Sebh Leouf
Publié le 01/12/2012

Nos amis des autres mondes


Sebh ne sait pas se décrire car personne ne lui a appris. Tout ce qu’il sait faire c’est dessiner des gens qui donnent leur avis sur www.lapin.org, ou des multitudes de personnages enchevêtrés dans des accumulations agglomérées et bourrées de références acidulées sur son site : www.sebh.tk

 

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L'Anachronique : Interlude ou coup de foudre à Villacoublay

> épisode précédent   Vous avez tous entendu parler de cette histoire au sujet du coup de tonnerre qui est venu frapper, en plein vol, l’avion du Président de la France réunifiée. Cette affaire méritait quelques éclaircissements, aussi j’ai mené ma petite enquête, sous le nom de code « soleil radieux sur l'aile du désir ». Ainsi, je puis vous affirmer que deux raisons principales — associées ou dissociées en fonction du régime politique en vigueur dans la communauté européenne — auraient participé au déroutement de l’aéroplane présidentiel. La première solution trouve ses fondements dans la géopolitique et les relations économiques entre la France et le pays de l’Oncle Sam. Pour synthétiser, le Président étatsunien aurait simulé une attaque à l’arme climatique et écologique sur l’un des trois turboréacteurs du Falcon de notre chef d’État, et ce, afin de lui montrer que les Américains restaient les maîtres du Monde et des vols financiers entre les différents systèmes bancaires de la planète, en dépit des zones de pressions diplomatiques.  La seconde solution donne le premier rôle à l'ex-dirigeant de la France. Ainsi, dans un petit coin sombre de l'Élysée, Nicolas S. (dont je dois taire le nom pour raisons inhérentes à la sécurité nationale) aurait préparé un rituel chamanique avec un aéronef en papier, une poupée à l’effigie du nouveau Président de la France (libre ou libérée ?) et une mèche de cheveux dérobée à la chancelière allemande Angela M.  À tous ces ingrédients, Monsieur S. aurait ajouté un cube de bouillon « magie noire » avec quelques incantations gutturales, et le tour aurait été joué ! Chers compatriotes, vous savez, désormais, qu'un avion peut en cacher un autre...

Le 5 octobre 2011 à 08:56
Le 29 décembre 2015 à 08:30
Le 20 janvier 2015 à 15:07

Oecuménique amer

Bonjour. Il me semble que j'avais une place de chroniqueur ici, mais je n'ai plus rien écrit depuis longtemps, il me semble, même si je n'ai jamais vraiment eu la notion du temps. Mais que voulez-vous, Dieu, c'est pas mal de boulot. Il faut créer la Terre et les Cieux, recevoir les prières, accueillir les âmes défuntes, organiser les tournois de ping-pong. Heureusement que j'ai quelques collègues, sinon je ne m'en sortirais pas.   En plus, je ne sais pas ce que vous avez fichu, au juste, mais St-Pierre est dans tous ses états. Il paraît que vous avez décidé de tous vous appeler Charlie et que c'est l'enfer à gérer au niveau des registres d'entrée. Il a marmonné que si ça continuait, il allait mettre la clé sous la porte. En plus, il y a des petits nouveaux qui ont débarqué récemment, qui chahutent beaucoup. Normalement, on devrait pas les accueillir ici : les catholiques vont au Paradis, les protestants au paradis, les bouddhistes se réincarnent en loutres s'ils ont été bons et en humains s'ils ont mal agi, les athées vont au bistro. Mais eux, ils voulaient absolument passer un moment voir des saints.  Ils sont sympas d'ailleurs ceux-là. Depuis le temps que je cherchais à relancer l'atelier dessin, ça va apporter un peu de nouveauté. Léonard est pas hyper content, mais bon les jocondes et les cènes, ça va 500 ans et c'est quand même beaucoup plus drôle avec des poils et des nichons.    Justement, à propos de dessins et d'entraide, il y a un collègue, Allah, qui a l'air un peu préoccupé, en ce moment. Je sais pas si vous le connaissez. Il est nouveau, dans ce métier, à peine quatorze siècles. Mais son affaire marche bien. Je l'avais pas mal aidé à se lancer, au début, je lui avais prêté quelques prophètes. Même le Petit avait donné un petit coup de main. Je lui avait aussi dit : "prends un pape, ça aide et puis c'est rigolo", mais il a refusé. Il a dit "non mais je vais leur laisser un manuel d'instructions suffisamment clair, avec plein de sourates, ça passera tout seul". J'ai trouvé ça bizarre, mais j'avais compris souris, il faut dire. Résultat, il se trouve lui aussi avec plein de petits nouveaux qui essaient de passer par l'entrée des Martyrs alors qu'ils sont attendus à l'entrée de service, à côté des poubelles. Il a peut-être pas tort, d'ailleurs. Le mien, de pape, je suis en train de le perdre. Au début, je l'aimais bien. Le Petit m'avait assuré que c'était un pape moderne, qu'il allait me reconnecter avec mon électorat, des trucs de marketing, ça sonnait bien. Et puis là, il sort "si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s’attendre à un coup de poing, et c’est normal". Moderne, je veux bien, mais de là à se mettre à parler comme le premier petit caïd de cour de récré venu, je sais pas si je suis prêt à franchir le pas.   Mais je digresse, je m'égare, et j'ai un tournoi de ping-pong à préparer. C'est pas mal, le ping-pong. Un excellent moyen de résoudre les conflits. Vous devriez essayer, un peu.

