Excellente nouvelle :
l’exposition que le Musée des Lettres et Manuscrits de Paris consacre à Romain
Gary est prolongée jusqu’au 3 avril 2011. Elle propose de redécouvrir le
parcours de cet auteur d’exception à travers une sélection émouvante de ses
manuscrits, cahiers toilés ou feuilles libres recouvertes de la même écriture
puissante et ronde.
On croit le connaître, mais au
fond qui est Roman né Kacew, devenu Romain Gary (Gary signifie
« Brûle ! » en russe) puis Emile Ajar (« Ajar », c’est
la braise) ? On le sait écrivain prolixe qui a ravi ses lecteurs, trompé
les critiques, génial mystificateur aux deux prix Goncourt (pour
Les
racines du ciel et
La vie devant soi). Amoureux des femmes
aussi, mais surtout amoureux de la vie au point de décider de la quitter d’un
coup, avant qu’elle ne le quitte à petit feu. Gary l’aviateur, le diplomate,
l’auteur, le réalisateur, le fils de sa mère, Gary l’inclassable qu’on a tenté,
sale défaut de chez nous, en vain d'étiqueter. Il aimait
à dire, se comparant au caméléon qui, placé au centre d’un tissu écossais,
devient fou, qu’il n’était pas, lui, devenu fou. Il était devenu écrivain.
A son sujet, beaucoup se
souviennent de cette phrase élégante et digne qui clôt son manuscrit confession
Vie et mort d’Emile Ajar : « Je me suis bien amusé. Au
revoir et merci. »
Pour ma part, je garde comme un
talisman cette autre, qui me résume mon Gary à moi, du moins tel que je
l’imagine, cet humaniste insolent dont on ne peut toujours pas, à se demander à
quoi sont payés les éditeurs, trouver les œuvres complètes publiées
décemment :
« On a envie de changer le
monde, pour enfin l’envoyer se faire foutre. »
Pour en savoir davantage :
museedeslettres.fr