Mina Lopez
Publié le 17/01/2013

Vents contraires, le livre


Le Point, Gérard Desportes, 17 avril 2013

Mina a grandi au Guatemala avant de s'installer à Paris où elle devient la jeune et très solide attachée de presse de ventscontraires.net...
Stéphane Trapier a su croquer sa beauté latine atemporelle et l'acuité de son regard : le moindre entrefilet parlant de notre revue collaborative sur le Net, dans la presse, une allusion, un indice... rien n'échappe à l'œil intense de Mina Lopez ! 

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Le 13 mars 2014 à 10:46

Ma réponse aux accusations de Nathalie Kosciusko-Morizet

Pour répondre aux accusations sur le Théâtre du Rond-Point régulièrement répandues par Nathalie Kosciusko-Morizet dans sa campagne, voici quelques chiffres précis qui montrent que son usage habituel de la contrevérité trouve une fois de plus sa contradiction évidente. Non, le Théâtre du Rond-Point n'est pas une entreprise privée appartenant à Monsieur Jean-Michel Ribes. C'est un théâtre public constitué en SARL au même titre que les Centres Dramatiques Nationaux et donc soumis aux mêmes règles et obligations, le gérant s'interdisant notamment à la répartition des bénéfices. Monsieur Jean-Michel Ribes a été nommé en 2002 à la tête de cette institution par les représentants de la Ville et du Ministère de la Culture sur la base de son projet présenté lors d'un appel à candidature.Oui, la SARL exploite le bâtiment par le biais d'une convention d'occupation signée avec la Ville de Paris (propriétaire) et ce aux mêmes conditions que ses prédécesseurs.Non, la SARL ne bénéficie pas d'un soutien exceptionnel. Il lui est attribué une subvention d'exploitation faisant l'objet d'une convention annuelle d'objectifs signée au terme d'une délibération du Conseil de Paris (dont font partie les élus de Madame Nathalie Kosciusko-Morizet)... subvention qui ne peut supporter comparaison qu'avec les aides accordées aux Théâtres Publics (dont les Théâtre Nationaux) et non aux "confrères" (?) énoncés. Il faut que Madame Nathalie Kosciusko-Morizet sache que le Théâtre du Rond-Point n'est pas un théâtre d'arrondissement.Cette subvention de 1.960.000 euros HT représente moins de 18% du budget annuel de la SARL dont les recettes propres sont de 64% (dont 48% de billetterie et apports artistiques).Non, le Théâtre du Rond-Point n'a pas de mal à remplir ses salles, L'analyse de la fréquentation présentée est totalement fausse.Le Théâtre du Rond-Point depuis l'année 2002 a reçu plus de 2.350.000 spectateurs dans ses trois salles soit un taux de fréquentation moyen de 77%, le plaçant dans les premiers théâtres en terme de fréquentation, sans compter les spectacles du Rond-Point en tournée en France et à l'étranger qui représentent plus de 500.000 spectateurs.Et donc : Non, la situation financière du théâtre ne se dégrade pas au fil des ans.Bien qu'ayant repris en 2002 une situation fortement déficitaire, le TRP à ce jour présente un bilan à nouveau créditeur.Oui, regardez les comptes et réfléchissez.

Le 1 mars 2012 à 09:06

Le mois de mars m'inquiète

Je dois vous l'avouer, ce bon gros et gentil mois de MARS aux joues rosies par les bourrasques printanières, ce mois qui fête avec le sourire saint Habib, sainte Larissa et saint Gontran, patron des valets de chambre, ce charmant mois de mars qui rallonge la lumière du jour pour que le poète puisse terminer son quatrain sans la lampe halogène qui abîme la rime, eh bien, ce mois de mars m'inquiète. Car, à le regarder de plus près, il est bizarre. D'abord, comme la limande-sole et le ris de veau, le mois de mars n'a pas de milieu. En effet, où est la mi-mars ? Qui le sait ? Le 15 du mois ? Non. Car 15 et 15 font 30 et mars comporte trente et un jours. Le 16 serait-il alors son centre ? Non car 16 et 16 font 32. Je vous épargne le 17... Mars est donc un mois en déséquilibre, d'où son manque de morale. Il n'est qu'à voir la façon dont il quitte le signe des Poissons pour pénétrer dans celui du Bélier ! Attitude zodiacale pour le moins volage, sans compter qu'à peine Mars, le dieu de la guerre, lui donne son nom, qu'il le prête aussitôt à une planète rouge où vivent de petits hommes verts... A ce propos, on vient de découvrir que les traces de vert et de rouge sur la planète Mars indiqueraient la présence de Basques qui s'y seraient réfugiés pour pouvoir pratiquer tranquillement leur tennis avec des paniers à pain au bout des bras sans qu'il y ait trop de monde qui rigole autour.   Extrait de Mois par moi : almanach invérifiable © Actes Sud 2008 http://www.actes-sud.fr/catalogue/theatre-arts-du-spectacle/mois-par-moi

Le 6 avril 2018 à 11:45

Pierre Arditi lit ce qu'il aime

Une chaise, une table et Pierre Arditi : le comédien donne trois grands cycles de lectures. Textes de Jean-Michel Ribes, puis de Yasmina Reza, et enfin de Philippe Delerm et de Michel Onfray.Mise en ligne le 6 avril 2018 sur ventscontraires.net, la revue en ligne du Théâtre du Rond-PointRond-Point — Un texte goûteux, savoureux, qu’est-ce que c’est ?Pierre Arditi — C’est  tout  un  ensemble  de  données...  Je  veux  par  le  texte  pouvoir  offrir  une  lecture  iconoclaste,  il  faut  que  je  sois moi-même touché, parfois bouleversé, que je puisse aussi en rire. Est-ce que la palette des sensations et des émotions que dégagent ces textes me parlent suffisamment ? Je vais à l’aventure de ce qui me touche, de ce qui me parle le plus. La thématique, au fond, curieusement, me laisse un peu indifférent... Ce n’est pas majeur. Je ne lirai pas des tracts ! Je lis des textes, littéraires, poétiques, ce sont des univers qui portent du sens. Mais quand les  auteurs  sont  bons,  et  ceux-là  sont  excellents,  ils  peuvent  saisir  une  anecdote  en  apparence  sans  intérêt,  et  en  faire  un  chef  d’œuvre.  Un  auteur  mineur  peut  aussi  s’emparer  d’un  thème  majeur  et  ne  produire  qu’une  broutille parce qu’il ne sait pas quoi en faire. La question n’est pas là. Qu’est-ce qu’on fait avec quoi ? Certains textes  sont  d’une  apparente  légèreté,  mais  il  s’en  dégage  un  bonheur  intense  de  jouer  avec  les  mots,  avec  la  langue,  la  parole.  Le  fond  est  primordial,  évidemment,  mais  ce  n’est  pas  ce  que  je  choisis  en  priorité.  Ce  qui prévaut sur tout, c’est le plaisir d’une langue, des mots, que je vais éprouver et partager avec le public.Rond-Point — Mais cette langue, c’est quoi ? La musique ? Le rythme ?Pierre Arditi — La  musique,  c’est  la  musique  !  Laissons-la  à  la  musique...  Je  me  méfie  beaucoup  de  la  mélodie  de  la  langue,  des  sons,  des  rythmes.  Certains  acteurs  se  gargarisent  d’un chant,  ils  chantent,  et  cette  musique  de  la  langue  m’ennuie : ils pensent que les facéties de leur voix suffisent à dire et à faire quelque chose... La langue, avant tout, c’est le fond par ce qu’elle dit du monde et des autres, c’est le plaisir d’un voyage dans une architecture littéraire.  Selon  que  je  lirai  Michel  Onfray,  Jean-Michel  Ribes,  Yasmina  Reza  ou  Philippe  Delerm,  ma  voix  changera, les intonations et les timbres seront différents. Mais ce ne sera pas volontaire. Ça tiendra à leurs mots, à leur langue. Je n’irai pas chercher moi-même un ton qui change, les modulations se feront d’elles-mêmes par la nature du matériau proposé...Rond-Point — Sur scène, qu’allez-vous faire ?Pierre Arditi — Je  vais  m’asseoir  à  une  table,  et  je  vais  m’amuser  avec  les  gens.  C’est  une  lecture,  elle  est  bien  sûr  incarnée,  mais  il  s’agit  bien  d’une  lecture...  Je  peux  toujours  faire  le  poirier,  mais  je  ne  suis  pas  sûr  que  cela  intéresse  grand monde. Je garde un très bon souvenir de la lecture du texte de Jean-Claude Grumberg, "Une leçon de savoir vivre",  dans  la  grande  salle  Renaud  Barrault.  J’espère  retrouver  la  même  puissance.  Il  n’y  avait  qu’une  chaise,  une table, et le bouquin. C’est cette force de la lecture que je cherche à retrouver, même si la tessiture sera plus diversifiée, plus caustique, plus acide, plus drôle, plus romantique ou plus bouleversante. Le texte, admirable, de  Michel  Onfray  sur  son  père,  est  déchirant,  il  complète  les  facéties  des  passages  choisis  de  Jean-Michel  Ribes.  Le  tout  compose  des  morceaux  du  monde  qui  m’interpellent,  qui  m’amusent,  qui  m’intéressent,  qui  m’intriguent. Je suis comme ma tante Denise : elle me faisait la lecture quand j’étais un petit garçon. Je serai ma tante Denise ! Je veux partager ce plaisir là avec les gens...Propos texte recueillis par Pierre NottePropos vidéos recueillis par Jean-Daniel Magnin

Le 16 mai 2019 à 17:32

Jean-Michel Ribes : "Avec Topor, on est des enfants bâtards du dadaïsme"

Jean-Michel Ribes met en scène Folie, joyeux vrac mêlant ses propres textes à ceux de son ami Roland Topor et la musique est de Reinhardt Wagner.Théâtre du Rond-Point — Topor, Wagner et vous, comment vous êtes-vous trouvés ? Et aujourd’hui retrouvés ?Jean-Michel Ribes — Topor et Wagner échangeaient beaucoup, et beaucoup de vin par exemple. Moi, je le versais ! Ce n’est pas un projet d’anciens combattants, c’est même le contraire. Je veux faire revivre ce qui nous a fait vivre, amusé, ce qui nous a donné de grandes joies, à travers les chansons de Topor, les miennes, les musiques de Reinhardt... On veut retrouver le goût du champagne noir. Ça se passe aussi d’une génération à l’autre, puisqu’on retrouve la fille de Wagner et la mienne... Ce ne sera pas un cabaret, le mot est fourre-tout ; ce sont des folies, des dingueries. À vrai dire, on n’a jamais travaillé ensemble tous les trois. J’ai écrit avec Roland pendant près de vingt ans. Et Reinhardt a composé avec Topor pendant six ou sept ans, mais nous n’avons pas formé de trio. C’est aujourd’hui une façon de boucler la boucle dans un projet libre, qui repose sur les textes, les musiques et les interprètes.Rond-Point – Ces chansons sont-elles des chansons normales ? Racontent-elles des histoires ? Sont-elles roses ou noires ? Violettes ? En quoi vous ressemblent-elles ?Ribes – Ce sont des chansons à l’envers. Roland parle de Picasso, des escrocs, du sexe. Mes chansons font des portraits de chanteuses qui n’aiment pas la chanson. On voit passer un vampire végétarien, les gilets jaunes de l’amour... On va jouer des contrastes, entre mélodies et paroles explosives ... Le paquet cadeau est joli, mais l’intérieur est inattendu, bordélique. Les gens se dérangent pour venir au théâtre, la moindre des choses est qu’on les dérange à notre tour. C’est un anti-yoga... Ça tend, ça excite, ça fait jouir...Rond-Point — De quoi sera fait le cabaret ? Comment le construisez-vous ?Ribes — Il n’y a pas de « comment », de « truc », de « recette », c’est construit au rythme saccadé et sans frontière entre sursaut de désir, éclat de rire, et larme à l’œil. Hommage aux crétins, aux créateurs sans talent, aux chirurgiens-hommes d’affaire etc....Satire inversée, le monde à l’envers pour dénoncer celui qui est à l’endroit. Bref, tout sauf un pot-pourri, juste un pot-fleuri.Propos textes recueillis par Pierre NottePropos vidéo recueillis par Jean-Daniel MagninPublié le 16 mai 2019 sur ventscontraires.net, la revue en ligne du Théâtre du Rond-Point

Le 3 avril 2012 à 09:41

Avril est un mois fourbe

Soudain avril est là. Sans s'annoncer, sans prévenir personne, à l'étonnement de tous, il débarque dans le calendrier. Profitant de l'ébouriffement joyeux de nos sens et de nos rêveries amoureuses dû à un printemps naissant, il nous arrive par derrière en traître, assassine mars et nous accroche aussitôt un poisson dans le dos. Pas une hirondelle, une rose trémière ou un quatrain de Ronsard, non, un poisson ! Animal visqueux, froid, à l'oeil torve et à la conversation réduite. La chose est dite : avril est un mois fourbe, lâche, pervers, n'ayant que peu de considération pour l'être humain, sinon, au lieu de cet animal à écailles et souvent pas frais, il lui aurait pendu autour du cou et non dans le dos une créature de rêve avec laquelle il aurait épanché la vivacité libidinale dont la sève printanière l'a pourvu à cette époque de l'année.   Mais avril n'en a cure, chevauchant son taureau zodiacal qui chasse le bélier de mars. Il gronde, grêle, pleut et vente, souriant parfois d'un rayon de soleil hypocrite qui fait croire au jardinier que sa courgette va grandir, son aubépine blanchir et la jeune postière se vêtir d'un chemisier léger qui, lorsqu'elle se penchera pour lui faire signer un recommandé, laissera s'épanouir sa merveilleuse poitrine par-dessus la cotonnade. Mais non, avril, l'odieux avril, à peine a-t-il laissé poindre un morceau de soleil qu'il l'éteint d'un nuage, glaçant le paysage et enveloppant le buste de la préposée de lainages opaques.   Extrait de Mois par moi : almanach invérifiable © Actes Sud 2008 http://www.actes-sud.fr/catalogue/theatre-arts-du-spectacle/mois-par-moi

Le 30 août 2011 à 10:00

"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux

Entretien avec Jean-Michel Ribes #1

"Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe". Quand vous tourniez Palace ou Merci Bernard, le mot d’ordre était : « Tout, sauf l’actualité ! ». Et jusqu’ici, on vous trouvait plutôt du côté de l’absurde, rarement vers la satire… C’est vrai que jusqu’ici, ma manière de me moquer du monde ou des étouffements de la société passait par l’absurde ou le non-sens. A l’ombre des dadaïstes, je m’efforçais de dynamiter l’esprit de sérieux à sa racine. René l’énervé s’approche beaucoup plus d’une réalité visible. Cela vient du fait que depuis plusieurs années, je ressens un malaise face à la gouvernance de notre pays et de la politique en général. Avant que cela ne se termine en aigreur, j’ai préféré tenter de le transformer en farce joyeuse. Un rire de résistance en chansons. De plus, j’ai une passion pour l’opéra bouffe où l’entrain et la légèreté emportent tout.   À la lecture du titre, René l’énervé, c’est au chef de l’État que l’on pense. Est-ce qu’on se trompe ? On doit plutôt penser à l’univers politique dans son ensemble, qui a été coloré par Nicolas Sarkozy. Car la force du Président de la République est d’avoir non seulement bouleversé la façon de faire de la politique, mais d’avoir transformé aussi son opposition, et toute la classe politique ! Le Sarkozysme, ce n’est pas uniquement Nicolas Sarkozy. C’est une sorte de contagion de lui-même qui envahit l’ensemble des politiques. Une mise en coma agité de la société ! C’est la raison pour laquelle cet opéra bouffe met en scène aussi bien un conseiller nommé Hurtzfuller qui aime les Arabes quand ils ressemblent aux habitants du Cantal, un ministre des hautes frontières, un autre de la prise de sang, mais aussi les opposantes Ginette et Gaufrette, des philosophes nouveaux, as du cerveau s’il en est ! Des écolos bio bio et encore bio, et bien sûr le parti montant des « Cons de la Nation »… C’est une galopade rigolote qui traverse le barnum politique en perpétuelle parade.   Propos recueillis par Pierre Notte

