version mobile
ventscontraires.net
version mobile
 
impact
Règles du jeu
Actus contraires
Gens contraires
Galerie foutraque
Cadeaux Rond-Point
Je lance ma chronique
Chroniqueurs
Ils en parlent
Les vidéos
Les sons
Les vidéos
Les textes
Les vidéos
 Go 
Newsletter
 je m'inscris 
Dans quel état sommes-nous ?

Fanch Ravenelle


(11 articles)

Comédien, chanteur, fleuriste et géniteur,
Il incline aujourd’hui à faire aussi l’auteur.
Sa prose est assumée sous son vrai patronyme,
Mais c’est sous un pseudo qu’il aligne les rimes.
Pater familias, téléphobe avéré,
Heureux dans les cuisines et les vieux cabarets,
Il aime, sans témoin, prendre ses douze pieds,
Manie moins l’écran plat que les bouts de papier,
Milite volontiers au parti des terriens
Et tâche que sa vie ne rime pas à rien.

les derniers articles
 
 
 
Golgota Picnic | Laure Albernhe | Christophe Alévêque | Kader Aoun | Alfredo Arias | Fernando Arrabal | Alexandre Astier | Jacques Attali | Au secours les mots | Florence Aubenas | Hélios Azoulay | Alexander Balanescu | Guy Bedos | Tahar Ben Jelloun | Enki Bilal | Romane Bohringer | Mathurin Bolze | Jacques Bonnaffé | Christophe Bourseiller | Xavier Boussiron | Zabou Breitman | Cabaret philosophique | Cabu | Cartes postales | Cartoonistes for peace | Charlie Hebdo | Eric Chevillard | Jean-Loup Chiflet | citations | Boris Cyrulnik | Marie Darrieussecq | Pippo Delbono | Manault Deva | Roland Dubillard | Etienne Dumont | Fabrice Eboué | Pierre Etaix | Michel Fau | David Foenkinos | Paul Fournel | Jean-Louis Fournier | Lewis Furey | Jacques Gamblin | Noël Godin | Jean-Marie Gourio | Le Grandiloquent Moustache Poésie Club | Jean-Claude Grumberg | Pierre Guillois | Peter Handke | Jean-Michel Helvig | Catherine Hiegel | Régis Jauffret | Yannick Jaulin | Denis Lavant | Alexis Macquart | Jean-Daniel Magnin | Sophie Marceau | Thierry Maugenest | Bernard Menez | Jacques Mérienne | Donatienne Michel-Dansac | Frédéric Mitterrand | Gérard Mordillat | Jean-Paul Muel | Christine Murillo | Thomas Ngijol | Marie Nimier | Stanislas Nordey | Pierre Notte | Michel Onfray | ORLAN | Martin Page | Stéphane Paoli | Fabienne Pascaud | Fred Pellerin | Christophe Pellet | Sophie Perez | Judith Perrignon | Tattoo & Piercing | Bernard Pivot | Plonk & Replonk | Eric Poindron | Jérôme Prieur | Gaspard Proust | Nata Rampazzo | Jean-Michel Ribes | Denis Robert | Patrick Robine | Michel Serres | Macha Séry | Sites recommandés | Pierrick Sorin | Sébastien Thiéry | Stéphane Trapier | Pierre Vial | Martin Winkler | Les Yes Men
BHL | Bourse | USA | actualité | bande dessinée | brève | cinéma | citation | conférence | corbeau | cuisine | europe | fn | grèce | guerre | hortefeux | italie | littérature | menace | ministre | paris | police | présidentielle | rire | rire de résistance | rodrigo garcia | télévision | égalitude | élysée | été

