Jean-Michel Helvig
Publié le 26/10/2012

« Il y a dans l'extrême gauche de Mélenchon des composantes maoïstes, trotskystes qui appellent à la violence »


Jean-François Copé, « Des paroles et des actes » sur France 2, jeudi 25 octobre 2012

Passons sur les trotskystes, dont la génétique entriste en fait aux partis ce que le bernard l’hermite est aux coquillages. Mais les maoïstes, alors là c’est la stupéfaction. Depuis l’autodissolution de la Gauche prolétarienne en 1972 on pensait l’espèce disparue. Mais voilà le candidat à la présidence de l’UMP révélant au monde ébahi – et à son concurrent François Fillon coi – que les enfants de la GRCP (Grande Révolution Culturelle Prolétarienne) avaient faits des petits. 

Les petits livres rouges se sont multipliés comme des petits pains (au chocolat ?) Ce que la biodiversité marxiste y gagne, la sécurité publique y perd. La nouvelle menace la voilà ! Que fait la DCRI ? Elle aurait dû suivre à la trace les apprentis gardes rouges partis prendre des cours de ronéo au Népal, s’exercer au maniement de la dialectique chez les insurgés péruviens du Sentier Lumineux. A moins que le réel danger ne provienne de la formation clandestine aux techniques du dumping commercial, dispensée à Pékin par les nostalgiques du Grand Timonier. Tordu comme raisonnement ? Oui si l’on considère que dans ce dernier cas la place de notre cinquième colonne maoïste ne serait pas au Front de gauche, mais à l’UMP.  D’ailleurs, à bien observer, l’oval du visage de Copé ne rappelle-t-il pas celui de Lin Biao, et les épais sourcils de Fillon ceux de Zhou En Lai ? Au secours !

Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

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Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 12 septembre 2010 à 17:20

« Vous frappez les femmes qui ont déjà des durées de vie incomplètes »

Ségolène Royal, « A vous de juger » sur France 2, jeudi 9 septembre 2010

La dame du Poitou n’y va pas de main morte pour illustrer son propos sur la malfaisance, à l’égard des femmes, du projet de réforme gouvernemental reportant l’âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans. Au pied de la lettre ce n’est même plus  SOS-femmes battues, mais on achève bien les femmes foutues. C’était au cours de la seule grande émission de la télévision sur les retraites, dont François Fillon était la tête d’affiche et Ségolène Royal la « guest star. » Une prestation sans peur, saluée par la critique, mais pas sans reproches. Il est fréquent en politique que les mots se bousculent dans la bouche de l’orateur qui veut écraser l’interlocuteur de toute la force de ses convictions. Le risque est alors maximum, de lapsus ravageurs ou d’ellipses obscures. Chez Ségolène Royal on a bien sûr compris que le verbe « frapper » métaphorisait la brutalité de la réforme et que par « durées de vie » il fallait entendre « durées de cotisation ». D’autant que l’indignation féministe succédait à l’indignation sociale pour les ouvriers « frappés » également par les 62 ans. Mais, justement, si la réforme est globalement injuste, les femmes sont plutôt plus pénalisées encore par le passage de 65 à 67 ans du droit à la retraite à temps plein.  Précisément à cause des carrières « incomplètes ». L’intention était bonne, l’exécution malhabile, le ségolénisme reste un art à parfaire.

Le 18 octobre 2012 à 07:40

Copé, une Tourette bien à part

Peillon rouvre le débat sur le cannabis, Copé réclame sa démission. On a tort de s'étonner de cette réaction pour le moins excessive car si l'on étudie bien la biographie du petit Copé, l'on trouvera maints autres faits similaires. Naissance : Bébé Copé criait déjà "Démissiooooooon" en sortant du giron, trouvant que sa mère était dans un tel état de négligence lamentable, à suer les quatre fers en l'air, que les Français n'allaient pas le tolérer. Enfance : Devant la devise Liberté Egalité Fraternité trônant au fronton de l'école, Gamin Copé déclarait déjà à son instituteur "Démission, cher maître. Démission. Les chefs d'entreprise ne vont pas comprendre cette maxime, ça ne fait pas assez compétitif." Adolescence : Lors de son premier flirt, Boutonneux Copé s'offusquait déjà de la présence d'une pilule contraceptive dans le sac de sa petite amie : "Alors là ce n'est pas possible, moi je dis démission. T'as vu à combien ça revient pour la Sécu de se faire rembourser ces machins ? Il n'y a plus d'argent dans les caisses, ma pauvre ! Démission, carrément démission." Futur : L'invention tant attendue de la machine à remonter le temps a enfin permis à Papy Copé d'aller rétroactivement menacer de démission un certain Sarkozy Nicolas qui s'était jadis prononcé pour le droit de vote des étrangers alors qu'il n'était que ministre. "Justice est faite, il ne doit jamais être permis de dégrader à ce point sa fonction et de se désolidariser d'un gouvernement, ou sinon c'est définitivement démission dans la gueule, définitivement. Démission." Comme quoi, remercions-le au final, on va tout pouvoir revivre en mieux et on l'a pas volé.

