Manault Deva
Publié le 11/10/2012

Alouette


Dans ce monde sans dessus-dessous, toujours un peu plus fou, je poursuis ma quête effrénée d'une femme qui marche sur le bitume et à chaque pas est freinée par les secondes qui la consument. Je devrais marcher sur les mains, ce serait tellement plus aérien… l'air de rien, un brin d'air et qui sait, je pourrais m'envoler, la tête en bas, les pieds au ciel, comme un vertige, la pose est belle !                                                                                                                    

Les orteils dans l'atmosphère et la tête pas si fière, cramoisie à l'envers, donne l'ordre à ces foutus compères, de mettre pied à terre. Mais, ils n'en font qu'à leur tête…les pieds... et folle, elle en fait un fromage, la tête… un peu veau, mais pas bête, la voilà qui stoppe net, un coup de gueule... et aux pieds!                                              

Sur terre, il vaut mieux ne jamais avoir les idées à l'envers, sinon on risque d'avoir à faire à des casse-pieds ou à des fortes têtes! Sur terre c'est sûr, il vaut mieux être normal...Mais c'est quoi au juste la normalité?

Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me drogue pas, (je sais c'est nul!)  mais j'écris... même pas la nuit, la nuit je dors. J'écris tout bas, je crie parfois et puis je cause...because ...j'aime ça ! Je cause, je cause dans le poste sur  France Inter.  Depuis 2009, même si je suis sentimentale, j'envoie des bons baisers, pas toujours tendres...normaaal, faut pas se fier à mon sourire, je suis capable du pire !

> Bons baisers de Manault, sur le site de France Inter 

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Le 29 septembre 2012 à 07:36

SEOUL JUKE BOX - DJ Kay Pop

#6 "Marketplace" Sophie Hunger - Kay Pop remix

Le jour se lève sur Séoul. Des millions d'humains dociles et résignés se laissent emporter dans les métros bondés qui transpirent d'odeurs de choux fermenté et de parfums bon marché. Autant de voitures avancent au pas sur les bretelles d'autoroutes à huit voies, clopes et radio allumées qui enfument les travailleurs avec la même chanson entêtante : Gangnam Style tourne en boucle comme un nouvel hymne à la joie des travailleurs. Dans le quartier de Gangnam justement, trois types sortent d'un norae bang, un karaoké bordel, où toute la nuit ils ont arrosé le contrat signé la veille. Deux coréens et un américain, titubant bras dessus bras dessous comme un rat pack en goguette. Ils s'engouffrent dans un taxi direction le Fish Market, l'un des plus grands de toute l'Asie. Les voilà dans cet immense hangar au milieu de tonnes de poissons et crustacés sortis de l'eau dans la nuit et qui s'ébattent désespérément dans leurs derniers soubresauts. Ca crie, ça marchande, ça mange et ça boit au milieu de nuages de vapeurs iodées et d'odeurs de putréfaction. Les trois descendent dans un sous sol et entrent dans un petit restaurant qui suinte d'humidité. L'américain fait encore son crâneur, il s'est plié à tous les rituels de la célébration. Toute la nuit il a bu cul sec comme un dur, il a bouffé sa boite de Viagra pour baiser toutes les filles du karaoké. Ce n'est pas tous les jours qu'on signe le contrat du siècle, qu'on blouse ces gros caves de coréens, ces juifs asiatiques, durs en affaire mais mous de la bite dés qu'ils ont un coup dans le nez. L'américain ricane, il leur a fait à l'envers, ils n'ont rien vu venir, ils ont signé sans rien piger à la combine. Dans quelques heures il pourra roupiller dans l'avion du retour. Les deux coréens lui resservent à boire et commandent à manger. Une femme sans âge vient verser des braises de charbon dans le barbecue au centre de la table qu'elle recouvre d'un dôme en métal qui se chauffe à blanc. Puis elle revient avec un grand récipient dans lequel un énorme poulpe encore vivant agite ses tentacules. C'est la dernière épreuve, l'heure de vérité pour être définitivement intronisé partenaire en business et ami dans la vie : manger la pieuvre et la manger vivante. Un des coréens sort un couteau et tranche un tentacule qu'il balance sur le métal brulant. Le bout de pieuvre se tord de souffrance, le coréen le tourne et le saisit du bout des ses baguettes pour le tremper dans une sauce rouge pimentée, puis il le tient en l'air devant le visage de l'américain. L'appendice de chair ensanglantée de piment se tortille encore plein de vie. Les coréens regardent le blanc dans les yeux, maintenant bien livide. Point de non retour, il ne peut pas refuser, il ne peut pas se dégonfler maintenant, un dernier effort, il ferme les yeux, retient sa respiration, ouvre la bouche et on lui glisse le membre survivant qu'il va falloir mâcher. Il mâche, c'est dur, ce putain de calamar est plus coriace qu'un pneu, vite il faut l'avaler et boire un bon coup derrière pour faire glisser. Mais lorsqu'il l'avale, le bout de poulpe dans un dernier réflexe nerveux active ses ventouses et s'agrippe dans le fond de gorge, s'enroule autour de la glotte et se colle aux muqueuses obstruant le larynx et tout passage d'air. L'américain rosit, rougit, puis vire au violet en agitant les bras en essayant de gueuler à l'aide. Au plus il manque d'air, au plus il comprend. Les deux coréens sourient et attendent sans bouger que la belle mort naturelle advienne. L'américain est tombé à la renverse étouffé, il sursaute encore, c'est lui le calamar maintenant. Les coréens lui ont soutiré le contrat de sa poche, ils s'en servent pour essuyer les taches de sauce sur leurs costumes froissés, puis le jette dans les braises du barbecue. La vieille sans âge referme les portes du restaurant le plus secret et mystérieux du Fish Market de Séoul qui n'ouvre que sur demande et que pour certains clients. (Another Barbarian in Asia - Henry Halfwarm)

