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Karen Dalton


Clochard céleste, portrait 29

Quand Karen Dalton chante on dirait que les  orages font l’amour. Quand Karen Dalton chante on dirait que la nuit se déshabille. Quand Karen Dalton chante on dirait que les falaises pleurent.   Karen Dalton est née en 1937. Elle meurt en 1993 à Bearsville près de Woodstock. Karen Dalton n’est pas l’enfant de Calamity Jane et de Joe Dalton. Elle était moitié cherokee moitié Irlandaise. Karen Dalton était une chanteuse et une musicienne qui jouait de la douze cordes. Karen Dalton savait se battre. Lorsque Karen Dalton souriait, on voyait qu’il lui manquait des dents. Elle n’a enregistré que deux albums car elle était claustrophobe. Elle n’aimait pas la foule non plus. Par contre elle aimait la drogue et l’alcool. Par contre elle aimait le vent et les cactus. Et les pierres et les serpents. Et les arbres qui se tordent. Elle a débarqué à New York dans les années soixante avec son pull troué. Ses complices étaient Tim Hardin, Fred Neil et Bob Dylan, autrement dit la sainte trinité du Folk. Elle fut la reine de Greenwich Village Karen Dalton était une mère célibataire. Karen dalton était une rivière. Karen Dalton était un cheval sale, ébouriffé, sauvage. Karen Dalton était une bougie. Karen Dalton est morte seule, oubliée, malade. Et les montagnes ont pleuré.

Haïku de comptoir 39



L'alcoolisme des jeunes
Le baccalauréat
Deux challenges

Martial Cherrier


Les bodybuilders sont des papillons

Il a grandi dans une boulangerie près de la mer, là-bas, en Normandie. Mais c'est son propre corps qu'il a choisi de pétrir et de sculpter : "Il faut aller au-delà de la douleur, quand les muscles brûlent, c'est signe que les cellules sont détruites. Les tissus pourront se reconstruire en gagnant du terrain." Et gonfler comme des pains au four. Plus des piqûres d'hormones de croissance, de stéroïdes et des litres de granules de créatine et autres kétoglutarates à croquer chaque jour…
Tout culturiste est un adepte de la métamorphose, un culturel off limits qui soumet son corps à son esprit pour en faire "un corps auto-engendré, avec ses modes de fabrication, un objet artistique revendiqué, un médium osmotique en communication avec l’ensemble du corps social. Ainsi je suis à la fois sujet, objet, substance, matériau et même cadre de mon art."
Cherrier sera sacré champion de Los Angeles en 1994, puis champion de France IFBB en 1997. Mais les exhibitions internationales ne lui suffisent pas. Il s'expose dans l'espace plus feutré des galeries d'art. Epinglé nu sous verre, son corps d'insecte Hulk affublé d'ailes de papillons découpées directement dans les emballages des produits qu'il s'est injecté tout au long de sa carrière de body builder de haut vol...
Au fait,  venez le rencontrer jeudi prochain : il donne  une conférence performance à l'Université Monstrueuse du Rond-Point ! (voir lien ci-dessous)
 
 

iSOS



J'ai un iMac,
un iPod,
un iPhone,
un iPad,
j'achète ma musique sur iTunes et ma femme me traite toujours d'idiot.
Je suis en pleine iDéprime et j'attends l'iMort.
François Denivet
Internaute




 

Quelles drogues nous reste-t-il ?


Quand mes parents étaient jeunes, on pouvait boire, fumer, se droguer en toute impunité. C’était la norme. Si vous n’étiez pas accro à quelque chose, vous étiez un raté.
Aujourd’hui, la vie ressemble à une succession de mises en garde. Ne fumez pas, ne buvez pas, ne mangez pas de peinture au plomb.
J’ai cru qu’il resterait quand même le café. Ça aurait été trop beau. Mon médecin m’a dit d’arrêter. Ça me cause des brûlures d’estomac et de la tachycardie.
L’homme est un animal dépendant depuis des millénaires et, brusquement, en quelques années, on lui dit d’abandonner l’alcool, la cigarette, la nourriture trop grasse, le sucre et la conduite à grande vitesse sur route verglacée.
Ce n’est pas très marrant.
J’ai bien peur que nous soyons condamnés à mener une existence saine et à voir notre espérance de vie s’allonger.
Pour compléter la propagande hygiéniste, des scientifiques nous font avaler que le sport peut être une drogue, car le cerveau libère de l’endorphine.
Désinformation pitoyable, œuvre, sans doute, d’héritiers de ces savants qui déclaraient que l’amiante n’est pas dangereuse et que le radium rend les dents plus blanches.
Le sommeil est une drogue. La paresse. La gourmandise. Le sport ?
Arrêtons de plaisanter.

Emmett Grogan, clochard céleste


Portrait 17
Emmett Grogan (1943 1978) mène de front, dans le Haight-Hasbury du San Francisco des années soixante, le groupe d’activistes The Diggers. Il mélange dans un vieux shaker psychédélique actions politiques et happenings artistiques. Leurs tracs poético-révolutionnaires envahissent la Californie. Ils organisent tous les jours des distributions de nourriture gratuite et de surplus militaires. Emmet Grogan a écrit des livres, notamment Ringolevio, dans lequel il raconte leur épopée. Défoncé, libre et paranoïaque… Il est difficile de retrouver beaucoup d’éléments biographiques certains.
Réformé de l'armée sous amphétamines, surveillé par le FBI, puis déçu et critique à l’égard de la vague hippie bohème qu'il trouve bourgeoise et hypocrite, Emmett Grogan aura quand même eu droit au "Mr Tambourine man" de Dylan et à un poème de Richard Brautigan. L'association d'une insoumission féroce, d'une mégalomanie paranoïaque, d'un goût immodéré pour les extrêmes et d'un dangereux succès populaire, l'ont malmené jusqu’à l’overdose fatale, en 1978. Peter Coyote écrit à son propos : "Pour la plupart des gens, cela aurait suffi d'être une légende vivante, d'avoir Bob Dylan qui vous dédicace un album ; d'être une icône pour des milliers de gens, incluant les chefs de gangs portoricains, les présidents de sociétés de disques, les professionnels du vol, les riches restaurateurs, les stars du cinéma, les socialistes, les Black Panthers, les Hell's Angels et les Diggers eux-mêmes, mais Emmett poursuivait sa propre idée de la perfection et même si ce combat l'a tué, je ne peux m'empêcher d'admirer la moralité de sa quête et les exigences démesurément hautes qu'il s'était fixées. Emmett était un étendard mené à la bataille, un emblème derrière lequel des gens ont rallié leur imagination. Il a prouvé à travers son existence que chacun de nous était capable de jouer sa vie selon ses fantasmes les plus délirants. C'était son but et son héritage de compassion, et je ne le minimiserai pas ni ne me détacherai de son exemple, malgré ses failles et ses inconsistances."

Larry Clark serait-il devenu sulfureux en trois ans?


Le photographe fait scandale à Paris
Depuis quelques jours, s'est ouverte au Musée d'Art Moderne de Paris une exposition du photographe américain Larry Clark, exposition qui fait beaucoup parler d'elle grâce à l'interdiction au public de moins de dix-huit ans dont elle est frappée. Quel beau coup de pub. Pourtant, je me souviens d'avoir pu admirer ces beaux Noir & Blanc à la Maison Européenne de la Photographie, des photos érotiques, voire carrément porno, comme des photos de jeunes gens en plein shoot de drogue dure. Pas d'interdiction, à l'époque, à la MEP. C'était il y a trois ans.
Mais que s'est-il passé en trois ans???

Boostez votre cerveau en une heure seulement !


100 recettes pour devenir Einstein, par Rémi Sussan

Tous les moyens pour améliorer votre cervelle. Du basique thé vert aux délires technos transhumains les plus fous. Une conférence donnée par l'essayiste Rémi Sussan à l'Université Monstrueuse du Théâtre du Rond-Point le 3 mars 2011 conférence intégrale durée 1h10.

> Rémi Sussan : "Les cerveaux collaborent mieux quand le corps s'en mêle" - avec owni.fr
 

Du sel sur la plaie


La question mérite d'être posée

Dusel Surlaplaie
Internaute




 

Les ados sont des cons, par Christophe Alévêque


Deuxième épisode : T'as fumé ?

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« Avant, c'était le Ricard, maintenant, c'est le pétard »


L'alcoolisme recule chez les pêcheurs bretons
Tout fout le camp. Notre spécialiste maison des comptoirs, Jean-Marie Gourio, a du souci à se faire : selon un édifiant article publié dans les Inrockuptibles nouvelle formule, les marins bretons déserteraient les bistrots, préférant à l'ivresse de l'alcool les vapeurs hallucinées des drogues douces. Plutôt douces. Question de génération, il paraît. Mais le but recherché est toujours le même par rapport aux pères et aux pairs plus classiques : oublier l'âpreté d'un quotidien dont on sait qu'il est l'un des plus durs qui soient. Problème : les jeunes marins ne sont pas contrôlés pour consommation de haschich et autres ecstasies pouvant modifier leur comportement à bord, notamment pendant les quarts (les tours de veille). L'article ne dit pas s'ils le sont pour leur alcoolémie. Il reste que ce phénomène, qui ne touche encore qu'une partie relativement réduite de la profession risque de changer sensiblement le paysage breton, car que seraient nos côtes accidentées sans leurs fameux rades ? Autres temps, autres mœurs…
 

Le voisin du dessous est un dealer


Doublé d'un psychotique

Ça défile bruyamment dans son appartement. Codification pour frapper à sa porte. Les types ne sont jamais très longs. Son commerce est florissant. Certains clients (peut-être déçus par la qualité des produits ou devant évacuer d’urgence leurs bières ?) ont pris l’habitude de pisser dans le couloir. L’abus de substance rend mon voisin très sensible. Un soir, il tambourine à ma porte en hurlant. Si je continue de donner des coups répétés dans les tuyaux, il va me tuer. Je lui explique gentiment que la tuyauterie fait un boucan de tous les diables. Je n’y suis pour rien, pour moi aussi c’est pénible. J’ai prévenu le syndic, des travaux sont prévus…. Il me menace, écume de rage. Pas la peine de l’embobiner avec des conneries, il sait que j’essaye de lui pourrir la vie mais je suis mal tombé. Il va cramer ma voiture, démolir le cul de ma femme. Il est énorme et a des yeux d’assassin. Des TOC : mouvements de tête brusques et répétés. Je ne me sens pas le poids de l’assommer. Au matin, la boîte à lettre est vandalisée. Il a crevé un pneu de ma voiture avec une fourchette. Ma femme veut déménager ou le dénoncer aux flics. Je décide d’aller lui rendre la fourchette.
Christophe Esnault
Internaute




 
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