Jacques Dangoin

(5 articles)
Jacques Dangoin est bibliothécaire, auteur, compositeur, chanteur et lyonnais.
Le 14 février 2013 à 08:06

Urbi estourbi

  Aujourd'hui, on frappe à la porte de Dieu.  Toc, toc, toc. (La porte de Dieu, quand on y toque dessus, fait toc toc toc comme toutes les autres portes, preuve que le gars est resté très simple malgré tout).- Entrez! Le pape entre.- Ah Benoît! Quelle bonne surprise! Mais qu'est-ce que tu fous là, t'es quand même pas mort ? J'aurais reçu un tweet sinon!- Oh non, mais je ne vaux guère mieux.- C'est vrai que tu as une sale mine dis donc! Aurais-tu mangé des lasagnes au cheval? D'ailleurs, ça veut dire quoi Findus en latin? Ah ah, elle est bonne celle-là, non?- Écoutez, franchement je n'ai pas le coeur à rire. Je suis venu vous remettre ma lettre de démission.- Mais pourquoi? Tu as des revendications ? Tu veux être augmenté ? Qu'on t'appelle Benoît 17 ?- Si ce n'était que cela. Non, en fait je n'y arrive plus. Si vous saviez le bazar que c'est en bas. Tenez, l'autre jour, je faisais mon allocution place Saint Pierre, et des filles se sont... euh... comment dire, dépoitraillées en réclamant que je me taise.- Non ? Elles t'ont montré leurs nichons ?- Ben oui...- Ah le veinard! Elles étaient bien gaulées au moins ?- Mais enfin, vous vous rendez compte! Des filles à moitié nues en plein Vatican !- Et alors? La belle affaire! Dis-moi, tu serais pas un peu pédé? Je n'en serais qu'à moitié étonné vu comme tu t'habilles, toujours en robe et avec ces chapeaux ridicules que n'oserait même pas porter madame de Fontenay. - Ah ne me parlez pas de ça. Savez-vous qu'en France, ils vont légaliser le mariage gay ?- Mais enfin Benoît, un homme qui aime un homme, une femme qui aime une femme, c'est encore de l'amour. Et l'amour, ce n'est pas le fondement de la foi ?- Mais je me tue à le répéter, comme avant moi mes prédécesseurs, qu'il faut aimer son prochain et que la guerre c'est pas bien. Et ils continuent à s'entre-tuer !- Oui d'accord, mais bon, ça, c'est la routine. On les changera jamais ces cons-là, ils ont toujours adoré se foutre sur la gueule. Mais t'es vraiment trop nul Benoît ! Tiens, ta démission, tu sais ce que j'en fais? Je la refuse: t'es viré. Tu peux aller pointer au chômdu. Comme ça tu auras tout le temps de lire l'évangile selon Saint Pôle Emploi. Oh oh oh, celle-ci est pas mal non plus! Et puis j'en ai ras l'bol que mon représentant sur terre soit toujours un débris cacochyme... Saint Pierre ! Rapplique illico !- Oui mon Seigneur. Qu'y a-t-il pour votre service ?- Trouve-moi dans les pages blanches les coordonnées de Frigide Barjot. Comme pape, une femme pas trop âgée, ça fera moderne. Et comme elle est aussi rétrograde que Benoît, nos grenouilles de bénitiers seront rassurées. Quitte à sombrer dans le ridicule, allons-y franco. Et pendant que tu y es Pierrot, vire-moi ces saloperies d'hosties et ramène-moi des cacahuètes. J'ai quand même droit à un apéro digne de ce nom nom de Moi !- Bien Seigneur. Et monsieur Benoît, j'en fais quoi ?- Renvoie le sur terre. Il me servirait à rien ici: il ne rit même pas à mes blagues.

Le 30 novembre 2012 à 07:17

L'enclume des jours

Aujourd'hui, je réclame la suppression du mois le plus calamiteux de l'année: novembre. Novembre est froid, long et moche, novembre ressemble à l'apparition de la mort dans un film de Bergman, novembre est idéal pour aller faire une loooooongue ballade dans des sous-bois boueux et glaciaux avant de rentrer chez soi bien au chaud pour se pendre, c'est en novembre que les ventes d'anti-dépresseurs explosent ainsi que le nombre de tentatives de suicides, tentatives ai-je écrit car on rate même sa mort en novembre...   Vous me direz qu'il y a malgré tout deux jours de congé en novembre. Tu parles! Le premier pour aller au cimetière, le second pour célébrer la fin d'une boucherie. On a vu plus festif !   Je propose donc de fusionner octobre et novembre en un nouveau mois appelé octembre. Cela sonne mieux qu'octobre (lequel m'évoque toujours un landau dégringolant des escaliers, c'est bizarre).   Sur ma lancée, je propose également de supprimer le dimanche, le jour le plus chiant de la semaine, surtout si on ne va pas à la messe (d'autant que je n'ai pas l'impression que cette cérémonie ressemble à Jamel en scène ou à la Gay Pride - non, là, j'exagère, surtout par les temps qui courent - ).   Fusionnons aussi dimanche et vendredi en un seul jour : le vendremanche. Oui à la semaine de 6 jours: 4 jours de boulot et le ouiquende, vendremanche et samedi. Pas mal, non ? Et de plus, les mois étant plus courts, leurs fins seraient moins difficiles pour beaucoup (ce qui n'est pas négligeable surtout par les temps qui courent encore et toujours).   A l'heure où j'écris, nous serions donc vendremanche 25 octembre.  Et on se prendrait pour les personnages d'un roman de Boris Vian...

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