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Silvio B : le procès en direct télévisé


Il est devant vous… messieurs dames, vous lui faites face, enfin ! Nous vous avons conviés ce soir pour juger cet homme, regardez-le bien ! Nous le soumettrons à une série de questions… à la suite desquelles vous serez confrontés à deux choix… deux choix simples que vous allez exprimer via votre télécommande ! Alors, êtes-vous prêts ? Le destin de cet homme est en jeu ! En appuyant sur la touche 1 de votre télécommande, l’accusé sera dépossédé de tous ses biens mais il sera absout, il ne perdra donc pas sa liberté mais redeviendra un homme comme tout le monde... Vous avez bien entendu ? Dans son ambition généreuse, la Révolution décidera ainsi de garder la liberté à celui qui a fait le possible pour vous en priver… mais si vous choisissez la touche 2, sa villa d’Arcoeur deviendra sa prison, ici nous l’enfermerons à perpétuité, des caméras seront installées partout occupant le moindre recoin de la maison… l’inculpé sera ainsi filmé 24h sur 24h sans censure… Il sera livré à lui même… et il n’y aura ni conseillers en communication, ni psychologues, ni scénaristes pour l’aider… tout le monde pourra l’observer, l’épier, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit… une détention-émission que nous appellerons Il était notre Conducator !… et maintenant je demande au président du Ministère Public de lire l’acte d’accusation…
Andrea Marcelli
Internaute




 
 

Silvio Blues


Carte postale d'Italie
Il était un Dieu. Pain béni pour son peuple. Il se tenait à l’écart, pensif, le front courroucé, les manches de chemise retroussées, prêt à bondir pour rétablir la justice juste, la vérité vraie, il aurait fait s’il avait pu, si on l’avait laissé travailler, il aurait fait plus, des blondes aux belles dents, des tortures câblo-satellitaires, des érections post-mortem…
Il était un Dieu élu… Produit d’une démocratie d’arrière cour, appelé pour la redresser, fort de son charisme sans faille, je vous le dis messieurs, du pain béni pour son peuple, transe nationale, nouvelle sorcellerie, unis jusqu’à l’apothéose finale, à l’unisson, les gorges déployées, les bras levés, dans une pétaudière de ritournelles publicitaires…

Illustration : Federico Saggini
Andrea Marcelli
Internaute




 

La fronde des juges


Pièce Montée sur le malaise dans la police et la magistrature



Mes « Pièces montées » ? Des morceaux choisis d'esprit, de mots, de rires et d'envies glanés à la pointe du micro.
Chaque dimanche, ces brefs bobinos ponctuent le journal « 3D » de Stéphane Paoli – diffusé par France Inter en direct du théâtre du Rond-Point entre 12h à 14h...
 

Landru


Pendant que Désiré Landru assassinait onze femmes, Anatole Deibler "raccourcissait" 395 condamnés. Paradoxalement on se souvient de Landru et peu du bourreau.
Après avoir répondu au président lors de son procès :
– Comment ? Vous dites ? J'ai fait disparaître quelqu'un ? Si vous croyez ce que racontent les journaux !
Monsieur Henri Désiré Landru est condamné à la peine capitale. Avant le trépas, il demande une dernière faveur : se laver les pieds. On lui refuse.
Puis le bon prêtre s'adresse au vilain farceur et lui demande :
– Mon fils, croyez-vous en Dieu ?
Landru lui répond :
– Monsieur le curé, je vais mourir et vous jouez aux devinettes !
L'acte de vente de la cuisinière de Landru – cuisinière dans laquelle Landru était supposé avoir fait brûler les corps de ses victimes et qui fut transportée dans la salle d'audience comme pièce à conviction – fait aujourd'hui partie de la collection insolite de l'immense écrivain Claude Seignolle.
Eric Poindron
Internaute




 

Vérité mise à nue



Pour Benjamin Brafman, l'avocat de DSK : "C'est la victoire de la vérité". On ne saura jamais si c'était une victoire imposée par la force, ou consentie.
Pour Benjamin Brafman, l'avocat de DSK : «C'est la victoire de la vérité». On ne saura jamais si c’était une victoire imposée par la force, ou consentie.

Eric Woerth entendu par la Justice


Liliane Bettencourt reste sourde

 

Petite résistance ordinaire


Il se servit un autre café. Il savait pourtant que cela n’arrangerait rien. La peur avait pris totale possession de son être et les tremblements qui l’agitaient ne se contrôlaient qu’au prix d’une crispation épuisante. Ses mains moites gouttaient sur le sol et l’encre du message qu’elles tenaient se diluait, rendant le texte illisible et donnant au papier l’aspect sale et torchonneux d’un vieux brouillon à jeter. Il aggravait son cas. Qu’importe ! Il écarta toutes les cogitations résultant de cette auto-observation. Spectacle navrant. Fermons les yeux ! Il n’arrivait cependant pas à évacuer la douleur, douleur sourde et multiforme qui semblait, elle-même, se moquer de lui. Elle grignotait son cerveau, par petits morceaux mais en prenant soin de frapper en tous points, plantant ses dents acérées dans la gélatine flasque. Elle grignotait ses boyaux, entremêlant toute sa tripaille, faisant des nœuds et des boucles avec. Elle grignotait ses articulations, en essayant de les scier comme avec une grande scie qui grince en râpant l’os. De guerre lasse, il desserra à nouveau son esprit qui se remit à errer dans les sombres territoires de l’angoisse. Il envisageait les conséquences possibles de l’acte qu’il allait commettre : le ridicule et la raillerie, le bannissement et la déchéance, la vengeance et la persécution. Il imaginait sa chef esquissant un petit sourire cruel après qu’il ait bu un café par elle servi : « Vous venez d’avaler une dose mortelle de poison, mon cher ». Quand soudain la porte s’ouvrit.
– Que me voulez-vous ? dragonna-t-elle.
– Juste vous dire que votre décision de virer Alain est totalement injuste et injustifiée…
Isabelle Vandiedonck
Internaute




 
 

A chacun ses mots - Définition et recadrage du mot 'présomption'



Présomption : Mot arrogant et péremptoire, il est parfois prononcé ‘prés – en – ption’ comme pour montrer son attachement au présent ; comme pour montrer que ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera pas forcément demain, en particulier lorsque le terme s’applique à la présomption d’innocence. La présomption d’innocence, ça veut dire qu’on est innocent jusqu’à preuve du contraire. L’idée est louable, mais elle ne s’applique en général qu’aux politiciens. Pour les autres, il y a la détention provisoire, celle qui permet de mettre en prison des personnes pourtant présumées innocentes. La loi, dans sa grande sagesse, s’adapte aux situations qu’elle juge. On ne parle pas de présomption d’innocence pour les jeunes des banlieues ou pour les altermondialistes, mais on ne parle pas non plus de détention provisoire pour les ministres, les députés, les sénateurs, ni même pour les chefs d’entreprise. Mon rêve, ouvrir le journal du matin et y lire en gros titre « En attente de son jugement, le ministre Untel a été placé en détention provisoire », puis allumer la radio et entendre une chronique précisant « ces jeunes, soupçonnés d’avoir participé aux émeutes, bénéficient toujours de la présomption d’innocence ». Mais je crois que ça n’est pas pour demain.
Cedric Citharel
Internaute




 
 

Et la terre trembla...



Je me demande quelle est la probabilité pour qu'un tel évènement se produise: qu'un homme prenne la parole pour présenter sa justice et ayant à peine prononcé trois phrases, que la terre tremble sur les plus hautes villes du pays, s'attaque au Pentagone, le temple des armées, fasse exploser ses canalisations, mette à l’arrêt, bloquant même ses systèmes de secours, la centrale nucléaire de North-Anna en Virginie.

Il y a dans les anciennes mythologies des interventions divines de cette nature, quand les devins scrutent le ciel et les éclipses. Et soudain au moment de l’attaque, la terre tremble.
Certes, nous sommes matérialistes et ceci n'est pour nous qu'un tremblement de terre force 5, 9, totalement inhabituel en ces contrées. Sans aucun rapport avec aucun évènement humain. Mais je ne le ressens pas ainsi. Je crois que la terre en a ras le bol.  Ras le bol de l'homme, de ses compromissions, de ses mensonges, de sa puanteur, de sa facilité de céder à l'intérêt.

Ce jour-là cet homme devait prendre la parole au nom de la justice. Mais il ne prit la parole qu'au nom de sa carrière. Il présenta une femme qui avait menti face à un accusé qui avait menti, hier et aujourd’hui, dans un pays où il y a un nombre insensé de menteurs, dans la presse, dans les sphères boursières et gouvernementales, dans le monde d'une justice qui s'offre avec impudeur à l'argent. C’est le pays où un staff gouvernemental se fait photographier en prenant des airs effrayés quand il regarde le dernier épisode de « Desperate housewives. »

Et la terre trembla…

Je crois qu'elle en a marre des mensonges des hommes, de la lâcheté des justes et de la pourriture de leurs maîtres. De leurs intérêts et de leur science sans conscience. Marre de voir les cinq éléments suppliciés. Les atomes explosés, la terre éventrée pour son sang noir, l’air chargé de poison, l’eau, la plus pure des créations, la plus avilie, les pluies charriant la mort sur tous les continents, elle la bienfaitrice, la porteuse de moissons, désormais porteuses d’isotopes mortels. Marre des dauphins  étouffés du pétrole de Louisiane, des saumons entassés dans des cuves, eux autrefois les plus libres des animaux, des thons rongés de métaux et nous qui les mangions parce que leur splendeur libre nous nourrissait, aujourd'hui abêtis et abrutis par leur chair, nous sommes gavés des poubelles de nos industries. Il pleut des oiseaux morts, les rivières, soudain sont débordantes de cadavres. Il n'y a pas de profondeur qui ne soit souillée, irradiée, poubelles d'un profit aveugle. Les coraux sont des champs de plastique à l'infini. Les neiges éternelles sont des photos.

Et la terre trembla et le pyramidion de l'obélisque fut fissuré. Et des flèches néo-gothiques de la cathédrale tombèrent. L'ouragan Irène court vers New York....

Si j'étais DSK, je regretterais , vraiment, de n'avoir pas mis, ce matin-là mon peignoir en sortant de ma douche!
Ariane Walter
Internaute




 

Michael Youn coupable mais dispensé de peine


Quand la justice fait sa mijaurée

Être déclaré coupable mais dispensé de peine, c'est comme se faire rappeler à l'ordre par un "Tu mériterais d'aller au coin".
Ça donne juste envie de recommencer.
(Bref rappel des faits : le comique Michaël Youn, accusé d'avoir insulté et brutalisé des policiers qui l'avaient interpellé alors qu'il commettait une infraction à scooter, a été reconnu coupable lundi par le tribunal correctionnel. Il avait présenté des excuses aux "fonctionnaires de police"…)
 

La vraie Thérèse Desqueyroux


Dans les années 90, un homme se présente au domaine de Malagar, ancienne demeure de François Mauriac en Gironde.
– Bonjour, je suis le petit-fils de Thérèse Desqueyroux. Interloquée, la jeune guide de l’époque pense avoir à faire à un illuminé.
– Je vous demande pardon, monsieur ?
– Je suis, plus exactement, le petit-fils d’Henriette Canaby dont s’inspira François Mauriac pour son personnage de Thérèse Desqueyroux.
L’histoire commence au printemps 1905. Dans la bonne société bordelaise, des rumeurs courent sur les Canaby, un couple de bourgeois bordelais, habitant le quartier des Chartrons. Le mari, malade, aurait été empoisonné par sa femme. A la suite d’événements troublants, la justice prend le relais.
Le procès d’Henriette Canaby s’ouvre le 25 mai 1906. François Mauriac est dans la salle d’audience.
Finalement acquittée du crime de tentative d’empoisonnement mais déclarée « coupable de faux en écriture et usage de pièces fausses », Henriette Canaby est condamnée à une peine de 15 mois de prison et 100 francs d’amende.
Thérèse Desqueyroux était née.
Sophie Herber
Internaute




 

Quand un "ceinture noire" voit rouge, on rit jaune


Signe (de la dégradation) des temps
J'ai mal à mes médias. Le boss de Radio France a été mis en examen à la suite d'une plainte de David Douillet, judoka converti en politique, au sens de l'humour visiblement assez limité. Peut-être à cause de la fréquentation de Mme Chirac, mais passons car là n'est pas la question. David Douillet reproche à une journaliste de France Inter d'avoir diffusé dans son journal un bout d'interview (enregistrée) de l'eurodéputée Eva Joly, des propos tenus en 2009, qui insinuaient que le député des Yvelines était l'heureux détenteur d'un compte bancaire dans un paradis fiscal. Soit. Admettons que ce soit faux, admettons qu'Eva Joly ait eu la langue trop bien pendue, admettons que David Douillet l'attaque en justice pour diffamation (ce qu'il a fait), ça le regarde, s'il estime que son honneur d'homme politique doit être lavé. Là non plus n'est pas la question. Là où l'affaire devient proprement scandaleuse, c'est quand le média qui a diffusé l'interview est lui-même attaqué. C'est une nouvelle limite qui est franchie. Quelle place reste-t-il aux journalistes? Va-t-il falloir nettoyer les interviews avant leur diffusion? N'entendrons-nous dans nos radios, ne lirons-nous plus dans nos journaux que des infos qui ne blessent personne? Au moment où l'on célèbre Paris-Londres, on se dit que cette nouvelle n'est pas une si mauvaise nouvelle car l'avenir, finalement, n'est pas si noir pour les journalistes : progressivement, ils vont avoir l'opportunité de se placer dans la frange des résistants. Les carottes sont cuites.
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