Vincent Lecoq
Publié le 08/09/2014

Contre les enfants qui picolent de la Fée Verte au lieu d'aller en cours : non à l'absinthéisme scolaire !


Bricoleur d’images, de sons et de mots, il a débarqué sur ventscontraires.net via la Piste d’envol et s’est tellement incrusté qu’il a fini par en devenir le responsable éditorial. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre et a collaboré à plusieurs fictions TV.

 

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Le 11 août 2010 à 09:45

« Français ou voyou, il faut choisir"

Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, Europe 1, lundi 9 août 2010

Normal, c’est la guerre, faut pas se tromper de camp. En cet été 2010, le pays est devenu belligérant  avec déclaration de «  guerre nationale »  par le général Sarkozy, inspection des troupes dans les quartiers des Beaudottes à Sevran et de la Villeneuve à Grenoble par le colonel Hortefeux, charges au clairon des lieutenants Estrosi, Lefebvre ou Marleix. Il faut avoir les oreilles bouchées à la crème bronzante, pour ignorer que la guerre est non pas à nos portes, mais dans nos murs. Les forces hostiles sont assez habiles pour ne pas se présenter en lignes repérables aux frontières, mais agir de l’intérieur en ordre dispersé : braquages,  snipers, caillassages, déprédations et même quelques campements  séditieux. L’adversaire peine ainsi à être cerné car les « voyous »  ne sont pas une nationalité, une ethnie, une classe, une communauté et encore moins une grande cause. Dès lors, avec qui des négociations d’armistice ou de paix pourraient-elles  être engagées ?  Qu’on se rassure,  il n’est pas envisagé par l’état-major sarkozyste d’autre victoire qu’éradicatrice. Christian Estrosi qui a commis une biographie de Napoléon III avec un « nègre » (en situation régulière), l’écrivain Raoul Mille, a-t-il songé pourtant que le sort de la guerre pourrait basculer et que l’ancien maire de Neuilly finisse à Sedan ? Ou même que l’heure de la retraite sonne après le 7 septembre, quand la cinquième colonne syndicale défilera dans les rues ?

Le 30 mars 2011 à 08:00

Emmett Grogan, clochard céleste

Portrait 17

Emmett Grogan (1943 1978) mène de front, dans le Haight-Hasbury du San Francisco des années soixante, le groupe d’activistes The Diggers. Il mélange dans un vieux shaker psychédélique actions politiques et happenings artistiques. Leurs tracs poético-révolutionnaires envahissent la Californie. Ils organisent tous les jours des distributions de nourriture gratuite et de surplus militaires. Emmet Grogan a écrit des livres, notamment Ringolevio, dans lequel il raconte leur épopée. Défoncé, libre et paranoïaque… Il est difficile de retrouver beaucoup d’éléments biographiques certains. Réformé de l'armée sous amphétamines, surveillé par le FBI, puis déçu et critique à l’égard de la vague hippie bohème qu'il trouve bourgeoise et hypocrite, Emmett Grogan aura quand même eu droit au "Mr Tambourine man" de Dylan et à un poème de Richard Brautigan. L'association d'une insoumission féroce, d'une mégalomanie paranoïaque, d'un goût immodéré pour les extrêmes et d'un dangereux succès populaire, l'ont malmené jusqu’à l’overdose fatale, en 1978. Peter Coyote écrit à son propos : "Pour la plupart des gens, cela aurait suffi d'être une légende vivante, d'avoir Bob Dylan qui vous dédicace un album ; d'être une icône pour des milliers de gens, incluant les chefs de gangs portoricains, les présidents de sociétés de disques, les professionnels du vol, les riches restaurateurs, les stars du cinéma, les socialistes, les Black Panthers, les Hell's Angels et les Diggers eux-mêmes, mais Emmett poursuivait sa propre idée de la perfection et même si ce combat l'a tué, je ne peux m'empêcher d'admirer la moralité de sa quête et les exigences démesurément hautes qu'il s'était fixées. Emmett était un étendard mené à la bataille, un emblème derrière lequel des gens ont rallié leur imagination. Il a prouvé à travers son existence que chacun de nous était capable de jouer sa vie selon ses fantasmes les plus délirants. C'était son but et son héritage de compassion, et je ne le minimiserai pas ni ne me détacherai de son exemple, malgré ses failles et ses inconsistances."

