Manault Deva
Publié le 11/10/2012

Alouette


Dans ce monde sans dessus-dessous, toujours un peu plus fou, je poursuis ma quête effrénée d'une femme qui marche sur le bitume et à chaque pas est freinée par les secondes qui la consument. Je devrais marcher sur les mains, ce serait tellement plus aérien… l'air de rien, un brin d'air et qui sait, je pourrais m'envoler, la tête en bas, les pieds au ciel, comme un vertige, la pose est belle !                                                                                                                    

Les orteils dans l'atmosphère et la tête pas si fière, cramoisie à l'envers, donne l'ordre à ces foutus compères, de mettre pied à terre. Mais, ils n'en font qu'à leur tête…les pieds... et folle, elle en fait un fromage, la tête… un peu veau, mais pas bête, la voilà qui stoppe net, un coup de gueule... et aux pieds!                                              

Sur terre, il vaut mieux ne jamais avoir les idées à l'envers, sinon on risque d'avoir à faire à des casse-pieds ou à des fortes têtes! Sur terre c'est sûr, il vaut mieux être normal...Mais c'est quoi au juste la normalité?

Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me drogue pas, (je sais c'est nul!)  mais j'écris... même pas la nuit, la nuit je dors. J'écris tout bas, je crie parfois et puis je cause...because ...j'aime ça ! Je cause, je cause dans le poste sur  France Inter.  Depuis 2009, même si je suis sentimentale, j'envoie des bons baisers, pas toujours tendres...normaaal, faut pas se fier à mon sourire, je suis capable du pire !

> Bons baisers de Manault, sur le site de France Inter 

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Le 26 avril 2012 à 08:31

Rouleau de printemps

Nous dévoilons en exclusivité le tout nouveau véhicule de campagne jaune vif, armé de phares puissants, à fort pouvoir hypnotique, que le candidat sortant a finalement élu pour son tour de France (celle qui se lève tôt) en vue du scrutin du 6 mai. Il fait encore nuit mais il est déjà aux commandes, prêt au départ, couvé des yeux par un Xavier Bertrand au garde-à-vous, en grand uniforme, futuriste et pimpant, de la Nouvelle UMP (Union pour Ma Pomme), d'un vert moins environnemental que printanier, renaissant, avec deux bandes blanches pour suggérer ces "lignes blanches" que le hardi conducteur d'engin n'hésitera pas à franchir, quitte à tout écrabouiller ? A droite de la photo, à moitié rogné, dans une posture qui semble soumise, contrite – contrainte ? -, on reconnaîtra Dominique de Villepin, au surplomb du caniveau où naguère il manqua de choir. Il est prévu que tout du long du tour de France électoral grands et petits dignitaires de la Nouvelle UMP aient ainsi à s'échelonner, aux fins de laisser s'exprimer une joie volontairement contenue sur la ligne de départ. L'allégresse devrait être totale quand à la veille du scrutin décisif le héros remontera les Champs, le scénario prévoyant même que les deux figures les plus glamour de la Nouvelle UMP, Rachida et Rama, grimpent dans la cabine pour couvrir de baisers et de fleurs le petit Timonier, en un spectaculaire contraste avec les énormes rouleaux électoraux, couverts de boue et tachés de sang.

Le 18 août 2015 à 07:26

Où sont les femmes ?

Où sont les femmes ? A cette question qui tracasse l’humanité depuis belle lurette, André Malraux répondit sans ambigüité dans  La condition humaine IV. Depuis, nous savons que les Femmes sont aussi des êtres humains.  Cependant cette identité connotée d’une reconnaissance  égalitariste était encore difficilement  reconnue dans les us et coutumes des  années 1930.  Formatés dans les écoles de la République par de grands  blessés du bulbe tels Alfred de Vigny et Henri de Montherlant, nous sommes restés  longtemps distanciés de cette conception féminine car le premier avait défini  la femme « enfant malade et douze fois impur » et le second  l’avait cantonnée dans le simple rôle d’objet sexuel, d’où deux aspects éloignés de son réel profil humain lequel passa au fil du temps d’une primate  africaine velue au stade sophistiqué d’abonnée au Figaro magazine. Il n’est pas étonnant que nous ayons mis un long temps à reconnaître le positionnement  évident de la Femme car, hors la nécessaire fonction de reproduction, nos ancêtres  lui laissaient essentiellement  la responsabilité  de faire le ménage et la cuisine Ce qui, à la limite, est une égoïste marque de confiance limitée au torchon et à  la vaisselle. Avant d’accéder au niveau d’une reconnaissance,  il fallut à la Femme qui était consacrée à ces activités peu valorisantes franchir plusieurs niveaux dans une échelle de valeurs bien éloignée d’un positionnement supposé biologique. Et dont les mâles se sont satisfaits parce que c’était bien commode. Pour faire court, passons sur l’anecdotique de la Femme à Barbe laquelle exposait son virilisme pilaire dans les foires populaires de jadis alors que le subtil Aragon avait déjà vu en elle l’avenir de l’homme Ensuite,  évoquons  rapidement la Femme Fatale. Sous la forme d’un destin  inexorable, cette  dernière  fut souvent la plaie des familles chrétiennes Et concluons avec la femmelette qui est identifiée par deux tout petits seins et des soutiens-gorge inférieurs au calibre 70. Cette malingre nous  fournit la conclusion  que  le regretté  Jacques Perret  formula ainsi : « Si tu épouses une femme qui n’a pas de seins, la vie, un jour, te paraitra un désert ». C Q F D   Claude Chanaud

Le 30 décembre 2011 à 09:03

2012, l'année de la zouz

On m'avait demandé un billet « un peu plus prospectif ». Afin de voir de quoi 2012 serait fait, j'ai ressorti ma vieille boule de cristal de la cave. Elle était déréglée, elle me diffusait en boucle des épisodes de Tintin contre Dragonball. Je me suis dit « pas grave, je vais inventer », ça fait des années que des tas de voyants remplissent des tas de pages de « un événement marquant, climatique ou peut-être politique, devrait bouleverser un pays de l'hémisphère sud dans la deuxième partie de l'année » fin décembre, ça va, tout le monde peut faire pareil.   Mais comme je suis un fumiste sérieux, je me suis un peu inspiré des prévisions de la Mère de tous les Savoirs, Wikipédia, pour documenter un peu le truc.   J'ai dénombré pas moins de neuf inaugurations de tramway (le moyen de transport préféré des Scrabbleurs) contre une seule fin du monde, et encore, il paraît que c'est une rumeur. 2012 sera l'année du tram. Il faut bien être l'année de quelque chose, comme aimait à le répéter l'an 40. Le tramway est un transport public sur rails, ce qui explique son grand succès à Paris. Il revient actuellement à la mode après être tombé en désuétude, un peu comme la chemise à carreaux, mais sinon, je ne vois pas d'autres points communs entre les deux.   2012 sera également une année olympique. Je peux déjà vous annoncer plusieurs médailles françaises, la plupart dans des sports dont vous vous contrefoutez actuellement. Rassurez-vous, vous recommencerez environ quinze jours après.   Ah oui et sinon, deux élections présidentielles dans des pays géopolitiquement bien plus importants que Wallis-et-Futuna. Les vainqueurs seront des hommes, dans la cinquantaine. Ils se prononceront, lors de la campagne, sur des tas de domaines sur lesquels ils n'ont aucune influence, puis, après la campagne, se féliciteront des nombreuses médailles de leur pays en pentathlon synchronisé moins de 52 kilos.

Le 5 septembre 2014 à 09:50
Le 14 janvier 2015 à 10:36
Le 14 mai 2012 à 08:22

L'autre jour, sur la ligne 2

L'autre jour, sur la ligne 2, y'avait Mélenchon. Comme j'te l'dis. C'était dommage parce que j'avais envie d'être au calme, là, sur mon strapontin rose et bleu, trop tacheté pour être honnête. En face de moi, y'avait une trentenaire en tailleur, on s'amusait bien, elle et moi, à faire semblant de pas se regarder, quoi, qui ça ? Moi ? Mais bon, il a fallu que Mélenchon entre dans mon wagon. Quand il est monté, j'ai tout de suite senti que c'était raté, pour le calme et la trentenaire en tailleur. D'ailleurs même pour le strapontin, c'était raté vu qu'il est entré avec toute son équipe de campagne et qu'il a fallu se lever. Du coup, debout, la trentenaire, elle était déjà moins avenante. Et ça m'a fait rire parce que Mélenchon, il portait des lunettes à grosses montures colorées et que comme ça il ressemblait à Eva Joly et à ma tante Gisèle, celle qu'avait l'habitude de porter des visons pour pas qu'on voit ses bras fripés, même sur la plage, la pauvre, elle perdait la boule. Mais je m'égare. Finalement j'ai arrêté de rire parce que Mélenchon, il m'a demandé ce qui me faisait rire, j'ai dit : « Rien », et j'ai fait comme si je lisais les stations sur le plan de la ligne 2 : Avron, Colonel Fabien, Barbès-Rochechouart... Mais comme je les connaissais déjà par cœur, je me suis reporté au décolleté de la trentenaire. Et c'est là qu'une drôle de petite femme ronde, rouge et Rom est passée par là. Elle était drôle parce qu'elle avait les genoux retournés vers l'arrière, on aurait dit une mante religieuse. Moi j'ai ri à cause du coup de la mante religieuse, Mélenchon m'a demandé ce qui me faisait rire, j'ai dit : « Rien ». Puis il m'a demandé ce que je faisais dans la vie. J'ai dit « journaliste » parce que j'avais pas d'autre idée. Il a ri, j'ai demandé ce qui le faisait rire, hein, on peut savoir ? Il a dit « Rien », et je suis sorti du métro, et de ma couette. J'avais bavé sur mes draps. Et là je me suis dit qu'aux prochaines élections, je prendrais des vacances en terre Adélie. Au moins là bas, y'a pas de métro.

Le 9 septembre 2011 à 07:57

La révolution sera sponsorisée

Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre ou fait faillite. Selon cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille.Une telle aspiration "révolutionnaire" se retrouve également chez un célèbre fournisseur d’accès Internet qui a choisi de baptiser sobrement sa nouvelle box « révolution ». Un des mastodontes de l’industrie alimentaire a lui choisi de mettre en scène dans une  série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ».Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans la Grande Marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. On peut imaginer la suite : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la berline « Staline » dans le haut de gamme d'un constructeur automobile ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », la revanche des Bordeaux sur le Beaujolais nouveau ; "Lendemains qui chantent", remède anti-gueule de bois des laboratoires Servier. Et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro. Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre d’épuisement ou fait faillite. Dans cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille. Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Cette aspiration révolutionnaire se retrouve également chez un célèbre d’un fournisseur d’accès internet qui a choisi de baptiser sobrement son nouveau produit phare « révolution ». La preuve ultime que l’insurrection s’annonce c’est qu’un des mastodontes de l’industrie alimentaire a ré Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre d’épuisement ou fait faillite. Dans cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille. Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Cette aspiration révolutionnaire se retrouve également chez un célèbre d’un fournisseur d’accès internet qui a choisi de baptiser sobrement son nouveau produit phare « révolution ». La preuve ultime que l’insurrection s’annonce c’est qu’un des mastodontes de l’industrie alimentaire a récemment choisi de mettre en scène dans une récente série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ». Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans cette grande marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. A venir donc très bientôt : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la série spéciale « Staline » d’un constructeur de berlines de luxe ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », salon du vin d’un audacieux réseau d’hypermarchés et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro. cemment choisi de mettre en scène dans une récente série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ». Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans cette grande marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. A venir donc très bientôt : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la série spéciale « Staline » d’un constructeur de berlines de luxe ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », salon du vin d’un audacieux réseau d’hypermarchés et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro.

Le 5 mars 2012 à 10:53

Expirée, l'inspiration ?...