Louez vos gamins


Conseil Citoyen 4

Tu es le géniteur d’une nombreuse engeance
Dont certains sont encore aux portes de l’enfance,
Braillant le nez au vent et la morve à la bouche
Tandis qu’à Pôle Emploi tu calcules les mouches.
Ne penses-tu jamais à partager ton bien ?
Beaucoup de gens t’envient ta bande de vauriens ;
Tous ceux qui, inféconds, n’ont pas d’autre option :
Que d’avoir un enfant par une adoption.
D’Haïti au Pérou, ils parcourent le monde
Pour serrer dans leurs bras la chère tête blonde.
Ils comptent les années pour ce moment crucial
Comme toi pour avoir un logement social. Je ne te parle pas d’une donation.
Je parle simplement d’une location.
Tu fourniras la couche ainsi que la tétine
Et l’enfant nettoyé jusqu’au fond des narines.
Le gamin, s’il le faut, dira : Papa, maman,
Tout dégât constaté vaudra un supplément.
Ton affaire sera des deux côtés rentable ;
Pas de pièces à fournir, pas de dessous de table,
Mais un contrat au mois ou, que sais-je, à l’année.
Des formules week-end avec ton dernier né.
Jésus n’a-t-il pas dit : « Loués soient les enfants ! »
Non, il ne l’a pas dit et c’est un manquement !

Patron de la Culture, tiens bon !


Conseil Citoyen 9

Depuis longtemps déjà, patron dans la culture,
Tu diriges pépère une grosse structure
Vendant et achetant à tes alter egos
Des spectacles souvent qualifiés d’inégaux,
Mais que toi tu défends comme étant « Grand Public ».
Ce dont se satisfont tes soutiens politiques.  
Cette rentrée pourtant te voit le souffle court.
La femme d’un copain qui travaille à la cour
 T’a laissé sous entendre en sortant d’un dîner
Qu’on évoque en haut lieu de te déboulonner.
Depuis tu ne dors plus. Mais pourquoi tant de haine ?

Qui peut vouloir ta tête et ton beau CDN ?
Sait-on que tu as dit de cette région centre
Où tu as tes fonctions et qui t’accueille en chantre:
« Ce centre national est vraiment dramatique » ?
Ce bon mot aurait-il engendré la réplique ?
Que faire ou bien que dire avant que l’on t’évince ?
Comment retrouver l’ombre et l’oreille du Prince ?  

Saches-le, pour entrer encore au ministère
Le sésame a deux mots: Restrictions budgétaires !
Ainsi, pour tes acteurs, sous-traite à l’étranger
Dans un pays bien pauvre et juste ravagé
Par une pandémie ou un puissant séisme.
Politiquement neutre et emprunt d’exotisme
Ton acte humanitaire, engagé, philanthrope,
T’offrira du crédit jusqu’aux fonds de l’Europe.

Choisis des spécimens assez haut en couleurs,
Quelques femmes jolies, sans être racoleur,
De ces jeunes qui rêvent d’atterrir en France.
Aller les dénicher te fera des vacances.
Qu’ils sachent bien bouger et prendre l’éclairage.
Le texte quant à lui sera, en sous-titrages,
Une histoire du cru traduite à ta façon
Dont tu encaisseras ainsi l’adaptation.
Paie-les en défraiements, ils ne s’en plaindront pas
Et seront même heureux de sauter les repas
Et de glorieusement reprendre leur charter
Avec ce qui chez-eux vaut un an de salaire.

Veille bien cependant qu’aucun d’eux ne se pique
De vouloir demander l’asile politique.
Bien sûr que des copains te trouveront réac,
Tu feras des jaloux au sein du Syndeac,
Qu’importe, il faut durer et tu pourras peut-être
Finir en commandeur et des arts et des lettres.

Laissez Noël en paix


Conseil Citoyen 6

Nous ne sommes qu’en juin et ton moral en berne
Face au jeu malicieux de ceux qui nous gouvernent
Te fait déjà penser que pour le réveillon
Tes rejetons n’auront ni cadeau ni bonbon,
Que seuls de pauvres trous rempliront leurs chaussettes,
Que tu n’auras pour feu que quelques allumettes
Et que le seul sapin restant à décorer
Ce sera ton cercueil et ses quatre poignées.  

Arrête-là, veux-tu  et redresse la tête
Surtout pour ce qui est de préparer les fêtes.
Ne sais-tu pas, l’ami, que la nuit de Noël,
Avec tous ses présents et sa bonne nouvelle,
C’est l’arnaque du siècle et le baise couillon
Le plus élaboré pour prendre ton pognon ?
Si tu crains de sombrer au cœur de la tourmente
Ne va pas te mêler aux masses consommantes.
Il y a des moyens pour remplir une hotte
Qui ne coûtent pas plus qu’une boite de crottes.  

