Christian Chavassieux
Publié le 12/10/2012

Seul contre tous


Revoir ce crétin qui l'avait traité d'imbécile dans la soirée de l'autre abruti, avait conforté son mépris pour le milieu qu'il fréquentait et où tous ces nases le prenaient pour un con.
Chavassieux écrit, "et c'est bien à peu près tout ce qu'il est capable de faire", soulignent ses ex. On peut retrouver ses petites phrases et de courtes nouvelles sur son blog, KRONIX. Il est aussi l'auteur de plusieurs romans (le baiser de la Nourrice, Le psychopompe, chez JP Huguet éditeur, Mausolées et Les Nefs de Pangée, chez Mnémos, et L'Affaire des Vivants, chez Phébus), de pièces de théâtre (Le rire du Limule, Peindre, Pasiphaé, Minotaure...) mises en scène par François Podetti au sein de la compagnie NU, de textes poétiques (Les chants plaintifs, édition La petite fabrique ou Nos Futus, chez Sang d'Encre), d'un essai sur sa ville (J'habitais Roanne, chez Thoba's éditions), il est invité à participer à des revues (MIcrobe, le chasse-patate, etc.). 

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Christian Chavassieux

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Le 3 janvier 2015 à 09:34
Le 11 janvier 2013 à 14:26

La bande dessinée pour tous (du mariage)

Hop là, alors pour les éléments, je vais faire comme Marion Montaigne et vous renvoyer aux sources. Pour l'homosexualité animale ( on n'est pas des bêtes, merde !) : lire La vie amoureuse et érotique des animaux de Sparks John (Edition Belfond, 1978) Mais aussi on vient de me signaler ça : une émission récente de France Inter c'était intéressée au sujet de la sexualité animale. Sinon pour les personnes qui souhaiteraient un peu mieux savoir ce que c'est que l'anthropologie, je conseille la lecture de cet excellent cours d'introduction à l'anthropologie. A conseiller aussi à certains qui pensent savoir... Gio, n'hésite pas ! Pour les modes matrimoniaux alternatifs ( polyandrie, polysémie, système tournant), j'ai trouvé mes sources dans une thèse de doctorat d'Emmanuel Gonon, de l'université de LYON 2, lisible ici, Alors après, je suis bien d'accord, les universitaires, ils n'y connaissent rien, c'est bien connu. Surtout les docteur es sciences. Pour la légalisation du mariage gay et ses conséquences sur la société, les plus curieux pourront se rendre dans les pays voisins de la France pour vérifier la chose de leurs propres yeux et constater les ravages incroyables sur la société (rupture des sceaux de la destruction, pédophilie partout, jeunesse dépravée s'abandonnant à la drogue, chiens refusant d'aboyer et autres horreurs). Je vous conseille la Belgique, c'est pas loin, l'Allemagne, c'est pas cher, l'Espagne, ils n'ont plus un sou vaillant. Moi je vis en Allemagne, en fait, en vrai en Allemagne c'est un "pacte d'union" mais tout le monde appelle ça mariage (les allemands, faut pas leur faire confiance, c'est des nazis). Du coup, je connais des couples homo mariés, c'est la cata. A chaque fois qu'un couple homo se marie en Allemagne, un arbre à currywurst est planté. Si vraiment ça vous intéresse, mais que vous êtes trop casanier pour vous bouger les fesses, il y a une petite carte wikipedia très sympa sur la situation de l'homosexualité dans le monde. Vous allez voir c'est marrant, en bordeaux, il y a les zones où l'homosexualité est passible de la peine de mort. Le fun ! Pour la suite ça viendra en son temps, mais, si vous voulez voir mes sources d'inspirations pour cette note et pour les (probables) suivantes, vous pouvez venir dîner dans ma famille, ou alors il vous suffit de vous rendre sur l'un de mes autres blogs où j'ai écrit un article un peu remonté qui s'appelait "Le mariage gay et le mariage triste". Je vous conseille de lire les commentaires, certains sont éloquents. Et trop longs. Enfin, j'ai entretemps trouvé un texte magnifique de clarté et d'ouverture sur le mariage pour tous et sur les manifestations, plus intelligent et convaincant que je saurais jamais faire. Je vous aime tous. Bonne année.

