Poule de luxe
Pubologie pour tous
Dans chaque foyer, il y
a un RDA. Rien à voir avec la République Démocratique Allemande, même si dans certaines
familles l’ambiance n’est pas franchement plus folichonne et qu’on aurait bien
besoin d’un mur pour ne pas se taper sur la gueule. Non, de nos jours, ironie de
l’Histoire, le RDA, c’est le Responsable Des Achats. Celui qui fait les courses
quoi. En d’autres termes, la ménagère de moins de 50 ans. En d’autres termes
Bobonne.
Donc, se dit le publicitaire, il faut parler à Bobonne :
celle qui repasse en regardant Plus Belle La Vie, un fichu imbibé d’huile de
friture sur ses cheveux bicolores (sa dernière coloration date de 6 mois et
elle n’a pas eu le temps de refaire les racines).
Bobonne est un peu concon, alors Bobonne, quand elle fait
les courses, elle choisit du poulet pas cher. Qu’est-ce qu’elle est
terre-à-terre, Bobonne, c’est terrible ça, pas une once de folie consommatrice
dans les habitudes d’achat de Bobonne. Sous prétexte que c’est difficile de
vivre à 5 sur le SMIC de Monsieur, non mais on en entend de belles.
Bref, il faut vendre du poulet cher à Bobonne qui achète des
marques distributeur et porte ses culottes 3 jours pour économiser l’eau et la
lessive. Comment faire ? C’est simple : il faut la faire rêver,
Bobonne. L’emmener loin, lui permettre de s’évader de sa triste vie. Lui parler
de choses qui la concernent en tant que femme. C’est donc tout naturellement qu’on
en arrive à lui parler de sac à main.
On lui dit, Bobonne, vas-y, fais-toi plaisir, pour une fois,
tu peux : offre-toi un poulet Schmilbluc. C’est un peu plus cher (si peu)
mais tu le mérites. Je dirais même, tu le vaux bien.