Surtout pour ce qui est des tout petits enfants,
Je veux parler de ceux qui ont moins de trois ans.
Dis-toi bien que ceux-là ne savent pas du tout
Si Noël est en mai, en décembre ou en août.
C’est donc quand tu le veux, si tu veux bien le faire
Et il en va de même à leur anniversaire.
Et si pour eux quelqu’un te donne des étrennes
Tu les mets dans ta poche et puis tu les fais tiennes.  

A partir de trois ans et disons jusqu’à sept
Si tu ne donnes rien, ils te feront la tête.
Alors n’hésite-pas, vas-y le cœur en liesse,
Rends leurs allègrement le menu de leur pièce ;
Tableaux de grains de riz, cendriers de Saint-Jacques
Poupées de mie de pain ou colliers de pâtes.  

Pour les plus grands, ma foi, tout est dans l’emballage
Et dans la marque aussi. Ce qu’il faut pour leur âge,
C’est un logo connu qu’ils pourront exhiber.
Dans ce goût tout est bon et rien n’est prohibé.
Passe chez Emmaüs et pique une étiquette
Recouds là bien en vue sur une autre liquette
Et ne t’affole pas à cacher l’origine
Grande marque ou chiffon tout est cousu en Chine.
 

Conseil Citoyen 2


Diérèse de bon aloi soulignée!
Tu fais partie de ceux qui cherchent instamment A bénéficier d’un décent logement. Rêvant de HLM, après dix ans d’attente Tu ne peux condescendre à vivre sous la tente. Mon ami, réfléchis, tout sociaux qu’ils sont Ces bailleurs sont aussi de parfaits maquignons. Voudrait-on que ce soit avec les démunis Qu’on puisse s’assurer de faire du profit? Pour pouvoir soutenir les gens dans le malheur Il faut solliciter aussi de bons payeurs. Fais-toi riche l’ami! Ton attente, crois-moi, Verra son épilogue en l’espace d’un mois.   Ta paye, me dis-tu, est au ras du plancher? Mais tu es con ou quoi? Il s’agit de tricher! Qui te demande, ami, tes feuilles de salaire? Ta quittance d’impôt suffira à l’affaire. Déclare un bon paquet au Monsieur receveur. Quand l’avis est reçu, signale ton erreur. Garde bien cependant le premier document Et te voilà doté de bons émoluments.   Ôte-toi de l’idée de vivre en H.L.M. Maintenant, sache-le, tu es Bourgeois Bohème. Ton logement sera de l’INTERMEDIAIRE, Bien placé, bien plus grand et pas vraiment plus cher. C’est ainsi que l’on nomme un type de logis Social pourtant, mais pour les biens nantis.   Bientôt je te dirai comment tu vas pouvoir En obtenir un autre à sous-louer au noir En percevant pourtant des allocations. Ne me remercie pas, merci la Nation.  
Fanch Ravenelle
Internaute




 

Laissez Noël en paix (réactualisé)


Conseil Citoyen 6

Nous voilà en décembre et ton moral en berne
Face au jeu malicieux de ceux qui nous gouvernent
Te fait conjecturer que pour le réveillon
Tes rejetons n’auront ni cadeau ni bonbon,
Que seuls de pauvres trous rempliront leurs chaussettes,
Que tu n’auras pour feu que quelques allumettes
Et que le seul sapin restant à décorer
Ce sera ton cercueil et ses quatre poignées.  

Arrête-là, veux-tu  et redresse la tête
Surtout pour ce qui est de préparer les fêtes.
Ne sais-tu pas, l’ami, que la nuit de Noël, Avec tous ses présents et sa bonne nouvelle,
C’est l’arnaque du siècle et le baise couillon
Le plus élaboré pour prendre ton pognon ?
Si tu crains de sombrer au cœur de la tourmente
Ne va pas te mêler aux masses consommantes.
Il y a des moyens pour remplir une hotte
Qui ne coûtent pas plus qu’une boîte de crottes.  

Surtout pour ce qui est des tout petits enfants,
Je veux parler de ceux qui ont moins de trois ans.
Dis-toi bien que ceux-là ne savent pas du tout
Si Noël est en mai, en décembre ou en août.
C’est donc quand tu le veux, si tu veux bien le faire
Et il en va de même à leur anniversaire.
Et si pour eux quelqu’un te donne des étrennes
Tu les mets dans ta poche et puis tu les fais tiennes.  

A partir de trois ans et disons jusqu’à sept
Si tu ne donnes rien, ils te feront la tête.
Alors n’hésite-pas, vas-y le cœur en liesse,
Rends leurs allègrement le menu de leur pièce ;
Tableaux de grains de riz, cendriers de Saint-Jacques
Poupées de mie de pain ou colliers de pâtes.  
Pour les plus grands, ma foi, tout est dans l’emballage
Et dans la marque aussi.
Ce qu’il faut pour leur âge,
C’est un logo connu qu’ils pourront exhiber.
Dans ce goût tout est bon et rien n’est prohibé. P
asse chez Emmaüs et pique une étiquette
Recouds là bien en vue sur une autre liquette
Et ne t’affole pas à cacher l’origine
Grande marque ou chiffon tout est cousu en Chine.

Programme-toi dans le off en hiver


Conseil Citoyen 8

Te voici reparti avec tes compagnons
Comme chaque juillet faire votre Avignon.
Vous pensiez en jouant de jour en extérieur
Faire l’économie d’un jeu de projecteurs,
Mais faisant profession que rien ne vous encombre,
Vous optez cette année pour du Théâtre d’ombres.

Vous avez donc loué en vous pliant en quatre
Ce que seul Avignon veut appeler Théâtre.
Ça ne coûte pas plus qu’à d’autres leurs cigares,
Mais pour vous quatre c’est onze mois sans écart
Pour avoir le loisir de déplier un drap
Et le tenir tendu une heure à bout de bras.
Ainsi vous allez donc, tractant et paradant,
Pliant et dépliant, heureux et nonchalants,
D’autant que cette année tu sens le bon karma
Qui vous fera sortir de votre anonymat ;
Tu viens de rencontrer un gars qui t’a promis
De te faire connaître un de ses vieux amis
Qui peut te présenter la fameuse Corinne
Qui travaillait, un temps, au restaurant du « in ».

Elle cherche un spectacle où les gens ne vont pas
Jouant comme le tient à l’heure des repas
Car avec son amant, sur la rangée du fond,
Ils peuvent sans témoin s’envoyer au plafond.
Mais cela, t’a-t-on dit, pourrait-être ta chance
Car l’homme est groniqueur au journal « La Provence ».  
Puis-je sans te fâcher avancer un conseil
Qui n’a d’autre ambition que sonner ton réveil.

Puisque pour Avignon sans fin tu persévères,
Pourquoi ne pas aller y jouer en hiver ?
Imagine un instant cent mille âmes recluses
S’emmerdant sous la neige en plein cœur du Vaucluse.
Les hôteliers, pour vous, ouvriront grands leurs draps
Et vous feront goûter à leurs prix les plus bas.
Et si pour vous sentir encore festivaliers
Vous préférez aller à plus simple taulier,
Le camping est à vous. Avec le reliquat
Vous pourrez vous offrir un vrai pontificat :
Un théâtre à vous seul, une scène et des loges,
Les copains de Corinne abondant en éloges,
Un vrai pot de première ; canapés et gratin
Et un portrait couleur dans Vaucluse Matin.
En plus, l’ombre chinoise au cœur de la Provence
Ne souffre, à mon avis, d’aucune concurrence.

Manifestez en restant dans votre lit


Conseil citoyen 5

Quand ta profession se décide à la grève
Tu savoures avec joie cette journée de trêve
Qui permet de rester chez soi à se détendre
Tout seul, pour une fois, sans aucun compte à rendre.
Mais comment faire face aux autres syndiqués
Qui ne manqueront pas de venir critiquer,
Le lendemain matin, ton absence notoire
Et feront circuler à travers les couloirs
Que tu as désiré, en n’allant pas au front,
Montrer ton allégeance à l’égard du patron.
Pour éviter, l’ami, cette mise au placard
Devance la mêlée comme tout bon briscard.
Fais-toi des tous premiers, au mot d’ordre lancé,
A saisir cette info pour la faire passer.
Fais suivre les e-mails, mais surtout improvise
Un accompagnement qui les personnalise ;
Un petit mot de toi : « Amis et camarades,
Plus on sera nombreux…» Ce genre de salade.
Ayant montré ainsi ton implication
Qui pourra se douter de ta défection
Et si tu mobilises et que la foule est dense
Bien malin qui pourra affirmer ton absence.
Remets-en une couche à deux jours d’y aller
En prenant soin surtout de ne pas étaler.
Il serait, en effet, tout à fait embêtant
D’être soudain perçu comme un grand militant.
On te ferait marcher aux côtés des ténors
Et tu dirais adieu à ton jour de confort
Ou pire et ce serait, avoue-le, pas de bol
Il te faudrait, l’ami, porter la banderole.
Venons-en maintenant au jour de la manif.
Bien qu’au chaud dans ton lit, tu dois rester actif.
En fin d’après-midi, appelle un vieux copain.
Un de ces bons grognards qui sont sur le terrain ;
Distributeurs de tracts, adhérents de toujours
Qui mangent la saucisse au moment des discours.
Tu lui demandes alors ce qu’il en a pensé
Et tu as les détails de ce qui s’est passé,
De quoi, le lendemain, tenir la dragée haute
A tous ceux qui pourraient vouloir te mettre en faute.



 

Conseil citoyen 1


Diérèse de bon aloi
Tu t’échines le jour en crèche communale Entre criailleries et substances fécales A garder des moutards sots et gougnafiers ? Fais donc comme tous ceux qui sont qualifiés : Repère dans le tas le plus contagieux Ce morveux toussoteux te sera précieux. Sa tétine passant par toi de bouche en bouche Dès le surlendemain t’affranchira des couches. Les malades devant rester chez leurs parents Tu n’auras plus à toi que quelques endurants. Gastro et Rubéole, Otite et Oreillons Pour gâter un merdeux j’en connais un rayon Et ta hiérarchie ne t’en blâmera pas Ses parents raqueront même s’il n’est pas là. Qu’ils s’estiment chanceux d’avoir pour leur vaurien Une place chez nous que tant d’autres non rien. Et qu’ils sachent aussi que pour les pandémies L’hiver offre aux marmots une autre loterie. N’y gagne pas qui veut, c’est une dure loi, Mais c’est celle du monde. Est-ce ta faute à toi.
Fanch Ravenelle
Internaute




 

Pour votre sauvetage demandez un devis !


Conseil Citoyen 10

Un hasard malheureux et qui reste un mystère
Te fait te retrouver bloqué cent pieds sous terre,
Ne pouvant accuser que ta seule imprudence
A vouloir pimenter un peu plus tes vacances.
Le problème l’ami, ainsi enseveli,
C’est que tu es français, on n’est pas au Chili,
Et même dans le cas de ta prise en otage
Tu risques de payer les frais de sauvetage.
Rappelle-toi le prix du baptême de l’air
Offert à ta maman pour son anniversaire.
Multiplie-le par cent ou, que dis-je, par mille,
Compte les spéléos, les maîtres cynophiles…
C’est à se demander s’il vaut mieux remonter
Respirer, à l’air libre, à jamais endetté
Ou finir, dans le fond, comme un aventurier,
Toi qui n’étais, là-haut, qu’un blafard employé.
Toi pour qui l’aventure était, assis peinard,
De regarder des gens sauter du Fort Boyard.  

Si malgré tout tu tiens à retrouver ta vie,
Demande aux sauveteurs de te faire un devis.
Comment le demander ? Mais en morse bien sûr !
En tapant quelque part avec une chaussure.
Refuse absolument l’emploi d’hélicoptères !
Aucun professionnel, juste des volontaires
Et un chien et demi : un berger, un caniche.
Le premier pour trouver l’endroit où tu te niches
L’autre pour la photo, car soyons réalistes
Ceux qu’il te faut avoir, ce sont les journalistes.
Si tu joues bien ton jeu, tu pourras faire en sorte
Qu’au lieu de te coûter, tout cela te rapporte. 
 
S’ils te trouvent trop tôt, planque-toi, fais le mort,
Le temps que les médias s’installent au dehors.
L’idéal, il est vrai, pourquoi te le cacher,
Ce serait d’être deux et que l’autre amoché
Périsse à tes côtés. Tu en manges un morceau,
Tu deviens nécrophage et là c’est le grand saut.
Avec une bouchée, un peu de peau de coude,
Tu vendras ton histoire aux studios d’Hollywood.
Signe-toi en sortant ! Ça fera le spectacle.
Les médias relaieront en parlant de miracle.  

Quand enfin tombera, de là haut, la facture
Fais valoir l’audimat de ta mésaventure,
L’argent qu’ont rapporté, chaque jour, tes tracas
Et comment, en soudant le pays sur ton cas
L’info s’est détournée de dossiers plus sensibles.
Ne cesse plus jamais de rester bien visible.

En Avignon fais du pognon


Conseil Citoyen 7

Ton père, m’écris-tu, te laisse en héritage
Avec un potager,  un très joli garage
Aligné parmi d’autres au cœur d’une cité
Et c’est dans cet endroit que tu vas habiter.
Fermant par une porte de bois coulissante,
Une autre porte arrière, et c’est ce qui t’enchante,
Donne sur le jardin aligné lui aussi
Avec ceux des voisins. De plus un établi
Solide, tout en bois et de largeur notable
Pourrais, racontes-tu, faire office de table.
Tout cela est charmant, pourquoi pas après tout,
Toi qui a tant de mal à joindre les deux bouts.

Mais dans un post scriptum, ai-je là bien compris ?
Ce garage n’est pas en banlieue de Paris,
Mais en Avignon même, à deux pas des remparts ?
Alors là, mon ami, c’est un nouveau départ.
Sache qu’en Avignon, même un fond de soupente
Rapporte du pognon plus qu’un remonte-pente.
Tu tiens là ta revanche et mon esprit s’emballe.

Avec jardin en fond, c’est Bussang, c’est royal !
Tu vas être patron, écoute je t’explique :
Moi mon rôle sera Directeur Artistique.
La cabane à outils fera le foyer bar, L’établi ; le plateau.
C’est l’enfance de l’art ! Les compagnies que nous auront sélectionnées
Camperont au jardin moyennant un loyer.
Reste à trouver un nom de théâtre et ça coince.

« Le Garage » ça fait discothèque en province.
Il faut tirer un nom de l’histoire du lieu,
Un nom qui rende hommage à l’esprit de ton vieux.
D’ailleurs à ce propos, il a fini comment ?
Suicidé ?! Asphyxié au gaz d’échappement …?!
Le nom est tout trouvé : Théâtre Suce Idée.
Ça tourne bien en bouche et fait subventionné..
 

Conseil Citoyen 3


Diérèse de bon aloi soulignée!
Tu exhibes partout et partout tu débites Ce que fait ton IPhone, comme on branle une bite. Tu le tiens par la main dans un geste branché, Mais sa vocation est de rester caché. Laisse-moi te guider sur le correct usage De ce petit outil dont tu fais grand tapage.   Mais commençons d’abord par ce qu’il faut avoir Dans tous les bons dîners. Le suprême accessoire Qu’il te faut posséder. Le must aujourd’hui. Je le nomme en un mot : La POLLAKIURIE. Ah ! Ça t’en bouche un coin ! Oui c’est un mot français. Tripote ton IPhone et cherche ce que c’est. MICTION EXCESSIVE ! Eh bien voilà, poussin! Tu comprends maintenant ou tu veux un dessin. La Pollakiurie est donc, en résumé, L’envie incontrôlée d’aller aux cabinets ! C’est ça le grand atout, l’avantage notable Si tu veux aujourd’hui briller à une table. Tu fuis les intellos par peur qu’ils te la coupent Mais il ne tient qu’à toi de leur servir la soupe. La Pollakiurie est le mal élégant Pour être remarqué des cercles influents.   Annonce la couleur dès les apéritifs, Cette sincérité est un point décisif. « Je souffre sachez-le d’une maladie rare…» Résume l’exposé, ne sois pas trop bavard. Ainsi à chaque fois que tu sens le débat Tourner sur un sujet que tu ne connais pas, Tu quittes la tablée, demandes les latrines Et là, seulement là, assis dans la cabine, Tu saisis ton IPhone et son écran tactile. Trouve d’un doigt concis quelques propos subtils Et retourne t’asseoir en parfait prosélyte. Voilà comment gagner l’oreille de l’élite.
Fanch Ravenelle
Internaute




 
 Les règles du jeu   Actus contraires   Gens contraires   Galerie foutraque   Cadeaux Rond-Point   Je lance ma chronique   Chroniqueurs   Ils en parlent 
 Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes   Nous contacter   Accès chroniqueur
 Site administré par
© 2010 - CC.Communication 
  CC.Communication, création de sites web et édition de logiciels en ligne