Romain Boussard
Publié le 18/11/2012

Toute première foi


Ancien étudiant en coloriage et pâte à modeler reconverti dans le dessin d'actualité. 
http://rboussard.canalblog.com/
 

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Le 8 décembre 2011 à 08:03

Chronique Rurale

Premier jour : le Mont St Michel dans le lointain

> Premier épisode                    > Episode suivantAu premier jour sur place, rien ne se passe. Je dois juste dire que la pluie mouille. Je suis arrivé à 7h30 par le train et la pluie tombe depuis sans discontinuer. Les champs semblent remplis de vaches idiotes et joyeuses qui pataugent dans la gadoue. Sur la route toute droite que j’empruntai ce matin avec la mobylette grise prêtée par le Curé, le goudron luit. Le ciel est fort bas, ça fait presque mal au crâne.  Pour informer le lecteur, je dois dire que je ne suis préoccupé en cet instant que de mon propre moi-même et de la question du pourquoi de mon existence stupide en cette époque stupide. Depuis une semaine, impossible de me souvenir si je suis une fille ou un garçon. Il y a une sorte de confusion absolue des genres, une hésitation quant à l’identification des comportements sexués que je m’attribue. Je crois que la notion de genre a définitivement basculé dans l’oubli, et que je cristallise en ce moment- même ce basculement Historique. J’ai l’étrange et égocentrique sensation de me trouver en un point central de l’Histoire et des événements, ici, au milieu de cet océan d’herbe humide et de bouses de vaches, et qu’il y a comme un cœur universel qui bat, que tous les regards sont tournés vers moi, que je porte une sorte de responsabilité autour du cou qui me prend à  la gorge.  Oppressé, je m’installe soudain dans une cabine téléphonique abandonnée, dont le combiné ne semble relié à rien, je m’assois sur le genre de rebord en métal inconfortable que l’on trouve toujours à l’intérieur des cabines, je regarde une mouche buter bêtement contre la vitre, et j’attends. Si je cligne un peu les yeux, je peux voir le Mont St Michel dans le lointain. Ca me fait penser à la Mère Poulard et à un grand parking avec des bus.  Maintenant je dois mettre mon programme à exécution. Je dois passer à la phase active de mon plan. Il n’est plus question de reculer. Il faut avoir des couilles. Si j’en avais de grosses, ce serait d’ailleurs un indice probant quant à mon identité sexuelle.

Le 24 juin 2011 à 08:50

La plante verte qui sèche

Une plante verte et grasse qui n’a pas vu la lumière depuis des mois sèche l’ambiance dans un pot ivoirin. Autour, des murs crèmes, des liserés bleus, rouges et quelques affiches qui commencent toutes par « vous ». Oui, NOUS qui venons régulièrement attendre là sur des chaises en fer noir, suspendues aux murs de crainte qu’on ne les vole. Cet endroit est fait pour nous. On y entre sans dire bonjour, finalement on est chez nous, on ne se salue pas quand on rentre chez nous. Un sas, deux portes battantes et on s’arrête dans le hall, les pieds dansants sur le lino maculé de traces de pas. La queue devant l’accueil, petit meuble ikéa blanc avec deux pupitres mais une seule hôtesse. On patiente devant la marque au sol, sticker bleu et blanc, disposé à quelques mètres avec la mention : stop discrétion. Zone de replis pour observer l’intimité de l’autre qui dialogue avec la conseillère, ne pas entendre des fois qu’il ait trouvé, lui. Cinq minutes et déjà la file augmente. Jeunes, vieux, hommes, femmes, courrier de convocation à la main flanqué d’un grand « e » comme espoir, se serrent pour laisser entrer les derniers coincés dans le sas. Fébriles gens qui regardent leurs chaussures, tripotent leurs papiers, s’angoissent du rendez-vous. Les visages sont graves, la honte est proche, certains se reconnaissent, très peu se parlent. Et la circulation se fait, trois pas en avant, stop discrétion et le saut vers les pupitres. Papiers tendus, sourires crispés, on va nous recevoir. Attente sur la chaise noire, les affiches colorées qui nous parlent et au centre la plante verte qui sèche.

