suisse, naturellement.

« Plus racoleur, ton prochain texte », m'a susurré une sculpturale rousse, alors que j'étais occupé à gagner de l'argent sans rien faire. Avant de s'éclipser pour son prochain rendez-vous, l'assemblée générale ordinaire du Complot Mondial dont elle était, semble-t-il, trésorière (à l'ordre du jour ils avaient : l'affaire DSK, le choix du vainqueur de la prochaine coupe du monde de foot et l'organisation de leur super loto annuel), elle a ajouté, mutine : « Et si tu es sage, je te promets une belle récompense... » Facile, me dis-je. La recette, tout le monde la connaît : Un peu de sexe, un peu d'argent, un peu de violence gratuite, un peu de bébés animaux, un peu de dendrochronologie. Oui mais dans l'art de bien racoler, je le confesse, le difficile est de bien savoir jouer des fesses : on ne tortille pas son popotin de la même manière pour un blogueur, un Facebookien, un lecteur de Vents contraires. Sur Twitter, par exemple, en moins de 24 heures, le trending topic (topic trendant, ndt) du moment est passé de petit bateau à philo et de santé service à Bill Kaulitz (mais si, le chanteur de Tokio Hotel)(mais si, ils étaient allemands, ils chantaient, ils avaient des cheveux). Décontenancé, j'ai décidé de décevoir ma mystérieuse indic : « Désolé, mais le racolage, c'est pas mon genre, en Suisse, nous sommes tous honnêtes et modestes comme notre chef, Roger Federer. » « Mais tant mieux ! », me répondit-elle alors, « c'était un test pour éprouver ta morale. Voici ta récompense : clique ici pour savoir qui consulte le plus ton profil Facebook. Cela marche vraiment. »

Le 18 novembre 2011 à 09:04

L'école, c'est plus ce que c'était

Aux temps bénis des mines de charbon, un Hugo pouvait clamer : « Ouvrez une école, vous fermerez une prison ». Alors qu'en est-il à l'heure du nucléaire ? Et bien c'est l'inverse ! On ouvre des prisons et on ferme des écoles. Pourtant, ce constat hugolien côtoyait à la même époque un autre aphorisme : « Apprenez-leur à lire, ils se révoltent ! » Et les révoltés, on les enfermait. Étrange paradoxe dont on a su tirer les conséquences ! En effet, aujourd'hui, l'éducation nationale met tout en œuvre pour maintenir la paix sociale en entretenant l'illettrisme au sein des classes dangereuses. Un bon point, donc. Mais voilà. Y a plus d'autorité. Avant, l'élève récalcitrant, on lui cassait le bras ! Pour apprendre à écrire, ça ne facilitait pas les choses, j'en conviens. Oui, mais maintenant, quel laxisme ! Déjà, y a plus que des femmes dans l'enseignement. Des femmes ! En soit, quand on sait que l'école est le lieu de la transmission du savoir, c'est déjà absurde. Blaise Pascal qualifie l'homme de roseau pensant. Et la femme, alors ? Je vais vous le dire, c'est entre les lignes, la femme est un roseau, point barre ! Et un roseau comme tuteur, ça vous fait des tordus ! De l'autorité, de l'autorité, de l'autorité, voilà le remède... En plus, ça les habituera à la prison. Un seul point positif dans cette affaire. Si on admet, comme Trotsky, que le savoir est une arme, on ne peut que féliciter nos jeunes pour leur pacifisme militant.

Le 9 décembre 2014 à 08:33
Le 8 juillet 2013 à 08:22

Manifeste pour le retour à une saine géométrie des couverts de table.