Le 12 janvier 2011 à 09:01

« Dire que la Tunisie est une dictature univoque me semble tout à fait exagéré »

Frédéric Mitterrand, Canal +, dimanche 9 janvier 2010

Quand on tourne trop sa langue de bois dans la bouche avant de parler, on donne des verges pour se faire battre. Invité à réagir aux événements de Tunisie où, depuis trois semaines déjà, une révolte sociale et morale contre le régime Ben Ali est réprimée férocement par la police, le ministre de la Culture improvise une formule moins ciselée que celles dont il nous enchantait dans ses épopées de têtes couronnées, du temps où il s’appelait « Fred ». Qu’a-t-il voulu dire au juste en trouvant « exagéré » qu’on puisse avancer  que « la Tunisie est une dictature univoque » ? Beau diseur et fin lettré, il s’est peut-être risqué à suggérer que la dictature est un mot qui ne recouvre pas seulement un sens mais plusieurs ? Du point de vue des victimes ce n’est pas convaincant sur le coup. Ou plutôt sous les coups. Même une dictature qui ne serait plus « univoque » mais à l’inverse « équivoque » n’en serait pas plus supportable, l’ambiguité servant plus sûrement de masque à la terreur. Il était le premier des ministres du gouvernement Fillon à s’exprimer publiquement sur le sujet. Certains de ses prédécesseurs, rue de Valois, auraient saisi l’occasion pour se ranger du côté des « forces de l’esprit » (comme disait « Tonton »). Artistes matraqués, journalistes embastillés, bloggeurs hadopisés, les prétextes ne manquent pas en ce moment. Ça n’a pas suffi. M. le ministre de la Culture et de la Communication, bonsoâââârr…

Le 17 novembre 2010 à 19:34

« Au fond, ma détermination n'a rien changé »

Nicolas Sarkozy, TF1/France 2/ Canal +, mardi 16 novembre 2010

Aucune question ne lui ayant été soumise sur l’inflation, le président de la République n’a pas été exposé au pire dans l’exercice de la langue française, ainsi qu’il advint à Rachida Dati. Pourtant, employer à la place de l’auxiliaire de négation « pas », le pronom indéfini « rien », ce n’est pas rien. C’était énoncer l’inverse de ce qu’il a expliqué ensuite sur son volontarisme intact, en dépit des épreuves. Oublions un peu le couple Freud-Lacan pour les frères Bescherelle. On peut déplorer que la compétence de « veiller au respect de la Constitution » (article 5) qui est attaché à la fonction du président de la République, ne soit pas étendue à la grammaire de son pays. Il y aurait certes du boulot de rattrapage pour le petit Nicolas qui nous confiait le même soir : « Les choix de personnes sont toujours des choix qui demandent d’y penser ». Mais ce ne serait pas inutile car quand ça branle dans le manche syntaxique, tout peut s’effondrer, comme cette image d’un président ayant rompu avec la résignation de ses prédécesseurs, face aux contraintes du monde environnant. Sarkozy serait-il donc en train de se « chiraquiser » comme le suggère en outre le Revival RPR au Conseil des ministres ? La thèse est en vogue. Une autre, plus sophistiquée, le verrait plutôt en phase de giscardisation pour avoir foutu le bin’z dans son camp avec un trop-plein de réformes, avant de se retrouver flanqué d’un premier ministre indéboulonnable. Putain, dix-huit mois !Illustration : Arlette Chabot à l'issue de la prestation présidentielle

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