J’ai pourtant tout essayé : comme Dali, j’ai expliqué à une jeune fille de mon entourage qu’elle était, qu’elle le veuille ou non, désormais ma muse ; comme Philip Roth, j’ai tenté d’écrire debout, puis, puisque cela ne fonctionnait que moyennement, j’ai ensuite, comme John Fante cette fois, tenté d’écrire assis dans ma cabine de douche. Mais rien n’y fait : l’inspiration, cette fille de l’air un peu fourbe, continue de me fuir en ricanant, et ma page demeure désespérément blanche (et maculée de gel douche de pH neutre…).Peut-être me faut-il vivre une vie un brin plus trépidante, pour enfin coucher sur le papier quelques mots, qui, placés judicieusement, relateraient des événements un tantinet plus dignes d’intérêt que le compte-rendu du dernier changement de pile de la télécommande de mon téléviseur « HD Ready » de bourgeois… Aussi, lorsque la Police sonna à ma porte l’autre jour, je fus littéralement foudroyé de bonheur, m’écriant intérieurement « Youhou ! », et me réjouissant à l’avance en imaginant les centaines de paragraphes qu’allait me rapporter cet intermède judiciaire forcément empli de quiproquos, de terribles gun-fights au milieu de flics ripoux, et de jugements à l’emporte-pièce pris par des magistrats forcément corrompus… Mais quelle ne fut pas ma déception quand le représentant des forces de l’ordre qui venait de prendre la peine de poser délicatement son gros index boudiné sur la sonnette de mon loft provincial, m’expliqua qu’ils n’était là que pour m’enjoindre à déplacer mon véhicule de marque japonaise aux formes bizarroïdes de devant la porte du garage de mes charmants voisins (oui, bon, j’avais bêtement oublié ledit véhicule à cet endroit- là après avoir déchargé mes courses…).Non sans les avoir suppliés de rester et de me trouver une culpabilité quelconque dans la terrible affaire criminelle de leur choix, je dus me résoudre à regarder, la larme à l’œil, les valeureux garants de l’ordre regagner leur véhicule dans le soleil couchant ; et malgré une tentative désespérée : « Mais attendez ! J’ai l’air sympa comme ça, mais si ça se trouve, je mange des enfants ! », ils s’en retournèrent, indifférents, secourir la veuve et l’orphelin. Tel un adepte de cette secte mexicaine quelque peu étrange qu’est le « cinéma-guerilla » - qui fait du cinéma, comme ça, pour faire du cinéma – peut-être devrais-je tout bêtement me résoudre, moi aussi, à écrire, comme ça, pour écrire, parce que je l’veux, parce qu’il le faut.A tout bientôt, donc…

Le 27 janvier 2012 à 09:09

Savoir-vivre

Mon ami G. L. n’a plus le goût à rien, à  commencer par le goût à vivre. Il cultive son indolence avec une rigueur féroce. Lorsqu’il lit, c’est pour mieux s’endormir sur la volumineuse Anatomie de la mélancolie de Richard Burton ou le Pseudodoxi epidemica de Thomas Browne qui lui sert alors d’oreiller revêche. Ses cauchemars sont ses seuls loisirs et le jeu du pendu son dernier centre d’intérêt. Jusqu’à ce triste jour, c’était avant hier, où la grande idée lui est venue. Puisqu’il a tout raté, il ne ratera pas sa sortie. Un sucide, mais quelque chose de grandiloquent, voilà ce qu’il va imaginer. Un acte désespéré dont on se souviendra longtemps. Aussi mon ami G. s’est décidé – un effort pour lui – à recenser les suicides possibles. Les barbituriques, c’est un peu trop chimique, les armes à feux, c’est bruyant ; quant à la noyade, il déteste l’eau froide. Bien sûr, il y a les suicides romantiques, mais c’est à son goût un peu trop… romantique. Après une courte réflexion, il décide de se rendre à la bibliothèque de son quartier, certain qu’il trouvera là une documentation des plus précieuses. –  Bonjour Madame, Je cherche des livres rares sur le suicide… – Au fond là-bas, il y a un rayon sciences humaines, puis ce sont les arts du cirque, ensuite c’est les rayons des livres sur la question. Une fois sur place, mon ami s’aperçoit que le rayon est vide. Pas un seul livre sur le sujet qui l’obsède ! Un peu interloqué, il retourne voir la bibliothécaire et lui fait part de son étonnement. La bibliothécaire le regarde, désabusée : – Oui, hélas, je sais cela, ce sont des lecteurs sans scrupules, ils ne rapportent jamais les livres ! Depuis mon ami ne fréquente plus les bibliothèques.

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