Le 17 décembre 2015 à 08:24

Nous irons à Valparaiso

« C'est ton téléphone qui vibre, ou ton pacemaker qui est content de me voir ? » - la Ville Lumière avait su me guider vers un de ces sous-bois romantiques dont elle avait le secret. La dame posée sur mes genoux depuis quelques secondes trouvait les mots pour me remonter le moral. Elle me proposa un verre de champagne tiède, j'y vis un rituel d'accueil. Elle mit sa langue dans mon larynx, la précision anatomique vous surprend, mais moins que moi. « Je suis amoureuse », ajouta-t-elle sitôt ressortie, « il va faire de moi sa chose, voilà ce que je me suis dit quand tu as passé le rideau en lamelles plastiques de l'entrée ». J'étais au Cagibi, un bar de quartier conseillé par le gardien de nuit de l'Hôtel Le Clin d'œil où j'était descendu au hasard. « Ne demandez pas à voir Gigi », avait-il précisé, « ce n'est pas la peine ». Il devait tenir d'une grand-tante médium, parce que précisément Gigi était là, à califourchon sur mon Levi Strauss, une nouvelle bouteille pétillante dans la main – mais où était passée la première ? « Et de trois ! », s'exclama Gigi en la brandissant. Les mathématiques n'étaient pas son truc, la pauvre chérie. Je t'apprendrai l'algèbre, je serai ta chance, pensais-je. Je n'arrivais pas à savoir qui de Moët ou Chandon avait ce pouvoir euphorisant. Dehors, il faisait sombre. Nuit battante, les basses à fond sortant de tous les orifices de la rue. Les néons violets, orange, verts semblaient clignoter sur ce rythme infernal. Des gens entraient sans arrêt, et disparaissaient à l'étage d'où il ne redescendaient jamais. Gigi : « Qu'est-ce qu'on fait mon gros loup ? On se marie tout de suite ? Dis-moi oui dis-moi oui dis-moi oui ! ». Je regardai ma montre : disparue. « Et en plus je suis prestidigitatrice », souria-t-elle. Je repris du champ' éventé, je demandais qu'on y glisse des glaçons, et même là, dans le plus craspec des établissements, ça choquait. J'insistai auprès de la moustache qui servait derrière le bar, et je descendis tranquillement la bouteille. Et encore. Et encore. Le rimmel s'affaissait, Gigi se fatiguait à jouer à Gigi. Elle reposait sa tête sur ses bras croisés, sur le comptoir gras de cacahuètes. Je saisis ma dernière chance. La piquette à bulles me donnait de l'élan, je montai sur le zinc. « Gigi, ma Gigi », lui hurlai-je. Elle sursauta. « Viens, je t'emmène ! On prend l'air, définitivement ». Moustache saisit un objet long sous son évier. Gigi me faisait des signes, et les grands yeux. Mais je sentais bien qu'elle attendait la suite, même quand elle a dit : « Quel crétin, çui-là, je l'ai tout suite senti ». Alors j'ai repris : « Gigi, ma Gigi, demain matin ! Aux aurores, premier vol pour Valparaiso ! Ça sonne, non, Valparaiso ? Ça sent meilleur que le Cagibi ? On refait notre vie, amor des mis amores ! ». J'avais entendu ça dans une vieille chanson... Pan.   Oui, ça a fait pan. Ou pouf. Un bruit mi-dur mi-mou, qui a éteint la lumière. Quand celle-ci est revenue, elle était si vive qu'elle entrait en résonance avec le battement de mon sang dans ma boîte crânienne. Les yeux mi-clos, je pris conscience que j'étais allongé sur un trottoir, en plein jour. Je constatai que mes poches étaient vides. J'en sortis seulement un bout de papier froissé, sur lequel je lus : « Billet pour Valparaiso. Aller simple. Gros bisous. G. »

