Marjane Satrapi : Broderies

Université du Rire de Résistance

"Ma grand-mère était la personne la moins morale et la plus éthique du monde. C’est pour ça que je l’admirais et que nous pouvions rire ensemble."

Durée :01:11:39

Présentation : Jean-Michel Ribes

Enregistré le 8 novembre 2007 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec Tilder et France Culture



"Un pays heureux n'a pas besoin d'humour." Staline

Soyez les cancres du sérieux, faites voler en éclats de rire le bon goût et sa bonne conscience, en écoutant les cours, performances et autres conférences de progesseurs agrégés d'insolence et de cocasserie.

Avec France Culture et Tilder.

 

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Le 30 août 2011 à 10:00

"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux

Entretien avec Jean-Michel Ribes #1

"Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe". Quand vous tourniez Palace ou Merci Bernard, le mot d’ordre était : « Tout, sauf l’actualité ! ». Et jusqu’ici, on vous trouvait plutôt du côté de l’absurde, rarement vers la satire… C’est vrai que jusqu’ici, ma manière de me moquer du monde ou des étouffements de la société passait par l’absurde ou le non-sens. A l’ombre des dadaïstes, je m’efforçais de dynamiter l’esprit de sérieux à sa racine. René l’énervé s’approche beaucoup plus d’une réalité visible. Cela vient du fait que depuis plusieurs années, je ressens un malaise face à la gouvernance de notre pays et de la politique en général. Avant que cela ne se termine en aigreur, j’ai préféré tenter de le transformer en farce joyeuse. Un rire de résistance en chansons. De plus, j’ai une passion pour l’opéra bouffe où l’entrain et la légèreté emportent tout.   À la lecture du titre, René l’énervé, c’est au chef de l’État que l’on pense. Est-ce qu’on se trompe ? On doit plutôt penser à l’univers politique dans son ensemble, qui a été coloré par Nicolas Sarkozy. Car la force du Président de la République est d’avoir non seulement bouleversé la façon de faire de la politique, mais d’avoir transformé aussi son opposition, et toute la classe politique ! Le Sarkozysme, ce n’est pas uniquement Nicolas Sarkozy. C’est une sorte de contagion de lui-même qui envahit l’ensemble des politiques. Une mise en coma agité de la société ! C’est la raison pour laquelle cet opéra bouffe met en scène aussi bien un conseiller nommé Hurtzfuller qui aime les Arabes quand ils ressemblent aux habitants du Cantal, un ministre des hautes frontières, un autre de la prise de sang, mais aussi les opposantes Ginette et Gaufrette, des philosophes nouveaux, as du cerveau s’il en est ! Des écolos bio bio et encore bio, et bien sûr le parti montant des « Cons de la Nation »… C’est une galopade rigolote qui traverse le barnum politique en perpétuelle parade.   Propos recueillis par Pierre Notte

Le 20 mars 2013 à 15:01

Jean-Daniel Magnin

Cabinet de curiosité - Pour les pédants on a du matériel

Une émission France CultureChaque mois, un écrivain vous ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres, une littérature savoureuse et décapante, que des comédiens viendront interpréter en public.Jean-Daniel Magninavec Jean-Daniel Magnin, Dominique Reymond, Quentin Baillot et Léon Napias « Je me souviens que Flaubert raconte dans ses Correspondances qu’il souffre d’une démangeaison particulière: « La phrase me gratte », écrit-il en parlant des mots qu’il sent préexister en lui et qu’il ne parvient pas à faire couler sur la page. C’est je pense afin de se distraire de cette continence irritante qu’il a pris l’habitude d’aller écrire sur une terrasse de la rue Quincampoix, à l’époque lieu de racolage de ces dames. « Pour l’excitation du muscle », dit-il. Hé oui, la sexualité nous a tiré du vide et nous retournerons au vide après notre mort – mais entretemps les écrivains s’échinent à bricoler quelque chose qui rivalise avec elle et avec le monde dans lequel elle nous a jeté. Hélas on ne peut bricoler que phrases, vignettes, cartes postales – des images figées qui devront, une fois mises bout à bout, donner l’illusion d’être aussi fluides que la vie et faire croire un instant qu’un autre monde est possible. Or quand les écrivains y arrivent, et ils y arrivent, leurs textes ont soudain des jambes, des bras ouverts comme des ailes, des yeux où l’on peut se mirer, des rondeurs bien confortables. Et une tête et un sexe, sinon ça ne va nulle part. C’est ce que je me suis dit en constatant que les morceaux hétéroclites et gigotants de mon cabinet de curiosités (Pierre-Henri Cami, Flann O’Brian, Christian Morgenstern, Kat(al)i(n) Molnar, Salvador Dali, Marjane Satrapi, Germain Nouveau, Jean-Baptiste Botul, Stanislaw Lem, Wou Tch’eng-en pour n’en citer que quelques uns) contenaient l’un une main, l’autre un genou, un sein, etc. Et qu’ils dessinaient ensemble une espèce de corps patchwork plus ou moins monstrueux, un ange bizarre suspendu dans le vide.  J’ai vu un instant sa drôle de figure faite de bric et de broc me sourire. J’espère que vous la verrez vous aussi » Emission coproduite par France Culture et le Théâtre du Rond-Point sur une idée originale de Jean-Michel Ribes. Enregistrée le 10 mai 2010 au Théâtre du Rond-Point Réalisation Laure Egoroff Diffusée sur France Culture le samedi 15 mai 2010 à 20h Durée : 58:23

Le 27 avril 2010 à 18:40

6 mai devant le Fouquet's

C'est une invitation, ce n'est pas un ordre

Tous les ans depuis l’élection de notre très cher président Zébulon 1er, le mouvement de résistance ludique « Les 1000 colombes », appelle au pèlerinage des insatisfaits, au Solutré des utopistes !     Ce mouvement de résistance ludique est né le 6 mai 2007 à 23h17, suite à l'apparition de l'icône des Japonais, Mireille Mathieu, sur scène lors du raout "musical" de la droite décomplexée place de Concorde. Pour fêter l'élection de Zébulon 1er, elle lâchait son tube "Mille Colombes" a capella. Une page de l'Histoire de France se dessinait sous nos yeux. Du jamais vu ! De l'inimaginable ! Même l'humoriste le plus doué de sa génération n'aurait jamais pu imaginer un tel moment. Au-delà du kitchissime et du pathétique réunis, nous étions en train d'assister à un moment surréaliste. Trop c'est trop ! Certes il faut s'incliner devant le suffrage universel – au risque d'avoir mal – mais la démocratie a des limites qui venaient d'être franchies. Bien que n'étant ni militants, ni syndicalistes, ni encartés, notre sang de gauche ne fit qu'un tour! Il fallait réagir. Quinze jours plus tard, une petite bande de loosers (nous, c'est-à-dire la bande qui était devant la télé ensemble à 23h17) organisait la première chorale des "Mille colombes" devant le Fouquet's, en l'honneur du sauveur de la nation. Pour être vraiment honnête : nous avions remarqué que ces premiers instants sonores de "gouvernance autrement"  avaient été assez mal vécus par les supporters de Zébulon (sur la scène et en dehors). Cette chorale serait donc leur madeleine de Proust mal digérée.3 ans déjà ! Comme le temps passe lentement…Pour fêter le grand timonier de la pensée universelle, nous allons refaire une chorale devant le Fouquet's à Paris. Mais cette fois en sus du petit discours de bibi (c'est pas la matière qui manque), vous aurez une fanfare, un lâcher de colombes, une distribution de billets de 500 euros pour relancer le pouvoir d’achat, de surplus de vaccins anti-grippe et de masques, de drapeaux français et bien sûr… Mimi et ses "Mille colombes", que nous allons entonner le plus faussement possible tous en chœur, pour nous achever et puis… quelques surprises. Le but de ce mouvement étant de mettre en avant, de façon humoristique, les errances et les carrences de ce pouvoir et de son idéologie, tout cela doit doit se passer dans la joie et la bonne humeur moqueuse. Regardez la vidéo ci-jointe : l'ambiance a été familiale et bon enfant, qu'elle le reste. A noter que la police a toujours été très cool avec nous, qu'elle le reste. Rendez-vous le 6 mai à 20H devant le Fouquet's. Que l'espoir soit avec nous.

Le 14 octobre 2010 à 07:18

Gaston Pawlowski (1874-1933)

Les cracks méconnus du rire de résistance

Fut à peu près tout ce qu'un homme à l'intelligence délicieuse, hors des petits commerces de la réalité et adepte des solutions imaginaires, put s'amuser à être. Docteur en droit, adorateur du vélo naissant et humoriste de génie, cet homme du monde, qui n'ignorait rien du char d'assaut et du sous-marin, fut critique dramatique, directeur de périodiques dont le célèbre Comedia, ami de Willy et d'Alphonse Allais. Il réalisa le premier des reportages aériens, son principal admirateur fut Marcel Duchamp qui, paraît-il, ne quittait jamais ses romans dont le célèbre Voyage au pays de la quatrième dimension où, avant Einstein, Pawlowski mettait en doute la réalité mathématique et faisait disparaître l'idée du “temps". Ses jubilatoires Inventions nouvelles et dernières nouveautés en font le précurseur des "objets introuvables" de Carelman, de L'Encyclopédie des farces et attrapes et des mystifications de Noël Arnaud et François Caradec, et des fiches bricolage du professeur Choron. Dans ce recueil de chroniques pataphysiciennes sans le savoir, où le "basset nettoyeur de rails" n'a rien à envier aux "rails en mou de veau" de Raymond Roussel, figurent notamment :– le mètre de poche ne mesurant que dix centimètres de long;– la baignoire à entrée latérale;– le boomerang français qui, pour éviter les risques d'accident, ne revient pas à celui qui l'a lancé;– la machine à sectionner les dentelures de timbre-poste;– le grain de beauté pour poules;– le maquillage des pommes ridées;– la chaussure-entonnoir pour écolier;– le képi courant d'air;– la limace chirurgicale.Illustration : Pawlowski, autoportraitArticle édité dans le catalogue Le Rire de résistance 2, BeauxArts éditions et Théâtre du Rond-Point

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