C'est à une vraie prise de conscience que j'appelle, car elle avance subreptice. Je parle de cette lente agonie de la géométrie des couverts qui s'invite à notre table chaque repas que Dieu fait. N'avez-vous pas un jour remarqué, camarades attablés, la dent extrême de la fourchette, rebelle à l'alignement de ses soeurs ? Ne fûtes-vous jamais condamné à couper votre steak avec la lame tordue d'un misérable couteau mutilé ? Ne mangeâtes-vous jamais votre glace à l'aide de l'une de ces cuillers à long manche pitoyablement torsadé ? N'avez-vous jamais souffert cette sournoise autant qu'anormale inflexion entre le manche et la cuiller, à cet endroit précis de jonction dont la section plus faible confère de la fragilité à l'ustensile ? Cette jonction de moindre de section qui a précisément pour objet de limiter la conduction thermique entre la partie travaillante plongée dans le potage bouillant, et votre main d'affamée ! Car oui, cet ustensile que tu tiens en main, camarade attablé, cet ustensile a été pensé, conçu, fabriqué par l'un de nos frères, l'une de nos soeurs mécano. Oui, ami gourmet, des femmes et des hommes de coeur oeuvrent dans l'humilité des bureaux d'études sur leur planche à dessin, ajustent des outillages de découpe dans le secret de leur atelier, conduisent avec doigté et professionnalisme les presses qui travaillent les feuilles de cette noble tôle et donnent naissance à ces fourchettes, cuillers et couteau que tu manipules avec tant d'irrespect. Et tout ce génie humain devrait se déliter dans les miasmes infects des plonges des restos et des cantines ? L'amour du travail bien fait de nos frères et soeurs mécanos devrait être livré à la maltraitance de cette main d'oeuvre à bas coût qui officie dans l'antre infâme des arrière-cuisines sans que nous ne nous rebellassions ? Camarades, faisons de l'exigence en matière d'orthodoxie géométrique de nos couverts une règle de vie. N'acceptons pas la descente vers les abîmes de la civilisation où nous conduit cette lente dérive. Aujourd'hui les couverts tordus, demain, qui sait, les verres fuyards ou les nappes trouées ? Ensemble, exigeons un retour aux vraies valeurs de la saine géométrie de nos couverts. Pour le salut des arts de la table à la française.

Le 1 avril 2010

Georges de la Fouchardière (1874-1946)

Les cracks méconnus du rire de résistance

Passé à la postérité uniquement pour son roman acide La Chienne (1930), transposé fortichement à l’écran par Jean Renoir puis Fritz Lang, le chansonnier et polémiste provocateur Georges de la Fouchardière, entre 1915 et 1940, filait la grelotte aux puissants du jour. C’est que c’était a priori dans la grande presse parigote (L’Œuvre surtout) qu’il décochait avec une verve ébouriffante ses flèches de feu contre :- les ratichons : « Quand on craint Dieu, on craint tout. »- les éducastreurs : « Il y a pire que la prison. Il y a l’internat scolaire, bagne des petits d’hommes. »- la gradaille militaire : « Si les civils de tous les pays, qui sont la majorité, voulaient former une union internationale pour neutraliser les militaires avant le début des hostilités… »- du travail forcé : « Les bêtes joyeuses ne travaillent pas. »- du culte de la longue expérience : « L’expérience n’a jamais servi de leçon à personne. Et, grâce à la mémoire, nous regrettons surtout de ne pouvoir renouveler nos sottises d’antan. »- de la servitude volontaire : « Il faut haïr les bourreaux mais aussi se méfier des victimes. »- ou du régime de la propreté individuelle : « Si vous décapez votre peau, vous ouvrez la voie aux microbes. La véritable hygiène consiste à se laver le moins possible. »Mais l’auteur du pamphlet Les Médecins malgré nous ne se contentait pas toujours d’être un « criminel de l’encrier ». Il faisait de l’agit-prop burlesque à la Abbie Hoffman quand il conviait les gens à s’habiller tous soudainement en sergents de ville. Et n’en était pas à une vraie transgression près avec ses mystifications nonchalantes (il frigoussa longtemps en début de carrière ses grands reportages vécus au cafeton du coin) ou avec ses sabotages perfides (il lui arrivait de modifier avec art le nom des rues sur les plaques publiques).

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication