« Français ou voyou, il faut choisir"
Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, Europe 1, lundi 9 août 2010
Normal,
c’est la guerre, faut pas se
tromper de camp. En cet été 2010, le pays est devenu belligérant avec déclaration de « guerre nationale »
par le général Sarkozy, inspection
des troupes dans les quartiers des Beaudottes à Sevran et de la Villeneuve à
Grenoble par le colonel Hortefeux, charges au clairon des lieutenants Estrosi,
Lefebvre ou Marleix.
Il faut
avoir les oreilles bouchées à la crème bronzante, pour ignorer que la guerre
est non pas à nos portes, mais dans nos murs. Les forces hostiles sont assez habiles pour ne pas se présenter en lignes repérables
aux frontières, mais agir de l’intérieur en ordre dispersé : braquages, snipers, caillassages, déprédations et même
quelques campements séditieux.
L’adversaire
peine ainsi à être cerné car les « voyous » ne sont pas une nationalité, une ethnie,
une classe, une communauté et encore moins une grande cause. Dès lors, avec qui
des négociations d’armistice ou de paix pourraient-elles être engagées ? Qu’on se rassure, il n’est pas envisagé par l’état-major
sarkozyste d’autre victoire qu’éradicatrice. Christian
Estrosi qui a commis une biographie de Napoléon III avec un « nègre »
(en situation régulière), l’écrivain Raoul Mille, a-t-il songé pourtant que le
sort de la guerre pourrait basculer et que l’ancien maire de Neuilly finisse à
Sedan ?
Ou
même que l’heure de la retraite sonne après le 7 septembre, quand la cinquième
colonne syndicale défilera dans les rues ?