Le 7 juin 2015 à 08:26

Modeste proposition pour la corrida de demain

De partout, des voix s’élèvent pour dénoncer l’archaïque et brutal spectacle offert par la corrida. Plutôt que d’écraser, à la suite des indépendantistes catalans, un pan entier du patrimoine méditerranéen : régénérons la corrida en remplaçant le taureau par un être humain. Nos aficionados ne rappellent-ils pas d’ailleurs que la corrida n’est en rien une exécution, mais une lutte symbolique destinée à fortifier l’âme ? Est-il besoin de rappeler la vaste tradition dont procède cet art plastique et sacrificiel depuis le culte à mystères de Mithra ? Sous prétexte de sauver quelques ruminants à crin dur, on voudrait éteindre le feu sacré allumé par notre légitime désir prométhéen et cathartique ? Finies les ganaderías de mille hectares, ces champs s’étalant à perte de vue, empiétant sur les terres agricoles et financés par le contribuable à l’heure où ce dernier subit déjà les affres de la crise économique… On me dira que la vision d’un homme courant nu dans une arène n’est pas comparable à la beauté brute d’un taureau excité par les banderilles. Mais il ne s’agit pas de redéfinir le code tauromachique. Pas d’affront au sang et à la sueur des toréadors historiques ! Une gageure : conserver le protocole de la lidia, sa ternarité cosmique, écho à un schéma essentiel incrusté au plus profond de l’univers. S’il faudra adapter le jeu subtil de la faena, le duo mystique entre le héros sacerdotal et l’humain réduit à l’état de bête sauvage conservera ses intentions dionysiaques. Cessons de faire souffrir les bêtes. Croyons en l’homme, car ne plus croire en lui, c’est ne plus croire en rien. Rêvons un monde où l’espace sacré de nos ancêtres sera encore le nôtre. Un monde où, sans aucun doute, la corrida sera plus humaine.

Le 25 juillet 2013 à 09:25

Mollo ! Mollo

Carnet de voyage. C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Amilcar. Non... c'était à Ürgrübn en Cappadoce, dans la love valley. Après une soirée dansante et arrosée dans un restaurant-grotte, nous n'avons pas envie de rentrer à l'hôtel. Alors, nous prenons le parti de faire comprendre au chauffeur turc du bus de rouler au pas. Nous cherchons des mots dans des langues différentes jusqu'à ce que, en désespoir de cause et, surtout, en manière de plaisanterie, je lance « Mollo ! Mollo ! ». Compréhension et exécution immédiate. Cette injonction est courante dans le vocabulaire familier des machinistes. Elle signifie : aller doucement à la manœuvre. Par exemple : charger à l'amoureuse. Autrement dit, faire descendre lentement le rideau, afin qu'il ne se fasse pas voler la poussière. En revanche, il s'agit de l'appuyer (de le monter), il ne faut pas lui faire faire l'avion. Si le mot mollo est, selon les dictionnaires, apparu tardivement dans le vocabulaire du spectacle vivant – en 1933 -, il est courant, depuis longtemps, dans celui de la marine. Il vient du verbe mollir, utilisé en météorologie marine pour dire que le vent tombe. Or, théâtre et marine sont intimement liés. Les théâtre à l'italienne, à leurs débuts, ont engagé des marins, puisque ce type de théâtre nécessitait des compétences de la marine à voile. Les marins ont apporté leurs superstitions sur les planches en faisant de l'emploi de l'emploi du mot « corde » un interdit ; c'est dire le fatal si le mot « corde » échappe à un machiniste. Sur un bateau, aussi, d'autres mots comme bout (en prononçant le « t »), filin, ganse lui sont substitués. Non seulement par mesure de précision, mais aussi parce que le seul lien qui continue à s'appeler « corde » sur un bateau est celui de la cloche avec laquelle on salue les morts. Les suicides par pendaison qui eurent lieu ensuite sur une scène vinrent renforcer l'interdit. Sur un bateau, on ne mange pas de lapin : il ronge le chanvre des cordages. Un autre exemple de proximité entre la marine et le théâtre : la gamelle. Il s'agit d'une sorte de projecteur mobile placé sur un pied orientable, destiné à éclairer une partie du décor, et non pas les comédiens. Sur un bateau, la gamelle est la soupière pour chaque plat des matelots, composé de sept hommes. N'avoir ni quart ni gamelle, c'est n'avoir rien à faire à bord. A la Comédie-Française, une expression était utilisée dans les années 1970 : chercher la gamelle au frigo, chercher un projecteur dans l'une des réserves du théâtre, endroit non chauffé, où il faisait frigo... Sur un navire comme sur les planches, marins et comédiens sont embarqués sur le même bateau.

