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Publié le 21/06/2010

Je crois que les pâtisseries d'hier mangées à mon dîner pour égayer ma solitude ont contribué à me donner ce matin la plus affreuse et la plus durable morosité.


Eugène Delacroix, 9 mai 1850

« Si vous voulez avoir des idées propres, changez-en comme de chemise. »
Francis Picabia 

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Le 6 mars 2012 à 08:38

Tandis que je peigne la girafe

Ou : Du bâillement

Tout en échouant lamentablement à me trouver une occupation récréative durant les dernières heures qu’il me restait à acter de ma présence chez mon employeur avant mes congés estivaux, je tombai complètement par hasard, mais pas tant que ça, puisque, surprise par mon propre bâillement, je m’étais mise en devoir de tout apprendre à propos de ce mystère humain encore non tout à fait résolu, sur une information extrêmement intrigante elle aussi. La girafe ne bâille pas.Le poisson bâille, l’oiseau bâille, le reptile bâille, le mammifère bâille, tous les vertébrés bâillent. Et la girafe ? Non. Avec sa langue bleue et sa manie de dormir debout, c’est plutôt le genre à faire son intéressante. “Coucou, je suis la girafe, je suis bizarre, et je fais plein de trucs bizarres, pour que tout le monde soit bien jaloux, ha, ha, je suis BIZARRE, je suis la GIRAFE, et pas toi. Ni toi. Ni toi. Non, toi non plus. Ha, ha.”Ensuite je suis partie en vacances, et après plusieurs jours de repos obligatoires passés à ne rien faire dans l’ensemble, ce qui est une activité reposante, certes, mais peu gratifiante au bout du compte, j’ai repris mon occupation salariée et mes pérégrinations wikipédiennes, sans plus penser à la girafe. Jusqu’à l’invitation impromptue d’une amie à visiter Thoiry, idée saugrenue s’il en est, qui m’a replongée dans mon obsession girafienne. J’erre ainsi mollement dans l’open space, répétant en boucle giraffa camelopardalis (c’est du latin), ce qui semble inquiéter légèrement mes collègues qui jettent des appels au secours du regard à mon supérieur hiérarchique, dont le teint hâlé me fait penser qu’il a sans doute une maladie de peau à en juger par les taches brunes qui commencent à apparaître sur son pelage jaunâtre. Il faudrait peut-être qu’il ait une discussion avec sa femme, parce que ces petits bouts de corne qui commencent à lui pousser sur le crâne ne m’inspirent rien de bon non plus.

Le 24 mars 2015 à 09:32

Logique séparée du monde de l'autre

« or before I go stark mad with the uncertainty of things & the inability to continue a quiet programme of solitary nocturnal writing » , H.P.  LovecraftL’autre est devant et agit pour moi. C’est un choix par défaut. On n’a pas trouvé autre chose pour l’instant. Il accepte. Il n’a pas le choix. L’autre de soi est la construction qu’en avant sans cesse on construit pour être protégé des bruits, des visages, des paroles, des actes : leur monde ne nous convient pas. Il en souffre, mais moins que moi. Il a confiance. C’est ensemble. La nuit ici est favorable. La nuit est un écran. La nuit est scène où nous avons construit nos ruines, celles qui nous conviennent. On soutient dans l’espace le passage des phrases. Elles sont fragiles. Elles ne supporteraient pas le monde gris, et froid, le monde avec l’argent, le monde avec les formalités, les courses, les heures salariées, les chemins contraints. J’ai rompu progressivement. On s’est dissocié progressivement. Si je tendais la main à travers l’écran, je rejoignais les choses grises et concrètes, dont le contact me déplaisait. Le destin du monde m’indiffère, l’aventure est finie. On a assez sédimenté. Il suffisait de se retourner. Alors je suis entré dans l’écran, et maintenant, lorsque ma main passe à travers ce sont elles, les phrases que je tends dans la nuit. Et ce sont toutes les phrases et les visages et le grand silence du passé. Ceux-là, qui oeuvraient, sont mes frères. Il en viendra d’autres, heureusement, dans le monde gris qu’ils ont repris. Je les salue à distance. C’est l’avantage d’être soi et son autre – on continue ici les corvées mais c’est lui qui fait le travail, et passé l’écran il y a les phrases et la nuit. Il y a une seule phrase. Au bout de la phrase il y a un blanc. C’est la partie qu’on doit réaliser soi. L’autre va son chemin, on a peine pour lui, c’est l’argent c’est les trains et c’est l’état usé du monde. Là on doit juste compléter la phrase dans la nuit, on est dans les grandes constructions où on arrive en traversant l’écran. Je n’ai plus de maison parce que je n’ai plus de monde. C’est la tâche de l’autre avec tous les autres. Ici où on marche on se salue de loin, on est nombreux les travailleurs dans la nuit de l’écran et les grandes constructions dans la nuit. Parfois l’autre revient. On essaye que ce soit plus possible. On se tient, on se serre fort. On est même et autre. On n’a pas vraiment besoin de se dire. Il y a si longtemps, quitté le monde, que j’ai plus besoin de dire, ni à lui ni à personne. La phrase à construire dans la nuit, le fragment de phrase qui est nôtre, n’exige pas qu’on parle ni qu’on dise. Il se réalise pour lui-même et n’appartient pas au monde, là où sont les mauvais vents, le mauvais gris, le terrible bruit et l’impasse de ce qui finit. Je ne dis pas que nous ayons choisi cet équilibre. Je ne dis pas que cet équilibre nous convienne. Je dis encore moins que je n’aie pas nostalgie du monde, et regret de la retraite dans la nuit de l’écran, où seul le passé parle, et que ce fragment de phrase qu’il nous revient de faire est déjà désigné par la vieille nuit et lui appartient. Je dis que l’autre et moi, ou le contraire, on s’en accommode parce que. Il y a ici de la beauté. Le seul truc curieux c’est quand lui, parfois aussi, parfois quand même, le dit aussi.

Le 21 avril 2012 à 08:54

Spleenons

Quand elle me prend dans ses bras, qu'elle me parle tout bas, je vois la vie en gris, ma fidèle compagne, ma déprime. Un jour on se réveille et tout est triste : c'est la dépression, on est nervous breakdown. On fait bouillir le café du bout du nez, tout est foutu, vanité des vanités, cette corde est trop courte, ce lustre trop fragile, ce troisième étage crie tétraplégie, tout est contre nous. Qui plus est, en toute lucidité, on le sait, c'est médicalement presque prouvé, la dépression est un virus de l'âme qu'il ne faut pas cracher aux visage des autres. J'irais plus loin, c'est une gastro de l'esprit. Un rien nous fait chier. Cachez ces couleuvres que je ne saurais avaler, vous me faites tous vomir ! Que fait Dieu, grand architecte à la retraite (ne parlons pas de ses annuités), je vous prie ? Lui seul le sait. Un jour que j'avais cru comprendre qu'un de mes ennemis (trop nombreux malheureusement, et oui, je suis aussi paranoïaque) était mort, je me suis écrié : « Dieu existe ! » En fait, Dieu n'existe pas, et cet homme vit encore à l'heure où j'écris ces lignes. Enfin bon, Dieu existera sûrement un jour, après tout, nul n'est éternel. Le bonheur, quittant à pas feutrés le domaine des souvenirs, s'est glissé sournoisement au milieu d'autres hypothèses improbables qui hantent mon subconscient, il gît désormais entre l'amour et la justice. A cela, il n'est point de remède. Au jour de l'entretien Pôle emploi, je n'ose m'indigner auprès de ma conseillère de peur de la contaminer. Qui osera nier ma philanthropie ?

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