Loge d'artiste
Publié le 15/01/2013

Avec Ged Marlon dans sa loge


Juste avant la première de sa "Nouvelle comédie fluviale"

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Vous voici aux premières loges, assis de l'autre côté du miroir dans la loge de l'acteur juste avant le première de son spectacle au Rond-Point. Grâce à vous, Ged a un peu moins le trac. Il vous raconte ses sentiments avant la première rencontre avec le public, vous dévoile ses petites cérémonies secrètes. Mais faites attention à ne pas trop le distraire, qu'il n'oublie rien. Ce serait un comble qu'il entre en scène en ayant oublié un accessoire dans sa loge.

Durée : 19:34

Vous voici assis de l'autre côté du miroir dans la loge de la comédienne ou de l'acteur juste avant son entrée en scène, ou alors il vient de prendre sa douche après avoir joué. La porte refermée, c'est le moment des confidences, des aveux et des petites cérémonies secrètes.

 

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Le 22 avril 2010 à 14:43

3 salles

Ça c'est le Rond-Point

Une spectatrice quitte perturbée la grande salle du Rond-Point. En traversant le hall elle croise un ouvreur (ou un responsable de salle).  LA SPECTATRICE. – Vous avez trois salles ! C’est impossible, vraiment impossible !! L’OUVREUR. – Impossible ??!LA SPECTATRICE. – Bien sûr ! Quand je vais dans la première, au bout de trois minutes je me dis « pourquoi je ne suis pas dans la seconde ?… je suis sûre que le spectacle de la seconde est beaucoup mieux », et dès que je suis dans la seconde, je suis aussitôt traversée par l’envie d’aller dans la troisième où je suis sûre que ce qui se passe sur scène est beaucoup plus excitant.L’OUVREUR. – Madame, je crois que…LA SPECTATRICE (le coupant). – J’ai déjà vécu ça avec mon premier mari, un jour il m’a présenté son frère Paul, un grand gars tout blond et je me suis dit : « Tiens, il est peut-être plus…plus… », enfin vous voyez. Alors je l’ai épousé. Seulement Paul, deux mois après il m’a fait rencontrer son cousin Marc, un petit homme brun avec les yeux bleus et aussitôt j’ai ressenti qu’il était peut-être plus… plus… enfin vous voyez. Et à peine j’avais épousé Marc… (elle se prend la tête dans les mains) Non, croyez-moi, ce n’est pas drôle… Alors je me suis dit, allons au Théâtre du Rond-Point, ça va me changer les idées, et toc! il y a trois salles…pareil !!… je suis maudite ou quoi ? L’OUVREUR. – Je suis désolé Madame, vous voulez qu’on vous rembourse ? LA SPECTATRICE. – Non, mais peut-être vous pourriez me faire oublier. L’OUVREUR. – Oublier ? LA SPECTATRICE. – Qu’est-ce que vous faîtes ce soir ? On pourrait aller dîner ensemble parce que sincèrement je vous trouve plus… plus… L’OUVREUR. – Avec plaisir Madame, mais je ne suis pas sûr que ce soit la solution. LA SPECTATRICE. – Pourquoi ? L’OUVREUR. – La carte, Madame. LA SPECTATRICE. – La carte ? L’OUVREUR. – Du restaurant, Madame. Il n’y a rarement qu’un plat sur une carte de restaurant. LA SPECTATRICE. – C’est vrai !… Ma vie est un enfer. Effondrée elle se dirige vers la sortie.L’OUVREUR (la suivant, inquiet). – Où allez-vous Madame ? LA SPECTATRICE. – Comme d’habitude, me réfugier dans ma salle de bains. L’OUVREUR (inquiet). – Mais pourquoi ? LA SPECTATRICE. – Parce que figurez-vous que là au moins, dans ma salle de bains, il n’y a qu’une baignoire !! Elle quitte le théâtre en laissant l’ouvreur interdit. FIN

Le 28 novembre 2014 à 10:22

Yasmina Reza : "J'ai eu la chance de travailler avec des acteurs exceptionnels"

Entre burlesque et minimalisme, Yasmina Reza met en boîte la décentralisation culturelle avec Comment vous racontez la partie. Et le public du Rond-Point joue sa partie en applaudissant tous les soirs les débats littéraires organisés dans la salle polyvalente d'une petite commune de province. Jean-Daniel Magnin – Pourquoi traiter sur scène de notre relation au culturel ? N'est-ce pas un sujet très "boutique" ? Cela dit le spectacle passe formidablement la rampe et réussit à nous concerner tous – comment vous y êtes-vous prise ?Yasmina Reza – Au fond j’ai souvent traité la relation à la culture et au « culturel ». Dans Art, Une pièce espagnole  ou Le dieu du carnage entre autres… C’est la première fois que je le fais aussi frontalement. Mais en prenant comme protagonistes les acteurs mêmes de ce milieu, je m’échappe aussitôt de la thématique. Ce qui se noue entre eux, les lieux, les rapports inopinés, les préoccupations intimes sont ce qui m’intéresse. Si je devais résumer ce qui a été le fil de mon écriture, je dirais que j’ai fait là une énième variation sur l’éloignement et la solitude (autres thèmes habituels). – En vous lisant et en regardant la pièce, on a l'impression de voir par transparence ce qui se joue en secret à l'intérieur des personnages. Qu'attendez-vous de vos comédiens ? Quel regard portez-vous sur eux pendant les répétitions ?– Je vous remercie de voir ça. C’est exactement au cœur de notre travail. Cela demande une très grande concentration pour les acteurs. Ils ne peuvent jamais penser : je ne dis rien, je me repose un peu. Ce qu’ils ne disent pas à voix haute et qui n’est pas écrit avec des mots, est quand même écrit dans la pièce. Tout est en gros plan. De par la situation même et aussi de par la nature de ma mise en scène. Tout ce qui est raté, mal réglé, hésitant, tout ce qui est de l’ordre de la non-assurance a été répété avec le plus grand soin. Tous les trous, les silences involontaires, la gêne. J’ai beaucoup d’affection pour ces personnages perdus à Vilan-en-Volène. Et j’ai aussi de l’affection pour la salle des fêtes qu’ils occupent finalement en dansant. – Voyez-vous souvent des mises en scène faites à partir de vos textes ? Est-ce une expérience dépaysante ? Vous pourriez monter d'autres pièces que les vôtres ? Pourquoi ?– Quand j’ai débuté, je me déplaçais assez souvent pour voir les mises en scènes de mes pièces. Je veux dire à l’étranger. A présent presque pas. Sauf pour les grandes créations, notamment en Allemagne où mes pièces sont souvent crées avant la France. Ce n’est pas seulement une expérience dépaysante, c’est aussi une expérience traumatisante parfois. Si vous n’êtes pas en adéquation vous vous retrouvez dans une situation intenable…. Je serais très heureuse de monter d’autres pièces que les miennes, mais il faudrait que ça vienne à moi… –  Que saviez-vous du spectacle avant de commencer le travail de mise en scène ? Qu'est-ce que ce travail vous a permis de découvrir dans la pièce que vous ne connaissiez pas ?–  Je savais certaines choses. L’esprit du décor, de la lumière… Je savais aussi que j’allais m’intéresser aux corps. A tout ce qui est mouvement, façon de se tenir dans l’espace, gestes, aussi minuscules soient-ils. Ma formation va dans ce sens. J’ai étudié chez Lecoq, je me sens proche de la musique, de la danse. Mon écriture est je crois très organique, pas du tout intellectuelle. Il en va de même pour mon rapport physique à la scène. J’ai eu la chance de travailler avec des acteurs exceptionnels, très inventifs et répondants. Les acteurs vous révèlent toujours des couleurs cachées… – D'où viennent les larges extraits du roman de Nathalie Oppenheim, Le Pays des lassitudes, cités dans la pièce ? Sont-ils des pastiches, des textes orphelins "en réserve" ou sont-ils au contraire arrivés en cours d'écriture ? Quels écueils avez-vous dû éviter ? Quels enjeux leur avez-vous confié ?– Un d’entre eux était en effet un texte « orphelin ». Je l’aimais bien. C’est le chapitre de Philippe dans la voiture. Je suis parti de lui pour articuler le reste. J’ai construit un roman en creux, avec l’imaginaire de ce qu’on en dit et qu’on n’entend jamais. Ce qui m’a amusée, c’est de laisser planer un doute au départ sur la qualité de l’écriture de N.Oppenheim. Le texte que je trouve le plus abouti (et que je pourrais revendiquer comme personnel) est le dernier : le Carré des inconnus, que Zabou effectue en slam. – Puisque c'est le travers moqué dans la pièce, un mot sur le roman d'autofiction si souvent mis en avant par l'édition française ?– Pourquoi pas ? Aucun genre n’est mauvais en soi.

Le 11 septembre 2015 à 08:22

Perdu dans Tokyo #10

Journal de l'auteur associé au Théâtre du Rond-Point

Lundi 7 Transports Métros, trains de la ligne JR, bus, la ville est un amas de nœuds de moyens de transports, emmêlé de périphériques, de carrefours et d’autoroutes. D’une station à l’autre, compter cent cinquante yens, soit un euro et quelques. Mais les trajets sont longs, toujours, et les changements imposent souvent une sortie à l’extérieur pour trouver l’autre station de l’autre ligne, un deuxième paiement. Pour une journée dans Tokyo, visites intensives ou mouvements multiples, avec plusieurs déplacements, difficile de dépenser moins de mille à deux mille yens. Voire plus. Chaque trajet à son coût. Chaque trajectoire son prix. On peut se nourrir chez FamilyMart ou dans quelques échoppes pour quatre cent yens par repas. Le transport, c’est une autre affaire. Son coût explique peut-être l’état de tout le système, sa propreté, son entretien, son efficacité, sa sécurité, sa ponctualité. Je n’imagine pas envisageable pour des gens sans moyens d’avoir la possibilité de se déplacer dans la ville. Dans le métro, où les usagers assis se font face sur des banquettes alignées dans le sens de la longueur, comme dans le métro new-yorkais, on lit, on joue, on est sur son portable ou on dort, silencieux toujours, et j’observe jusqu’ici que tous les hommes sont manucurés. Se nourrir Dans chaque bloc quasiment, une épicerie à l’américaine, des chaînes Seven eleven, Lawson, FamilyMart, Sunkus, Ministore et autres. Tokyo nuit, sous la pluie, soirées seul, jusque là, le plus souvent. Déjeuners et dîners passés par là, là dedans, espaces aux néons froids, magasins de tee-shirts, papeterie, mangas, parapluies, produits de première nécessité, et prêt-à-manger. J’achète des barquettes de sushis et des barquettes de salade. J’ose parfois les carrés d’omelettes. Je mange seul dans la chambre d’hôtel, ou dans les parcs, ou dans les espaces fumeurs quand s’asseoir est possible. Boissons gazeuses, rarement allégées. J’achète des bananes, quatre pour 120 yens, moins d’un euro. Quand la moindre grappe de raisin frôle les 800 yens. Je sors parfois quand même en compagnie, restaurant coréen avec You, français avec Masaru, chinois avec Masako, qui m’apprend à prononcer correctement en japonais les mots pour dire brochettes de boulettes, raviolis au porc ou nouilles sautées. Plats favoris. Masako tente à nouveau de prononcer des « r », chose quasiment impossible. Elle m’explique que le terme « kilogramme » peut être compris sur le marché aux poissons. Mais il doit être prononcé sans « r », plutôt avec un « l », dire « kiloglamme ». Si je veux me faire comprendre au marché, en anglais ou en français, je dois prononcer « kiloglammes » et non « kilogrammes », car le « l » n’existe pas mais est supportable. Le « r », décidemment, est irrecevable.   Hadena Ils manquent encore de folie et de liberté, les comédiens. C’est une pièce de fous, écrite par un fou qui doit être jouée par des fous. Toute la chorégraphie est dessinée, le mouvement tracé, manque encore une vitalité bizarre qui échapperait à la raison, à la reproduction d’un geste accepté. C’est une pièce sur la perte du langage, une femme qui ne sait plus parler face des enfants qui la reprennent. Yoko jouera ça d’abord, la perte des moyens pour dire, la panique et la peur. On joue à réinventer la fête de la catastrophe, du désastre de vivre. Les comédiens rient, j’apprends à écrire quelques mots en japonais, le prénom de Brice. Il arrive ce soir à l’aéroport de Hadena. De fait, le journal s’arrête là. Parce que c’est comme ça. Pour l’instant. Et les répétitions s’intensifient, filages, lumières, son, espace. Temps resserré, tension, urgence. Avec Brice et ces derniers dix jours de répétitions, un nouveau typhon arrive sur Tokyo, plus violent que le précédent. Pluies battantes, incessantes. Mais Brice est arrivé ce soir à l’aéroport de Hadena. La terre peut bien trembler à nouveau.

Le 23 septembre 2015 à 16:06

Perdu dans Tokyo #12

Journal de l'auteur associé au Théâtre du Rond-Point

Jeudi 17Tchèques et BarthesDans le métro, une heure de Tchèques, touristes à voix forte. Ils se parlent depuis des rangées qui se font face, sans être proches, de loin en loin, de plus fort en plus fort, dans ces transports où le silence fait loi, et la discrétion règne, jusque là. Eux s’en foutent. Ils gueulent, rient, crient. Brice me lit des extraits de « L’empire des signes », Barthes raconte cette satisfaction éprouvée à entendre un brouhaha de langue inconnue, non maternelle, d’où il ne discerne ni les niveaux de langue, ni les classes sociales, ni les humeurs, ni la grossièreté ni la vulgarité des individus qui parlent. Ceux là sont vulgaires et grossiers, mais ils nous épargnent le sens, on n’a que le son, c’est trop mais on tient. On se couvre de honte pour les Occidentaux, on ne veut pas être assimilés, on s’écarte en demandant pardon pour eux à tout le monde, on porte la misère de la vulgarité tchèque sur nos épaules, on en fait trop. On est puni le lendemain matin, à huit heures au petit déjeuner, une meute de séminaristes français d’une entreprise de transports sans doute envahit les salles, ils sont bruyants, balourds, malpropres, ils déballent leurs voix du matin rocailleuses et s’interpellent au-dessus d’une foule de gens tranquilles, mal réveillés et taiseux qui aspiraient à la paix avant de retrouver cette France gueularde, où dans chaque groupe tout le monde devient petit.   Vendredi 18OdaibaSous la pluie incessante, ville plongée dans une eau permanente, comme noyée dans un nuage lourd, Tokyo n’est plus visible. On se réfugie à Shinagawa, on se perd des heures hors de la gare, s’enferme dans un aquarium avec spectacle de dauphins domestiqués, sautillants, frétillants, pauvre théâtre de l’aliénation, cirque grandiose avec bêtes sauvages soumises par d’étranges bipèdes en collants moulants qui font des tours de bassin hissés sur leur museau et leur balancent les sardines qui avilissent. Des méduses, un aquarium avec passage sous tube et toit de raies géantes que croisent des requins-scies. Des enfants hurlants sous leurs casquettes jaunes, et plus loin, à Odaiba, une grande roue de cent-soixante mètres de hauteur d’où on ne voit rien, tout perdu dans un ciel plombé, grisé de flotte. On quitte cet hiver blanc pour rejoindre la salle de théâtre. Troisième ce soir après une matinée à 14h, c’est la coutume. Salles pleines. Tout se passe à merveille et de commentaires. Comédiens meilleurs encore. Ils m’ont suggéré de rester en loge, ils ne veulent pas m’avoir en face. Ils se lâcheront mieux, davantage. Durée ce soir, une heure vingt et vingt secondes. Avec You et les acteurs nous convenons qu’il faut déplacer cette production à Paris. IncongruitésLa fête d’halloween se prépare, beaucoup de jouets, de déguisements, de citrouilles en caoutchouc. On trouve aussi une fausse moustache d’Hitler, collée à une image de la bouche du type, photographiée depuis une statue de cire, probablement. Je n’avais jamais vu ça, le postiche d’Adolphe. Le même jour, on découvre des croissants à la glace et au haricot noir en forme de poissons, au cœur du quartier Ebisu, espace vallonné perlé de petites rues à cafés chics, situé quelque part entre Amsterdam et San-Francisco. On mange des chouquettes à la crème vanillée. Je constate que les abribus sont montés à l’inverse des nôtres ; la structure verticale est placée du côté de la route, et non sur le trottoir. Ainsi l’abri bus n’est plus un obstacle pour tous ceux qui se foutent d’avoir un arrêt de bus sur leur passage. On croise des enfants, petites filles surchargées, qui portent un parapluie et un à deux sacs en plus de leur cartable gigantesque, carapace cubique. Les gosses de six ans prennent le bus et le métro, seuls. Et calmement. Jolis uniformes bleus-marine et blancs. Shorts, jupes, et casquettes ou chapeaux blancs. Je croise beaucoup d’établissements chirurgicaux pour la face et pour les dents. Remonter les sourires, soigner la dentition. J’avais été frappé, lors de mes quatre précédentes venues au Japon, par la multiplicité des dentitions délirantes, notamment chez les jeunes gens. Dents dessus dessous, sur le devant, par derrière, chevauchantes, bizarroïdes, enchevêtrées. Cette année, constat très différent. Beaucoup d’établissements de soins dentaires, beaucoup moins de bouches cassées. En revanche, ces cinq dernières années, je courais la nuit en cachette dans les Seven Eleven pour acheter du mauvais sucre, des saloperies saturées. J’en étais frustré, en manque. Le sucre était absent de la ville. Aujourd’hui, des boulangeries ont fleuri dans tous les quartiers, magasins spécialisés, brioches, cheese-cakes, chaîne de donuts américains, chaîne Eric Kayser, glaces aux fruits et crêpes glacées. Pour finir la journée et la liste des incongruités, je découvre par hasard une version japonaise de J’ai besoin de toi, j’ai besoin de lui, de Nicole Croisille, par Koshiji Fubuki. Et je définis une nouvelle quête désormais pour nos deux derniers jours, un nouveau défi ; trouver des Kit-Kat au thé vert pour les copines. Samedi 19Journée passée sous les faucons de Kamakura, qui planent au-dessus de la mer et des crânes des bouddhas. Longer le fleuve de Yokohama, avec éruptions de poissons volants ; sauts de un à deux mètres. Les avenues désertes, les ruelles bondées. Instinct grégaire autour des soldes, on vend des fringues à la criée. Le soir, au théâtre, venue attendue de maître Fujii, universitaire et spécialiste de Rambert et Fisbach, salle attentive, à l’écoute, studieuse. Amabilités puis il file manifester contre Abe et son neuvième amendement. L'amie Yuko, interprète officielle de François Ozon au Japon est là aussi. En soirée, les membres de la Directors Japan Association, Kenichi Shinomoto et Hyo Hirota, organisateurs du stage, et des stagiaires. Beaucoup de rires, d’agitation dans la salle.Shinjuku GardenYuko me suggère d'écrire une pièce inspirée par le Japon, "une grande et belle histoire d'amour tragique" dit-elle. Elles le sont toutes, partout. Au jardin de Shinjuku, il y a un jardin japonais, élégants, sinueux, compliqué et apaisant ; un autre anglais, touffu, paresseux, calme et dégagé ; un troisième français, rectiligne, droit, apprêté, et prétentieux. C'est la manière qui change. Pour le reste. Vivre est une tragédie et l'amour une catastrophe, ici aussi. Mais il y a la manière. Et il y a les exceptions. Dimanche 20DernièreDernier jour de l’aventure au Japon. Dernière représentation. Hier, matinée, une heure dix-neuf et trente secondes. Le soir, une heure vingt et seize secondes. Dernière matinée, dimanche 26 septembre, une heure, dix-neuf et trente six secondes. Ponctualité japonaise. La pièce est devenue grave, une tragédie drôle à force d'être irrecevable. Écrin noir, lumières découpées, couleurs, jeu intensifié, pas de distance, mais des folies, des langages opposés, des contradictions tragiques, des maladies de la parole et de l’amour qui ne sait pas se dire. Et la noirceur loufoque d’un humour féroce pour ne pas sombrer. Brice m’engueule, me dit que je ne peux pas attendre que les gens s’esclaffent devant mes pièces si je décide de les monter comme des tragédies.  Démontage immédiat, tout le monde se plie en quatre, agitation, bousculade, pour vider le lieu, démonter le décor, ranger les costumes que Michiru vend à bas prix aux comédiens. Personne ne veut se séparer de sa peau de scène.Quatre cent cinquante mètresEn haut de la Skytree, à quatre cent mètres au-dessus du sol, les touristes coréens, vietnamiens, chinois et occidentaux se bousculent, piaffent, se piétinent, laissent hurler leurs enfants rois. Dehors, une sorte de gouttière, à quatre cent mètres du sol, où une petite tornade remue une dizaine de grillons morts, jetés par les vents, échoués sur les vitres et tombés là. En dessous, beaucoup de piscines japonaises construites sur les toits des immeubles. La ville semble calme, ordonnée. Mais là-haut, aucune des règles de respect, en cours dans les rues, sur les quais des métros, sous l'emprise du collectif tout puissant, n'est plus observée dans ce nid touristique achevé il y a trois ans, encore moins ce dimanche, jour de relâchement. Jour de fête. Dehors, on se déguise. On croise dans le métro deux lapins et un extraterrestre. On court dans Asakusa, Akihabara, Ueno, voir une dernière fois le panda avant la fête de dernière, dans un café voisin. Embrasser les otaries endormies, possible joli titre. Des mots de Yoko Kanze, la marraine de l’aventure, depuis cinq ans, elle porte tout, à bout de bras, les mots des comédiens, Akiko, Natsuki, Kaze. La fête est finie, on est ivres, on rit fort, il y a des larmes, aussi. Rapporter des merdouilles, faire les valises, une lessive, les adieux, une nuit complète de plus de cinq heures, et partir ce lundi 21 septembre, c’est mon anniversaire, à l’aéroport de Narita, décollage imminent, et c’est la fin de l’histoire.

Le 12 février 2015 à 10:59

Stéphane Trapier est un copieur mais il fait des erreurs !

Son exposition prolongée jusqu'au 28 février

Au Moyen Âge Stéphane Trapier aurait été concepteur ès Monstres, Animaux merveilleux & Allégories aux ateliers Jérôme Bosch. S'il avait sévi en pleine Renaissance, Stéphane Trapier aurait dessiné des emblèmes pour des sectes mécréantes, créé des animalcules ou des silhouettes d'extraterrestres devinés au travers des premières lentilles. Au siècle des Lumières il aurait pourri quelques planches de l'Encyclopédie avec de vieilles gravures de la Bible détournées en illustrations de botanique ou de mécanique. S'il était né au XXe siècle côté soviétique, Stéphane Trapier aurait été au goulag, il y aurait inventé le faux tatouage et sans le savoir la décalcomanie. S'il avait eu la malchance de naître aux USA, il y aurait sans aucun doute mené une misérable existence de moine copiste dans les industries Walt Disney. Mais heureusement – comme nous l'apprend sa biographie officielle – "Stéphane Trapier est né le 15 juillet 1790 et a toujours raté les rendez-vous de l'Histoire. Ancien avant-centre de l'équipe de France, il n'a jamais gagné la coupe du Monde. Il collabore à Fluide Glacial (après la mort de Gotlib), au Monde (sans jamais croiser Beuve-Méry) ou encore à Télérama (dès la retraite de Jean-Claude Bourret). Il a illustré deux ouvrages de Jean-Michel Ribes, et son Rond-Point. Il ne connaît pas personnellement Henri Guaino." Tout ça pour vous dire que le ciel vient de vous offrir deux semaines de rab' pour courir à l'exposition de ses dessins et autres mickeys réalisés pour les programmes du Rond-Point, ils sont encore visibles jusqu'au 28 février à la Galerie Barbier & Mathon, 10 rue Choron dans le 9e arrondissement de Paris.Et aussi : allez feuilleter (vous achèterez!), à la librairie du Rond-Point ou ailleurs, son dernier ouvrage, Tarzan contre la vie chère, paru aux éditions Matière. Trapier y reprend de nombreux dessins publiés dans ventscontraires, ou d'autres exposés à la Galerie Barbier & Mathon.

Le 28 mai 2015 à 12:48

La Revue de presse théâtre, cadeau du "Spectateur de Belleville"

Les sites recommandés

Voilà une attitude qu'on aime bien à ventscontraires : vous avez la chance d'avoir un boulot où convergent des infos qu'il serait aimable de partager, eh bien vous y allez, vous prenez le temps de passer le meilleur à tous, via le réseau. C'est ce que fait justement le "Spectateur de Belleville", auteur anonyme de La Revue de presse théâtre. Comme il vous le dit lui même sur sa page d'accueil, il vous offre "une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement". Merci Spectateur de Belleville, elle est très bien faite, je l'utilise tous les jours. Vous aimez le spectacle vivant et seriez bien content d'avoir une synthèse plurielle et pointue de ce qui s'y vit et joue, en France et au-delà ? Allez y jeter un œil. Ce Scoop.it! alimenté par le laconique Bellevillois pourrait bien être l'adresse qui vous manquait. J'écris laconique, car si on trouve tous les articles des journaux auxquels on n'est pas forcément abonné, rien sur l'auteur sinon cette signature aux antipodes de la blogorrhée généralisée qui caractérise notre époque : "LE SEUL BLOG THEATRAL DANS LEQUEL SON AUTEUR N'A PAS ECRIT UNE SEULE LIGNE."  Nul selfie n'illustre sa page d'accueil, notre gentil corbeau s'est malicieusement choisi pour avatar un trompe-l'œil peint en 1874 par l'Espagnol Pere Borrell del Caso et intitulé Escapando de la critica (Echapper à la critique) : un jeune garçon effayé s'enfuit hors du cadre où il était enfermé, comme s'il ne pouvait supporter la violence cuisante d'un regard critique — clin d'œil confraternel aux artistes puisque Alain Neddam, car il s'agit de lui, est un homme transversal qui aura expérimenté tous les leviers du spectacle vivant : il a codirigé des théâtres et des écoles de théâtre, enseigné le métier d'acteur, assisté les plus grands metteurs en scène et chorégraphes, mis en scène, écrit sur le théâtre, et  aujourd'hui il court tous les soirs au spectacle pour le ministère dont il a rejoint la flottille d'inspecteurs patentés. Un homme, bref, pétri de l'esprit du service public qui, lorsque revenu tard la nuit au flanc de son quartier pentu, veille encore un peu à la lueur de son ordinateur pour nous envoyer les bonnes infos du jour. > La Revue de presse théâtre  

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