Le 19 mai 2015 à 09:30

L'ouroboros de la douleur

Le problème de l’argent, c’est que tout est fait pour qu’on n’y comprenne rien. Tout ce qu’on y comprend, c’est qu’on a beau faire tout ce qui est en notre pouvoir pour gagner un tout petit peu plus, à la fin, on perd toujours beaucoup plus que ce qu’on gagne. Comprendre l’argent est une activité à plein temps : il faudrait être payé pour ça ! D’où l’aplomb des économistes médiatisés, des experts en science du fric, des spécialistes des gros sous, des professeurs de pognonlogie : ils savent que nous ne comprenons jamais rien à ce qu’ils disent. Ou si peu. Tout ce qu’on comprend, et c’est pas une nouveauté, c’est que nos poches sont toujours un peu plus vides et celles de nos chefs toujours beaucoup plus pleines. Tout ce qu’on comprend, c’est que l’inégalité a atteint des proportions hyperboliques, stratosphériques, cosmiques. Et que tout, mais alors absolument tout, est fait pour qu’elle continue à s’accroître. Leur travail, leur mission, c’est l’accroissement de notre misère et le plaidoyer en faveur de nos chefs. Leur travail, leur mission, ce n’est pas de nous faire aimer cette situation, encore moins de nous la faire comprendre, mais de nous gronder pour nos tentatives de mutinerie, et de nous rappeler, gentiment mais fermement, à l’ordre. Et nous, notre épuisant travail, notre impossible mission, c’est d’appliquer à la lettre la chanson que Serge Gainsbourg avait écrit pour Régine : « Ouvre la bouche, ferme les yeux, tu verras ça passera mieux. Si les mouches entrent un peu, t’en fais donc pas pour si peu : ouvre la bouche, ferme les yeux. »  Il faut dire que c’est si pénible de réussir à être payé aujourd’hui. C’est presque un autre travail. Il y a d’un côté notre travail, et, de l’autre, il y a le travail d’être payé pour notre travail ! Remplir des formulaires, signer des contrats, produire des documents, renvoyer des mails, attendre trois mois, écrire, rappeler, insister. La mauvaise volonté est devenue une des stratégies les plus payantes de nos chefs : laisser traîner, ne pas répondre aux mails, faire le mort, tout faire pour qu’on oublie, pour qu’on se décourage, qu’on s’épuise… On est devant l’imminence de notre chèque comme devant la porte de la Loi dans la parabole kafkaïenne. On cherche en vain à comprendre ce qu’on doit faire pour l’obtenir. On présente nos numéros de Siret, compte en banque, sécurité sociale, Agessa, etc. On finit par mourir d’épuisement devant le gérant qui nous explique : « Ce chèque n’avait été signé que pour toi, mais maintenant c’est trop tard, et je vais le déchirer. » Qui veut gagner sa vie la perdra. Après L’Amérique, Le Procès, Le Château, il faudrait que Kafka revienne d’entre les morts et écrive un quatrième roman métaphysique inachevé qui s’appellerait La Banque.  Il y a pire que notre misère, il y a l’humiliation permanente que nous devons subir de la part de nos chefs. Ils n’en ont pas assez de nous voir pauvres ; ils voudraient nous voir à genoux, honteux, leur demandant pardon pour toutes nos croyances ridicules, toutes nos espérances idiotes et nos stupides chagrins. C’est déjà assez pénible de savoir que nous trimons essentiellement pour qu’une poignée de sales types engraisse comme des porcs. Il faut en plus qu’ils nous fassent honte. C’est déjà assez pénible de vivre selon les règles d’un jeu que nous n’avons pas choisi. Il faut en plus que ceux à qui ces saletés profitent nous fassent des émissions de télévision et des livres pour nous expliquer l’excellence de leur âme et la médiocrité de nos esprits. Pourtant ça se lit sur leur corps, qu’ils ont depuis longtemps quitté les verdoyantes vallées de la joie de vivre, et qu’ils s’épuisent en vain à grimper les arides montagnes de la fortune et du pouvoir. Et on leur laisserait volontiers le monde, « tous les royaumes et leur gloire », si la condition de leur folie n’était pas l’accroissement de notre misère. S’ils n’avaient pas besoin de mettre en pièces tout ce qui est beau et juste pour arriver à leurs fins.  On en arrive toujours au même point : la richesse est l’ouroboros de la douleur. L’argent fait souffrir tout le monde. Il fait souffrir ceux qui n’en ont pas et ceux qui en ont. L’argent fait souffrir ceux qui n’en ont pas en les séparant de ce qu’ils pourraient avoir, et en leur faisant honte de ne pas l’avoir. Et il fait souffrir ceux qui en ont en leur faisant craindre qu’ils pourraient venir à en manquer, et en les enjoignant à s’en préoccuper. L’argent est la pire des drogues. Dès qu’on commence à faire un peu d’argent, on veut toujours en faire un peu plus. Dès qu’on en fait beaucoup, on a l’impression de ne jamais en faire assez.  La solution n’est pas dans la création de richesses, mais dans l’organisation du pessimisme en matière d’argent. Ce qu’il faut, c’est tout faire pour que l’argent n’ait plus aucune valeur. Savoir que nous vivrons pauvres et mourrons misérables – mais tout faire pour que cette pauvreté soit la fenêtre vers des rapports plus justes, des relations plus belles, et cette misère la porte vers des combats plus intenses et des amours plus nobles. Se battre, non pour nous enrichir à la place de nos chefs, mais pour que ceux-ci ne détruisent pas davantage la nature, les animaux et les hommes dans leur voyage aller simple vers l’Enfer sur Terre. Se battre, parce que nous ne voulons pas de ce monde illusoire : né de l’intérêt, vivant par la corruption, crevant dans la solitude. Se battre, parce que c’est la seule façon d’accéder à quelque chose qui ressemble à un destin collectif. Se battre, parce que ce combat est la seule chose qu’ils ne peuvent pas nous prendre et, partant, la seule chose qui ne puisse pas être négociée.

Le 27 mars 2013 à 10:03

L'objet du délire #13

Tu peux pas.

