« Il s'agissait d'humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date »
Jacques Chirac, communiqué de presse, dimanche 12 juin 2011.
C’était
la mise au point ou la scène de ménage. Chez les Chirac, «Maman » qui
est née Chodron de Courcel ne rigole pas avec les mésalliances. Alors , quand
son époux prend par l’épaule le socialiste François Hollande un samedi à Sarran
(Corrèze), et lui confie à haute voix, qu’il votera pour lui à la
présidentielle puisque son candidat préféré, Alain Juppé, n’est pas candidat, elle
a dû rire jaune. A quoi ça sert que la Bernadette se décarcasse pour faire
endosser par l’UMP, avec le feu vert du président de la République qui aspire à
être réélu, les trois quarts de l’ardoise des emplois fictifs de la mairie de
Paris ? Et à l’approche du procès qui doit solder l’affaire, est-il malin de
le titiller, lui qui n’est pas sans influence sur les choses de Justice ?
Alors
Jacques Chirac a dû signer le
lendemain un acte de contrition dont on ne jurerait pas qu’il soit de sa main. Chirac
connaît trop sa Corrèze pour savoir que l’humour politique, entre Brive et
Ussel, ce serait plutôt dans un second degré tout en retenue, dont Henri Queuille,
ancien président du Conseil, fut l’indépassable orfèvre. On lui doit : «Il n'est pas de problème dont une absence de solution
ne finisse par venir à bout.» Et surtout cette maxime, dont Jacques Chirac a
fait un large usage : «Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. »
C’est une des raisons sans doute qui ont fait que François Hollande ait eu le
sourire modeste.