"Mieux vaut un cheval qui laboure qu'une vache qui meugle"
Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate, ancienne ministre du Logement et de la Ville, communiqué du 12 mai 2010
De nouveaux
passagers ont embarqué sur l’Arche politique grâce à une Christine Boutin qui,
pour être pieuse, ne tend pas toujours l’autre joue quand on la soufflette. Marine Le Pen avait lancé la veille,
pour couper court à toute rumeur d’alliance FN-UMP : "être la Boutin
du gouvernement Sarkozy, non merci!". Chez les Le Pen, le jeu de mot est héréditaire,
mais d’une génération à l’autre, il ne tombe plus sous le coup des lois
antiracistes mais anti-sexistes. Si
les animaux avaient des droits – d’aucuns plaident pour que l’ONU s’attèle à
une Déclaration universelle en ce sens – il se trouverait bien des plaideurs
pour faire valoir en outre le préjudice moral subi par la race bovidée, ravalée
aux rangs des inutilités. Dans
une approche plus macro-économique des choses, on opposera à Christine
Boutin que cela fait bien longtemps que le tracteur a éclipsé l’équidé dans le
travail des champs et que, à tout prendre, la vache a conservé le mérite irremplaçable
de produire du lait et assurer
ainsi un revenu régulier à ses maîtres, même si, on en convient, le prix du
lait ç'a eu payé, mais ça ne paye plus forcément.
Pour
néanmoins réconcilier l’écurie et l’étable, rappelons que rien n’est plus vache
en politique qu’un vieux cheval de retour.