l'Édito

Retrouvez sur ventscontraires les podcasts et vidéo des différentes éditions du festival "Nos disques sont rayés". Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français – qu’ils soient politiques ou sociétaux, avec la montée des craintes et des extrémismes qui les accompagne.
 

Edition #3 février 2019 : Issue de secours, la périphérie ?

Quinze jours de débats, performances et conférences pour renverser notre vision sur la banlieue, les marges, les « territoires ». Disputes, engueulades et rires salutaires : quand les démocraties vacillent sous le poids des inégalités, il est temps de prendre la parole, de débattre, de sortir des entre-soi. « Acceptons-nous que l’Europe se construise loin de ses citoyens ? Aimons-nous cette France à plusieurs vitesses, l’hypocrisie apartheid et tant de zones oubliées qui ruminent en silence ? » demande l’organisateur Jean-Daniel Magnin, directeur littéraire des lieux. À la veille des élections européennes, le Rond-Point ouvre les issues de secours côté banlieue. Il s’agrandit à tous les publics, aux talents qui débordent, pour un festival citoyen des périféeries urbaines.

Edition #2 janvier-février 2018
Nos disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes et font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.

Edition #1 janvier-février 2017
Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ?

  • Conversation nocturne, avec Juan Branco, Alain Damasio et Denis Robert

    Après le crépuscule et avant les furtifs
    Le jeudi 13 février, de 20h jusqu'à minuit s'ils en ont envie, Juan Branco, Alain Damasio et Denis Robert conversent comme s'ils étaient autour d'un feu de camp. Titre : Après le crépuscule et avant les furtifs. Une conversation nocturne diffusée en direct par notre partenaire Le Média lors du festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés #4"


    Des yeux ouverts dans la nuit
    Imaginons une veillée où se retrouvent trois « veilleurs » revenant de fronts différents, ils se racontent l’avenir et les stratégies possibles par-delà les événements du jour. Denis Robert, journaliste, plasticien, romancier, a lutté à mains nues (avec un couteau dans le dos) contre le monstre Clearstream, il dirige depuis peu la web Télé Le Média. Avocat de Julian Assange et essayiste, Juan Branco est l’auteur du bolide éditorial Crépuscule, une fronde lancée contre le système oligarchique et la presse inféodée qui ont mis en selle la présidence Macron. Lanceur de trois pavés SF mémorables dans la vitrine de la littérature – dont son dernier calibre à forte trouée Les Furtifs qui célèbre la jonction des révoltés et de la nature – Alain Damasio explore les marges et les possibles de l’action libertaire avec les outils de haute précision que sont la fiction et la broderie du langage. Au contraire des autres rencontres du festival qui se glissent dans un créneau de deux heures, la conversation entre veilleurs sur scène et avec le public durera aussi longtemps qu’elle durera.

    Programmation Jean-Daniel Magnin
    Captation Le Média

    Nos disques sont rayés
  • L'autre regard d'Emma : la BD pour réparer le monde

    Blogueuse BD, militante, l'autrice BD Emma, d'abord découverte sur son blog Emmaclit avant de devenir un phénomène d'édition, Emma est venue au Théâtre du Rond-Point le 12 février 2020 lors du festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés #4"

    « On est de plus en plus à réaliser que si notre société va mal, c’est parce qu’on laisse d’autres que nous s’en occuper. »
    « Mes dessins, ils sont là pour transmettre des idées qui ont changé ma façon de voir le monde ; ce que je voudrais, c’est que nous tous, on s’empare de ces idées, qu’on les échange et les enrichisse ensemble. » Blogueuse BD militante à ses heures libres, Emma se documente à fond sur les injustices qui la révoltent : la non égalité entre les genres, la masculinité toxique, la charge mentale et le travail invisible effectué par les femmes, le capitalisme qui tond la multitude au profit des élites, les réfugiés et le dérèglement climatique... Elle se documente jusqu’à trouver la manière, par le texte et le dessin, d’excentrer les certitudes, d’amener à épouser le regard de l’autre, cet autre regard que produisent les albums d’Emma et qui nous rendent moins idiots sans qu’on s’en aperçoive. Avec un trait simple, un message clair au plus près des préoccupations des citoyens, ses histoires si utiles rencontrent un public de plus en plus large.

    Programmation Jean-Daniel Magnin
    Captation Léo Scalco et Sarah Mei-Chan

    Nos disques sont rayés
  • Comment réparer le monde quand on a moins de 26 ans ?


    Le monde est à nous !
    Ils sont nés ou ont grandi au XXIe siècle, ils voient leur avenir hypothéqué par les premiers signes du basculement climatique, l’inaction de leurs aînés au pouvoir les sidère. Partout dans le monde adolescents et jeunes se mobilisent pour réclamer un changement radical de gouvernance. Invités par des étudiants de l’Université Paris-Diderot, de jeunes activistes viennent raconter et confronter leurs luttes. Côme Girschig, étudiant à Sciences Po et vice-président de Jeunes Ambassadeurs pour le Climat, a été le représentant français au Sommet de la Jeunesse pour le Climat de l’ONU. Julie mène des actions de désobéissance civile avec Extinction Rebellion. Rémi est coordinateur de la COP2 Étudiante, un festival écocitoyen, Clément, lycéen engagé au sein du collectif international Youth For Climate. Soirée animée par Camille, membre du collectif On est Prêt, et ponctuée par un documentaire sonore sur les luttes de la jeunesse, réalisé avec Radio Parleur.

    Programmation Jean-Daniel Magnin
    Captation Léo Scalco et Sarah Mei-Chan
    Nos disques sont rayés
  • François Bégaudeau : Histoire de ta bêtise

    Lecture par Christophe Brault, mise en voix Valérie Grail Bego

    Histoire de ta bêtise, texte et adaptation François Bégaudeau, mise en espace Valérie Grail avec Christophe Brault  - Festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés #4" 

    Histoire de ta bêtise est parti de la dernière séquence présidentielle, qui fut un sommet en matière d’énoncés creux. Et puis j’ai extrapolé vers la classe qui produisait ce vide, cette « minorité audible » qui monopolise ou presque la parole médiatique. La question est simple : qu’est-ce qui fait que des cerveaux valides produisent ce vide ? Je fais alors de la bêtise un fait de structure, qui nécessité qu’on analyse celle-ci. Étudier la chimie de la bêtise de la bourgeoisie impliquait d’examiner à nouveau ce que bourgeois signifie. "Si ta condition ne t’interdisait de voir que le capitalisme produit structurellement des désastres écologiques, tu t’aviserais qu’on ne sauvera la planète qu’en renonçant à la croissance qui est son mantra. Au lieu de quoi tu conçois les réformes environnementales dans les limites de tes impératifs marchands. Au gangréné tu prescris des antibiotiques. Sa famille est soulagée : elle n’aura pas à recourir aux grands remèdes ; elle peut une nouvelle fois voter au centre."

    Programmation Jean-Daniel Magnin
    Captation Le Média

    Nos disques sont rayés
  • Eric Sadin : l'intelligence artificielle nous veut-elle du bien ?

    Les années 2020 : l'heure d'une impérieuse politique de nous-mêmes

    L'essayiste Eric Sadin en conversation avec Jean-Marie Durand au Festival "Réparer le monde – nos disques sont rayés #4", le 6 février 2020

    Éric Sadin est l’un des rares écrivains et philosophes français à décrypter notre réalité en voie de numérisation globale. De livre en livre, il produit une critique de la raison artificielle et du technolibéralisme selon les GAFA, en mettant à jour les intentions cachées qui président à la siliconisation fulgurante de notre monde. Devons-nous laisser l’Intelligence Artificielle gérer nos vies, nos villes, notre santé, nos désirs ? Alors même qu’enceintes connectées et assistants numériques rivalisent pour nous gratifier de leurs services, laisserons-nous la « start-up nation » induire sa vérité en épousant le moindre de nos comportements à des fins utilitaires, sécuritaires ou marchandes ? Une servitude volontaire tout en douceur qui menace de nous déposséder de ce qui fait notre humanité : nos imperfections, émotions, singularités, bref notre créativité d’êtres libres.
    Discussion avec l’essayiste et journaliste indépendant Jean-Marie Durand, lecteur assidu du travail d’Éric Sadin.

    Programmation : Jean-Daniel Magnin
    Captation : Léo Scalco et Sarah Mei-Chan

    Nos disques sont rayés
  • François Bégaudeau : Neuf moyens infaillibles de sauver le monde

    Double soirée consacrée à François Bégaudeau lors du festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés #4"

    Vendredi 7 février à 18h30, conférence-performance de François Bégaudeau : Neuf moyens infaillibles de changer le monde, diffusée en direct par notre partenaire Le Média

    S’il ne s’agissait que de réparer le monde, on serait armés.
    Une clé à molette, quelques vis, deux ou trois boulons, et tout repartirait. Mais le monde n’est pas cassé, il est perdu. Il est égaré, il est foutu. L’humanité se pousse elle vers la sortie ; vers son extinction totale ou juste cérébrale.
    C’est tout le mécanisme de l’humanité qu’il faut revoir, la bagnole entière qu’il faut changer. À condition que ceux qui conduisent le modèle actuel veuillent bien sortir. À condition de s’autoriser à les éjecter. Il se peut ainsi que le salut du monde passe par une certaine rudesse. Il se peut que parmi les neuf moyens infaillibles de le sauver ne figure pas le yoga.

    Programmation Jean-Daniel Magnin
    Captation Le Média

    Nos disques sont rayés

Tous les billets du dossier

Confs & Perfs

Le 11 mars 2020 à 16:38

Conversation nocturne, avec Juan Branco, Alain Damasio et Denis Robert

Après le crépuscule et avant les furtifs

Le jeudi 13 février, de 20h jusqu'à minuit s'ils en ont envie, Juan Branco, Alain Damasio et Denis Robert conversent comme s'ils étaient autour d'un feu de camp. Titre : Après le crépuscule et avant les furtifs. Une conversation nocturne diffusée en direct par notre partenaire Le Média lors du festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés #4" Des yeux ouverts dans la nuitImaginons une veillée où se retrouvent trois « veilleurs » revenant de fronts différents, ils se racontent l’avenir et les stratégies possibles par-delà les événements du jour. Denis Robert, journaliste, plasticien, romancier, a lutté à mains nues (avec un couteau dans le dos) contre le monstre Clearstream, il dirige depuis peu la web Télé Le Média. Avocat de Julian Assange et essayiste, Juan Branco est l’auteur du bolide éditorial Crépuscule, une fronde lancée contre le système oligarchique et la presse inféodée qui ont mis en selle la présidence Macron. Lanceur de trois pavés SF mémorables dans la vitrine de la littérature – dont son dernier calibre à forte trouée Les Furtifs qui célèbre la jonction des révoltés et de la nature – Alain Damasio explore les marges et les possibles de l’action libertaire avec les outils de haute précision que sont la fiction et la broderie du langage. Au contraire des autres rencontres du festival qui se glissent dans un créneau de deux heures, la conversation entre veilleurs sur scène et avec le public durera aussi longtemps qu’elle durera. Programmation Jean-Daniel MagninCaptation Le Média

Le 11 mars 2020 à 16:25

L'autre regard d'Emma : la BD pour réparer le monde

Blogueuse BD, militante, l'autrice BD Emma, d'abord découverte sur son blog Emmaclit avant de devenir un phénomène d'édition, Emma est venue au Théâtre du Rond-Point le 12 février 2020 lors du festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés #4" « On est de plus en plus à réaliser que si notre société va mal, c’est parce qu’on laisse d’autres que nous s’en occuper. » « Mes dessins, ils sont là pour transmettre des idées qui ont changé ma façon de voir le monde ; ce que je voudrais, c’est que nous tous, on s’empare de ces idées, qu’on les échange et les enrichisse ensemble. » Blogueuse BD militante à ses heures libres, Emma se documente à fond sur les injustices qui la révoltent : la non égalité entre les genres, la masculinité toxique, la charge mentale et le travail invisible effectué par les femmes, le capitalisme qui tond la multitude au profit des élites, les réfugiés et le dérèglement climatique... Elle se documente jusqu’à trouver la manière, par le texte et le dessin, d’excentrer les certitudes, d’amener à épouser le regard de l’autre, cet autre regard que produisent les albums d’Emma et qui nous rendent moins idiots sans qu’on s’en aperçoive. Avec un trait simple, un message clair au plus près des préoccupations des citoyens, ses histoires si utiles rencontrent un public de plus en plus large. Programmation Jean-Daniel Magnin Captation Léo Scalco et Sarah Mei-Chan