Tu peux pas partir comme ça, allons, viens-là, tu vas pas finir comme ça, je t'ai dans la peau, je t'ai dans la tête, on a partagé trop de trucs salés, trop d'instants empilés, trop de secondes sacrées, tu peux pas, tu peux pas me laisser là, tout seul, tout nu sans toi, tu peux pas t'en aller comme ça, on a trop vécu, on a trop vu, trop lu, trop bu, trop entendu, j'étais là pour toi, t'étais là pour moi, on parlait pas, mais tout était là, le monde et les mots, les images et les sons, les jeux et les joies, mes doigts sur toi, ta glace sous ma pulpe, mes yeux dans ta voix, non, non, tu peux pas, tu peux pas t'en aller comme ça, tu vas faire quoi, tu iras où, je serai qui sans toi, rappelle-toi, la musique et le soleil et le printemps et les tempêtes et le métro et les voyages et les petits mots et les grands cris et ces silences et ces séismes, tu vois bien, tu peux pas, tu peux pas me laisser là, et les nuits grises, les sms tordus, l'alcool dans les circuits et les urgences et l'amour en trois lettres et la mort en six mots, je sentais tes pulsations, tu connaissais le goût de mes poches, on ne se quittait pas, partout, en haut, en bas, de travers, dans les zigzags, on parlait pas, tout était là, non, tu peux pas, tu peux pas t'en aller comme ça, je t'ai dans la peau, je t'ai dans la tête, je vais faire quoi, je serai qui, allez, me laisse pas, t'en vas pas, reste avec moi, où es-tu, reviens, reviens, me laisse pas. Me laisse pas. Putain d'Iphone.

Le 7 septembre 2010 à 17:26
Le 13 décembre 2011 à 08:35
Le 30 novembre 2014 à 09:22

Il vaut mieux avoir l'air conditionné que l'air stupide

Les bizarreries du langage

Quand le général de Gaulle se plaignait amèrement de la difficulté à gouverner un pays où l’on ne trouve pas moins de 258 sortes de fromages, c’était sans compter non plus avec les bizarreries du langage qui fleurissent aux quatre coins de l’hexagone. Que dire en effet d’une langue où l’on remercie un employé dont on n’est pas satisfait, où on lave une injure mais on essuie un affront, où l’on pose une question mais on soulève un problème, et où les malheureux qui sont dans de beaux draps passent des nuits blanches à force d’avoir des idées noires et du fait même n’arrivent pas à dormir sur leurs deux oreilles (moi non plus d’ailleurs)?Comment expliquer aussi la présence de l’estomac dans les talons, des pieds dans le plat, du chat dans la gorge, de la confiture chez les cochons, du rubis sur l’ongle, sans parler de la curieuse cohabitation des vessies avec les lanternes !Drôle de pays en effet où il ne faut pas confondre : scène, cène, Seine, saine ou chair, chaire, cher, Cher et où pendule est masculin entre les mains d’un radiesthésiste et féminin entre celles d’un horloger. Mais il y a mieux : amour, délice et orgue, masculins au singulier et féminins au pluriel ! Ce qui faisait d’ailleurs dire à Courteline :« Je ne me vois pas en train d’écrire : J’ai vu un orgue magnifique. C’est le plus beau des plus belles. »Quant à archives, fiançailles et ténèbres, ils sont, eux, condamnés au pluriel ! Bref, tout cela me paraît bien singulier…Curieuse langue enfin, où le mot mnémotechnique est si difficile à retenir…et où il vaut mieux finalement avoir l’air conditionné que l’air stupide.

Le 18 août 2015 à 08:05

Pouffe-pouffe !