Le 5 octobre 2014 à 12:21

"Haïkus de mes comptoirs", Gourio lâche ses poèmes

On vous a dit et répété qu'il n'y avait plus de poète populaire en France ? Eh bien raté, Haïkus de mes comptoirs vient de pousser en rigolant sous votre nez pour vous démentir. C'est le 1000e titre publié aux éditions Le Castor Astral et il va vous porter chance : il rassemble les merveilles que Jean-Marie Gourio a essaimées sur ventscontraires depuis près de 5 ans : poèmes, rêves minuscules, haïkus de comptoir... Un petit livre ami comme il le dit lui-même, à serrer contre son cœur comme une flasque d'eau de vie joyeuse, pour les instant où, décidément, le monde qui vous entoure ne vous semble plus mériter la visite. Par exemple cette goulée en haut de la page 169 : Si c'était que moi, le trèfle à quatre feuilles porterait bonheur à partir de deux feuilles. Ou celle-ci, page 33 : Baudelaire achète du painPaie en poèmeManque un vers S'il avait été prétentieux ou pompeux (ce qui ne risque jamais de lui arriver, c'est contre sa nature), Gourio aurait pu intituler ce recueil Le Délassement d'un romancier, car il a coutume d'envoyer ces pépites par salves pour s'aérer l'esprit lorsqu'il est en en train d'écrire un roman. Elles ne lui viennent jamais au comptoir, où il se tient alors en mode "écoute" – sur une longueur d'onde qui le met entièrement au diapason des âmes accoudées avec lui autour du zinc (les Brèves de comptoir en ce moment sur vos écrans avec le film de Jean-Michel Ribes). Ses poèmes à la noix ou à un euro – je reprends ses propres mots – jaillissent en rafales du dedans, de ses comptoirs intimes et secrets, on est en direct avec l'énergie poétique de Gourio. "Quelques phrases qui tintent contre un verre de blanc" et qui font du bien.   > Le Castor astral

Le 23 février 2012 à 09:14

Pourquoi février est un mois bissextile

Il n'échappe à personne que le mois de février aime autant LA montagne que L'océan, que c'est le mois où l'on fête LA chandeleur mais aussi LE carnaval, que c'est en février qu'on mange LA sardine et LE cochon, LA pintade et LE saumon, que c'est le mois où l'on porte LA doudoune et LE caleçon, que c'est en février que La Fontaine a écrit LE lièvre et LA tortue et qu'enfin, février célèbre autant de saints que de saintes. On l'aura compris, février est un mois bisexuel.   Son incapacité à choisir entre le féminin et le masculin, son désir autant du IL que du ELLE l'ont tout naturellement désigné comme le mois de l'amour que l'on célèbre le 14 février, fête nommée la "Saint-Valentin" ; vous remarquerez au passage que, bien que Valentin soit un homme, on dit LA Saint-Valentin pour respecter la parité des goûts amoureux de février.   Mois bisexuel donc, que la pudibonderie des rédacteurs du calendrier a caché pendant des années à travers l'appellation "bitextile". En effet, autrefois, c'était en février que la production de la laine et du coton (là encore le masculin et le féminin se mêlent) était la plus abondante, d'où l'idée de célébrer ces deux matières premières en nommant ce mois où le commerce s'épanouissait "bitextile". Mais le fort tempérament du mois de février ne peut longtemps être occulté et, après de longues négociations entre les admirateurs de la libido du mois et les défenseurs de la morale du calendrier, on arrivera à un compromis entre bisexuel et bitextile, il fut décidé que le mois de février serait bissextile. Extrait de Mois par moi : almanach invérifiable © Actes Sud 2008 http://www.actes-sud.fr/catalogue/theatre-arts-du-spectacle/mois-par-moi

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