Le 12 mai 2014 à 09:02

Le plastique

Nous étions à l’étude quand le professeur entra. Et tout de suite, il a vidé son sac sur le bureau et ça a fichu un bordel pas possible. Il y avait une bouteille d’Evian, un stylo Bic, un sac poubelle, un vieux K-Way, une poêle à frire, un emballage de compact-disc, et des chevilles pour mur en plâtre diamètre 10, ou peut-être 12, c’est difficile d’être précis, du dernier rang on voit mal. – Aujourd’hui, je vais vous parler du plastique, a crié Merlan pour couvrir le bruit. À dire vrai, Merlan s’appelle Lambert, mais en verlan, ça fait Merlan, enfin, à peu près. Merlan, c’est un nouveau. Les nouveaux, ils en font toujours trop : la dernière fois, comme il voulait nous parler des dinosaures, il avait amené un carcasse de poulet, toute maigre, montée sur des tiges de métal. Nadia trouvait ça affreux, pas moi : c’était plutôt marrant comme idée, et puis, j’aime bien les squelettes, les films d’horreur. Son poulet tout en os, avec son armature en fil de fer, c’est sûrement ça qu’on appelle un support pédagogique. Ce qui est sûr, c’est que le jour des dinosaures, on a bien rigolé. Merlan, il doit avoir un truc avec le plastique, parce qu’il en a parlé pendant toute l’heure. – Ecoutez-moi bien. Dans l’Antiquité, la plastique était le nom donné à la sculpture, à la peinture, et à toute imitation du corps humain. En grec ancien, le mot plastiké signifie l’art de modeler. – M’sieur, c’est pour ça que les tops modèles elles sont vachement plastiques. – Ludovic, si ça ne vous intéresse pas, vous pouvez sortir et aller chez le proviseur. Je ne vous retiens pas. Moi, je n’ai rien dit. Je ne dis jamais grand chose, d’ailleurs. J’ai écouté Merlan, pour une fois. C’est bizarre, mais ça m’intéressait vraiment, le plastique. Beaucoup plus que la croissance des bambous, ou les poissons des abysses, avec sa projection de diapos nulles. Le plastique, au moins, ça me parlait, c’était du concret. Et puis, j’aimais bien les mots, polymérisation, polycondensation, alors, c’est pas courant, j’ai pris des notes, au lieu de creuser des sillons dans la table avec la lame de mon couteau. – Tous les plastiques ont des propriétés différentes, a expliqué Merlan. Le polyéthylène sert dans les objets ménagers, dans l’isolation électrique. Le polystyrène, dont la formule est C6H5-CH-CH2, sert aux revêtements de meubles. On l’appelle aussi le formica. Le bruit de fond augmentait, alors, pour retrouver un public, Merlan a soulevé sa poêle, et il a demandé : – Et ça, qu’est-ce que c’est ? – Ben, c’est une poêle, M’sieur, a fait Momo en haussant les épaules. – Evidemment que c’est une poêle, monsieur Abou. Je vous demande de quoi est constitué le revêtement de la poêle ? – Elle porte un vêtement, la poêle, Msieur ? – Bon, je vais vous aider. À votre avis, quelle est la marque de cette poêle ? – C’est Carrefour, M’sieur, on vous y a vu la semaine dernière, avec ma mère. – Non, Sabrina, ce n’est pas une poêle Carrefour, c’est une poêle Téfal. Et que veut dire Téfal ? – Oh hé, m’sieur, pourquoi vous achetez Téfal, Msieur ? C’est cher, les marques, c’est bon quand c’est Lacoste, mais c’est trop con pour une connerie de poêle. Vaut mieux acheter Carrefour. – Ce n’est pas le sujet, Sabrina, et puis, apprenez à parler poliment… Téfal signifie téflon-aluminium. Le revêtement est donc en Téflon, un matériau sur lequel la majorité des matières n’accrochent pas. C’est un polytétrafluoroéthylène. Donc une longue chaîne d’atomes de carbones reliés entre eux, et auxquels sont accrochés des atomes de fluor, sous la forme CF2-CF2. — M’sieur, le fluor, comme dans le dentifrice à rayures alors ? — Exactement, Maxime, comme dans le dentifrice à ray... — Alors, M’sieur, on peut se laver les dents direct avec la poêle dans la bouche ? — Bon, Maxime, ça suffit. Ou vous allez directement chez le directeur. Bien. Est-ce que vous savez de quand date le premier plastique ? Nadia ? – Mille ans ? – Ne répondez pas n’importe quoi, Nadia, vous réfléchissez avant de parler. Non, le plastique est vieux d’un peu plus d’un siècle. Le premier plastique a été inventé en 1870, par des Américains, les frères Hyatt : c’était du celluloïd, c’est-à-dire du nitrate de cellulose et de camphre. Et le premier brevet en matière de fil artificiel a été déposé par un Français, le Comte Hilaire de Chardonnet, en 1884. – Et les Arabes, M’sieur, ils ont rien inventé, alors, c’est pas juste ! – Les Arabes ? Euh, non, Mokhtar, pour le plastique, je ne crois pas, mais en mathématique ils ont inventé le zéro, ils ont découvert la circulation du sang, et beaucoup d’autres choses. Bon, et maintenant, qui sait de quand date le Téflon ? – Dix ans ? – Non, Nadia, pas dix ans, mais c’est déjà mieux. Le téflon a été inventé en 1947, par deux chimistes de Dupont de Nemours, qui s’appelait Plunkett et Rebock. – Comme les grolles, M’sieur ? – Comme les quoi ? Non, non, Kevin, Rebock avec un seul E. Rien à voir. Merlan était en train de nous parler de la bakélite, inventée par un Belge qui s’appelait Baekeland, quand la sonnerie l’a interrompu. – Bien, avant de vous lever et de partir, pour la prochaine fois – Ludovic, vous vous rasseyez s’il vous plait, Mokhtar et Sandrine, vous attendez d’être sortis de l’établissement pour faire ce que vous faites –, donc je disais, pour la prochaine fois, je veux que tout le monde vienne en cours avec un objet en plastique, et je veux que vous fassiez l’effort de connaître le nom précis du plastique, et si possible, sa composition. Toute la semaine, j’ai réfléchi à ce que j’allais apporter. C’est des idées de profs, mais ça fait toujours des histoires à la maison. Chaque fois, faut demander le truc aux parents, qui ne sont jamais d’accord, qui disent qu’on va le casser, qu’on ne va pas le rapporter, qu’on va se le faire voler. Ou parfois, ils n’ont rien qui convienne, et quant on retourne en classe, on a l’air d’un bouffon. Il y a un mois, Merlan avait demandé un objet ayant un rapport avec la pluie. Presque tout le monde avait choisi un parapluie, sauf cet abruti de Marc, qui avait ramené son chat, sous prétexte que c’était un chat de gouttière. Et moi, j’avais amené mon couteau, d’abord parce que je l’ai sur moi tout le temps, même quand il pleut, et aussi parce qu’il est en acier inoxydable. Alors, pour le plastique, j’ai réfléchi toute la semaine, j’ai potassé des encyclopédies, un précis de chimie organique, et d’autres livres que je n’aurais jamais lus sinon. Et hier soir, j’ai trouvé ce que j’allais apporter en classe. Finalement, j’ai même décidé de présenter trois objets, qui sont tous très différents, et je crois que c’est assez original. Évidemment, au début, à la maison, personne ne voulait me les prêter. Ma sœur a répété ce qu’elle dit tout le temps, que je suis dingue, qu’il faudrait m’enfermer, des conneries. Ma mère s’est mise à chialer, elle ne sait faire que ça, ça et picoler, et mon père a gueulé, m’a traité de petit salaud, et il m’a cogné, lui aussi il ne sait faire que ça, ça et aller au bistrot. Mais finalement, je m’en moque, parce que la nuit, je me suis relevé, et j’ai pris ce que je voulais. Voilà. Le premier objet est en polychlorofluorure de vinyle, lequel est, mais on s’en doute, un dérivé du polychlorure de vinyle. Le second est majoritairement constitué de silicate de méthyle, malgré deux pivots en acier inoxydables, et le troisième est un phénoplaste thermoformé. En classe, quand les autres ont commencé à déballer leurs plastiques, j’ai tout de suite su que c’était moi qui avait amené les plus intéressants. Nadia avait apporté un flacon d’acétate de polyvinyle, enfin bref, du vernis à ongles Helen Arden, trop nul, qu’elle avait piqué à sa mère. Et la couleur, je vous raconte pas. Ludo a présenté une résine formol-urée, utilisée dans les lunettes à double foyer de son père, et d’ailleurs, c’étaient les lunettes à double foyer de son père. Karim a seulement amené un sac en plastique Ed l’épicier, qu’il avait amené dans un autre sac en plastique Ed l’épicier, mais cet abruti ne savait même pas qu’il était fabriqué à base de polyéthylène vierge. Moi, quand j’ai déballé mon sac, il y a eu un grand silence, tout le monde a reculé de trois pas et Merlan a blêmi, s’est adossé au mur et s’est mis à vomir. Peut-être à cause du sang, je ne sais pas. Sur la table, j’avais posé, de gauche à droite, l’un des seins en silicone de ma grande sœur, la hanche articulée de ma mère, et la prothèse biliaire de mon père. C’est la prothèse biliaire que j’ai eu le plus de mal à extraire. Faut dire que mon père, ces dernières années, il a pris pas mal de bide.