Le 24 juillet 2015 à 08:30
Le 3 décembre 2014 à 08:02

Le grapheur qui taguait son vrai nom interpellé par la police à son domicile

Amiens – La police vient d’annoncer la fin du cauchemar pour tous les habitants d’Amiens qui vivaient dans la peur depuis plusieurs semaines par la faute d’un seul homme. Celui qui terrorisait la population en taguant son propre nom sur les murs de la ville vient d’être interpellé ce matin à son domicile, sans opposer de résistance. Le vandale s’en prenait depuis plusieurs semaines aux édifices publics de sa ville avec un seul et même tag reproduit lors de chacune de ses sorties nocturnes. Derrière lui, le grapheur ne laissait qu’un seul indice : le nom Alfredo Perez que les enquêteurs ont retrouvé sur le lieu de chaque dégradation. Un nom qui finira par trahir le jeune artiste. Joachim Hourtin fait partie de l’équipe de police mobilisée depuis l’apparition des premiers tags. Le policier se souvient des premiers jours de l’enquête. « On avait très peu d’éléments, le grapheur semblait choisir les cibles au hasard. Le seul indice que nous avions, c’était ce nom : Alfredo Perez » raconte-t-il. Pendant plusieurs semaine, le tagueur se joue de la police, et fait de plus en plus parler de lui. « Les gens étaient angoissés de voir que l’enquête était au point mort. Nous avons donc fait ce que tout bon policier doit faire dans cette situation : consulter un médium » poursuit le policier. Le commissariat fait alors appel à Marjorie Yaloua, et à ses capacités hors du commun. Le policier se rappelle que dès l’arrivée de Marjorie Yaloua, l’affaire commence à avancer avec une première piste sérieuse, qui s’avérera la bonne. « Elle a pu lire dans un billet de 200€ que le nom d’Alfredo Perez pouvait être un genre de signature, ce qui est très courant dans le milieu du graff » commente-t-il. À partir de là, les policiers effectuent les vérifications classiques et découvrent le nom d’Alfredo Perez dans l’annuaire mis à disposition par le bistrot situé en face du commissariat. Dans la foulée, ils procèdent à son arrestation en se rendant à son domicile « Nous avons découvert de nombreuses preuves. Il avait même poussé le vice jusqu’à mettre un tag sur le mur de son propre immeuble » raconte le policier qui devrait bientôt être décoré pour son courage dans cette affaire.

Le 25 août 2015 à 08:27

L'inventeur du sac-banane se cachait depuis 35 ans au Chili

Franck O’Neil était recherché par l’impitoyable brigade du bon goût (BBG) depuis 1980 pour avoir conçu et commercialisé le sac banane. Après des années de cavale, le jeu de cache-cache s’est finalement terminé dans la ville de San Pedro de la Paz au Chili. Une enquête minutieuse et un travail de fourmi La BBG a dû recueillir un nombre impressionnant de témoignages et de preuves contre Franck O’Neil, le désignant comme la tête pensante du projet « sac-banane ». Ce programme de destruction massive et systématique des looks passait par la popularisation d’un accessoire de rangement porté à la ceinture, un type très spécial de sacoche souple dont la forme allongée rappelle celle d’une banane. Si Franck O’Neil s’est caché durant toutes ces années, c’est qu’il ne souhaitait pas subir le même sort que l’inventeur de la chemisette (dont les ravages se constatent encore aujourd’hui dans de nombreuses entreprises), pendu haut et court avec une cravate en soie. Franck O’Neil a alors changé d’identité, et a tissé des liens d’amitié avec un grand nombre de narcotrafiquants du Chili qui utilisaient ses sacs-banane pour dissimuler leurs armes ou leur drogue locale (du guacamole). Aucun remords, aucun regret Ces sacoches, qui pouvaient parfaitement arborer des couleurs flashy et fluorescentes, ont explosé durant les années 1990, faisant la fortune de son créateur, et ridiculisant des millions de pauvres gens à travers le monde. Franck O’Neil se cachait depuis le début chez un vieil ami allemand : le Dr Von Hortsman (dit « Le boucher de Francfort »), inventeur du pantacourt et connu pour avoir popularisé le port de la chaussette avec des sandalettes. Franck O’Neil, lors de son arrestation, n’a montré aucun remords, et a même hurlé devant une foule de badauds : « Les sacs-banane reviendront et vous mourrez tous ! ».

Le 9 mars 2012 à 08:50

"Nous voterons Sarkozy parce qu'il y a quelque chose d'indéplaçable en lui, parce qu'il pose franchement cette question : de quelle vérité l'homme est-il capable ?"

Igor et Grichka Bogdanoff, Le Parisien, 9 mars 2012.

Les deux plus fameuses protubérances mentonnières de l’univers connu, viennent d’apporter au Président-candidat, un soutien qui va lui faire chaud dans les tuyères. Un soutien cosmique à tous égards.  Il faut être capable de penser en cinq dimensions (au moins) pour justifier la réélection d’un sortant au motif qu’il est « indéplaçable. » A notre misérable échelle humaine, on pense qu’au terme de cinq ans à un poste où il n’aurait pas spécialement brillé – à en croire des sondages terrestres divers et concordants – son déménagement définitif de la rue du Faubourgg Saint-Honoré serait d’une logique démocratique banale. Errare ! Ces anciens présentateurs de l’émission « Temps X » sur TF1 (une sorte de journal  de la science hard), sont les messagers d’une opinion intersidérale attribuant à Nicolas Sarkozy l’immanence définitive tant sa masse développe d’énergie :  E= M6, si l’on préfère résumer d’une équation cette brève vulgarisation de la pensée bogdanovienne. Assurément un homme qui descend parmi les hommes, pour leur délivrer des vérités dont ils ne seraient pas rendus compte par eux-mêmes,  leur démontrer qu’en osant tout on peut tout, alors oui cet homme-là est d'une autre dimension. Et on ne s’en débarrasse pas comme ça, sur le coup d’une humeur électorale. Un de ses prédécesseurs n’a toujours pas été déplacé de la croix où des jaloux l’avaient cloué.

Le 25 juillet 2011 à 08:24
Le 7 mars 2012 à 10:54
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