Si on dit que le cerveau de l'homme se situe dans son sexe, on comprend mieux pourquoi ils veulent tous avoir le plus gros. On peut supposer alors que l'âme des femmes est dans la culotte. Certaines savent bien l'enfiler, cette petite pièce, et surtout l'ôter à bon escient. Je pense à toutes celles qui jouaient au radada avec un vieux macho rital et qu'il recasait dans son gouvernement. A celle, mineure, passée entre les crocs d'un footeux et dont la fortune fut faite grâce à sa chute de reins qui enthousiasma photographes et créateurs de mode. A celle bafouée par un président qui commit un best-seller baveux sur leur intimité. Et tant d'autres. Car qui dit batifolage dit tournicotage assisté dans les magazines people et autres plus sérieux (pour l'analyse socio-philosophico-machin du truc), les télés et les radios en vogue et les discussions de cafeterias, et là, bingo ! On ne peut plus se passer d'elles, elles font des films, écrivent des articles, traînent dans les places to be, deviennent égéries de sacs à main ou chroniqueuses dans des émissions qu'on déteste regarder, bref campent dans l'actu. Puis, à la toute fin de leur vie, elles nous révèlent qu'elles n'ont jamais été vierges et qu'elles se sont entraînées depuis toutes petites à entrer dans la grande compétition des pouffiasses de la planète afin d'être un jour au top et de réussir leur vie. C'est quand même plus marrant que d'être étalagiste chez Speedy, physionomiste dans une boîte à Gand ou branleuse de dindons (si, si, ça existe), concluent-elles dans un bruyant dernier soupir.

Le 9 janvier 2013 à 08:51

La mélopée des pierres

Le monde de la finance et de l’économie ne tournant pas rond, celui-ci prend tout sons sens dans les débats du Rond-Point. C’est ainsi que dans son excellente chronique La bulle de l’euro (version 1.0), Pierre-Antoine Durand, chroniqueur économique de ces lieux, nous éclaire brillement sur l’éclatement de la bulle de l’euro et ses conséquences désastreuses pour la Grèce (ou à cause de la Grèce, suivant que l’on se positionne du côté des spartes ou du côté du théâtre de l’Athénée, non loin des Champs-Elysées où la guerre de Troie n’a paraît-il jamais eu lieu). En guise de souffle zéphyrien, je me permets d’ajouter que si l’éclatement de la bulle monétaire est peut être à l’origine de la crise, il n’en est pas de même pour la pierre, dernière valeur refuge des marchés. Preuve en est avec Athènes où beaucoup se bousculent encore pour y visiter ses ruines. Et là, toute la question se pose. Comment ce berceau antique de la civilisation à qui l’on doit  des personnages aussi illustres et essentiels que Socrate, Platon, Aristote, Pythagore, Sophocle, Aristophane, Nana Mouskouri, a-t-il pu finir à ce point endetté ? Rappelons que le mot « économie » vient du grec “oikos” (la maison) et “nomos” (l’ordre). Dans Ethique à Nicomaque, Aristote dénonce l’accumulation de la monnaie pour la monnaie, activité contre nature qui déshumanise ceux qui s’y livrent, condamnant par là même le goût du profit et l’accumulation des richesses. Puisque, selon Aristote, cette activité se veut contre nature, alors pourquoi ne pas spéculer à présent sur quelque chose de plus naturel, à commencer par les océans marins : plus riches, plus vastes, plus diversifiés et d’une profondeur bien plus abyssale que n’importe quelle dette souveraine. Dans un monde suffisamment absurde pour vous faire culpabiliser de prendre l’avion avec votre tube de dentifrice en cabine, rien n’est impossible. Ainsi, nous pourrions spéculer sur la prolifération des algues, l’ouverture des plages boursières dépendrait des marées et le thon n’aurait qu’à bien se tenir. Le cours des actions marines fluctuerait au gré des alizés et le change des devises en fonction de la brise. Selon l’indice de la houle, les agences de notation balnéaires agiteraient des drapeaux de couleur verte, jaune, voire rouge en cas de grosse vague et risque d’effondrement des rochers sur les places côtières. Enfin, les embruns monétaires seraient régulés par le Fonds Marin International lui même administré par des phoques à vingt mille lieues sous les mers. Ah, j’oubliais, pour en revenir à la Grèce, que les marchés se rassurent, la Grèce reste l’un des pays les plus riches, riche de son histoire et de son passé et qu’elle peut être fière, elle, de ne pas voir sa star Nana Mouskouri s’exiler comme d’autres en Russie puisqu’elle réside en Suisse.

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