
Simone a besoin d’un passeport pour monter dans l’avion.
Précision : Simone a 9 mois. A cet âge là, il n’y a pas si longtemps, on
ajoutait son nom sur les papiers de papa et maman, mais c’est terminé. La faute à papa et maman qui ne s’aiment
plus comme avant, ou bien la faute aux terroristes qui font péter les
avions ? On ne sait pas. Deux
photos d’identité sont
nécessaires. Direction le
photomaton. Simone a tout de même de la chance, dans notre monde cruel les
petites boîtes à rideau ne cachent plus de curés.
« Il
faut que l’enfant soit de face, ne sourie pas, qu’elle n’ait pas la bouche
ouverte et qu’on ne voie pas vos mains madame » a précisé
l’employé de la Préfecture.
Madame, c’est la mère. Elle tourne le tabouret au maximum,
le plus haut possible pour atteindre le viseur. Ne bouge pas Simone, tu vas
tomber. « Qu’on ne voie pas vos mains madame ». Ah oui, la tenir à bout de bras. Au niveau de la couche humide ça
devrait aller. On appuie. Non Simone ne regarde pas maman ! Clic. Trop tard. Beau profil de Simone.
Remettre quatre euros. Non Simone ne lève pas le bras !
L’autre non plus ! Ne bouge pas. Là c’est bien, on appuie. Non Simone ne
souris pas ! C’est
interdit ! Clic. Quatre euros encore. Non ne rigole pas ! C’est pas drôle. Faut que tu aies
peur Simone, comme tout le monde !
Vingt euros plus tard, la crampe au bras et la couche
nettement plus humide, enfin une
planche correcte. Retour vers
l’employée de la préfecture qui sort son décimètre et mesure entre les deux
oreilles : « 4 millimètres trop
court. A refaire ». En voiture Simone.