Christian Salmon décortique la langue de bois


Trousses de secours en période de crise

Autres épisodes :

 

Que se passe-t-il à l'UMP où l'on tire à vue en se lançant des noms d'oiseaux ? Et en face, que nous dit le gouvernement avec son discours à double fond ? Dans un article intitulé "UMP Tea Party, PS Bartelby" paru le 24 novembre dans Le Monde, Christian Salmon décortique les histoires que nous font avaler les politiques. Tout un art de gouverner par la fiction (le storytelling) qui parfois revient comme un boomerang dans la figure de celui qui l'énonce : "de même que l'inflation monétaire ruine la crédibilité d'une monnaie, l'inflation d'histoires détruit à la longue la crédibilité du narrateur politique."

 

Ecrivain, "insurrectionniste", fondateur de dizaines de villes refuges pour les écrivains pourchassés, Christian Salmon vient au Rond-Point vendredi 30 novembre nous ouvrir sa trousse de secours et improviser devant vous quelques façons savoureuses d'apprêter la langue de bois.

 

On se lèche les babines d'avance.

 

En partenariat avec Rue89 et Cinaps.tv

A une situation d’urgence, il faut une « trousse de secours », des antidotes au fatalisme et au découragement, une boîte à outil pour stimuler notre capacité de rebond, regonfler le moral de ceux que la crise aura découragé.
En partenariat avec Rue89 et Cinaps.TV.

 

 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 22 février 2013 à 11:21

Jean-Charles Massera

Trousses de secours en période de crise

Samedi 23 février, l'écrivain Jean-Charles Massera est sur la scène de la salle Roland Topor et ouvre pour nous sa trousse de secours en période de crise. Pour ventscontraires.net, il accepte de répondre à quelques questions. La crise, c'est quoi ?C'est de ne pas trop savoir où on se projette, de ne pas savoir ce qu'on peut faire (éventuellement ensemble) pour être un peu plus et sous-vivre un peu moins… Si mes souvenirs sont bons ça s'appelle une crise de sens. Est-ce notre monde qui "part en sucette" ? Pour devenir quoi ? Pour aller où ?Disons qu'il ne cesse de s'améliorer depuis le Moyen Âge, mais qu'il a encore quelques problèmes dès qu'il s'agit de faire la différence entre la fin et les moyens. Il devient donc meilleur, mais a un peu de mal à passer l'âge de raison pragmatique. Cela dit, le fait de ne pas savoir où il va est plutôt une bonne chose, ça laisse la porte ouverte au travail. Dans "La Sorcière", Michelet disait que lutins et  fées n'étaient autres que les dieux de l'Antiquité réfugiés au Moyen Âge sous la jupe des bergères... Sommes-nous comme ces bergères, incrustés de grands idéaux du passé réduits à l'échelle de simples biens de consommation ?L'avantage des biens de consommation, c'est qu'apparemment ils nous occupent à autre chose qu'à faire la guerre. Là où la consommation n'est pas encore arrivée à notre stade, la guerre menace souvent. Donc gardons la consommation et les corps seront bien gardés. Reste que c'est pas avec ça qu'on va s'épanouir. Pas plus qu'avec des idéaux d'ailleurs (les idéaux ça nous rend trop petit(e)s). N'avons-nous d'autre horizon que d'être héroïquement lâches ?Esthétiquement, certainement (si l'art pouvait changer le monde, ça se saurait). Nous autres, "petits blancs hétéro occidentaux" comme vous l'écrivez, avons-nous encore envie de rire de nous-même ?Disons qu'après une journée de travail, ça détend, mais c'est un peu juste pour s'en sortir. Ce qu'il faudrait surtout là, c'est travailler à autre chose qu'à cette complaisance vis-à-vis de notre supposée incapacité à imaginer un autrement. Ce qui n'exclut pas le rire hein… Vous écrivez des livres, vous êtes en clip sur Internet, vos textes et votre voix sortent des hauts parleur radio, vous commencez à exposer dans des centres d'art et à réaliser des films. Qu'attendez-vous particulièrement de la scène de théâtre ?Des spectateurs (à qui Benoît Lambert et moi-même pourront refiler l'envie de s'inventer un peu de mieux-être et l'énergie nécessaire pour se bricoler les bons logiciels). Le théâtre ça permet de discuter de deux ou trois trucs assez urgents, de manière directe. Le but c'est qu'ensuite on rentre chez soi avec une furieuse envie de vivre mieux et la conviction que c'est possible en bossant un peu. Si vous deviez proposer une trousse de secours pour l'Europe, qu'y aurait-il dedans ?Beaucoup moins de mecs et beaucoup plus de nanas… surtout dans les programmations culturelles. Et tant que là-dessus on ne bougera pas, on ne pourra pas trop se la ramener en tant qu'outil critique du monde. > http://www.jean-charles-massera.com

