Le Tampographe Sardon
Publié le 20/09/2012

Energie renouvelable


Contre la surproduction éditoriale qui nous engloutit sous une marée de livres diversement atroces, le Tampographe s'interroge et trouve des réponses qui assainiront l'économie de l'édition.

 

Le Tampographe le proclame : brûlons les livres ! Brûlons les livres pour produire de l'électricité et faire tourner les usines, les aciéries, les chaînes d'assemblage de voitures, de chars d'assaut ou de godes-ceintures, de tout ce qu'on voudra pourvu qu'on les crame et qu'on fasse tourner les turbines, que les dynamos grésillent, que les chaudières rougeoient partout à l'horizon, que les cheminées d'usines fument à en faire tomber la nuit en plein midi.

La combustion d'un livre de pagination moyenne alimente une machine à coudre assez longtemps pour assembler trois uniformes, permet d'actionner une emboutisseuse le temps de produire une gamelle et une cuillère en inox d'excellente qualité, dégage assez de courant pour tondre vingt soldats.

Camarade, participe à l'effort de redressement de l'édition française et à la réindustrialisation de la Patrie!

Achète ce tampon. Offre-le à ton libraire. Tu observeras de grosses larmes de gratitude rouler sur ses joues creusées, tu verras luire la reconnaissance dans ses yeux épuisés, tu auras fait un heureux et tu rentreras à ta caserne content et satisfait.

 

Du 20 septembre au 20 octobre, le Tampographe Sardon expose ses oeuvres à la Librairie du Rond-Point (du mardi au vendredi de 11h à 23h, le samedi de 15h à 23h et le dimanche de 14h à 18h)

Le Tampographe ne fabrique jamais de tampons sur commande. Il n'aime pas les artistes, il s'intéresse pas à leur travail, il n'a aucune curiosité pour les merdes qu'ils produisent généralement, s'il pouvait il les emploierait volontiers à goudronner les routes, curer les fossés, vider les poubelles ou creuser le canal Seine-Volga.

Son site : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/ 

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Cadeau : cliquez et gagnez 70 Euros

ventscontraires.net s'est procuré les romans à paraître ces jours-ci. Soyez à la page tout en économisant temps et argent, le Service Rond-Point les a lus pour vous  Seule ma nuque me remarque, de Astrid Biel (Ed. Pragma 21 Euros) Qu'advient-il quand le passé précipite le présent ? Quand la réalité dissout l'imaginaire ? Quand vérité et mensonge entrent en fusion ? Clara, protagoniste de ce récit tout en intériorité, mènera-t-elle à terme ce projet fou de refaire l'amour avec son père, désormais grabataire, ou retournera-t-elle auprès de Bruno, son "Homme Cendre", le mari dépressif, l'homme qui ne sait pas ce qui se trame en elle ?La réponse du Service Rond-Point Elle renonce à son père et revient se garer gentiment auprès de Bruno.Le Flegme des orchidées, de Réginald Durand (Ed. du Loquet 26 Euros)R., paléontologue septuagénaire, héberge une jeune étudiante cambodgienne, Thinrâh, enceinte de six mois. Elle vient avec des relevés de crânes retrouvés dans des fosses communes, à la recherche de ses parents. Connaît-elle le passé  de R. proche de certains dirigeants Khmers rouges rencontrés à la Sorbonne? Est-elle venue se venger? Ou cèdera-t-elle aux bienfaits de R., tenaillé par sa culpabilité ?La réponse du Service Rond-PointElle renonce à retrouver ses parents et vient avec flegme se garer auprès de R.Le Trou blanc, de Claude Dominik (Ed. Follimard 23 Euros) Myriam,  jeune Strasbourgeoise, est humiliée en public par son mari à plusieurs reprises parce qu'elle est issue d'une famille juive. Déprimée, elle va se réfugier chez ses deux sœurs, très religieuses, qui partagent la même maison. Elles la convainquent de prendre conseil auprès du rabbin de la communauté alors que Myriam s'en est écartée depuis son adolescence. Hésitante, elle se rend néanmoins à un premier rendez-vous, "pour voir", dit-elle. Peu à peu, l'homme censé lui porter secours s'avère un manipulateur qui tente à tout prix de fiancer religieusement Myriam avec son fils autiste. Myriam perd pied, va-t-elle sombrer encore plus bas ?La réponse du Service Rond-Point Elle couche avec le rabbin pour humilier publiquement son mari.21 Euros + 26 Euros + 23 Euros = 70 Euros

Le 1 avril 2010

Comment devenir un grantécrivain (1)

Dans son ouvrage "Les rillettes de Proust", Thierry Maugenest vous donne des trucs pour accéder enfin à la gloire littéraire

