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Uchronique du second quinquennat (1)


JOUR J : L'annonce du résultat

> épisode suivant   Il est 19h59. Carla B., Jean-François C. et Henri G. tambourinent à la porte de la chambre de Nicolas S. Il s’est enfermé à clé. Il joue fébrilement à un jeu de combat où il est en train d’achever un panda à coups de talon répétés. « Chériii, chériii c’est moi, sors de là ! essaye la Première Dame
- Nan, rien à foutre, j’sors pas.
- Nicolas, s’il te plaît, plaide Jean-François, on va avoir l’air de quoi nous hein ?
- J’ai dit je sors pas. J’suis encore Président que j’sache, j’peux encore faire ce que je…
- NICOLAS !
- Quoi, encore ?
- NICOLAS IL EST 20H, TU AS GAGNE ! »
La voix est hystérique, le moment historique : Carla vient de dépasser les 2 décibels.   «  Tu te fous de ma gueule, et j’aime pas trop ça qu’on se foute de ma gueule
- Mais si Nicolas, intervient Henri, si, c’est vrai, tu as gagné ! »
Silence dans la chambre.
La porte s’entrebaille, la tête de Nicolas apparaît.  Il est pâle, décoiffé, hagard.
« Vous déconnez pas hein ?
- Non, Nicolas, répondent-ils en chœur, on déconne pas ? Tu as fait 50,3%
- Oh putain oh putain oh putain ».   S’ensuit un formidable bordel. Nicolas court dans tous les sens en criant « oh putain oh putain ». Carla tente de repasser en hâte une cravate pour son chéri, mais elle manque d’habitude et fait des plis. Nadine M., qui avait prévu de passer la soirée à regarder une comédie romantique en mangeant de la glace, arrive en trombe, échevelée, lui arrache le fer des mains et repasse la cravate en l’arrosant de ses larmes. Ca fait des auréoles. Nicolas doit donc emprunter la cravate Picsou d’Eric W., arrivé tout droit d’une soirée « Election dépression » au Fouquet’s avec tous les ministres déchus. Le teint de Brice H. est passé du rose pastèque au rouge carmin.  
Séverine Bavon
Internaute




 

« Dans l'Essonne, où notre Coréen national va avoir chaud aux plumes »


Alain Marleix, chargé des élections à l'UMP, Public Sénat, vendredi 2 septembre 2011

Alain Marleix a chaud aux fesses depuis qu’il a proféré cette boutade aux relents xénophobes à l’égard de Jean-Vincent Placé, le bras droit de Cécile Duflot.  L’allusion aux racines biologiques de l’écologiste adopté dès son plus jeune âge par des parents normands, a provoqué un tollé. Même Jean-François Copé, camarade en chef du parti de Marleix a « regretté » un tel propos. L’élu du Cantal voulait souligner que Jean-Vincent Placé, candidat aux sénatoriales sur une liste PS-EELV dans l’Essonne, allait avoir quelques soucis avec une liste dissidente. Il n’a sans doute rien appris à l’intéressé qui a la réputation de faire, chez les écologistes, un peu le même boulot que Marleix à l’UMP. Ce n’est évidemment pas une raison. Alain Marleix pourrait bien sûr plaider qu’en associant « notre », « coréen » et « national » il a procédé à une sorte de régularisarion bienveillante de Jean-Vincent Placé. Même si, en faisant de l’impétrant un petit chef  emplumé, Marleix semble se représenter le pays du matin frais comme une réserve apache. Quand on ne s’occupe que de cartes électorales, on peut avoir des lacunes en géographie tout court. Et puis il n’y a pas péril en la demeure. Brice Hortefeux, auvergnat d’adoption comme Marleix (ils sont tous deux nés en région parisienne et parachutés au pays des Arvernes), a dû lui souffler que quand il y a un Coréen ça va, c’est quand il y en a beaucoup  qu’il y a des problèmes.

"L'Hortefeuniste"


La suite attendue du "Discours d'un président"

"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux


Entretien avec Jean-Michel Ribes #1
"Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe".

Quand vous tourniez Palace ou Merci Bernard, le mot d’ordre était : « Tout, sauf l’actualité ! ». Et jusqu’ici, on vous trouvait plutôt du côté de l’absurde, rarement vers la satire…
C’est vrai que jusqu’ici, ma manière de me moquer du monde ou des étouffements de la société passait par l’absurde ou le non-sens. A l’ombre des dadaïstes, je m’efforçais de dynamiter l’esprit de sérieux à sa racine. René l’énervé s’approche beaucoup plus d’une réalité visible. Cela vient du fait que depuis plusieurs années, je ressens un malaise face à la gouvernance de notre pays et de la politique en général. Avant que cela ne se termine en aigreur, j’ai préféré tenter de le transformer en farce joyeuse. Un rire de résistance en chansons. De plus, j’ai une passion pour l’opéra bouffe où l’entrain et la légèreté emportent tout.   À la lecture du titre, René l’énervé, c’est au chef de l’État que l’on pense. Est-ce qu’on se trompe ? On doit plutôt penser à l’univers politique dans son ensemble, qui a été coloré par Nicolas Sarkozy. Car la force du Président de la République est d’avoir non seulement bouleversé la façon de faire de la politique, mais d’avoir transformé aussi son opposition, et toute la classe politique ! Le Sarkozysme, ce n’est pas uniquement Nicolas Sarkozy. C’est une sorte de contagion de lui-même qui envahit l’ensemble des politiques. Une mise en coma agité de la société ! C’est la raison pour laquelle cet opéra bouffe met en scène aussi bien un conseiller nommé Hurtzfuller qui aime les Arabes quand ils ressemblent aux habitants du Cantal, un ministre des hautes frontières, un autre de la prise de sang, mais aussi les opposantes Ginette et Gaufrette, des philosophes nouveaux, as du cerveau s’il en est ! Des écolos bio bio et encore bio, et bien sûr le parti montant des « Cons de la Nation »… C’est une galopade rigolote qui traverse le barnum politique en perpétuelle parade.   Propos recueillis par Pierre Notte

Mon petit Sarkozy chéri, mon futur-ex-président aimé


Lettre d'adieu inspirée par celle de Guy Môquet

Tu vas partir ! Ce que je te demande c'est de nous promettre de ne jamais revenir. Retire-toi vraiment et définitivement de la vie politique, comme ceux qui sont passés avant toi. J'aurais voulu que tu le fasses bien avant et ce que je souhaite désormais de tout mon cœur, c'est que ton départ serve à quelque chose. Ne nous refourgue pas le prince Jean où n'importe lequel de tes frères, comparses et complices. J'espère qu'avec ton retrait, toutes les affaires de ton clan prendront fin également, pour que le pays puisse retrouver dignité et fierté. Toi, petit futur-ex-président, je te salue une dernière fois. Puisses-tu maintenant suivre la voie vers l'oubli qui t'est désormais destiné. Un dernier adieu à tous tes amis, tes camarades de caste et de clan que j'ai aimés tout autant que toi. Qu'ils se comportent en hommes et déguerpissent avec toi. 5 ans, ton règne a été long, je n'ai aucun regret à ce que vous nous quittiez, tous. Tu vas partir avec Guaino, Guéant et Hortefeux. Je te promets d'être courageux et de surmonter ma peine. Je ne peux en mettre davantage. Je te quitte , futur-ex-président, et te salue du plus profond de mon cœur d'enfant. Courage ! Ton Vincent qui t'aime autant que tu l'as aimé.

"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux


Entretien avec Jean-Michel Ribes #2
"Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe".

René l’énervé est une pièce politique ? Quelle pièce ne l’est pas ! C’est une banalité de dire qu’il n’y a pas d’art sans subversion, ni de théâtre sans désir de chambardement. René, dans ce sens, est bien une pièce politique. C’est la réponse du berger à la bergère ! Puisque les politiques font du spectacle, il est bien normal que les hommes de spectacle fassent de la politique… Reconnaissez que depuis quelque temps, ils n’y vont pas de main morte ! Ils méritaient bien René l’énervé ! C’est un minimum !   Le poétique peut-être une voie de rédemption pour la politique ? René l’énervé n’est en rien une oeuvre documentaire, ni une tentative de reproduction exacte de notre actualité, c’est une bouffonnerie coloriée librement avec bonne et mauvaise foi, un conte sur le pouvoir et les clowneries de l’homme qui devient providentiel. Une sorte de ras-le-bol en chansons… Fable en rien manichéenne, puisqu’on y découvrira le double de René : deuxième lui-même, adversaire obstiné et résolu du premier.   Propos recueillis par Pierre Notte
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