Le 11 mars 2013 à 14:34

Christian Salmon : Ces histoires qui nous gouvernent #3

La révolution de la subjectivité

> Premier épisode                > Episode suivant Dans sa conférence-performance "Ces histoires qui nous gouvernent", l'écrivain et journaliste Christian Salmon poursuit son salutaire travail d'analyse du story-telling. Dans cet extrait, il revient sur un récit édifiant mais fictif qui a joué un rôle décisif dans l'intervention américaine en Afghanistan et même au-delà. "Quoi de plus innocent et charmant qu’une histoire bien tournée ? Les histoires nous distraient et nous instruisent en nous faisant rêver. Désormais, avec la technique du storytelling, elles nous gouvernent et sont devenues un instrument de contrôle des opinions, une « arme de distraction massive ».L’entrée en guerre préventive contre l’Irak, le reality show au début du mandat de Sarkozy, sa métamorphose en capitaine courage face à la crise financière, l’épopée victorieuse de Barack Obama… Autant de fictions préparées dans le secret de war rooms où s’élabore le storytelling intégré. Christian Salmon nous propose un voyage dans les démocraties contaminées par l’hypermédiatisation, une exploration des mythes politiques à l’âge du néolibéralisme. Une traversée de la crédulité contemporaine. " Enregistré le 30 novembre 2012 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89 Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet de cette conférence-performance.

Le 26 février 2013 à 12:07
Le 12 mars 2014 à 12:25

Magyd Cherfi : "Longtemps j'ai eu peur de ce que j'avais à dire"

Trousses de secours : la crise du travail

"J'écris pas, je burine dans la roche des falaises": boxeur littéraire issu du mythique groupe Zebda, Magyd Cherfi vient dire au Rond-Point le 28 mars son travail de longue haleine avec les mots.   – Largement connu comme auteur et compositeur de Zebda voilà que l'écrivain en vous se réveille...– Effectivement, c'est après l'âge de quarante ans que j'ai en quelque sorte assumé d'écrire autre chose que des chansons... longtemps j'ai eu peur de ce que j'avais à dire, ma plume me portait vers un déshabillage de ma vie intérieure, elle me suppliait d'ouvrir le rideau et de laisser voir des "hontes", des "aveux", des méchancetés salvatrices... presque une trahison de mon âme et des miens. L'arabe en moi disait "gare !" et le français "ose !"Une voix me disait "va plus loin ! si t'écris, pas de fanfaronnades littéraires ou de simagrées stylistiques, mets tes couilles sur la table, l'écrit ne vaut que s'il dérange le petit confort des rimailleurs, allez Magyd donne voir quelque chose d'utile ou de bandant, éclaire ton lecteur  éclaire ton âme aussi pour que s'ouvrent des voies nouvelles ..."Voilà j'ai eu peur longtemps et puis j'ai relativisé . – Le travail de parolier et celui d'écrivain sont-ils semblables ou au fond différent ?– Le travail de parolier est plus synthétique, il impose le raccourci, encourage la métaphore. Il exige l'art de l'ellipse et par là même il esquive le trop plein de description. Il demande qu'on reste sur un même rythme, un même thème, presque un même lieu, j'allais dire la fameuse théorie de théâtre "en un jour en un lieu, un seul fait accompli" etc. Donc la chanson dite "pop" doit être courte, explicite et surtout liée à un support musical qui doit la servir et non pas le contraire. Quand on écrit une chanson, il nous faut penser au fait qu'elle sera chantée et donc on se doit de lui trouver des mots, des consonances agréables à l'oreille... par exemple l'utilisation du mot "amour" fonctionne plutôt bien ...sauf quand on est un groupe et là s'élabore un travail d'écriture collective et j'ai beaucoup utilisé le "on " plutôt que le "je"... beaucoup usé des thèmes sociaux ou sociétaux et mis à l'écart l'intime ou le privé.En ce qui concerne le travail d'écrivain, on sait qu'on aura affaire à un lecteur qui lira isolé, choisira d'ouvrir un livre et est donc susceptible d'un effort plus singulier, il nous faut donc si j'ose dire "le travailler au corps", en ne lui donnant pas les clés du dénouement de manière trop rapide ou explicite. On doit prendre le temps de le baigner, de le mettre en doute, de lui faire peur, de lui expliquer plus profondément la raison qu'il a eu d'ouvrir la page nouvelle... Le travail de l'écrivain est une oeuvre de patience le lecteur n' a pas de délais, il peut lire d'un trait comme en dix fois sans pour autant perdre le fil... – Vous dites "cogner sur la roche des falaises pour en extraire vos mots"... Est-ce physique d'écrire, avez vous vos coups de grisou ?– J'allais dire que je n'ai connu que des coups de grisou car à chaque fois il me faut éviter la gratuité d'une thématique. Chaque phrase est une violence car elle doit faire sens et faire sens pour moi c'est être à dans la justesse de moi-même et il arrive que je m'égare et me prenne pour un personnage que je ne suis pas. Même dans la version fictive, le héros doit faire corps avec ma réalité sans toutefois se confondre. Etre dans le vraisemblable et le sublimer voilà ma quête, ma difficulté. Je pilonne pour extraire la matière première et je martèle encore pour débarrasser les impuretés. C'est vrai que je transpire et me sens souvent comme un ouvrier des mots car ils ne me sont pas dociles, je n'ai pas cette évidence là, je suis plutôt l'apprenti qui retourne dix fois l'ouvrage.    