Nycthémère ! Évitez d’employer des mots dont les sonorités trompeuses seraient préjudiciables à vos écrits. Ainsi, les termes utilisés dans le texte ci-dessous, pourtant dénués de toute grivoiserie, suggèrent au premier abord une atmosphère bien différente de celle recherchée par l’auteur : L’ardent Antonio Vernice, harassé par une nuit de formications et par la croupade nerveuse de la haquenée qui s’agitait entre ses jambes, vit enfin le jour se lever, éternelle resucée d’un plaisir solitaire. Il repoussa sa cuculle et murmura pour lui-même :– Quel nycthémère ! Cette chevauchée m’a épuisé.Il voulut se reposer, mais les effluves d’un phallus impudique le firent fuir. Peu après, une ultime ruade et il s’arrêta enfin, l’œil réjoui par des trique-madames  en fleur et des verges d’or épanouies. Tandis qu’il entamait une miche par la baisure, en réservant une lèche pour son téton-de-Vénus, il aperçut une marie-salope qui mouillait près de lui. Il se demanda aussitôt quelle position adopter.– Je pourrais la haler par son tire-veille, se dit-il, mais je peux aussi y monter d’un saut de caracul.Inédit  Formication n.f. : fourmillement dans un membre. Croupade n.f. : saut d’un cheval qui rue. Haquenée n.f. : cheval ou jument de taille moyenne, d’allure douce. Resucée n.f. : reprise, répétition. Cuculle n.f. : capuchon de moine. Nycthémère n.m. : durée de vingt-quatre heures comportant un jour et une nuit. Phallus impudique n.m. : champignon exhalant une odeur repoussante. Trique-madame n.f. : plante grasse. Verge d’or n.f. : plante herbacée à fleurs jaunes. Baisure n.f. : côté par lequel deux pains se sont touchés dans le four. Lèche n.f. : mince tranche de pain. Téton-de-Vénus n.m. : belle variété de pêche. Marie-salope n.f. : bateau à fond mobile servant à transporter les produits de dragage. Mouiller : jeter l’ancre. Tire-veille n.m. : filin servant de rampe à l’échelle extérieure d’un navire. Caracul n.m. : mouton d’Asie élevé pour sa fourrure.(Un texte extrait de l'ouvrage Les Rillettes de Proust et autres fantaisies littéraires, paru aux Editions JBZ & Cie)

Le 14 juillet 2011 à 09:10
Le 18 février 2014 à 07:27

Après la théorie du genre, des livres pour enfants leur racontent qu'ils n'auront ni travail ni de retraite

Nouveau scandale dans l’Education nationale. Après les livres qui traitaient de la théorie du genre, plusieurs spécialistes ont repéré des ouvrages sensibles pour les enfants. Des ouvrages qui laissent entendre aux enfants qu’ils auront du mal à trouver du travail plus tard et qu’il leur sera difficile, voire impossible, d’obtenir une retraite décente. Reportage. Encore des livres qui s’en prennent à nos enfants. La découverte de ces livres à problèmes pose un réel problème, estime Michel Eckert, le premier à avoir donné l’alerte. « Sous ses allures guillerettes et innocentes, ces livres racontent comment sera le réel de nos enfants dans quelques années » explique-t-il sur son site internet. « Ainsi dans l’un, on y décrit les péripéties d’une oursonne pour trouver du travail à l’usine. Une usine qui est rachetée par le grand méchant loup. Refusant d’être délocalisée au pays du loup, Missy l’ourse se retrouve alors au chômage avant de sombrer dans la dépendance au miel » écrit-il. Le père de famille ajoute qu’il a dû rassurer son fils sur le fait qu’il trouvera bien plus tard du travail sans problème, dans la filiale qu’il veut et au salaire qu’il veut. Car ce père de famille courageux refuse que ses enfants ne se fassent de fausses idées sur leur futur. Dans un autre ouvrage incriminé, « Pas de retraite pour Papy Libellule » une vieille libellule arrivée à la fin de de sa vie souhaite se reposer. Mais hélas, ses bébés libellules sont tous partis, ne donnent plus de nouvelles et Papy Lib’ va devoir continuer à travailler pour subvenir à ses besoins car le Mouvement De L’Étang et du Fleuve estime qu’il n’a pas assez chassé de moustiques durant sa vie. « Mon fils m’a demandé si cela pouvait arriver dans la vraie, je lui ai dit que non, ça n’arrive pas, toutes les grandes personnes ont leur retraite après avoir durement travaillé » précise-t-il. Le gouvernement n’a pas souhaité commenter cette nouvelle liste de livres sensibles mais plusieurs parents d’élèves sont inquiets. « Les enfants sont des êtres fragiles et naïfs, s’ils apprennent ce qui se passe vraiment dans le monde, cela sera sans doute un choc terrible » réaffirme ce père de famille brandissant un autre livre qu’il estime dangereux. Dans cet ouvrage pernicieux, on peut y voir Isa qui joue avec ses frères à être garagiste. Mais celle-ci réalise bientôt qu’elle est moins bien payée que ses autres frères pour le même travail. « Jusqu’où cela va aller, il faut retirer ces livres avant que cela soit trop tard » s’alarment les parents.

Le 23 juin 2015 à 10:07
Le 28 juin 2012 à 15:30

Patience camarade, un monde lisible est devant toi !