Le 18 décembre 2012 à 08:32

Obama et la NRA d'accord pour supprimer le port d'armes après les 12 prochaines tueries

WASHINGTON D.C – Les Etats-Unis auraient-ils vécu leur tuerie de trop? Alors que l’Amérique sèche encore ses larmes après le massacre de Newtown, Barack Obama semble bien avoir décidé de réagir. Hier, il a annoncé qu’il souhaitait supprimer le droit de posséder une arme à feu après les 12 prochaines tueries. Et, de manière tout à fait inattendue, il a obtenu le soutien de la NRA, le principal lobby pro-armes aux Etats-Unis. Une association traditionnellement contre toute forme de restriction sur les armes à feu. Reportage Un juste milieu Hier, Barack Obama a tenu une conférence de presse pour rendre publique cette mesure : « Ce qui s’est passé à Newtown est la tragédie de trop. Il y a eu trop de tueries, trop d’enfants américains assassinés. Notre pays a un véritable problème avec les armes à feu. Trop de pistolets et d’armes de guerre circulent sur notre territoire et restent accessibles à des personnes psychologiquement instables. Nous devons réagir en restreignant l’accès aux armes. » Toujours dans le cadre de cette allocution, le président américain est ensuite revenu sur le cœur de la réforme qu’il souhaite mettre en place : « Nous allons soumettre au Congrès une modification du deuxième amendement de notre Constitution qui permet le port d’armes aux Etats-Unis. C’est une lourde réforme de fond. C’est pourquoi nous souhaitons le faire lorsque 12 tueries supplémentaires se seront déroulées.» La NRA, le lobby des armes qui a été au cœur des négociations avec Obama depuis la tuerie de Newtown, semble enfin avoir changé d’avis. Wayne LaPierre est vice-président de la NRA : « Nous avons fait des estimations et au rythme actuel d’une tuerie par trimestre, cela nous laisse 3 ans pour voir venir la suppression future du port d’armes. » Et le lobbyiste de continuer : « Douze tueries, cela nous paraît être un juste milieu. C’est à la fois assez pour laisser le temps aux acteurs économiques du secteur de restructurer leur activité commerciale. Et cela permettra en même temps de mettre fin à court terme à ce terrible phénomène des tueries de masse. » L’Amérique prête à tourner la page Christina est institutrice dans une école élémentaire du Wisconsin. Pour elle, cette annonce de Barack Obama est une bonne chose même si elle arrive un peu tard : « Il était temps. Ça aura pris des années mais le pouvoir est enfin prêt à tourner cette page de notre histoire et de nos habitudes. Maintenant, j’espère juste que cela va arriver vite mais je crains que ceux qui militent contre le port d’armes en profitent pour accélérer le processus en organisant des tueries. Ce ne serait pas une bonne solution non plus. Laissons les prochaines tueries se faire naturellement.»   Le Gorafi  

Le 28 septembre 2014 à 09:19

Ghislain l'effaceur

Portraits crachés #9

Quand il sera grand, Ghislain veut être Batman. Mais ça fait rire tout le monde car il est taillé comme un haricot vert. Puis Ghislain grandit et, donnant raison aux rieurs, il ne devient pas Batman. Mais il parvient à devenir redresseur de torts. Au petit matin, quand la cloche finit de sonner, Ghislain, allongé dans la trousse, attend son heure. Souvent, c'est long mais, concentré, il est prêt à bondir à tout moment. Quand on l'interroge sur son métier, Ghislain se compare à un gardien de but : il faut réagir en un clin d'oeil car il est le dernier rempart avant la catastrophe. Et aussi il arbore une magnifique tenue à rayures torsadées ; il est beau comme un sucre d'orge. Ça y est, l'erreur est là, on l'appelle ! Comme un prédateur, il saute sur la faute et, de sa pointe blanche, la dissout et l'absorbe en un clin d'oeil. Puis il se retourne avec agilité et, sortant sa pointe bleue, corrige sans discussion. Puis il retourne dans la trousse et reprend son affût. La journée se passe ainsi, dans une attente ponctuée d'interventions de la dernière chance. La tension ne retombe qu'à la nuit tombée. Alors il repose. Pourtant, une chose taraude Ghislain : il sait qu'il n'est pas éternel ; quand il sera sec, il mourra. C'est son destin de s'effacer devant son successeur, quand la performance ne sera plus au rendez-vous. Mais il sait que le maintien de l'ordre est un sacrifice. Tout ça lui trotte dans la tête tandis qu'il regarde le bellâtre à l'origine de toutes ces erreurs enlever le bas, évacuer sa cartouche usagée et s'en fourrer une nouvelle dans le croupion. Et après on dit que le stylo-plume, c'est classe.

Le 19 septembre 2011 à 08:38
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