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Publié le 25/01/2012

Devenir un mythe



Les Danaïdes sont cinquante sœurs, toute filles du roi Danaos et de différentes femmes.
Les Néréïdes sont les nombreuses filles du Vieillard de la mer, Nérée.
Le mythe des premières se rapporte aux sources qui irriguent en permanence les terres asséchées par le soleil. Les secondes sont des créatures de la mer, des divinités de l’écume, qui vivent au fond.
J’ai moi-même des dizaines de filles. Pour leur assurer un avenir digne de leur ascendance il me faut les inscrire dans la longue tradition des mythes aquatiques.
Filles du berger Pierre, les Pierréïdes sont les nymphes de la glace, l’eau dure comme la pierre. Divinités des lacs d’altitude et créatures des congélateurs, elles claquent au fond des verres d’Ouzos et sont condamnées à remplir les godets sans fond des propriétaires de frigos américains.
Pierre-Laurent Faure
Internaute




 
 
Publié le 21/01/2012

Mon année avec Sissi


ou y a-t'il une vie après le knödel?

Une jeune actrice et auteur de 27 ans, un amoureux, un chat sociopathe, un appartement de 80m2 et une année de vie à Vienne.
En effet, après six années passées à Paris, je suis depuis le 5 janvier une citoyenne Viennoise pur wiener schnitzel (ou pas…)! Un nouveau pays, une nouvelle ville, une nouvelle langue (et je vous assure que l’allemand viennois n’est pas qu’une langue, c est une tradition, un poème, que dis-je un « kunzept ! ») en gros une nouvelle vie. Comédienne téméraire et auteur audacieuse c’est donc sans peur, si si je vous jure (si si…sissi….roooooh que je suis sprirituelle!) que j'ai quitté Paris, mon appartement rempli de cartons, froid (ô merci EDF), pris chat, livres et chaussures et hop direction Vienne dans un camion 15m3, mon homme et son cousin qui parleront croate. Oui souvent lorsque l’on est croate on parle croate, que voulez-vous, la vie est parfois mystérieuse, le plus mystérieux étant de se demander pourquoi moi je suis suisse et que donc je ne parle pas le croate mais le français et que donc je ne vais rien comprendre durant 1400km! Alors vous me direz que j’aurai pu parler allemand (ou suisse-allemand. Wouha ça fait rêver) en étant Suisse mais non car je suis suisse-romande, mais ça c'est encore une autre histoire. Affaire à suivre!
Elise Hofner
Internaute




 
 
Publié le 18/01/2012

Viens Poupoule !



Ce matin, au chant du coq, j’allume ma radio, et je monte sur mes ergots en apprenant qu’une directive européenne a obligé les aviculteurs à augmenter la taille des cages ; car jusqu’à alors les cages offraient aux poules pondeuses la surface d’une feuille de papier A4, mais grâce à l’Europe les galinettes ont gagné l’équivalent d’une carte postale ! Elles vont pouvoir rouler des mécaniques, se dandiner du croupion, battre des ailes comme des petites folles avec leur 40 % d’augmentation ! D’ici, j’entends les coqs gaulois et autres bouffeurs de poules au pot qui se gaussent ! Ne riez pas, mes amis ! L’Europe veille au grain et saura, s’il le faut, vous faire fermer le bec à coup de Flash-Ball et de lance à incendie ! Oui ! La poule est l’avenir de l’humanité, car, le jour où elle aura des dents, les hommes n'en auront plus ! L’Europe sait tout cela, l’Europe a un côté voyant-astrologue ; elle peut lire l’avenir dans la fiente de poule ! L’Europe a même vu que nous avions les deux pieds dans la M… ! Pourtant, la main sur le cœur, la France continue de chanter… Voyez ! On ne s’entend déjà plus ! On se croirait dans un poulailler ! Heureusement que l’Europe est là pour protéger notre liberté en cage !!!
Stéphane Meireles
Internaute




 
 
Publié le 15/01/2012

« Piotrus » de Leo Lipski (L'Arbre Vengeur)


Ce roman, superbement absurde, politiquement incorrect et qui lorgne vers le grotesque est le fruit d' un écrivain maudit suisso-polono-israëlien. La noirceur se mêle à la poésie quand il décrit les quartiers de Tel-Aviv et au sordide des femmes faisant l'amour avec des ânes...un condensé de vie en quelque sorte. Ce court roman raconte l'histoire d'un homme très pauvre qui accepte d’être acheté par une femme, Madame Zinn, pour occuper les toilettes de l’immeuble presque à temps plein. Il y a certes du Gombrowicz et du Beckett dans l'univers de Leo Lipski, mais pas seulement : il a un style bien à lui, aussi efficace dans les dialogues que dans les descriptions, dans le tragique que dans le comique… bref, un grand petit livre (à peine 167 pages, en petit format et agrémenté des illustrations de Joko). Un occasion aussi de découvrir l’Arbre Vengeur, une maison d’édition bordelaise très intéressante qui publie notamment Eric Chevillard.
Marianne Desroziers
Internaute




 
 
Publié le 07/01/2012

Aix-en-Provence



Je m’assois à une table, bien en vue, centrale par rapport à la place et à la ville, je sors un gros bouquin, le premier tome de l’œuvre de Kundera dans la Pléiade et je décide de ne cesser ma lecture qu’après avoir été abordé par une femme tchèque aux longues jambes nues, à la peau blanche, se prénommant Tereza.
Combien de temps me faudra-il pour venir à bout de ces 1500 pages ?
N’est-ce pas un petit peu trop court pour laisser toutes les chances à mon projet d’aboutir ?
N’aurais-je pas du attendre l’édition tchèque pour être plus attractif et augmenter le temps de lecture ?
C’est sur ces considérations fondamentales quant à l’avenir de ma vie d’honnête homme, alors que je n’ai pas encore sorti le livre de son étui cartonné, qu’à ma grande surprise, la scène a lieu.
Tereza, un mètre soixante-quinze, mini-jupe, jambe d’albatre se plante devant moi et me toise avec ses grands yeux clairs.
Elle a plus de quatre-vingts ans.
Les romans de Kundera sont datés.
Pierre-Laurent Faure
Internaute




 
 
Publié le 04/01/2012

Protection



J'ai un ami qui s'appelle Paul. On imagine l'enfance difficile : les quolibets, les brimades... (Pour préserver l'anonymat, les prénoms ont été changés.)
Gamer et Fingal
Internaute




 
 
Publié le 29/01/2012

Le noir et le rouge



Vous aviez chaussé ce jour-là – pourtant pluvieux – de magnifiques ballerines écarlates et, sur le quai de cette gare banlieusarde, on ne voyait que vos pieds tant ils contrastaient avec la grisaille ambiante. Un ruban rouge serrant vos longs cheveux bruns, vous étiez comme une enseigne vivante du roman de Stendhal. Je suis tombé aussitôt amoureux de vous, agréable figure romantique échappée d’un livre de ma bibliothèque. Dévot absolu d’une jolie voyageuse enveloppée de mystère, je ne pouvais vous quitter du regard. Pendant ce temps, vous notiez inlassablement des lignes et des lignes sur un grand cahier. Que pouviez-vous donc écrire ? La liste de vos prétendants ? Les prénoms d’un enfant futur ? Vous sembliez, en tout cas, fort inspirée, et votre charmante main – aux ongles rougis, forcément – courait sur le papier. Dans le même temps, mon imagination galopait : nous nous étions donné rendez-vous dans les jardins du Palais-royal. Un camélia rouge sang ornait votre chapeau cabriolet… Un sourire, votre tête doucement inclinée et une main tendue… J’étais Julien, le plus heureux des hommes… Quelques pas sous les arcades nous conduisaient au café de Foy où nous dégustions des glaces. Vous écoutiez mon boniment avec attention et grâce : je m’appelais Julien Sorel, admirateur de Napoléon, et je vivais dans une soupente où je cultivais ma passion pour la poésie… Vos boucles d’oreilles de grenats brillaient au soleil, vous étiez si légère… Si jolie…
- Monsieur ! Votre écharpe traîne par terre !
Oh ! 2012 !  Vous êtes en face de moi, l’air navré. Le train arrive.
- Merci mademoiselle.
Vous êtes restée debout, sur le quai. Les portes du train se referment avec fracas. Nos regards se croisent et vous laissez échapper un magnifique sourire. Adieu Mathilde…
Rodolphe Trouilleux
Internaute




 
 
 
 
Publié le 20/01/2012

La croisière s'amuse


(Bravo Costa)

La croisière s'amuse
Beaucoup moins dans l'eau
La croisière s'amuse
A gagné l'gros lot

Le Costa brava
Le danger, banzaï !
Et Costa-Gavras
Filme le corail

Sous l'épave qui penche
"Neptune nique sa race"
Un film du dimanche
A voir à la place

D'La croisière s'amuse
Un film France Info
Où la mort s'amuse
Et pêche à la faux

Que font les bronzés ?
Eh ! Du bouche à bouche !
On n'est pas couchés
Les requins partouzent

La croisière s'amuse
Bienvenue à bord !
I'll be your captain
Sauve qui peut la mort !

I'll be your captain
Vous serez ma muse
Une femme-fontaine
Jamais ne se noie

La croisière s'amuse
Et toi et toi et toi ?
La croisière s'amuse
Et toi tu nettoies !

Vive les croisières !
Les bourgeois qui niquent
Accostent en enfer
Sur le titanic

La croisière s'amuse
Bienvenue à mort !
La croisière s'amuse
Lucifer essore
Boris Crack
Internaute




 
 
 
 
 
 
Publié le 06/01/2012

Ode à Jean-Pierre Pernault


Ou comment j'ai repris de la bûche à Noël

C'est une chose étrange que le JT de TF1. Surtout celui de 13h. Bon, j'ai pas de télé. Rien à voir avec de la mauvaise volonté, c'est juste que la télé n'est jamais venue à moi. Quand j'étais petit, j'avais un vélo. Quand j'étais ado, j'avais des copains. Quand j'étais étudiant, j'avais un découvert.
Bref, le JT de TF1. Je l'ai regardé chez ma mère à Noël. Aux dernières nouvelles Kim Jong-Il était mort, l'euro aussi, y avait de quoi faire, je me disais. Mais j'ai jamais été fort en physique-chimie, j'avais oublié quelques phénomènes naturels simples, si simples pourtant : tous les jours, à 13h sur TF1, le monde s'arrête de tourner. Comme ça, sans crier gare, juste au moment où la ménagère finit son boeuf stroganoff, le monde s'arrête de tourner.
Titres du jour : les vitrines de Noël, les rennes du père Noël, Martine fête Noël. Et trente secondes sur la famine. En fait le monde ne s'arrête pas vraiment de tourner, à 13h, sur TF1. Il réétudie constamment son passé. Parce que la redite, on aura beau dire, ça rassure la ménagère. Les rennes, les vitrines, ça la connait, mais elle aime bien qu'on lui confirme leur existence, des fois que, sait-on jamais. Et ça, Monsieur Pernaut, il le fait bien : il confirme, il rassure.
Voilà, je tenais juste à te remercier, Jean-Pierre. Merci donc, merci d'apaiser les angoisses de ma maman, tous les jours, à 13h, sur TF1, car le prozac c'est devenu cher.
Matthieu Carlier
Internaute




 
 
Publié le 02/01/2012

Chronique rurale


Deuxième jour : la statue de Michel Drucker

Finalement j’irai voir maman demain. J’avais complètement oublié qu’elle vivait dans la région, et la perspective d’une visite filiale improvisée ne m’enchante pas à priori. Alors je marche dans le village vide, je croise une première maison à louer, une seconde à vendre, une troisième aux volets définitivement clos. Il n’y a plus d’école maternelle. Je me demande d’ailleurs s’il reste tout simplement des enfants ? Je me dirige ensuite vers la maison de retraite. Elle a été récemment rénovée. De joyeuses petites bonnes femmes s’ébattent dans le parc, elles jouent au croquet. Un infirmier en chandail vert caresse la tête d’un vieux type en blouse blanche, à moins que ce ne soit l’inverse. La statue de Michel Drucker trône au centre d’un terre-plein également central. Soudain, alors que le ciel s’assombrit pour la huitième fois de la journée, je m’enfuis en enjambant la clôture électrique : je ne veux pas croiser maman. Je reviendrai demain, comme j’ai dit tout à l’heure.   Je continue mon tour du village et finis par me rendre à la triste évidence : deux maisons sur trois sont absolument vides. J’entre dans l’église et je vais remercier Monsieur le Curé de m’avoir prêté hier sa mobylette. Je le trouve allongé dans la sacristie, un encensoir entre les orteils, un bas de pyjama retroussé au niveau du nombril.   -« C’est assez peu sacerdotal ! » lui déclare-je maladroitement. -« Je ne sais plus qui je suis. » qu’il me répond sentencieusement. « Tout est laid. »  - « Moi c’est pareil. »   Et il me referme la porte sur la tronche, en récitant trois pater et deux ave. Je sors.
Jérémie Fabre
Internaute




 
 
Publié le 26/01/2012

Le slip de Superman



Depuis que Superman est en maison de retraite, plus personne ne s'étonne qu'il mette encore son slip sur son pantalon bleu.
Théo de Bartignac
Internaute




 
 
Publié le 22/01/2012

Crac boum hue!



Dans le métro parisien, cette semaine. Les gars, pas tout jeunes, sont entrés à la station Saint-Jacques. Chapeautés de feutres noirs, ils étaient vêtus de costumes de même couleur. Le plus grand s’est adossé à une portière opposée au quai et le petit, plus énergique, a fait une pirouette en s’accrochant à la barre centrale. Puis il a commencé une sorte de monologue, assez comique, sur la conjoncture, la crise et le déficit. Instinctivement, beaucoup des voyageurs occupant le wagon – on était en début d’après midi – avaient tourné la tête vers l’infini, jouant mal l’indifférence. D’autres semblaient amusés, un peu… Sur la banquette, en face de la mienne, était assise une jolie femme, au chic bourgeois et raffiné. Comme c’est la mode depuis quelque temps, elle avait gainé ses jambes de bas noirs qui, je dois l’avouer, troublaient quelque peu la lecture du volume d’austère littérature que je tenais entre les mains. Mes pensées étaient ailleurs… Ma voisine était sérieuse, trop, et ses jolis yeux ne trahissaient aucun passage de folie passagère sous ses cheveux auburn… Méfions nous de l’eau qui dort ! Les deux lascars musiciens avaient enchaîné coup sur coup deux tubes de Jacques Dutronc. Qu’ils chantaient bien et qu’ils étaient drôles ! Un début de sourire se dessina sur le visage de ma voisine puis elle sourit franchement, aux anges ! Et elle se mit à chantonner tout doucement : « Moi, j’ai un piège à fille, un piège tabouuuuuuu ! Qui fait crac boum hue ! Un joujou extra ! » Croyez-moi si vous voulez, mais certaines bourgeoises ne sont vraiment pas sérieuses. Et c’est vachement bien.
Rodolphe Trouilleux
Internaute




 
 
Publié le 19/01/2012

Chronique Rurale


Troisième jour : tout est préalablement laid.

Aujourd’hui, c’est la Toussaint alors j’arpente les allées du cimetière, à la recherche sans doute d’une illumination, d’une révélation au sujet de ma destinée, de mon identité, ou plus basiquement - vu le lieu et le contexte -, de ma propre mort à venir. Je rassure l’auditeur, quand je dis « à venir », je ne veux pas dire que je vais mourir sous ses yeux d’ici à la fin de cette histoire, c’est plutôt une façon de dire que de toutes les façons je vais bien finir par y passer un jour ou l’autre, et que marcher sous la pluie dans un cimetière est toujours l’occasion d’y repenser un petit peu. Bref. Ce petit cimetière est donc la réponse à toutes les questions, il est LA réponse : tout ce qui est ne sera plus.  
Un homme au profil noir et au nez saillant jaillit soudain dans un contre jour immonde. C’est le curé qui sort de sa grosse bagnole, une Laguna gris métallisée modèle 1998, série limitée « Allez les Bleus ». Et moi qui pensais qu’en me prêtant sa mobylette il faisait acte de charité… Dans un geste, il actionne la fermeture centralisée des portes, remonte la fermeture éclair de sa parka grise, et se tourne vers moi, les yeux plissés par le soleil. Nous nous faisons face, de part et d’autre de la grille du cimetière.  
– « 
Vous priez, Mon Fils ? 
Si je prie ? Je dois avouer que je n’en suis pas sûr. » lui sors-je avec aplomb.
– « 
C’est une réponse valable. On n’est jamais vraiment sûr qu’il y ait quelqu’un au bout du fil. Je vais à mon tour vous avouer une chose : je ne prie plus. En fait je n’ai jamais prié. J’entre dans l’oratoire, je ferme les yeux, et je dors. J’ai acquis la surprenante capacité de pouvoir m’endormir à genoux sur le carrelage sans tomber. 
– Mon Père, je me disais en faisant le tour du cimetière : tout ce qui est ne sera plus.
– Même chose : pas de réponse définitive. En tout cas pas pour moi.
– En venant, tandis que défilaient devant la mobylette les fils de la ligne THT, et qu’on pouvait distinguer le chantier de l’EPR dans le lointain, je regardais sur le goudron dégueulasse le vent emporter le cadavre d’un chat écrasé. Puis en marchant jusqu’au portail, j’écoutais la pluie goutter sur mon K- Way pourri et me dégouliner dans l’oreille. J’arrêtai mes yeux sur un tas de mégots détrempés sur lequel reposait un bout de capote arraché. Je me suis alors demandé comment le bon Dieu avait pu permettre qu’une telle crasse se déverse sur une telle beauté. Je veux dire, comment autant de saloperies peuvent-elles se glisser quotidiennement dans un monde à priori aussi beau ?
– Question de point de vue. » me répond aussitôt Monsieur le Curé. « Personnellement j’ai fini par penser que tout était préalablement laid. C’est un postulat qui évite de s’énerver pour rien. Les gens sont laids, ils ont tous des gros culs et des têtes de pioches. Même les gens théoriquement beaux sont finalement vulgaires et vicieux. Alors ajouter de la laideur à la laideur ne provoque chez moi aucune indignation. Je reste calme et serein. Atone. Si vous priez, priez pour mon âme minable, je suis un homme mauvais, un porc. Et nous allons tous crever. Nous allons brûler jusqu’à l’os.
– C’est gai.
– Il pleut. Je rentre au presbytère, lutter contre le pêché. »  
Et il se barre. Quand je rencontre des types comme lui, je me dis que la Foi est véritablement un don qui résiste à tout. A ce moment-là, rien ne laisse présager que la suite de cette aventure nous réunira malgré nous dans un unique et paradoxal destin.
Jérémie Fabre
Internaute




 
 
Publié le 16/01/2012

Mort d'une fée



Elle est morte un matin, sans bruit, avec la discrétion des personnes sans importance. Et pourtant, c’était ma voisine! Tous les matins, au réveil, je l’entendais remuer ses casseroles, faire chauffer son café. Dans le même temps, elle allumait la radio pour écouter les nouvelles sur RTL. Un aboiement un peu plaintif signalait le réveil de « Punaise », le vieux loulou de Poméranie que Josette aimait d’amour. Puis l’odeur de café frais envahissait la cour après que Josette ait ouvert sa fenêtre en grand et par tous les temps ! Pas frileuse la fille. Elle n’aurait jamais aussi froid qu’autrefois, quand elle fut une jeunesse envoyée par un petit moustachu dans un camp entouré de barbelés. Elle en était revenue tatouée pour la vie, durcie dans l’âme mais pas dans le cœur. C’est elle qui m’avait accueilli quand, jeune étudiant, j’avais loué la piaule en face de chez elle. Elle m’intimidait avec son ait bourru de petite vieille revêche. Quand elle avait su – par un copain cafeteur – que je ne mangeais pas à ma faim, elle m’avait invité chez elle pour partager sa soupe poireau pommes de terre. Et je n’avais pas osé refuser. La vieille revêche était une maman frustrée, une vieille fille sans enfant qui ne demandait qu’à déverser son trop plein d’amour maternel. La soupe était chaude, le loulou un peu agressif, mais les yeux de Josette étaient bleus comme le ciel de Provence. Josette est partie, le loulou que j’avais recueilli aussi mais il me reste sa petite radio et une photographie du temps de mes vingt ans, jeune con souriant serrant dans ses bras une fée aux yeux couleur d’azur.
Rodolphe Trouilleux
Internaute




 
 
Publié le 09/01/2012

Crise sanitaire ?


2012, une bien sombre époque

Guillaum Sans E
Internaute




 
 
Publié le 05/01/2012

Bonne année 2012


Et que tout devienne possible...

Thibault Balahy
Internaute




 
 
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