Le 20 décembre 2011 à 08:47

Les étranges animaux du plâtre

Histoires d'os 23

A Montmartre dont le nom évoque aujourd’hui une toute autre vocation, l’exploitation des carrières de gypse pour la fabrication du plâtre a été, durant plusieurs siècles, une activité florissante à l’origine d’un vieux dicton typiquement montmartrois: “Il y a bien plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre”. Une industrie dont on oublie qu’elle contribuait alors à faire tourner les ailes des moulins (qu’ils soient rouges ou d’une toute autre couleur) et dont les revenus justifiaient l’existence d’une commune indépendante. Laquelle s’en souviendrait en 1870.   Mais cette exploitation ancienne devait également avoir des conséquences inattendues sur l’histoire et la promotion d’une science débutante : la paléontologie. C’est en effet dans le gypse des carrières de Montmartre que Georges Cuvier mit à l’épreuve sa méthode de l’anatomie comparée et qu’il identifia le squelette fossile d’une sarigue, petit carnivore marsupial connu en Amérique grâce à un proche cousin baptisé opossum.   Un marsupial à Paris, comme dans le bush australien ! L’audacieuse conclusion du célèbre naturaliste avait de quoi surprendre plus d’un esprit perplexe. Elle obligeait à réviser quelques images obligées concernant le climat montmartrois. Elle apportait surtout la preuve qu’avant le chat tigré de gouttière et le piaf parisien, des faunes très différentes avaient jadis vécu sur la Butte. Qui n’était pas encore une butte, mais une lagune tropicale.

Le 31 juillet 2011 à 08:11

Réquisition d'un Mosasaure

Histoires d'os 16

Découvert à Maastricht en 1770, le Mosasaure, « Grand lézard de la Meuse », devait susciter de nombreuses convoitises en dépit de son aspect assez peu sympathique et de ses redoutables mâchoires. Racheté par le docteur Hoffman, un chirurgien local, il faisait d’emblée l’objet d’un litige entre son acquéreur et un certain chanoine Godding, propriétaire du terrain où les mineurs l’avaient exhumé. Ce dernier, se référant à un ancien droit féodal, réclamait devant les tribunaux la propriété du fossile et finissait par l’obtenir. Une bonne vingtaine d’années plus tard, les armées révolutionnaires françaises faisaient le siège de Maastricht et bombardaient le fort Saint Pierre à peu de distance de la maison où le chanoine gardait son trésor en lieu sûr. Ayant eu vent de son existence et conscient de l’intérêt que le monstre antédiluvien pouvait représenter aux yeux de la jeune République, un élu du peuple proposa une récompense de 600 bouteilles de vin à qui le dénicherait et le rapporterait. L’offre était alléchante. Il ne fallut pas vingt-quatre heures avant qu’une bande de grenadiers ne mettent la main sur l’animal. Ramené manu militari à Paris, le fossile réquisitionné comme un butin de guerre  bénéficiait d’une place d’honneur au Muséum d’Histoire Naturelle, ainsi que du titre prestigieux de Patrimoine national. Il y demeura jusqu’en 2008 avant d’être restitué au Musée de Maastricht où il sourit de toutes ses dents aussi aigues que des poignards.

Le 28 août 2014 à 08:41

Travailler tue. Ne pas travailler aussi

La stratégie des dinosaures

Dès qu’on essaye de nous faire croire que des choses saines sont excitantes, il y a anguille sous roche. Comme ces gens qui disent que le travail, c’est la santé. N’importe quoi. C’est totalement idiot. Si c’était le cas, les médecins prescriraient du travail, pas des médicaments.Remettons les pendules à l’heure : le travail est une maladie. On ne s’en aperçoit pas, parce qu’on est payé pour cette maladie. La stratégie est brillante.Regardez les gens dans le métro à six heures du matin, vous verrez sur leur visage que le travail n’est pas une chose saine. Il est moins dangereux d'avoir la grippe ou un zona que de travailler. C'est un virus virulent qui vous pourrit la vie pendant quarante ans.Je pensais à ça après avoir vu un documentaire sur la disparition des dinosaures. C’est fascinant de penser qu’une espèce qu dominait la planète a subitement disparu. Il y a plusieurs théories pour l’expliquer. La principale est celle de la météorite qui s’écrase sur terre et soulève un nuage de poussière qui cache le soleil. Résultat : la faune et la flore s’éteignent.Avouons-le, l’explication est un peu simpliste.J’ai une théorie différente.Selon moi, les dinosaures ont disparu parce qu’ils ont refusé de travailler.Ils avaient atteint un stade de leur évolution où ils allaient accéder à la civilisation. Mais ils aimaient trop leur vie de loisir et de flânerie. Ils aimaient tendre lentement le cou pour manger de jeunes pousses sur les arbres, se rouler dans la boue et se réchauffer au soleil.Alors ils ont refusé de domestiquer le bétail et de développer l’agriculture, de construire des routes et des villages. Ils ont refusé de travailler.Ils se sont laissé mourir pour ne pas évoluer vers la civilisation.Il y a une grande sagesse dans la fin des dinosaures : plutôt que de gâcher sa vie à être utile et productif, pourquoi l'espèce humaine ne mettrait-elle pas en œuvre sa propre disparition ?  

Le 16 janvier 2012 à 08:09

Mort d'une fée

Elle est morte un matin, sans bruit, avec la discrétion des personnes sans importance. Et pourtant, c’était ma voisine! Tous les matins, au réveil, je l’entendais remuer ses casseroles, faire chauffer son café. Dans le même temps, elle allumait la radio pour écouter les nouvelles sur RTL. Un aboiement un peu plaintif signalait le réveil de « Punaise », le vieux loulou de Poméranie que Josette aimait d’amour. Puis l’odeur de café frais envahissait la cour après que Josette ait ouvert sa fenêtre en grand et par tous les temps ! Pas frileuse la fille. Elle n’aurait jamais aussi froid qu’autrefois, quand elle fut une jeunesse envoyée par un petit moustachu dans un camp entouré de barbelés. Elle en était revenue tatouée pour la vie, durcie dans l’âme mais pas dans le cœur. C’est elle qui m’avait accueilli quand, jeune étudiant, j’avais loué la piaule en face de chez elle. Elle m’intimidait avec son ait bourru de petite vieille revêche. Quand elle avait su – par un copain cafeteur – que je ne mangeais pas à ma faim, elle m’avait invité chez elle pour partager sa soupe poireau pommes de terre. Et je n’avais pas osé refuser. La vieille revêche était une maman frustrée, une vieille fille sans enfant qui ne demandait qu’à déverser son trop plein d’amour maternel. La soupe était chaude, le loulou un peu agressif, mais les yeux de Josette étaient bleus comme le ciel de Provence. Josette est partie, le loulou que j’avais recueilli aussi mais il me reste sa petite radio et une photographie du temps de mes vingt ans, jeune con souriant serrant dans ses bras une fée aux yeux couleur d’azur.

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