Le 11 mars 2020 à 16:13

Auteurs maison

Le 18 novembre 2019 à 18:33

Pierre Notte : généalogie de L'Effort d'être spectateur

Pierre Notte fait un carton avec son solo L'Effort d'être spectateur, clownerie théorique brillante et joueuse qui propose une réflexion sur l'art du théâtre. Où un auteur-metteur en scène-compositeur-chanteur dépiaute sans complaisance la relation scène-salle, sans jamais prendre son public pour un troupeau. Un magnifique jeu de dépliage relationnel, qui prouve qu'on peut être intelligent en faisant du hoola-hoop et en montrant son cul. Pierre Notte – Je ne suis pas un bon conférencier, et je suis un très mauvais acteur. Je prends en charge ma parole, ma pensée, mon expérience, avec mes provocations, mes points de vue, ma maladresse. Je veux tenter de prouver ce que j’avance, quand il est question du danger, sur scène, de ce qui nous fait nous sentir vivants, nous spectateurs, quand il est question de la nudité de l’acteur... Quand il est question des effets qui forcent des émotions, de la langue des auteurs vivants, ou des conventions éculées. Comme je suis nul en tout, je veux bien essayer de tout faire, ce sera au moins ça. Danser, chanter, faire du houla-hop, de l’harmonica, et jouer, prouver, vivre et brûler sur scène. Pour la première fois, je m’expose en tout, avec le regard bienveillant de Flore Lefebvre des Noëttes, je prends en charge ma parole, mes idées, la mise en scène du tout et j’interprète moi-même, en m’exposant jusque bout. C’est la moindre des choses... Si je me casse la gueule, j’aimerais bien que soit en beauté. En partenariat avec theatre-contemporain.net

Vedettes etc.

Le 17 avril 2019 à 18:07

Stanislas Nordey : Il faut être fou pour écrire du théâtre

Stanislas Nordey revient au Rond-Point avec "Je suis Fassbinder", spectacle créé il y a trois ans au TNS en complicité avec l'auteur et metteur en scène allemand Falk Richter. Vague de migrants accueillis en Allemagne, montée des extrêmes droites européennes, comment aurait réagi le réalisateur Reiner Maria Fassbinder s'il était encore parmi nous ? Trois ans plus tard, alors que la France est bouleversée par un mouvement social sans précédent, la pièce vibre de manière renouvelée.Rond-Point – Vous présentez "Je suis Fassbinder"... Mais y-a-t-il un rapport avec Fassbinder ? Lequel ?Stanislas Nordey – Toute  la  matière  du  spectacle,  c’est  Fassbinder.  Et  avec lui, son œuvre, sa parole et les années soixante-dix. La liberté de cette époque. C’est un créateur libre dans  sa  manière  d’évoquer  l’intime,  le  politique,  de  mêler  les  deux.  Au  cœur  du  spectacle,  il  y  a  un  film  de  Fassbinder  sorti  en  1977,  L’Allemagne  en  automne, c’est l’un des moteurs du travail. Dans ce film court, il  se  met  en  scène  lui-même  avec  sa  mère  et  son  amant, au moment des affaires de la Fraction Armée Rouge.  Cette  conversation  dans  la  cuisine  est  une  matrice  centrale  de  la  pièce.  À  ce  dialogue  tiré  du  film,  s’ajoute  une  recherche  documentaire  que  Falk  Richter  nous  a  demandé  de  fournir  :  lire  toutes  les  interviews,  voir  tous  les  films,  lire  ses  pièces.  Il  y  a  des  scènes  entièrement  décalquées  des  films  et  des  situations  imaginées  par  Fassbinder,  réécrites  par  Richter. La pièce parle bien sûr de Fassbinder, comme elle parle de Richter, de nous tous... C’est un point de rencontre, qui a d’ailleurs failli s’intituler Je suis Falk Binder, puisque c’est une intersection entre ces deux hommes, auteurs de théâtre et de cinéma...Rond-Point – Ici, tout est politique, tout l’était à la création, texte écrit presque au jour le jour pour sa représentation... Est-ce encore le cas ? Qu’est-ce "Je suis Fassbinder" a à nous dire d’aujourd’hui ?Stanislas Nordey – Est-ce que "Je suis Fassbinder" a vieilli depuis sa création ? Je ne crois pas. On a eu cette angoisse lors de la reprise, au moment de la tournée du spectacle. Mais l’actualité n’a pas cessé de nous rattraper. Dans le spectacle, il est beaucoup question du harcèlement sexuel. À la création, quand la pièce s’est écrite, l’affaire Weinstein n’avait pas  éclatée.  Je  suis  Fassbinder  connaît  aujourd’hui  d’autres  résonnances,  et  le  spectacle  raisonnera  sans  cesse  différemment. Falk Richter écrit à partir d’aujourd’hui, mais c’est un aujourd’hui large, vaste, ouvert. Il écrit sur  les  migrants,  la  crise  des  réfugiés.  Mais  il  est  écrivain,  il  n’est  ni  chroniqueur  ni  journaliste.  Il  aborde  ses  sujets en profondeur, il ne s’intéresse pas à l’anecdote.Interview texte par Pierre Notte.Propos vidéo recueillis par Jean-Daniel Magnin

