Pour la plus grande joie des lecteurs de ventscontraires.net, l'infatigable Paul Martin a rejoint depuis bientôt 3 mois l'équipe des chroniqueurs réguliers de la revue . Rencontre avec ce trublion adepte d'absurde et d'humour noir, qui nous régale de ses savoureux post-it.
VL : Qui êtes-vous ? D’où venez-vous et vos intentions sont-elles
pacifiques ?
PM : Mon nom est Paul Martin, je viens de déjeuner. Mes
intentions sont rarement belliqueuses, mais elles sont parfois inavouables.
La plupart des enfants dessinent. Et vous quand avez-vous décidé de continuer ?
Il y a six mois, à la faveur d’une crise existentielle.
C’était ça où l’haltérophilie, quand j’ai vu ces trucs hyper-lourds mon choix a
été vite fait.
Qu’auriez-vous pu faire d’autre si ça n’était pas devenu votre métier ?
A vrai dire, ce n’est pas devenu mon métier, ce que j’ai
fait d’autre c’est écrire des trucs que d’autres illustrent, souvent avec un
tel talent (les autres, je précise) que ça m’a longtemps découragé d’essayer
d’en faire autant.
Quels sont vos inspirateurs en termes de graphisme et d’humour en général ?
Mon secret, c’est un poulet.
Selon vous, qui a inventé l’humour ?
Je ne sais pas qui, mais je sais que c’était un vendredi à 14h25.
Un souvenir de premier coup de cœur sur une bande dessinée ? Un maître ?
A 20 ans j’ai découvert Gary Larson et ça a été la
révélation qu’on peut faire des dessins absolument hilarants sans être un
« bon dessinateur », je lui en suis très reconnaissant.
Comment définiriez-vous votre style ?
Inexistant. Je m’efforce d’en avoir le moins possible sans
que ça soit moche
.
En quelques mots, qu’est ce que l’Hippopotable ?
Un blog lancé en 2006, pour voir comment on fait un
blogue. J’avais sous le coude quelques vieilles pubs scannées dans des revues
des années 50, j’ai eu envie d’en faire un truc rigolo. Mon exemple littéraire,
c’était les orphelins Baudelaire, c’est un échec total de ce point de vue. Mais
cinq ans plus tard j’ai des millions de fans dans le monde entier
(essentiellement en Picardie et dans les Ardennes) et un projet d’adaptation au
cinéma par les frères Wachowski.
Vous êtes manifestement passionné de publicités anciennes. Est-ce une question
de nostalgie d’une époque bénie ?
Alors, c’est un malentendu. Je suis totalement publiphobe,
et radicalement anti-nostalgie. La pub, c’est à mon sens une des grandes
nuisances du monde moderne, avec les pères Noël accrochés aux balcons et les
quinquagénaires à chapeau.
D’ailleurs, quand auriez-vous aimé vivre et pourquoi ?
Je crois qu’on traverse actuellement une période abominable mais je ne vois pas
d’époque antérieure à laquelle j’aurais préféré vivre, notamment en raison de
l’amélioration constante de l’efficacité des antalgiques pour les soins
dentaires. Je crois aussi que ça va aller en empirant. Donc, objectivement,
nous vivons l’âge d’or de l’humanité, disons l’âge de plastique doré.
Quel est votre avis définitif sur les extraterrestres ? En avez-vous rencontré
?
J’ai essayé, vraiment, j’ai même passé une nuit avec un
groupe d’ufologues amateurs à observer le ciel dans l’espoir naïf d’apercevoir
une soucoupe. Faute de résultats probants, je me suis tourné vers une sorte
d’agnosticisme soucoupiste. Et puis maintenant j’en fais en BD sous le nom de
Kiki et Aliène, c’est dans Astrapi, vous devez lire ça.
Vous êtes incroyablement productif (plusieurs blogs, un vrai travail,
ventscontraires…), quel est votre méthode de travail ?
Vraiment ? Moi je me vois plutôt comme un glandeur. Eh bien, je
tournicote, je farigoule, je louvoie, je
tergiverse, puis je bâcle beaucoup et je prends sur mon temps de sommeil
(surtout de 23h à 1 h du matin).
Parmi les chroniqueurs de ventscontraires.net, qui aimez-vous retrouver ?
Auriez-vous quelque chose à leur/lui dire/demander ?
Je préfère lui envoyer un mail parce que c’est un peu
personnel.
Raphaël Chabloz nous a transmis plusieurs questions pour vous.
RC : Mais où va-t-il chercher tout ça (surtout les photos, je veux dire) ?
J’ai une énorme pile de revues des années 50 à 70 récupérées
un peu malgré moi, je pioche toutes les images de mon blogue dedans. Pour les
idées, ça me vient en faisant la sieste, dans le train, ou juste devant une
feuille blanche.
RC : Est-ce que c'est plutôt bien, ou pas, de n'avoir que des prénoms dans son nom ?
Avantage de m’appeler Paul Martin, je suis ingooglable, je
me perds au milieu de mes homonymes comme un gnou dans le troupeau savaneux.
Les gens rient juste en voyant mon nom, ils pensent souvent que c’est un pseudonyme.
Et encore, ils ne savent pas le plus beau : mon nom complet c’est Paul
Pierre Jacques Martin.