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Les yeux cernés



D'après les statistiques, plus on passe de temps devant la télévision, plus on s'approche vite de la mort.
Temps perdu à jamais retrouvé, même pas à l'ombre des jeunes filles en fleurs... mais à l'ombre des écrans divers (téléviseur, ordinateur, smartphone)... le teint se fane et les yeux se cernent et on oublie même quand on a 17 ans de ne pas être sérieux...
Les yeux cernés de cercles opaques, anaphrodisiaques, occultent la pensée.
Les yeux cernés ont la malchance de ceux qui dansent dans l'oublié.
Les yeux cernés ne peuvent pas voir la transe de la beauté.
Les yeux cernés ont oublié de voir la vie du bon côté. Les yeux cernés sont la sentence d'une conscience inhabitée.
Les yeux cernés croient pourtant voir le faux miroir de la pensée. Ils vont sans espoir dans les lavoirs du regretté.
Les yeux cernés sont sans le voir la marque tatouée du désespoir.
Les yeux cernés sont dans le noir,  les yeux fermés sont sans espoir.
Les yeux cernés sont aveuglés...

Conférence instantanée 18



Le despote
moderne n'est éclairé que par
des spots

Le corps des femmes après Berlusconi


Un documentaire de Lorella Zanardo, Marco Malfi Chindemi et Cesare Cantù

Ça n'est pas une majorité morale serrée du cul qui a dit "assez" à Berlusconi en lui infligeant sa plus humiliante déculottée électorale. Mais des spectateurs se frottant les yeux après des décennies de "pornocratie" triomphale. Même la ville d'Arcore, près de Milan, où Silvio Berlusconi possède la luxueuse villa de ses soirées "bunga bunga", est passée à l'opposition.
Voici un documentaire éclairant sur la manière dont l'Italie berlusconienne a traité le corps des femmes.
"Nous sommes partis d’un état d’urgence. La constatation que les femmes, les femmes vraies, sont en train de disparaître de la télévision et qu’elles ont été remplacées par une représentation grotesque, vulgaire et humiliante", racontent les réalisateurs de ce film disponible en sept langues sur leur site il corpos delle donne (le corps des femmes).
"La perte nous a semblé énorme : l’élimination de l’identité des femmes était en train de se produire sous les yeux de tous mais sans qu’il y ait une réaction appropriée, même de la part des femmes. A partir de cette constatation, l’idée a fait son chemin de sélectionner des images de la télévision qui auraient en commun l’utilisation manipulatoire du corps des femmes pour raconter ce qui est en train de se produire, non seulement à qui ne regarde jamais la télévision, mais aussi et surtout à qui la regarde mais « ne la voit pas  ». L’objectif est de nous interroger et d’interroger sur les raisons de cette disparition, un véritable « pogrom » duquel nous sommes tous les spectateurs silencieux. Le travail a donc donné une importance particulière à l’élimination des visages adultes de la télévision, au recours à la chirurgie esthétique pour éliminer le moindre signe du passage du temps et aux conséquences sociales de cette élimination."

Imad Farajine, Palestine TV


"Je ne tolérerai aucune violence armée, je suis un adepte de la négociation, la négociation et toujours la négociation. Et celui qui veut prendre les armes, on le descendra."
Ainsi parle Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne au 7e Congrès du Fatah à Béthléem. Ou plutôt non, ainsi parle Imad Farajine, qui joue le rôle de Mahmoud Abbas dans la série qu'il écrit et réalise : "Watan ala Watar" (Un pays sur la corde raide), série iconoclaste, satirique, qui ridiculise la violence, la corruption, et étrille sans distinction Israéliens et Palestiniens.
Pour écrire ses scénarii, Imad Farajine avoue qu'il écoute simplement les gens dans la rue, commerçants, chauffeurs de taxis, amis...
Brèves de conflit.
On le menace par-ci par-là, mais ceux qui rient grâce à lui le protègent. Difficile de censurer l'oxygène.

« Vous frappez les femmes qui ont déjà des durées de vie incomplètes »


Ségolène Royal, « A vous de juger » sur France 2, jeudi 9 septembre 2010

La dame du Poitou n’y va pas de main morte pour illustrer son propos sur la malfaisance, à l’égard des femmes, du projet de réforme gouvernemental reportant l’âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans. Au pied de la lettre ce n’est même plus  SOS-femmes battues, mais on achève bien les femmes foutues. C’était au cours de la seule grande émission de la télévision sur les retraites, dont François Fillon était la tête d’affiche et Ségolène Royal la « guest star. » Une prestation sans peur, saluée par la critique, mais pas sans reproches. Il est fréquent en politique que les mots se bousculent dans la bouche de l’orateur qui veut écraser l’interlocuteur de toute la force de ses convictions. Le risque est alors maximum, de lapsus ravageurs ou d’ellipses obscures. Chez Ségolène Royal on a bien sûr compris que le verbe « frapper » métaphorisait la brutalité de la réforme et que par « durées de vie » il fallait entendre « durées de cotisation ». D’autant que l’indignation féministe succédait à l’indignation sociale pour les ouvriers « frappés » également par les 62 ans. Mais, justement, si la réforme est globalement injuste, les femmes sont plutôt plus pénalisées encore par le passage de 65 à 67 ans du droit à la retraite à temps plein.  Précisément à cause des carrières « incomplètes ». L’intention était bonne, l’exécution malhabile, le ségolénisme reste un art à parfaire.
 

Télé-réalité



Aujourd’hui j’ai jugé un dîner auquel je n’étais pas invité. J’ai casté sans concession un môme sans tête, une unique mèche de cheveux lui barrant les yeux, vraisemblablement émasculé, en train de se dandiner sur ce qui est paraît-il de la musique. J’ai applaudi un tour de magie raté, faut encourager les bonnes volontés. J’ai été ému par un couple de jeunes mariés, la robe est offerte par la publicité. J’ai plaint un futur chef confondant à la découpe ses doigts et une carotte. J’ai récuré un appartement ressemblant à un centre d’élevage pour acariens et autres champignons non identifiés. J’ai entendu une mère pleurer en parlant de son fils drogué, et pleurer parce qu’il se désintoxiquait. J’ai vu des couples se former, assis sur un tracteur sous le regard enjoué des vaches et des moutons qui les entourent. Les vaches se nourrissent au bonheur. J’ai entendu des voisins se déchirer pour une conduite d’eau bouchée. J’ai soutenu un étudiant dans sa recherche de studio. J’ai vendu un appartement après l’avoir entièrement refait. J’ai déplacé une cuisine, fait de l’enduit, marouflé des dizaines de rouleaux de papier.  J’ai vidé un grenier et mis aux enchères des casseroles en cuivre – ou presque. J’ai été obèse. J’en ai profité pour me faire opérer. J’ai testé de nouvelles prothèses et analysé les conséquences d’une liposuccion. J’ai fait une enquête exclusive sans qu’elle soit capitale. Rien n’est interdit quand on zone. Aujourd’hui j’ai regardé M6. Demain je me repose.
Prune Victor
Internaute




 
 

Silvio B : le procès en direct télévisé


Il est devant vous… messieurs dames, vous lui faites face, enfin ! Nous vous avons conviés ce soir pour juger cet homme, regardez-le bien ! Nous le soumettrons à une série de questions… à la suite desquelles vous serez confrontés à deux choix… deux choix simples que vous allez exprimer via votre télécommande ! Alors, êtes-vous prêts ? Le destin de cet homme est en jeu ! En appuyant sur la touche 1 de votre télécommande, l’accusé sera dépossédé de tous ses biens mais il sera absout, il ne perdra donc pas sa liberté mais redeviendra un homme comme tout le monde... Vous avez bien entendu ? Dans son ambition généreuse, la Révolution décidera ainsi de garder la liberté à celui qui a fait le possible pour vous en priver… mais si vous choisissez la touche 2, sa villa d’Arcoeur deviendra sa prison, ici nous l’enfermerons à perpétuité, des caméras seront installées partout occupant le moindre recoin de la maison… l’inculpé sera ainsi filmé 24h sur 24h sans censure… Il sera livré à lui même… et il n’y aura ni conseillers en communication, ni psychologues, ni scénaristes pour l’aider… tout le monde pourra l’observer, l’épier, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit… une détention-émission que nous appellerons Il était notre Conducator !… et maintenant je demande au président du Ministère Public de lire l’acte d’accusation…
Andrea Marcelli
Internaute




 

Eteinte


Elle s’est éteinte cette nuit, envolée au paradis. Sa disparition soudaine, inéluctable pour son âge, nous a brutalement plongés dans le vide et le chagrin, surtout les enfants. Même le chien ce matin affichait un petit air sentencieux.  
D’après le médecin, son décès est le fruit d’un processus endogène tout à fait naturel. Il n’y avait rien à faire.  
Ces derniers temps, son état d’aphasie de plus en plus préoccupant, prémices avant-coureur d’une vie qui s’achève, nous avait préparé à la terrible nouvelle. Mais tant qu’une étincelle de vie continue d’éclairer nos cœurs alors même la raison reste aveugle et sourde face à toute idée de disparition.  
Quelle personnalité et quelle vie tout de même ! Tout le monde lui était attaché, pas un repas, pas une soirée ne se déroulait sans sa compagnie. S’il m’arrivait parfois et souvent même de  morigéner à son encontre, jamais je ne me sentais capable de la quitter.  
Malgré ses démences, son langage parfois outrancier et cette manière terrible qu’elle avait de tout le temps radoter, elle va, c’est sûr, terriblement nous manquer. Dans le codicille de ses pensées, je me suis tout de même permis de récupérer les piles de sa télécommande.  
Bref, notre télé est morte un dimanche matin et on est bon pour en changer.

Platon & Hannah Arendt


discutent de choses importantes

Gloussaire : "lassitude"


Lassitude : état psychologique de celui qui commence à en avoir marre de jouer les chiens fidèles a la télévision.  "Ca fait trop longtemps qu'on me traite comme un chien. La lassitude me guette" (Rintintin)
"Avec la lassitude que je ressens, signer pour un nouvel album, c'est tintin !" (Milou)

Plus belle la vie vs the walking dead


Plan 1, scène 1 :

Le bouliste local
a la prestance
d'une autruche
qui aurait bu
trop de sang

Antoine nettoie la terrasse
du café du mistral
Il doit enlever
avant l'heure de la finale
tous les petits bouts
de cervelle
collés
sous les tables
comme de vieux chewing-gums

Chansonnette des parents



les enfants

par hasard par derrière par devant

à tort à travers ou simplement 

en deux temps trois mouvements 

l’un dans l’autre et réciproquement


les enfants 

faits sous les ponts un soir de printemps 

sur les toits le soir de la saint jean 

dans un lit entre des draps de soie 

ou dans la poussière d’un vieux divan


les enfants 

seul à deux en groupe ou en priant

faits par choix par erreur partouzant 

dans les trains dans les choux dans le vent

dans l’envie du moment


les enfants

faits en couleurs faits en noir et blanc 

les jours ouvrés le jour de l’an

qu’on les fasse à demi 

en partie à moitié finissant


les enfants

qu’on les fasse sur le pouce sur les dents

pour l’amour de l’art ou pour l’argent

par la peur de la nuit solitaire ou

la peur de l’horreur du néant


les enfants

qu’on les fasse pour passer le temps
debout couché assis ou devant

la télé les infos au resto dans la rue

ou parmi les passants 


les enfants

on les fait pour savoir quoi comment

faire de l’amour qu’on a au-dedans

tout au fond tout enfoui tout rentré 

dans le cœur dans le sang


les enfants

on les fait pour arrêter le temps

pour filer doux au vieillissement

pour finir tranquillou pieds devant

et quitter le monde ravi content


mais l’enfant

déjà né déjà là déjà grand   

déjà laid déjà trop de mouvements

trop de bruit trop de voix 

trop de cris trop d’odeurs et de vents


mon enfant

sur l’avenir mon investissement

dans ce machin sale et vacillant

déjà lent déjà loin déjà mou 

déjà si décevant


les enfants

on les faits pour savoir quoi comment

faire de tout l’amour qu’on a dedans

et voilà quand ils naissent qu’ils vous laissent

comme deux ronds de flan

Reconversion professionnelle


Récemment implanté dans le sud de la France, ce nouveau talent capillaire vous accueille du mardi au samedi sur rendez-vous et vous propose un large choix de coupes, brushings et balayages qui ravissent les chevelus de tout poil. Attention : il ne fait pas la couleur, pour cause d'allergie.

Sainte Rita, priez pour nous


Carte postale d'Italie
Rita Dalla Chiesa n'a pas vraiment le physique de son nom (Sainte-Rita est la patronne des désespérés et "la chiesa", en italien, c'est l'église). Car son physique est typiquement celui d'une présentatrice d'émission pour une chaîne berlusconienne. Il se trouve d'ailleurs que c'est son métier : elle anime le talk-show "Forum" tous les jours à l'heure du déjeuner sur Canale 5, média appartenant au Condottiere. Elle se dit ouvertement de droite mais jamais, évidemment, elle ne se prêterait au jeu propagandiste du président du Conseil. Pourtant, c'est elle qui a invité une habitante de L'Aquila, cité sinistrée, on s'en souvient, par un séisme il y a bientot deux ans. Sur le plateau de "Forum", Marina Villa a décrit son calvaire, ce terrible traumatisme qu'ont vécu comme elle les habitants de la ville, traumatisme heureusement apaisé par la rapide et efficace intervention de l'état, qui a relogé les sinistrés dans des logements neufs ou dans des hôtels à titre grâcieux. Deux ans après la catastrophe, la ville serait en voie de retrouver son visage radieux d'antans…
Oui, mais voilà… Si Marina Villa habite bien dans les Abruzzes, c'est à une heure de route de L'Aquila. En admettant qu'elle ait effectivement ressenti les secousses, elle n'a pu voir "les radiateurs voler" qu'à la télé, et peut-être bien sur une chaîne berlusconienne, qui sait? La mère de famille, dévoilée, a présenté des excuses aux victimes du tremblement de terre, expliquant qu'elle s'était grisée sous les projecteurs, avouant qu'elle a récité un texte mais niant avoir reçu la rémunération de 300 euros que les médias l'accusent d'avoir touchée… Sainte-Rita, patronne des (faux) désespérés a juré, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

"Vous m'emm... mènerez pas sur ce terrain"


Jean-Louis Borloo, Canal +, dimanche 1 er novembre 2010.
En fait de terrain, c’était du verglacé. Poussé dans ses derniers retranchements sur les vacheries proférées à son égard par le premier ministre en place, le ministre de l’Ecologie a failli verser dans le fossé. A la 36e minute de l’émission "Canal + dimanche", son quart de seconde d’hésitation entre la première et la deuxième syllabe du verbe emmener, lui aurait valu plus qu’un quart d’heure de célébrité s’il avait poursuivi sur ce qu’il avait manifestement en tête (et en bouche) à l’intention de la journaliste  : "Vous m’emmerdez avec vos questions." Des psycho-linguistes avanceront que le choc des syllabes et le poids des impensés sont facteurs de grands vertiges intérieurs. On l’avait déjà observé avec "inflation" et "fellation" (R. Dati) ou encore "ministre" et "premier ministre" (L. Chatel). Mais cela n’explique pas tout. Quand Hervé Morin déclare sur Beur-FM que « c’est difficile d’expliquer à des cons… à des.. hommes et des femmes… » la guerre en Afghanistan, c’est le sur-moi du ministre de la Défense qui a déserté. Jean-Louis Borloo, qui avait perdu des points en se conduisant en planqué durant la guerre du carburant, a donc failli voir sombrer dans le ridicule son ambition primo-ministérielle. Mais il aurait été dommage d’être prématurément privé d’un homme public dont le « calme » affiché est aussi trompeur. Ça bout du dessous chez Borloo, et cela devrait fuser, pour notre grand ravissement, s’il est encore plus sous pression à Matignon.

Libertude, égalitude, fraternitude


L'autre feuilleton de l'été - 10
En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.
mercredi 2 mai 2007— flashback
M. Sarkozy ouvre grand la bouche, devient tout rouge, son épaule se convulse, et il ne dit plus rien.
« Excusez-moi », sourit modestement la candidate. Et elle se rassoit, très calme. Il y a un silence. Patrick Poivre d’Arvor se racle la gorge.
« Mais ma-ma… bredouille le candidat. Mame Royal, je… Ne vous permets pas de me… Avec votre… Vous n’êtes ni ma mère, ni mon épou-pouse… Et ce tout de même pas parce que vous êtes… Blum.
— Monsieur Sarkozy, calmez vous tous les deux, vous et votre épaule… Parce que je suis une femme ? C’est cela qui vous dérange ?
— Ah mais, pas du tout ! Blum, Blum et Blum ! »
Debout sur le banc de touche, Claude Guéant, affolé, fait de grands signes à son champion, mais ce dernier ne le voit déjà plus. Transpirant à grosses gouttes, il se tourne vers Arlette Chabot, pour donner libre cours à son indignation.
« Non mais quand même, Arlette Chabot ! Vous avez vu ? Quand même ! En plein débat, là, devant des millions de Français, et cette bonne — Blum.
— Femme ? complète la candidate. Je voulais juste vous rendre service.
— Ça suffit, Mame Royal. Je crois que tout le monde s’en est aperçu, vous êtes totalement hystérique, j’incline à penser que c’est génétique, et quand on ne peut pas contrôler ses humeurs, eh bien, il y vraiment vraiment vraiment…
— … Vraiment de quoi s’inquiéter pour les décisions importantes que le po-poste…
— Mes humeurs, monsieur Sarkozy ?
— Vous m’avez bien comprise ! s’étrangle le candidat. Et les Français aussi !
— Et les Françaises, monsieur Sarkozy ? Je crois qu’elles aussi, elles vous ont bien comprise, comme vous dites. Vous me semblez avoir un problème avec le genre ; avec la climatisation aussi, car vous transpirez beaucoup. Vous ne voulez pas que…
— Laissez-moi tranquille, maintenant ! crie Nicolas Sarkozy. Ne m’approchez pas ! Et cessez de me regarder avec vos grands airs ! Pour être Président de la République, il ne faut pas regarder avec de grands airs. Vous ne m’êtes pas supérieure, Mame Royal : je vous rappelle que si je suis cocu, vous l’êtes aussi. »
Un silence de mort s’est fait sur le plateau. « C’est la seule fois de ma vie où j’ai vu Guaino pleurer, racontera Claude Guéant dans ses mémoires. Ça m’a fait un choc. »
Au bout d’un moment, Patrick Poivre d’Arvor intervient pour broder un peu sur le décompte du temps de parole, et proposer aux candidats de conclure. Le sort a désigné Mme Royal.
« Je veux m’adresser aux Françaises et aux Français qui nous regardent. Je veux d’abord m’excuser pour monsieur Sarkozy, qui a fait une grande campagne malgré des difficultés personnelles éprouvantes. Mais je veux surtout leur annoncer, la main sur le cœur et les yeux dans les yeux, une grande nouvelle : J’AI UN PROGRAMME ! »
« Ce fut le coup fatal, écrira Claude Guéant. On avait pensé à tout, sauf à ça. »
Nicolas Sarkozy tombe de sa chaise. Il ne pourra pas conclure, malgré l’intervention d’un médecin.
Dans les coulisses de l’émission, la dernière annonce de la candidate littéralement foudroyé l’équipe de l’UMP. Au Parti socialiste, c’est pire : certains ne recouvreront jamais l’usage de la parole.    
Le lendemain, dans les sondages, Nicolas Sarkozy a perdu 5 points, et 8 chez l’électorat féminin populaire…
  
La suite demain...
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