La résistance passive
Forme de lutte efficace, à défaut d’être virile, la
résistance passive est le phénomène de défense qui nous pousse à toujours ne faire que le minimum, à obéir aux ordres au pied de la lettre, et
surtout, à ne pas intervenir si nous constatons des erreurs pouvant
compromettre le projet sur lequel nous travaillons. Les plus audacieux iront
jusqu’à commettre eux-mêmes des erreurs, mais seulement si elles restent assez
infimes pour qu’on ne puisse pas leur reprocher. Ils
privilégieront en revanche celles qui auront les conséquences les plus catastrophiques. La résistance passive nous permet de lutter contre un chef
tyrannique, de travailler dans une entreprise avec laquelle nous sommes en profond désaccord, de conserver notre emploi même s’il nous ennuie. Elle peut être
consciente ou inconsciente, ça n’a pas beaucoup d’importance. C’est grâce à
elle que les footballeurs ratent un but à bout portant, que les politiciens
jurent comme des charretiers en face des caméras, que les traders perdent des
milliards. C’est donc un phénomène éminemment salutaire. La prochaine fois, nous parlerons d’une autre forme de lutte ;
l’indigence citoyenne.