Le 17 avril 2019 à 12:02

Stanislas Nordey : "Je ne suis pas Fassbinder"

Stanislas Nordey revient au Rond-Point avec "Je suis Fassbinder", spectacle créé il y a trois ans au TNS en complicité avec l'auteur et metteur en scène allemand Falk Richter. Vague de migrants accueillis en Allemagne, montée des extrêmes droites européennes, comment aurait réagi le réalisateur Reiner Maria Fassbinder s'il était encore parmi nous ? Trois ans plus tard, alors que la France est bouleversée par un mouvement social sans précédent, la pièce vibre de manière renouvelée.Rond-Point – Vous présentez "Je suis Fassbinder"... Mais y-a-t-il un rapport avec Fassbinder ? Lequel ?Stanislas Nordey – Toute  la  matière  du  spectacle,  c’est  Fassbinder.  Et  avec lui, son œuvre, sa parole et les années soixante-dix. La liberté de cette époque. C’est un créateur libre dans  sa  manière  d’évoquer  l’intime,  le  politique,  de  mêler  les  deux.  Au  cœur  du  spectacle,  il  y  a  un  film  de  Fassbinder  sorti  en  1977,  L’Allemagne  en  automne, c’est l’un des moteurs du travail. Dans ce film court, il  se  met  en  scène  lui-même  avec  sa  mère  et  son  amant, au moment des affaires de la Fraction Armée Rouge.  Cette  conversation  dans  la  cuisine  est  une  matrice  centrale  de  la  pièce.  À  ce  dialogue  tiré  du  film,  s’ajoute  une  recherche  documentaire  que  Falk  Richter  nous  a  demandé  de  fournir  :  lire  toutes  les  interviews,  voir  tous  les  films,  lire  ses  pièces.  Il  y  a  des  scènes  entièrement  décalquées  des  films  et  des  situations  imaginées  par  Fassbinder,  réécrites  par  Richter. La pièce parle bien sûr de Fassbinder, comme elle parle de Richter, de nous tous... C’est un point de rencontre, qui a d’ailleurs failli s’intituler Je suis Falk Binder, puisque c’est une intersection entre ces deux hommes, auteurs de théâtre et de cinéma...Rond-Point – Ici, tout est politique, tout l’était à la création, texte écrit presque au jour le jour pour sa représentation... Est-ce encore le cas ? Qu’est-ce "Je suis Fassbinder" a à nous dire d’aujourd’hui ?Stanislas Nordey – Est-ce que "Je suis Fassbinder" a vieilli depuis sa création ? Je ne crois pas. On a eu cette angoisse lors de la reprise, au moment de la tournée du spectacle. Mais l’actualité n’a pas cessé de nous rattraper. Dans le spectacle, il est beaucoup question du harcèlement sexuel. À la création, quand la pièce s’est écrite, l’affaire Weinstein n’avait pas  éclatée.  Je  suis  Fassbinder  connaît  aujourd’hui  d’autres  résonnances,  et  le  spectacle  raisonnera  sans  cesse  différemment. Falk Richter écrit à partir d’aujourd’hui, mais c’est un aujourd’hui large, vaste, ouvert. Il écrit sur  les  migrants,  la  crise  des  réfugiés.  Mais  il  est  écrivain,  il  n’est  ni  chroniqueur  ni  journaliste.  Il  aborde  ses  sujets en profondeur, il ne s’intéresse pas à l’anecdote.Interview texte par Pierre Notte.Propos vidéo recueillis par Jean-Daniel Magnin

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication