S’il y avait des commentaires sur
ventscontraires.net,
je suis sûre qu’ils diraient que cette Katja truc c’est rien qu’une
vieille aigrie et que si elle aime pas la publicité, elle a qu’à fermer
sa boîte à camembert plutôt que d’en faire des tartines.
Mais
ce n'est pas vrai, que je n’aime pas la pub. Je n’aime juste pas la
mauvaise pub, celle qui prend les gens pour des abrutis, souille nos
paysages et pollue notre temps de cerveau disponible.
La
bonne pub, ça peut être drôle, beau, touchant, bref ça peut faire
ressentir des émotions et appeler à l’intelligence de celui qui la
regarde.
Dans
les années 1950-1960, un grand publicitaire, Bill Bernbach, a créé des
publicités tellement brillantes qu’elles sont encore aujourd’hui
montrées dans les écoles et agences de pub comme des exemples à suivre.
C’est dire si on a pas trop révolutionné le métier ces cinquante dernières années.
A
gauche de l’image, l’une de ces publicités, pour une voiture que l’on
appellera ici la Libellule, est un modèle, parce qu'elle est un contre-modèle. Elle fait un joli pied-de-nez à tout ce qu'on croit encore aujourd'hui nécessaire pour
créer une publicité
impactante. Pas de gros titre, pas de prix, pas de marque ni de produit très visible. C'est brillant, et ça sert le message avec humour et intelligence.
Ça change.
Tellement
qu’un autre publicitaire, Fred Manley, s’est amusé à parodier le visuel
en lui appliquant ces “améliorations” dictées par le bon sens publicitaire, qui le défigurent en un rien de
temps :
à voir ici.
En
2012, la marque existe toujours, et sort une campagne d’affichage qui
contient le visuel que vous trouvez à droite. Une allusion volontaire ou
non, mais une allusion quand même à l’œuvre originelle, puisque l'idée est la même.
La même, mais en raté. Résultat : une publicité tape-à-l'oeil, laide et insipide, un bien triste usage de l'héritage de la marque. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.