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Au plus nord du continent américain


Tant qu'il y aura du froid

Disperser cinq minutes
Ce que l’on voit, ce sont des images prises par une webcam de l’Institut de géophysique de l’Université de Fairbanks en Alaska. Elle est posée dans les hauteurs de la plage de Barrow, le village situé au plus nord du continent américain, bien au-delà du cercle polaire arctique. Au-dessus de Barrow, il n’y a plus que la banquise, des ours, des phoques et la mer des Tchouktches. Au-dessous de Barrow, il n’y a pas de route, mais un grand désert de permafrost, des caribous et des chouettes harfangs.
La webcam a pris une image toutes les cinq minutes, dans la nuit du 17 au 18 février 2011, de 23 h 31 à 4 h 56. Il est fort probable qu’à 5 heures du matin, le chercheur de l’Institut de géophysique de l’Université de Fairbanks se soit endormi.
 
Il s’agit d’un mois de février ordinaire, il fait entre -14°C et -26° C, la lumière a disparu depuis longtemps. Le courant que l’on voit évoluer de gauche à droite de l’image montre que la mer n’a pas gelé sur toute sa profondeur. Cette nuit-là, des amas de glace de huit mètres de hauteur se sont déposés sur la plage.
 
C’est ici qu’est né Eben Hopson, le 7 novembre 1922. Il est le petit-fils d’Alfred Henley Hopson, chasseur de baleines venu de Liverpool et d’une Inupiat. Eben Hopson commence une vie revendicative à 15 ans en écrivant au Bureau des Affaires indiennes de Washington. Il dénonce les travers de l’Université qui ne rémunère pas les étudiants venus faire des recherches au-delà du cercle polaire. Par retour de courrier, le doyen de l’Université le taxe de fauteur de trouble. En découle une interdiction d’embarquer à bord du North Star, le bateau qui aurait pu lui permettre de poursuivre ses études à Anchorage ou Seattle. Il devient alors manœuvre, puis ouvrier du bâtiment, puis ingénieur juste avant que l’armée ne lui demande de partir pour la guerre.

À suivre…

Le froid et l'ascenseur social - Chamoniarde 1/3


Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition.
Pendant l’ascension du Mont-Blanc : « Mes jambes s’en vont de tous les diables. Allez plus doucement, Jacques, l’air me manque, faites comme si c’était vous qui étiez fatigué. »
Après l’ascension du Mont-Blanc : « Je suis montée, j’ai bien soufflé, j’ai failli mourir, on m’a traînée et portée, j’ai vu du noir et du blanc, je suis redescendue. Depuis lors, la curiosité publique m’a valu des petits profits sur lesquels je comptais en allant là-bas. »  
Marie Paradis, servante d’auberge, première femme au sommet du Mont-Blanc.
14 juillet 1808.
Sur la photo : Alisson Gannet, skieuse libre, habillée en Marie Paradis
 

Le froid pour tous


Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition
Haussmann est préoccupé par la disparition du froid. Il vient d’écrire à Napoléon : « il faut accepter la cherté des loyers et des vivres comme un auxiliaire utile pour défendre Paris contre l'invasion des ouvriers de la province ». Perdu dans ses projets d’assainissement, il se rend compte que la destruction des caves souterraines a un effet immédiat : la glace recueillie en hiver n’a plus de contenant. Privés de froid intra-muros, les habitants risquent d’aller chercher la fraîcheur de banlieue.
Charles Tellier, chercheur de laboratoire farfelu, vient quémander quelques attentions au Paris éventré. Haussmann renvoie toutes ses idées mais il est touché par sa singularité et lui glisse à l’oreille : fabriquez-nous du froid !
Charles Tellier s’aventure du côté de Faraday, de l’éther, et de l’ammoniac. Il construit une machine à froid dans la fabrique du maître-chocolatier Meunier. En travaillant sur la compression de gaz liquéfié, les désirs de Charles Tellier deviennent grands, très grands. Il veut le froid pour tous et partout.
A ses frais, il transforme les cales d’un vieux voilier. Le 20 septembre 1876, le Frigorifique part de Rouen. Le 25 décembre, il arrive à Buenos Aires. Il prouve que l’on peut traverser l’Atlantique avec trente tonnes de viande fraîche à bord. La chaîne industrielle du froid, ainsi inaugurée, bouleversera la frileuse Europe.
Poussé par la recherche absolue des basses températures, Charles Tellier va mourir dans le plus grand dénuement. Peu avant son dernier jour, il dira à un de ses proches : « Le convoi des pauvres m'attend, mais ce sort final des travailleurs ne m'effraie pas... ».
Jeanne Lacland
Internaute




 
L'hiver est venu.
Sur les épouvantails
Les corbeaux sont perchés.


Enomoto Kikaku ( 1661-1707)

Toujours au-delà : le froid


Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition
Mon nom est Claude-Achille de Bussy, mais au conservatoire, ils m’ont appelé Claude Debussy. Ce n’est pas tellement que je ne supporte pas les règles, les codes, les conventions. Je les traverse pour mieux m’en défaire, pour mieux les dépasser. Ce n’est pas tellement que j’entretiens mon image d’homme étrange. Ce sont mes pièces qui sont étranges, pas moi. Cela n’a même rien à voir avec mes pièces, c’est juste qu’il faut un petit temps pour s’habituer à l’étrangeté. J’aime aussi les mots mystère, intériorité, lointain et parfois même incompréhension. Les mots s’arrêtent trop vite, même s’ils sont bien plus nombreux que les quelques notes dont je dispose pour écrire un opéra. J’aimerais bien écrire un opéra. Comment faire ? Je ne sais pas encore, je vais voir.
Il n’y a aucun concept dans mon écriture, je n’ai que faire des questions intellectuelles, je ne cherche que l’immédiateté d’une sensation pour qu’elle s’évapore seule, apaisée, reposée. Je m’appuie sur un ensemble de régulations intimes, denses qui me permettent d’aller plus loin, vers d’autres strates musicales. Je cherche, je me heurte, j’écris, je réécris, je m’arrête et je repars ailleurs, parfois, je ne fais rien, j’attends. Je sais que mes désirs ont des routes longues et tenaces et des chemins qui s’explorent à mon insu.
Un jour, je tombe sur Pelléas et Mélisande, écrit par Maeterlinck. Est-ce parce que les personnages sont dans un pur état de folie ? Est-ce parce que Maeterlinck me donne toute latitude pour maltraiter son texte ? Je vais écrire un opéra.
Des années, des années durant, je coupe, je taille, je relègue le texte, je mets en avant la musique, ou l’inverse. Pendant dix ans, je cherche, je me heurte, j’écris, je réécris, je doute. Je ne doute plus. Je me défais, je me répands, je saisis, j’apaise, j’apaise encore. J’invente le silence, du silence, le mien. Mélisande meurt, j’ai fini, j’ai écrit un opéra. 

GOLAUD. Quel âge avez-vous ?
MELISANDE. Je commence à avoir froid.

Pelléas et Mélisande, I, 1.
 

L'empire du froid


Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition
Moscou, juin 2010
Artour Tchilingarov est dans son bureau de la Douma. Il n’arrive plus à suivre l’activité parlementaire russe. Le Kirghizistan est à feu et à sang, la corruption du Kremlin est surmédiatisée, un juge vient encore d’être assassiné, les néonazis tiennent les rues de Moscou, la Slovénie a éliminé la Russie des sélections pour la coupe du monde, Dimitri Medv… Dimitri emmerde Artour. Il lui demande encore des nouvelles de l’ONU au sujet des sous-sols arctiques : l’extension du monde russe doit se passer sous la calotte glaciaire. L’idée d’Artour peut tout régler : la reconnaissance internationale de son statut d’explorateur polaire, l’accès russe à une réserve de pétrole équivalente à celle du Golfe persique et la domination énergétique de la Russie sur le monde. 
Artour Tchilingarov est dans son bureau de la Douma. Il apprend que Vladimir Poutine inaugure une expo au Grand Palais à Paris. Artour en a un peu marre. Il étend ses jambes, croise ses bras derrière la tête et repense au 2 août 2007. C’est lui qui était à la tête de l’expédition arctique 2007 et des deux bathyscaphes, Mir-1 et Mir-2. Il était là, tout au fond, quand Mir-2 a planté un drapeau russe en titane, à 4302m de profondeur, à la verticale du Pole Nord. Plus il y repense, plus il trouve que c’était l’idée du siècle.
Artour Tchilingarov est dans son bureau de la Douma. Il apprend qu’Elena Dementieva ne participera pas à Wimbledon. C’est fois-ci, il abandonne. Il est fatigué de la lenteur de l’ONU à accorder à la Russie la souveraineté de cette zone nordique. Il va autoriser les pétroliers à traverser l’Arctique. Ça va contrarier l’ONU et en plus, ça calmera Dimitri.
Ce qui l’embête, c’est son statut d’explorateur polaire international. Il a pourtant fait comme les autres, il a mis un message d’espoir sous le drapeau : c’est une petite plongée pour l’Homme ...
Jeanne Lacland
Internaute




 

Bas de soie, crampons et boa - Chamoniarde 2/3


Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition.
Je pars avec une tenue sportive, longuement étudiée, préparée, réfléchie et surtout pesée :
1 - une chemise-pantalon en flanelle anglaise pour mettre sur la peau.
2 - une chemise d’homme allant par-dessus.
3 - une cravate foulard.
4 - deux paires de bas de soie.
5 - deux paires de bas de laine très épais.
6 - deux paires de souliers à crampons imperméables et d’inégales grandeurs.
7 - une paire de pantalons larges à cordage en haut et à guêtres en bas rentrant dans le soulier. Ce pantalon est en étoffe de laine écossaise doublée d’un drap de molleton chaud et moelleux.
8 - une ample blouse de même étoffe et de même doublure dont les plis arrêtés devant et derrière matelassent la poitrine et le dos.
9 - une ceinture de cuir, disposée de manière à serrer plus ou moins le bas de la taille.
10 - une paire de gants fourrés intérieurement.
11 - une paire de gants fourrés extérieurement assez larges pour aller sur les autres, avec une épaisse fourrure en bracelet pour intercepter l’air.
12 - un boa.
13 - un bonnet juste en étoffe, pareille à la blouse, doublé de même et garni en fourrure noire, avec voile vert cousu sur le bord.
14 - un grand chapeau de paille de Chamonix doublé d’étoffe verte et garni de quatre attaches pour pouvoir le fixer solidement.
15 - un masque de velours noir.
16 – un grand bâton ferré.
17 – un tartan.
18 – une pelisse doublée de fourrure pour la nuit et les heures les plus froides de la journée. 
Et un petit miroir, il faut bien emporter quelque chose de féminin.  
Henriette d’Angeville, deuxième femme au sommet Mont-Blanc, 4 septembre 1838.

Le froid t'aime


Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition
Le froid est en décalage horaire.
Le froid résiste à tout plan gouvernemental.
Le froid et les ours dominent le monde et en plus, ils sont féministes.
Le froid cherche un contradicteur.
Le froid remplace les muscles.
Le froid et toi.

Le froid n’est pas culturel, il n’est pas nostalgique non plus.
Le froid est bi-exotique.
Le froid est post-écologique.
Le froid a un plan secret.
Son plan secret te concerne mais tu ne lui diras pas.

Pour comprendre le froid, il faut te débarrasser de ton parka, de ton igloo et de ton kayak.
Le froid te prend, quand il veut, où il veut, avec toute la force de son désir pour toi.
En cela, le froid est un imposteur, il provoque même un sentiment intense de liberté.
Pour comprendre le froid, il faut écouter la résistance de Camilleri, berger maltais, englué dans une vision stéréotypée du froid, et maintenir fermement le processus.

Le froid et l’harmattan se rencontrent rarement, mais quand ils le croisent, c’est la guerre.
Le froid précède l’arrivée des Vikings au Groenland et même celle de Pythéas en Islande.
Le froid a peu d’amis. Ils lui sont très intimes.
Le froid et la rareté sont liés pour l’éternité.

Le froid t’aime.
Crois-le quand le froid te le dit qu’il t’aime, il est sincère.
Le froid se rit de tout, surtout de lui-même.

Illustration : vertèbre de baleine sculptée
 

Face nord


Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition
Le 30 mars 1993, la brigade d’intervention théâtrale de Dijon, se rassemble devant l’ours polaire, sculpté par Pompon, gisant dans le square Darcy. Après un long moment de concentration et de recueillement, la brigade d’intervention marche en rangs serrés vers l’hypermarché le plus proche. Elle est surentraînée et parfaitement équipée.
À 10h15 précise, la première cordée part pour l’ascension du bac surgelé par la face nord. À 10h24, tous les membres de la brigade sont interpellés.
Personne n’avait jamais tenté une telle ascension. À ce jour, personne n’a pu réussir un tel exploit.
Jeanne Lacland
Internaute




 
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