Jean Lassègue

Tout fout le camp, c'est la crise, la société devient friable, les individus atomes, et les signes pullulent tant dans nos têtes qu'on ne comprend plus ce qui nous relie ou nous sépare les uns des autres. Que nous est-il arrivé ?   Car si l'on veut changer le monde – hâter sa métamorphose au sens d'Edgar Morin – il faudrait d'abord y voir plus clair. Mais les explications simples sont trop simples pour être crédibles. Et tout mettre sur le dos de la mondialisation, de l'informatisation du réel, des flux migratoires ou du retour des religions ne rend pas notre époque plus lisible et généreuse. Au contraire cela révèle un refus d'aller dénouer l'écheveau incroyablement complexe de signes visibles et invisibles qui nous relient bien plus intimement qu'on ne pourrait le croire.   En allant fouiner dans des questions qui nous font remonter le temps jusqu'à l'invention de l'écriture (en passant par les sectes iconoclastes de la Réforme, les gamers addicts aux jeux vidéos, le sens philosophique du mot "auteur" ou les artistes contemporains adeptes du "ralentissement"…) ce fin opuscule à la fois zappeur, collectif et  tenu de main de maître par le philosophe Jean Lassègue, ouvre des pistes inattendues qui pourraient bien nous laisser entrevoir quelques uns de ces fils dans lesquels sociologues et politiques se prennent si souvent les pieds, faute de les avoir pris en compte.   Patience camarade, un monde lisible est devant toi ! est le troisième livre publié dans la collection Forum d'Action Modernités aux éditions Descartes & Cie. Auteur Jean-Lassègue. Préface Philippe Lemoine. Avec des contributions de Nathalie Damery, Marina Damestoy, Yovan Gilles, Jean-Paul Karsenty, Jean-Daniel Magnin, Emmanuel Martin, Brice de Villers. ISBN : 978 2 84446 230 5

Le 8 juillet 2010 à 07:00

Maman (1)

Dialogues de quartier

- J’ai lu ton livre… Ça m’a un peu secouée.- Je t’avais prévenue, maman, ce n’est pas une histoire très divertissante. - Non, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est loin de la vie que nous avons bâtie, ton père et moi. - C’est sûr. - Mais déballer l’histoire des quenelles, quand même, c’est un peu dur à avaler. - Quelles quenelles ? - Non, je sais, tu ne dis pas explicitement que ce sont mes quenelles de poisson, mais je suis ta mère et je sais lire entre tes lignes. Quand tu dis que tu es devenu ce que tu es devenu parce que je faisais tous les dimanches la même chose… Je ne sais plus ce que tu as inventé… « sempiternelle », tu dis… Et que c’était chaque fois aussi dégueulasse …  « Dégueulasse » ce mot là je l’ai en travers de la gorge ! - Mais maman, la mère de mon bouquin ce n’est pas toi, c’est la mère du personnage. C’est un roman noir ce n’est pas une autobiographie. - Peut-être, mais ça, les gens ne le savent pas ! Je faisais la panade, moi-même je te signale, dès le samedi soir et le poisson venait tout frais du marché. Alors jeter ça comme ça, « dégueulasse », en pâture aux voisins et à tout le monde… - Je ne pense pas que les voisins, s’ils en viennent à lire mon roman, cherchent un rapprochement avec toi et surtout avec moi. Je ne suis pas comme le personnage : violeur et psychopathe.- Je n’en sais rien ! Personne n’en sait rien. C’est ta vie ça ! Tu ne nous dis pas tout et c’est normal. Mais que tu n’ais jamais aimé mes quenelles, ça au moins tu aurais quand même pu me le dire… Dégueulasse ?!

Le 29 décembre 2014 à 09:08

L'Ampère éternel

Tout le monde connaît, croit connaître La Création de l’homme peinte par Michel-Ange sur la voûte de la chapelle Sixtine. Or voici que les toutes dernières avancées de l’imagerie scientifique – infrarouges, réflectographie, spectrométrie etc. – viennent de débusquer les dessous anatomiques de la fresque admirable. Le sulfureux dossier allait plonger à tout jamais dans les caves du Vatican quand l’info fuita, comme l’atteste le document sensationnel que nous sommes heureux de révéler au public. Non seulement l’étincelle créatrice y jaillit visiblement, mais son éclat nous éblouit, qui procède du câblage génial que l’autre créateur : le peintre, avait secrètement ourdi sous l’épiderme et le derme des deux partenaires. Que voyons-nous, en effet ? Non pas de banals métacarpes, de quelconques osselets articulés, mais un beau bouquet de gaines gaiement colorées au sortir desquelles s’élancent de fines torsades cuivrées … Plusieurs siècles avant Volta, Edison, Nikola Tesla, le grand Michelangelo avait donc doublé son œuvre picturale, en quelque sorte exotérique, d’un prodigieux ouvrage ésotérique. Sous couvert de montrer La Création de l’homme, il représentait L’Invention de l’électricité ! Reste cette anomalie du doigt surnuméraire, puisque les cinq doigts de chair enveloppent … six doigts de cuivre ! Mais on aura déjà compris que ce sixième doigt, présent chez les deux personnages, ne saurait être qu’un doigt d’honneur, du créateur à sa créature, et vice-versa.

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