version mobile
ventscontraires.net
version mobile
 
impact
Règles du jeu
Actus contraires
Gens contraires
Galerie foutraque
Cadeaux Rond-Point
Je lance ma chronique
Chroniqueurs
Ils en parlent
Les vidéos
Les sons
Les vidéos
Les textes
Les vidéos
 Go 
Newsletter
 je m'inscris 
Dans quel état sommes-nous ?
(23 articles)
Tag recherché : USA
les derniers articles
1 à 20 / 23 articles
 
 
 
Golgota Picnic | Laure Albernhe | Christophe Alévêque | Kader Aoun | Alfredo Arias | Fernando Arrabal | Alexandre Astier | Jacques Attali | Au secours les mots | Florence Aubenas | Hélios Azoulay | Alexander Balanescu | Guy Bedos | Tahar Ben Jelloun | Enki Bilal | Romane Bohringer | Mathurin Bolze | Jacques Bonnaffé | Christophe Bourseiller | Xavier Boussiron | Zabou Breitman | Cabaret philosophique | Cabu | Cartes postales | Cartoonistes for peace | Charlie Hebdo | Eric Chevillard | Jean-Loup Chiflet | citations | Boris Cyrulnik | Marie Darrieussecq | Pippo Delbono | Manault Deva | Roland Dubillard | Etienne Dumont | Fabrice Eboué | Pierre Etaix | Michel Fau | David Foenkinos | Paul Fournel | Jean-Louis Fournier | Lewis Furey | Jacques Gamblin | Noël Godin | Jean-Marie Gourio | Le Grandiloquent Moustache Poésie Club | Jean-Claude Grumberg | Pierre Guillois | Peter Handke | Jean-Michel Helvig | Catherine Hiegel | Régis Jauffret | Yannick Jaulin | Denis Lavant | Alexis Macquart | Jean-Daniel Magnin | Sophie Marceau | Thierry Maugenest | Bernard Menez | Jacques Mérienne | Donatienne Michel-Dansac | Frédéric Mitterrand | Gérard Mordillat | Jean-Paul Muel | Christine Murillo | Thomas Ngijol | Marie Nimier | Stanislas Nordey | Pierre Notte | Michel Onfray | ORLAN | Martin Page | Stéphane Paoli | Fabienne Pascaud | Fred Pellerin | Christophe Pellet | Sophie Perez | Judith Perrignon | Tattoo & Piercing | Bernard Pivot | Plonk & Replonk | Eric Poindron | Jérôme Prieur | Gaspard Proust | Nata Rampazzo | Jean-Michel Ribes | Denis Robert | Patrick Robine | Michel Serres | Macha Séry | Sites recommandés | Pierrick Sorin | Sébastien Thiéry | Stéphane Trapier | Pierre Vial | Martin Winkler | Les Yes Men
| 2012 | Nicolas Sarkozy | USA | bande dessinée | bar | bricolage | carte postale | citation | corbeau | détournement | femme | film | golgota picnic | jean-marie gourio | jeu | liberté | mort | news | pauvre | philippe mouchès | philo | président | pub | religion | route | sexualité | vacances | économie | éducation

Mister President



Vol Paris Atlanta du 14 janvier. De loin, un vieil homme qui remonte l’allée en serrant quelques mains.  De près, c’est Jimmy Carter.  Il a manifestement décidé de serrer toutes les pognes de l’Airbus avant le décollage. Devant lui,  le body guard,  avec un fil qui tournicote derrière l’oreille.  Derrière,  la collaboratrice prête à prendre note.  S’il n’a plus droit à Air Force One,  il n’a pas tout perdu de la panoplie du puissant. Mon voisin français ne le reconnaît pas,  mais sort l’appareil photo.  De jeunes américaines  de retour d’un voyage scolaire, gloussent des « Jimmy » très hauts perchés.   Elles n'étaient même pas nées quand il officiait à la Maison Blanche,  mais nom et fonction ont circulé très vite,  nimbés de paillettes américaines et donc quasi hollywoodiennes.  Tous les rangs ont défait leurs ceintures de sécurité et dégainé le numérique.  Mon voisin toujours : « C’est pas un ancien président français qui ferait ça. Ils sont trop hautains chez nous ».   Il a la naïveté de croire que le 39ème président des Etats Unis tient à le saluer.  Quand il arrive à notre hauteur,  sa poignée de main est mécanique, son sourire aussi,  et son regard semble ne pas nous voir,  tourné vers un passé lointain. Jimmy Carter,  juste avant de décoller,  fait campagne contre l’oubli.   

Les Yes Men


sur ventscontraires.net
Andy Bichlbaum et Mike Bonanno, interrogés par ventscontraires.net, nous livrent leur conception du rire de résistance.
Héros du Net, activistes altermondialistes héritiers des situationnistes ou de Fluxus, les Yes Men ont porté la pratique du canular politique à son apogée en se faisant passer pour des représentants des multinationales, de l'OMC, cible privilégiée de leurs provocations hirsutes.
"Le rire de résistance est notre outil de prédilection pour des raisons pratiques. Notre but est de créer des événements – ou des situations – qui agissent comme vecteurs capables de véhiculer au plus grand nombre possible de gens des messages importants à nos yeux. Nous les faisons d’habitude en collaborant avec – ou, pour les esprits romantiques, en piratant – les médias dominants. Vu le fonctionnement de ces médias, il ne suffit pas qu’un événement soit important pour qu’il soit couvert. Il lui faut au moins « être officiellement » important (une déclaration présidentielle), ou violent ou drôle. Nous nous en tenons à cette dernière option. Notre plus grand succès avec cette technique eut lieu en 2004. Les médias américains (et français) auraient bien volontiers ignoré le vingtième anniversaire de la plus grande catastrophe industrielle de l’Histoire – la catastrophe de Bophal – même si la date suivait de près un événement d’importance : l’achat d’Union Carbide par le groupe Dow Chemical. Cette coïncidence avait redonné espoir aux militants de cette cause. Quand nous avons été alertés par leurs soins, nous avons utilisé l’humour afin de propager la nouvelle auprès des médias – avec pour résultats plus de 900 articles dans les médias américains…"

The Yes Men

T'auras du boudin


Carte postale de Louisiane
… Alors forcément on s’arrête. Il est 9 heures 30 du matin, y a déjà du monde garé sur le bord de la US 190 à l’entrée de Eunice, et la musique va bon train à l’intérieur. Chez Marc et Ann, un magasin plein d’accordéons et de guitares en semaine, c’est comme ça tous les samedis matins : on arrive avec son instrument, ou alors sans rien, dans ce cas on s’asseoit, on écoute ou on danse, tandis qu’une quinzaine de musiciens, grosse majorité d’anciens, plus quelques enfants, jouent  les airs cajun. Derrière le comptoir pour le petit déjeuner, y a du boudin (saucisse fourrée au riz) plus ou moins épicé et aussi du café à volonté. 
-Combien je vous dois ? 
-Rien du tout,  mais c’est gentil de demander.
Savent-ils que Wall Street dévisse ? La porte semble étanche au reste du monde. Elle s’ouvre pourtant souvent. Encore un senior armé d’un violon.  Charles, 74 ans, est venu avec son triangle, il a aussi une carte de vétéran de l’armée américaine dans son portefeuille, un petit rectangle blanc dont les dates laissent entendre qu’il a connu le pire. Laisse les bons temps rouler,  comme ils disent. Les vieux parlent encore un peu ce français là,  les jeunes le chantent sans le comprendre.  
Attendre, chez eux, ça se dit espérer.
 

#1 - Great Balls of Fire - Jerry Lee Lewis


Seoul Juke Box


Jerry Lee Lewis a dix ans cet été 1945, lorsque deux colonels du Pentagone se penchent sur une carte scolaire.  Au hasard ils tâtonnent puis choisissent le 38ème parallèle pour partager en deux la péninsule coréenne occupée par les Japonais défaits. Les Russes délivreront le nord, les Américains le sud.  Sans se soucier des voies de communications, des évidences topographiques, des liens familiaux, de voisinage et de propriété, le trait est tiré, la messe est dite. Ainsi est tracée la frontière, le bord du gouffre qui va engloutir des millions de victimes quelques années plus tard. 
Des années 50, où le rock’n roll vient résonner au fond des bases américaines, jusqu’à nos jours où les croix en néons rouges des églises protestantes évangélistes envahissent le ciel de Séoul, le sud de la Corée est pareil au sud des Etats-Unis. Le fleuve Han coule ample et obscur comme le Mississipi, la campagne sent le bayou, les fidèles sont en transe lors des offices gospels et le son électrique de la musique du diable agite le plexus d’une jeunesse sexy qui boit jusqu’à l’aube pour oublier qu’à soixante kilomètres au nord de la ville sont dressées contre eux des centaines d’ogives nucléaires prêtes pour un Great Balls of Fire. 
(Another Barbarian in Asia - Henry Halfwarm)
DJ Kay Pop
Internaute




 

Les Yippies


Les cracks méconnus du rire de résistance
On n’en entend plus guère parler. Et pourtant, flottant dans leurs pantalons « groovy » découpés dans des drapeaux américains chapardés, les yippies personnifièrent youpitamment, à la puissance mille, tout ce qu’il y eut de plus déraisonnablement libérateur et de plus burlesquement transgressif dans les années 68. En lançant à la mer la bouteille de tequila de « la révolution dans le plaisir sans entraves », le maxbrotheresque yip (Youth International Party) parvint à « foutre une belle merde » dans les rangs des piliers de l’establishment US comme dans ceux des contestataires psycho-rigides rêvant de substituer à l’oppression capitaliste un despotisme bureaucratique éclairé.

C’est ainsi que, ne doutant de rien, les guérilleros loufoques yippies, galvanisés par leurs fuck-leaders Abbie Hoffman et Jerry Rubin, préconisèrent et pratiquèrent dans les seventies le sabotage branquignolesque des cérémonies lugubres, le déboussolage des horloges publiques, l’invasion malotrue des plateaux télé en direct life, la diffusion à grande échelle de vrais secrets d’État ou de fausses directives officielles, le déclenchement incongru des dispositifs d’alarme, l’attentat pâtissier à répétition, l’impression de faux diplômes, le coulage à pic bouffon des meetings électoraux, la mise en panique des Bourses à l’aide de fumigènes et d’avalanches de dollars, le travestissement gredin (« Prends l’habit de juges, de pasteurs, de flics, deviens un imposteur ! »), le cisaillage-surprise des cravates dans les endroits huppés ou la propagation de beaux appels au désordre : « La révolution, c’est abolir les programmes et changer les spectateurs en acteurs. »

On se doute que quelques faits d’armes tirebouchonnants des turlupins yippies sont passé à l’Histoire.

- En 1967, au grand gala des sénateurs libéraux, des galapiats yip yip s’étant fait engager pour renforcer le personnel de la réception entrent dans la salle du festin entièrement nus et servent aux sénateurs en lieu et place des quartiers de tartes aux pommes prévus… des têtes de cochons.
- En 1968, des manifestants contre la guerre du Vietnam, chargés rudement par la flicaille et gazés, réussissent 24h plus tard à injecter les gaz lacrymogènes de la répression de la veille dans le système d’aération du Hilton.
- En 1970, à différentes reprises, des adeptes du « Do what that wilt ! » camouflent leurs tires en taxis et viennent cueillir à la sortie de leurs hôtels des délégués de congrès de big boss pour « les débarquer de l’autre côté de la frontière de l’État ».
- En 1971, le procès du « troublemaker » Abbie Hoffman, auteur du légendaire « Steal this book », est épique. « Quand nous sommes arrivés devant la Cour, le juge portait sa robe de juge, mais nous portions nous aussi des robes de juge. Nous nous sommes levés et lui avons dit : « Vous êtes tout seul, on est plusieurs, vous êtes coupable ! » (…) Nous avons fait de chaque audience un théâtre, un cirque, une école et le champ de bataille d’une lutte à mort. » Un soir, après des débats mouvementés, Abbie Hoffman, sur son 31, flanqué de son pote l’écrivain-cinéaste Norman Mailer et d’une poignée de comparses, vêtus aussi chiquement qu’eux, a surgi dans le club ultra sélect où son juge avait l’habitude de dîner et s’est installé avec sa bande à la table à côté de lui. « On lui a offert un verre. Le juge a demandé au garçon de transporter sa table à l’autre bout de la salle. Nous l’avons poursuivi avec la nôtre. »

Et si, comme les tueurs à gags yip yip, nous prenions le pli de « recréer la réalité partout où nous allons en vivant nos désirs » frappadinguement ? Et si, à notre tour, nous devenions d’incontrôlables yippies en faisant voir de toutes les couleurs aux père la trique de toute farine ?

Illustration : Abbie Hoffman

Haïku de comptoir 40


(L'été au comptoir)

I have a dream
I dream I have
I have
 
 
 

L'enfer est pavé de bonnes intentions


Econotrucs #3

Si nos économies ont aujourd’hui le couteau sous la gorge et menacent de s’effondrer sous des monceaux de dettes, c’est parce que nous l’avons bien voulu : à l'heure où nous cherchons des solutions à la crise actuelle, il est bon de se rappeler que c’est presque toujours en tentant de résoudre la dernière crise que nous préparons les conditions de la prochaine. Cette finance « folle » que l’on dénonce aujourd’hui est le fruit de décisions politiques engagées par des gens rationnels qui pensaient œuvrer pour le bien public. C’est peut-être ça le plus effrayant.   A la fin des années soixante-dix, le modèle né au sortir de la seconde guerre mondiale était devenu inadapté : après deux chocs pétroliers, des crises monétaires à répétitions, les pays occidentaux connaissent des périodes d’hyper-inflation, une baisse de la croissance, une hausse du chômage : le système de Bretton Woods s’effondre. C’est la fin des trente glorieuses et des modèles d’inspiration keynesienne. Pour sortir de cette impasse, les administrations Reagan puis Thatcher décident de « libérer l’économie » autrement dit de la libéraliser : la finance va jouer un grand rôle. C’est la rémunération de l’épargne et des dépôts qui est libéralisée aux États-Unis. C’est le big bang financier de la place de Londres : les investisseurs étrangers se ruent sur la capitale anglaise, qui rattrape en quelques années sa rivale New-York. Les puissances pétrolières enrichies par les chocs pétroliers ont quantité de pétrodollars à placer, et les marchés financiers vont remplir ce rôle.   Ces choix ne sont pas seulement idéologiques : en France, les socialistes suivent rapidement le mouvement . Les entreprises qui peinaient à trouver des financements (même lorsqu’elles étaient privées, elles étaient très largement dépendantes des financements et des banques publiques) et les marchés financiers internationaux vont leur offrir de nouvelles capacités d’investissement, d’innovation et donc de croissance. Le Matif (marché à terme des instruments financiers) est, par exemple, créé à Paris en février 1986. La démographie amplifie le mouvement  : les futurs retraités confient leur épargne à des investisseurs de long terme, le capitalisme devient essentiellement actionnarial.   Dans les années 90, les produits dérivés se développent, de nouveaux marchés apparaissent, la finance s’internationalise. Les petites institutions financières privées se multiplient (Cf econotrucs #1). La sphère financière explose. Pour suivre ce mouvement et soutenir un système bancaire en difficulté, les États-Unis ont progressivement démantelé toutes les réglementations inventées au sortir de la crise de 1929, jusqu’à supprimer en 1999 le fameux Glass Steagall act qui séparait les différentes activités bancaires et qui n'était déjà plus que l'ombre de lui-même. C’est cette finance qui permettait - entre autres - aux États-Unis de retrouver une croissance grâce aux investissements dans ce qu’on appelait la « nouvelle économie ». L’explosion de la bulle de l’internet était rapidement rangée au rang de « crise de jeunesse », et de nouvelles formes de financement apparaissaient avec l’explosion de la titrisation, opération quasi magique qui permettait à la fois à David Bowie de toucher de l’argent sur de futurs droits d’auteur, et à de modestes familles américaines de devenir propriétaires de leur logement.   L’endettement des pays occidentaux grimpait, mais des épargnants chinois étaient prêts à acheter cette dette. La moitié du monde semblait vouloir investir dans l’autre moitié, et on se mettait à parler d’un “Bretton Woods 2” , un nouvel équilibre mondial.   Cette explosion financière aurait du faire l’objet d’une surveillance accrue des marchés et des institutions financières. C’est exactement le contraire qui s’est produit. La finance était une industrie innovante, et on pouvait raisonnablement affirmer qu’à vouloir trop corseter une innovation, on risquait de la tuer dans l’œuf.   En réalité rien n’était bien nouveau dans toutes ces innovations financières, et contrairement à ce qu’on bien voulu nous faire croire nos dirigeants politiques obligés de jouer aujourd’hui les pompiers avec l’argent public, la crise ne nous a pas pris "par surprise" . Si personne n’avait prévu exactement son déroulement, ses enchaînements, et son ampleur, les signaux d’alertes étaient innombrables, les risques que cette finance hypertrophiée faisait courir à nos économies étaient largement connus, et avaient été expliqués par de nombreux économistes. Et comme je sais que vous ne me croyez pas, je reviendrai bientôt là-dessus.
Pierre-Antoine Durand
Internaute




 

Noam Chomsky soutient "Occupy Wallstreet"


Sit-in devant la Bourse 15

J'allais prendre un avion pour New York car je voulais me joindre au sit-in qui a commencé depuis deux semaines devant la bourse. Mais quand j'ai vu le prix du billet, je me suis dit que la meilleure façon de le faire, c'était d'aller m'asseoir devant la Bourse de Paris. Comme dit la vieille dame dans cette vidéo qui retrace les événement de la journée du 28 septembre, nous sommes à présent tous connectés. Connectés au même problème.
Si vous voulez suivre en direct ce qui se passe dans le quartier de Wall Street, voici un lien qui vous donne les nouvelles jour après jour : occupywallst.org
C'est là que j'ai vu que Michael Moore est venu apporter son soutien. C'est là que j'ai lu ce message de Noam Chomsky adressé aux manifestants rassemblés devant la bourse :

 "Quiconque a les yeux ouverts sait que le gangstérisme de Wall Street – les institutions financiaires en général – a causé de sévères dommages au peuple des Etats Unis (et du monde). Et devrait aussi savoir que cela a été perpétré avec une force croissante depuis plus de 30 ans, au fur et à mesure que leur pouvoir croissant sur l'économie se radicalisait, ainsi que sur la politique. Cela a mis en branle un cercle vicieux qui a concentré une richesse immense – et avec elle la puissance politique – sur un infime secteur de la population, une fraction de 1%. Alors que le reste aborde inexorablement ce qu'on appelle parfois le "précariat" – l'aspiration à survivre malgré une vie précaire. Ils mènent ces activités repoussantes avec une impunité à peu près complète – car ils ne sont pas seulement "too big to fail" (trop gros pour échouer), mais aussi "too big to jail" (trop gros pour aller au clou).
Puissent les manifestations courageuses et dignes qui ont lieu à Wall Street mettre cette calamité en pleine lumière, et nous conduire à redoubler d'efforts pour la vaincre et diriger la société vers une direction plus saine.
"
> épisode suivant

> premier épisode



Coup de froid dans la cuisine


La note du réfrigérateur dégradée de A+++ à A++

Wikileaks, les câbles que la presse vous cache


Ambassade US de Tbilissi, Georgie, 9 novembre 2005 - S (secret)
"Une stagiaire des services consulaires a fait hier la remarque qu'il y avait de plus en plus de chats qui rôdaient rue Balanchine, autour de l'ambassade. Personne n'y avait prêté attention jusque là. Après enquête, il s'est avéré qu'une des femmes de cuisine, une Georgienne employée par l'ambassade, leur déposait des restes dans une arrière cour. Cette femme répondant au nom de XXXXX XXXXXXXXX est originaire d'un village ossète à la frontière russe. Immédiatement il a été demandé (A) aux employés de sécurité de capturer tous les chats errants autour du bâtiment, (B) au labo de les soumettre à un examen rayon X – un spécimen était porteur d'une puce électronique, (C) au médecin de l'ambassade de le chloroformer – la puce lui a été retirée => un transpondeur contenant le message suivant : Prénom : Titi / Nom : Dufaut / adresse : 12 rue de Pétion 75011 Paris / Date de naissance : 04.08.2001 / race : x / n° ident. 250 269 201 040 029.
Q 1 : que fait ce chat français à Tbilissi ? Q 2 : la puce est-elle standard ou cache-t-elle une information sensible ? Q 3 : accord transmission de ces informations au Pentagone F32R pour analyse ?"

Jack Black, clochard céleste


Portrait 6
Jack Black est né on ne sait trop quand  
Jack Black a tout appris dans les pénitenciers
C’est là qu’il a appris la violence dés l’âge de quinze ans
C’est là qu’il est entré dans la grande Confrérie des Hobos, La Famille Johnson
C’est là qu’il a appris la langue de la route et celle des hand-out
C’est là qu’il a appris à percer les coffres et à cambrioler les honnêtes gens
C’est là qu’il est devenu fumeur d’opium et c’est là qu’il a décroché de l’opium
Il a vu les carrières de pierre de Folsom, les gens à bout, la misère et l’alcool
La moitié d’une vie sur les chemins et l’autre dans une cellule
Il a bien failli devenir ce que la prison faisait des hommes, une bête ou un bout de viande
jusqu’à ce qu’un juge clément lui donne une chance
Alors il a échangé son six coups contre un stylo. Il a appris le droit puis le journalisme. Il a écrit des petits articles et des grands livres pour défendre les hommes.
Il est mort vers 1932 noyé dans le port de New York pour une montre à gousset

 
 

Joe Gould, le Clochard Céleste


Portraits 2
Joe Gould trainait sur Bedford Street.
Il était le roi
des clochards célestes de Greenwich Village.
Duchamp lui mangeait dans la main.
Il avait fait Harvard et buvait plus que quatre.
Inventa "le fonds de soutien à Joe Gould".
Ne se nourrissait que de ketchup.
A traduit un nombre considérable de poèmes
en langage de mouette
et prévoyait d'écrire
L'Intégrale de l'Histoire Orale Américaine.
Il est mort comme une merde.

# 4 - Yesterday - Kay Pop remix - The Beatles - Count Basie VS Booka Shade


Seoul Juke Box



Yesterday, sort en 1965 sur l’album « Help » des Beatles et va devenir la chanson la plus reprise avec plus de 3000 versions et la plus diffusée par les radios du monde. Cet été 1965, le monde est une promesse d’avenir radieux, de jeunes étudiants amoureux se baignent dans le fleuve Han et prennent le soleil en écoutant Yesterday sur un transistor ramené des USA par les GI’s de la base. Cette même année, 3 ans avant 1968, le sociologue américain Seymour Lipset publie une thèse expliquant que la situation dans laquelle se trouvent les étudiants serait  propice à la contestation et à un changement de monde. Au même moment Che Guevara se rend en Corée du Nord et, faisant peu cas de la famine et la torture, déclare que « ce pays est un modèle révolutionnaire auquel Cuba devrait aspirer ». Séoul est à peine plus grand que Bordeaux, la partie sud du fleuve est une campagne marécageuse infestée de moustiques et personne ici ne boit du vin. Et les Beatles chantaient, un truc qui colle encore au cœur, au corps et au slip  :
Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loin
Aujourd'hui, on dirait qu'ils sont là dans le but de rester
Oh, je crois en hier
Soudainement, je ne suis pas la moitié de l'homme que j'étais
Il y a une ombre suspendue au-dessus de moi
Oh, hier est venu soudainement
Aujourd’hui on ne se baigne plus dans les eaux sombres et lourdes du fleuve Han. Seul le monstre de « The Host » y montre le bout de sa queue. La base et les Gi’s sont toujours là après le Vietnam, l’Irak, L’Afghanistan. Des millions de Nord Coréens souffrent encore de la torture et de la famine. Les jeunes étudiants manifestent contre le prix des inscriptions à l’université mais ne veulent surtout pas changer le monde. Des milliers de jeunes nantis branchés sud coréens portent des T shirt  avec le visage du Che et surconsomment leur vie en plastoc tandis que leurs pères se rejoignent au Cigar Club pour fumer de gros cubains. Les quartiers ultra modernes du sud du fleuve Han sont dix fois plus grands que Bordeaux. Les moustiques prennent l’ascenseur et se hissent jusqu’au 63ème étage de la tour et viennent sucer le sang sucré de l’élite qui déguste des grands crus de 1965 et réclame au dee-jay Kay d’Orsay dans une nostalgie chic et vintage de jouer le dernier remix de Yesterday, 3001ème version d’un 21ème siècle radieux actif.   
(Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

SpailleD'Or-Man


Les super-héros méconnus

Sur une idée originale de Séverine Bavon

Y a quelqu'un???


Carte postale de Détroit
Il est presque midi à Détroit. Michigan. Centre ville. 5 août. Faut pas croire que le périmètre est bouclé. C’est comme ça tous les jours. Y a personne. Ou presque. La ville est debout mais vide. Available est écrit en lettres noires sur fond jaune sur les buildings. Ça veut dire disponible. Détroit attend.
Elle soigne ses pelouses en centre ville mais ne se résout pas à abattre tout autour les squelettes d’usines vides depuis quarante ans. Ici fut inventé le travail à la chaîne, l’homme-machine soudé à l’usine douze heures par jour. Ici Ford, General Motors  et Chrysler ont dicté la taille du capot et des routes. Ici fut calibré le rêve américain. Il a tourné au cauchemar post-industriel et trop de ruines font ressembler le déclin à une tempête. Mais Détroit attend.
A-t-elle seulement compris ce qui lui est arrivé ? Ceux qui sont restés font des gestes circulaires devant leur maison qui s’effritent en disant : C’était un quartier agréable ici. Les églises font la file indienne au bord des grandes avenues. Et deux vastes casinos scintillent le soir. Clochers et machines à sous semblent demander la même chose : est-ce que le sauveur existe ? Est-ce qu'il a du cash ?
 

Cette année-là



Les cons fleurissaient et la pluie tombait sans arrêt. Un abruti avait scié les pentes de l’Himalaya et ça dégringolait profond dans les ravins. Des moines, et puis encore des moines. Des milliers d’étoiles étaient tombées du ciel. Jolies comme tout. Au début, au début, certes. Puis à la fin, rien que des flaques rouges. Rien que des corps éraflés. Profonds. Pas un pour rattraper l’autre. Cette année là, Megatron, dans sa quête éperdue du Cube, s’était posté aux portes de l’Iran et la Corée du Nord jouait dangereusement à la pétanque. La Russie se fossilisait. Cette année-là, une pomme, pas plus haute que trois pommes, avait dévalé l’enfer, nous laissant sans nouvelles depuis. Ou d’E.T.  Va savoir ? Martine, descendante du bon roi Dagobert et cousine de Radisson, avait découpé sa petite culotte de façon à se faire prendre par derrière quand ça lui chantait. Et ça lui chantait souvent. Cette année-là, le gouvernement chinois n’était ni pire ni meilleur que les autres années. Cette année-là, les Français étaient allés aux urnes et les cons fleurissaient. La pluie tombait sans arrêt. Un abruti avait coulé le Titanic. Cette année-là, mon amour et moi buvions de la bière blanche  Et la pêche était interdite.
Sebastien Ayreault
Internaute




 
 
les derniers articles : 1 à 20 / 23 articles
 Les règles du jeu   Actus contraires   Gens contraires   Galerie foutraque   Cadeaux Rond-Point   Je lance ma chronique   Chroniqueurs   Ils en parlent 
 Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes   Nous contacter   Accès chroniqueur
 Site administré par
© 2010 - CC.Communication 
  CC.Communication, création de sites web et édition de logiciels en ligne