Le 28 août 2014 à 08:41

Travailler tue. Ne pas travailler aussi

La stratégie des dinosaures

Dès qu’on essaye de nous faire croire que des choses saines sont excitantes, il y a anguille sous roche. Comme ces gens qui disent que le travail, c’est la santé. N’importe quoi. C’est totalement idiot. Si c’était le cas, les médecins prescriraient du travail, pas des médicaments.Remettons les pendules à l’heure : le travail est une maladie. On ne s’en aperçoit pas, parce qu’on est payé pour cette maladie. La stratégie est brillante.Regardez les gens dans le métro à six heures du matin, vous verrez sur leur visage que le travail n’est pas une chose saine. Il est moins dangereux d'avoir la grippe ou un zona que de travailler. C'est un virus virulent qui vous pourrit la vie pendant quarante ans.Je pensais à ça après avoir vu un documentaire sur la disparition des dinosaures. C’est fascinant de penser qu’une espèce qu dominait la planète a subitement disparu. Il y a plusieurs théories pour l’expliquer. La principale est celle de la météorite qui s’écrase sur terre et soulève un nuage de poussière qui cache le soleil. Résultat : la faune et la flore s’éteignent.Avouons-le, l’explication est un peu simpliste.J’ai une théorie différente.Selon moi, les dinosaures ont disparu parce qu’ils ont refusé de travailler.Ils avaient atteint un stade de leur évolution où ils allaient accéder à la civilisation. Mais ils aimaient trop leur vie de loisir et de flânerie. Ils aimaient tendre lentement le cou pour manger de jeunes pousses sur les arbres, se rouler dans la boue et se réchauffer au soleil.Alors ils ont refusé de domestiquer le bétail et de développer l’agriculture, de construire des routes et des villages. Ils ont refusé de travailler.Ils se sont laissé mourir pour ne pas évoluer vers la civilisation.Il y a une grande sagesse dans la fin des dinosaures : plutôt que de gâcher sa vie à être utile et productif, pourquoi l'espèce humaine ne mettrait-elle pas en œuvre sa propre disparition ?  

Le 9 janvier 2015 à 10:24
Le 29 novembre 2010 à 11:33

Les araignées

Chroniques de mon jardin à moi

Dans mon jardin à moi il y a des araignées grosses comme mon pouce qui tissent des toiles partout, entre les arbres, entre les fleurs, entre les rosiers. Elles sont belles, ces toiles, brillantes de rosée dans le petit matin frisquet. Elles en tissent également entre un rosier et mes volets. Ces toiles-là, je me les prends dans la figure et ça m’agace. C’est poisseux. Et invisible. Tu as l’impression d’avoir un bout de ruban adhésif en travers de la figure. Ou de la barbe à papa. Tu tires dessus et tu t’en mets entre les doigts, dans les cheveux, les narines, les yeux. Et si tu te mets à penser que ces fils sont sortis du ventre d’un animal répugnant, plein de pattes et de poils et qui emprisonne ses proies pour les becqueter, c’est comme si tu la sentais te courir dessus, entre les doigts, dans les cheveux, les narines, les yeux. Petit à petit tu te sens emberlificoté dans un maillage visqueux, nauséabond, tu t’agites mais ça fait vibrer la toile et voilà cette sale bestiole qui descend vers toi, qui agite sa petite bouche, qui en fait gicler le venin qui va te dissoudre, tu la sens dans ton dos qui te suçote comme quand tu suçotes une délicieuse araignée de mer à la terrasse d’une brasserie. Et tu te jures deux choses, la première de ne plus descendre au jardin avant les grandes gelées. Parce qu’elles gèlent ces connes ! Et la seconde c’est de ne plus manger d’araignée de mer. Mais ça c’est vraiment les jours de déprime.

Le 4 juillet 2010 à 17:19

La femme la plus profonde du monde

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Brigitte Lenoir, la femme la plus profonde du monde est froide. Brigitte Lenoir s’entraîne. À la profondeur, au froid, aux mélanges de nitrox, de trimix et d’héliox, des mélanges réservés aux nageurs de combat. Elle plonge. Elle plonge des années durant. Des années de profondeur et de froid, des années à -110 mètres, à -120 mètres dans l’eau à quatre degrés du lac Léman. Le 10 avril 2010, elle bat un premier record : -154 mètres à Saint-Gingolph, en eau froide et douce. Dix jours plus tard, le 20 avril 2010, le record est pulvérisé par Sofia Ponce, au Venezuela : -190 mètres en autonomie complète, en eau chaude et salée, grâce aux mélanges minutieux de trimix 7/67, de trimix 10/50, de nitrox 32, de nitrox 50 et de nitrox 80. Alors Brigitte Lenoir s’entraîne, se prépare, se concentre. Ce sera au large de Dahab, en Égypte. Le 15 mai 2010, Elle atteint -200 mètres et remonte. Pallier, par pallier. Elle a dépassé Sofia Ponce de dix mètres, elle est tranquille, elle peut remonter calmement. Elle détient le record de profondeur féminine en eau salée. Mais chaude. À -147 mètres, son recycleur reste bloqué en position oxygène, un gaz bien trop simple pour des poumons mortels. Hyperoxie, perte de connaissance et convulsions. Personne ne pourra rien faire. Son corps restera dans la noirceur de la mer rouge. Depuis le 15 mai 2010, Brigitte Lenoir, la femme la plus profonde du monde, est froide.

Le 4 septembre 2014 à 09:39
Le 19 juin 2011 à 07:41

Léviathan porte ma raison qu'à la fin je me casse

Monumenta 2011

Lorsque j’ai proposé à mon ami une « interpénétration de nos matières pulvérulentes dans la perspective d'une médiation décomplexante », il a un peu hésité. Je dois l’admettre, le dossier de presse de l’exposition Monumenta 2011 m’avait moi-même laissée quelque peu perplexe, d’autant que je n’ai pas trouvé tous les mots dans mon Petit Larousse illustré. J’ai essayé de lui retranscrire au mieux ce qu’il y était dit de la complexité intrinsèque des palpitations esthétiques de l'oeuvre d'Anish Kapoor dans son ensemble, mais il a tout de même fallu que je me résigne à être plus vulgaire : « on va au Grand Palais voir Anish Kapoor dans le cadre de Monumenta, on aura chaud et un clarinettiste ambianceur nous empêchera de nous entendre correctement pendant 32 des 35 minutes qu'on aura passées à faire la queue, on aura une conversation entraînant un quiproquo qui nous conduira presque à une dispute, ça va être chouette, tu vas adorer ». Finalement, on a réussi à entrer. Et on a refait la queue pour entrer dans l'oeuvre. C'était fou. Je veux dire, toutes ces files d'attente, quel est le but exactement ? Non parce que moi, ça me fait certes piaffer d'impatience, mais d'impatience d'en sortir, d'en finir avec tout ça, alors quoi, ils le font exprès pour pourrir mes dimanches, c'est ça ? Le pire, c'est qu'il a fallu refaire la queue pour en sortir. Deux fois. Est-ce que ça fait partie du dessein du Ministère de la Culture, complotant avec Anish Kapoor ? On m'espionne, c'est certain. On observe mon comportement. On analyse mon animalité. On me plonge dans des viscères délirantes tout droit sorties de l'imagination machiavélique de cet artiste indo-britannique  pour faire resurgir en moi un sentiment de crainte, de dévotion soumise au corps originel, d'oppression organique dont j'ai un mal fou à me défaire depuis 21 ans. Ou 31. Peu importe. J'ai déambulé, presque ivre, à l'extérieur, sous la charpente métallique du Grand Palais, autour de ces grosses sphères anatomiques, me cognant l'esprit contre ces masses qui m'ont rappelé les heures les plus sombres de mon passé médical. Après, on a mangé un sorbet à la framboise en observant les mouettes du jardin des Tuileries.

Le 16 septembre 2014 à 10:16
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