Le 21 février 2013 à 08:52

Yves Pagès, François Wastiaux : Pouvoir-Point #1

> Episode suivant   Dans ce premier extrait de leur conférence-performance "Pouvoir-Point", l'écrivain-éditeur Yves Pagès et le metteur en scène François Wastiaux nous plongent dans la restructuration du groupe éditorial Librenvi, une entreprise fictive mais dont la novlangue manageriale poussée à l'absurde devient comique – et ça fait du bien. A la tribune, Jean-Michel Michel, saisissant chef d'orchestre d'un récital PowerPoint plus vrai que nature et finalement terrifiant. "Un certain Jean-Michel Michel, leader d’un groupe éditorial ayant récemment pris de l’ampleur (Librenvi International Editing) réunit ses proches collaborateurs et cadres supérieurs pour fêter les dernières mutations en cours. Lors de cet exposé, il développe ses thèmes favoris dans le domaine « managemental », à l’aide de schémas et de mots-clefs projetés sur écran. Son discours, hanté par les barbarismes de l’ère du temps, mais sans jamais tomber de la caricature, finira par se déliter de lui-même, puis par mordre la poussière, entre trou de mémoire et délire pseudo-théorique touchant au « fractal », à la « pixellisation du désir » et à l’horizon hyper-contextuel de l’industrie du support papier. En guise de catastrophe finale, l’orateur en voie de décomposition n’aura plus qu’à laisser chanter en lui cette étrange prière d’insérer : « Ô Lord, won’t you give me a Mercedes Benz ?! ». " Enregistré le 30 novembre 2012 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point Avec le soutien de voQue & Cie En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89   Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet de cette conférence-performance.  

Le 6 août 2011 à 11:55

Pourquoi les agences de notation conservent sa note AAA+ à la France

Alors que Standard and Poor's dégrade la note de la dette américaine

ventscontraires.net s’est procuré la copie d’une circulaire du ministère de l’Agriculture adressée à la charcuterie Befalon & fils de Vire, à partir de laquelle on peut déduire que Bercy a lancé un vaste plan de mobilisation des éleveurs de porcs, particulièrement en Bretagne, pour augmenter de manière drastique la qualité et la quantité d’andouillettes produite ces douze derniers mois. Entre juillet 2010 et juillet 2011, la France est passée d’une production de 18 257 tonnes d’andouillettes dont la note moyenne est AAA à 43.943 tonnes d’andouillettes avec un pourcentage AAAAAA (la note maximale) en augmentation de 48%. Résultat dû au sens civique des éleveurs de porcs et charcutiers, heureux de quitter leur image d'empoisonneur au nitrate des nappes phréatiques. Leur enthousiasme  a explosé les projections les plus optimistes du ministère de l’Economie, qui tablait sur 29.000 tonnes d’andouillettes AAAA en douze mois. Cet excédent a permis à la France d’augmenter sa production de A, de AA, de AAA, de AAAA et de AAAAA dans des proportions sans précédent. Bercy a su ainsi maintenir sa position AAA+ chez les trois principales agences de notation, et mieux que ça, puisqu’elle va pouvoir exprimer sa solidarité envers la Grèce et les autres pays latins membres de l’UE en leur versant les milliards d’Euros votés récemment en nature – sous forme d’andouillettes. Pour d’autres raisons, essentiellement linguistiques, la Pologne qui souffre dans sa langue nationale d’un manque congénital de voyelles (problème signalé pour la première fois par Roland Topor), s’est montrée également intéressée.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication