Marc Dubuisson
Publié le 07/11/2012

Only Humans


L'ex-créationniste

Marc Dubuisson est belge et a donc été obligé de faire de la BD alors qu’il voulait faire médecin ou Président de la République. Il est l'auteur de La Nostalgie de Dieu et du Complexe de Dieu parus aux éditions Diantre! et le scénariste du Sexe Fort est en péril et du Sexe Fort fait de la résistance parus chez Hachette. Il aime aussi beaucoup les fraises.

Son blog principal : http://blog.marcdubuisson.com

 

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Le 10 janvier 2011 à 20:02

Origines douteuses

Histoires d'os (6)

On avait découvert ses restes, à plusieurs années d'intervalle, dans une carrière du Sussex. De pauvres restes en vérité : un fragment de crâne humain et un débris de mâchoire qui ressemblait à celle d'un orang-outang. Le tout soigneusement emballé dans un environnement crédible. Il n'en fallait pas davantage à quelques scientifiques zélés pour y reconnaître le fameux « chaînon manquant » annoncé par la théorie darwinienne. Cette trouvaille hériterait du nom d’Eoanthropus et sèmerait une fichue pagaille dans les rangs partagés de la paléontologie. Car ce fossile remarquable contredisait toutes les découvertes effectuées dans les ravins d'Afrique de l'Est où s'imposait l'évidence d'un mécanisme évolutif tout à fait opposé, incarné par les Australopithèques. Aucun ancêtre de l'homme ne semblait devoir associer de manière aussi convaincante des caractères anatomiques simiesques et humains. Ce qui n’empêchait pas l'imposture de rassembler ses zélateurs. Et il fallut attendre une bonne cinquantaine d'années pour qu'elle soit enfin dénoncée. L'homme de Piltdown était un faux, une chimère fabriquée avec un crâne d'homme médiéval et une mâchoire d'orang-outang, vieillis, limés, traités pour donner l'apparence du vieux.Quelques années plus tard, le British Muséum organisait une exposition sur les origines de l'homme et le célèbre faux y occupait une vitrine de choix. Le commissaire d'exposition qui y promenait les étudiants, s'arrêtait souvent devant cette vitrine et il souriait avec malice afin de commenter de manière théâtrale : " N'en doutez pas ! Il s'agit d'un faux!" La valeur de l'original justifiait à elle seule le fait qu'on en expose une copie ? A moins d'y voir une manifestation du sens de l'humour britannique ?

Le 13 décembre 2014 à 08:26

Dieu : « J'aimerais tellement que les gens comprennent que je n'existe pas »

On croyait Ses voies impénétrables mais Il a pourtant choisi de se mettre en travers de notre chemin. Dans le journal La Croix daté d’aujourd’hui, le Seigneur a décidé de prendre la parole à l’occasion d’une interview où Il s’exprime sans détour. Le souverain céleste regrette notamment que les êtres humains ne soient pas davantage lucides sur le monde dans lequel ils vivent. Il condamne entre autres tous ceux qui affirment qu’Il existerait bel et bien et serait tout puissant. « Un dogme stupide et dangereux » Dans cette fameuse interview publiée ce matin, Dieu emploie un langage plutôt rude à l’égard de tous les croyants, au risque de choquer ses plus fidèles fidèles : « Franchement je sais pas d’où ils sortent tout ça. Le truc sur l’omniscience et l’omnipotence là… Et alors le couplet sur la bienveillance universelle, c’est sûr c’est beau et super optimiste mais ça manque profondément de réalisme. » Le Seigneur fictif invite ensuite tous ses fidèles à changer de comportement : « Je pense que les croyants actuels du monde entier devraient arrêter de s’accrocher à leurs histoires, sympathiques au demeurant, mais légèrement absurdes. » Dans cet entretien accordé au journal La Croix, le divin créateur décrit la surprise qu’Il ressent à voir des millions et des millions de personnes continuer à croire en lui depuis des milliers d’années : « Pourquoi les gens persévèrent-ils alors qu’ils n’ont aucune preuve attestant de mon existence ? Je trouve évidemment ça très honorable d’avoir la foi comme ça mais là ça me paraît un chouia excessif. » Une incompréhension qui s’accompagne d’un sentiment de tristesse en constatant les dégâts provoqués par ce qu’Il qualifie de « superstition de comptoir » : « La croyance en mon existence a engendré tellement d’atrocités. J’aimerais tellement que les gens comprennent que je n’existe pas. Je ne sais pas trop comment faire dans la mesure où ma marge d’action est quasi nulle. Pour l’instant je vais juste continuer à ne pas être. C’est le mieux que je puisse faire. » Le Vatican indigné Cette prise de parole de Dieu a très vite entraîné des réactions en chaîne sur les réseaux sociaux. « Courageux d’avouer ça publiquement ! », lance cet internaute sur Twitter. « WTF !!! Dieu qui s’exprime dans La Croix ? C’est sérieux ou quoi ? », lance, plus dubitative, cette autre utilisatrice. Mais la réaction la plus attendue était évidemment celle de Rome et de l’Eglise catholique. Et cette dernière ne s’est pas faite attendre puisque le porte-parole du Vatican s’est fendu d’un communiqué pour le moins virulent dans lequel l’Eglise condamne les propos du Saint-Seigneur : « Les paroles tenues par M. Dieu sont inadmissibles, même si elles restent divines. Il vient semer le trouble dans la foi de ses croyants.  Des croyants qui ont besoin spirituellement et psychologiquement de croire en Lui. Sans parler évidemment de toutes les conséquences économiques néfastes que ce genre de discours négationniste peut engendrer. »

Le 14 avril 2012 à 08:41
Le 8 septembre 2015 à 08:09

Une scientifique danoise pense avoir compris l'utilité du côté bleu des gommes bicolores

C’est un mystère de plusieurs décennies qui prend fin. Le Centre de Recherche Physique et Technique (C.R.P.T) de Copenhague  vient d’annoncer ce matin avoir défini à 99% la fonction de la fameuse extrémité bleutée des gommes. Cette partie précise de l’accessoire de dessin et d’écriture servirait finalement à effacer certaines traces bien précises. Progrès. Un autre genre de gomme La fabuleuse découverte a surtout été le fruit du travail de Maria Moltke, directrice de recherche au C.R.P.T. Cette dernière faisait part de sa joie hier lors d’une conférence de presse organisée pour l’occasion : « Avec cette avancée scientifique, nous dissipons un voile d’obscurité de plus de 250 ans. Je suis très fière d’avoir travaillé près de 5 ans sur le sujet et d’être arrivée à comprendre que la partie bleue des gommes bicolores est en réalité une gomme également. » Car selon les résultats obtenus par le Pr.Moltke, cette « gomme bleue » ne serait ni plus ni moins qu’un dérivé de gomme classique spécialement adaptée aux traits de crayons tenaces ou appuyés. Une fonction peu évidente et à côté de laquelle sont passés bien des scientifiques ou plus généralement des gens : « Depuis la nuit des temps, on a imaginé que la partie bleue pouvait se manger, ensuite que c’était un genre de capuchon comme sur les clés USB. Finalement, c’était bien plus simple que ça. » souligne la chercheuse danoise. L’annonce de cette découverte vient évidemment réjouir tous ceux qui ignoraient l’utilité de la « gomme bleue ». A commencer par les producteurs de gommes bicolores eux-mêmes, comme Pascal Dulot, qui gère une entreprise de fabrication de gommes à effacer dans le Tarn : « C’est fabuleux. On rajoutait ça sur les gommes roses classiques parce qu’on trouvait ça plus joli mais on n’avait strictement aucune idée de son utilité. Et il se trouve qu’en fait c’est une autre gomme. Les choses sont bien faites quand même. » S’attaquer à l’énigme des crayons porte-mines Après ce succès plutôt inespéré, Maria Moltke et son équipe de 40 chercheurs souhaitent porter leur attention sur l’un des autres grands mystères techniques de ce siècle et du précédent : l’incapacité de la dernière mine des crayons dits « porte-mines » à descendre lorsque l’on presse frénétiquement le ressort du crayon. « Il y a bien un bruit de mine quand on secoue le crayon près de son oreille mais quand on presse, rien ne sort. L’explication la plus simple voudrait que le corps physique de la mine disparaisse en fait dans une autre dimension alors que sa trace sonore reste dans la nôtre. C’est une hypothèse sur laquelle nous allons plancher dès maintenant. » a déclaré la scientifique danoise.

Le 18 août 2010 à 14:45

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (5)

Poitiers, seule destination touristique qui vaille cet été. Poitiers ? Oui, oui, pourquoi pas. De familiers étrangers n’ont pas hésité, eux, à accomplir le déplacement dans la Vienne : scouts, explorateurs en casque colonial, étudiants en blazer, guerriers goths, gangsters, écoliers, cow-boys, siroteurs de thé, joueurs de cricket, tous les personnages fétiches du Glen Baxter, ces effigies tirés des récits populaires destinés à la jeunesse britannique avant-guerre et propulsés dans une modernité culturelle qui ne trouble nullement leur flegme. Ils s’étalent dans une dizaine de sites de la capitale poitevine jusqu’au 12 septembre. Tel ce bandit brandissant son colt à peine dissimulé derrière une sculpture filiforme : « Tex comprenait subitement que c’était peut-être une erreur de se mettre à couvert derrière le Giacometti. » Ou ce cow-boy juché sur son fier destrier, en arrêt devant une grande toile : « découvrir Monet pour un choc pour nous deux. » Dans ces saynètes anachroniques, genre « drôle d’endroit pour une rencontre », la légende relève de l’incongruité : propos philosophique, constat fataliste, légère perplexité, jeux de mots qui échouent à conférer une rationalité au dessin. De là naît un humour singulier, ce non-sens surgi du carambolage des époques autant que de logiques antagonistes. Marqué par les westerns de John Ford, influencé par Raymond Roussel, Max Ernst et Magritte, Glen Baxter surnommé le Colonel est devenu célèbre au milieu des années 1970 au point que ses œuvres, bien avant l’hommage rendu par la préfecture de la région Poitou-Charentes, ont été exposées à New York, à Londres et Paris. Enfant, Glen Baxter était bègue, comme Démosthène, comme Louis Jouvet et tant d’autres. L’art leur doit beaucoup. Détours dans l’imaginaire, passion des mots, différence de styles qui rejoint l’universel. A l'encre de chine et au crayon gras, Glen Baxter dessine nos rêves fomentés dans des nuits sans sommeil, des rencontres qui se foutent du bon sens.

Le 6 septembre 2015 à 08:59
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