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La bonne éducation


"- Tu vois ma chérie, malgré ces millions de morts, je commence à penser que cette catastrophe nucléaire a été une grande chance pour nous quatre. - En effet, je suis bien d'accord avec toi mon amour. Et vous aussi les enfants, n'est-ce pas ? - Oh oui alors ! C'est trop bien maintenant avec ces millions de gens qui nous embêtent plus ! - Ouaip. Surtout qu'il y avait beaucoup de cons parmi eux. - Jean-Pierre, enfin ! On ne dit pas de gros mots comme ça, c'est malpoli !"

Fukushima, mon amour


Sarkozy se fait des films

Sylvestre


Sylvestre

Preum's



« Plus primesautier, la prochaine fois », m'a dit, péremptoire, mon mystérieux interlocuteur chez VentsContraires. « Quoi, ma prime va sauter ? »*, m'enquis-je, avant de me ressaisir. Primesautier, donc, qui ne signifie pas « qui gazouille dans les champs de primevère tel le chevreuil sautillant », comme trop de gens le croient encore aujourd'hui, mais vif, spontané, boulevardier (j'ai ouvert un dictionnaire des synonymes)(je sais bien que j'ai ainsi annihilé toute chance de primesautage, mais soyez gentils, faites semblant de ne rien avoir vu, regardez ailleurs, oh ! un chevreuil, n'est-il pas primesautier?). Or, ce n'est pas un problème pour moi : quand il s'agit de gagner les croquettes de mon chat, j'exerce la noble profession de journaliste, c'est dire si j'ai l'habitude d'écrire de manière vive, spontanée voire boulevardière. Alors que le patron du FMI tourne souvent sept fois sa langue dans sa bouche avant d'agir, nous autres scribouillards avons, hélas !, parfois tendance à oublier de tourner sept fois nos doigts dans le clavier avant de nous exclamer, par exemple, « C'est historique, plus rien ne sera jamais comme avant » à toutes les sauces, accident nucléaire, révolution nord-africaine, victoire d'Amiens contre Gueugnon. Alors oui, plus primesautier, je veux bien, mais ne vous attendez pas à une chute. Ce sont les aléas du direct.  
* J'ai volé ce désopilant calembour.

Chronique Rurale


Neuvième jour : tristesse, et le naufrage de l'enfance

> Premier épisode                  
  Aujourd’hui je suis un petit peu triste. Je vais vous expliquer pourquoi. J’ai lu quelque part, dans un bouquin ramassé parmi les décombres d’une bibliothèque abandonnée, que Dieu pouvait parfois nous apparaître sous la forme d’un chat, notamment chez les Egyptiens – mais c’est finalement assez rare -, ou bien alors d’un enfant, chez les Chrétiens en particulier. Encore quelque chose que je ne savais pas. Après réflexion, il m’apparaît cependant que l’enfance, qui est un absolu naufrage – on pourrait même dire un carnage - ne porte pas par  elle-même la sereine plénitude qu’on serait en droit d’attendre d’un Dieu. A sa sortie, vers 10 ou 12 ans, il ne reste plus grand chose de cette pureté légendaire avec laquelle on serait soit- disant venu au monde. On est tout souillé des dégueulasseries de nos parents, des coups tordus de son père et des couteaux dans le dos de sa mère. Le problème est précisément que nos parents ont aussi eu à subir tout ça. C’est donc une sorte de malédiction. Tout à l’heure, comme je cheminais sur le bord de la D536, et pour être parfaitement exact, à l’endroit où elle croise la D650, je suis malencontreusement tombé sur un enfant qui pleurait en sautillant doucement d’un pointillé à l’autre, ses petites mains dans ses poches, son petit nez tout crotté de croûtes radioactives et par le rhume des foins. Dans ma mansuétude, je me suis approché de lui, et me suis livré a un gentil interrogatoire : j’appris qu’il s’était enfui du village vacances de la CAF de Blainville-Sur-Mer. Depuis l’accident, le village a été réquisitionné par l’armée et transformé en camp de réfugiés pour les orphelins de la catastrophe. Le gamin portait autour de son cou un sac en tissu qui mentionnait «faites un geste pour la planète avec les sacs éco-malins». Dans le sac, emberlificotée comme une vieille pelote, le gosse avait enfoui une boule de cheveux roux à l’odeur à peu près insoutenable. Je sais que personne ne voudra me croire, mais la boule rassemblait les cheveux de sa mère que lui avait confiés l’employé des pompes funèbres juste après la crémation. Un peu comme une sorte de doudou, si vous voulez. Je vous raconte ça histoire de confirmer que le nucléaire, ça fait pas que rigoler, ça peut aussi faire pleurer. Bon, je reprends le fil de ma pensée : je vois ce petit enfant, là, tout perdu sur le bord de la route et les yeux dans le vide, et je pense que le mien - celui qui grandit, là, dans ma sorte d’utérus hermaphrodite - je ne me verrais pas l’abandonner. Je ne me verrais pas le laisser même une seule minute sur le bord de n’importe quelle route, ou de quoi que ce soit qui ait un bord. Je l’aimerai comme un sparadrap. Et au moment où je dis ça, cette idiotie du sparadrap, je comprends que je l’aimerai trop, que je finirai même par l’étouffer, par l’étouffer dans un sac en plastique, pas « écolo machin » du tout cette fois. Par le mettre au congélateur pour le regarder dormir en me mordant les poings avec des remords jusqu’à la fin de ma putain de vie. Et que l’enfance c’est de toute façon le début de la mort et que tes parents ne font rien que t’apprendre la solitude, la seule vérité qui vaille, la terrible réalité de la condition humaine. Et tant que ça ne t’est pas rentré dans la tête, tu restes un être inachevé, il te manque à jamais quelque chose, tu as perdu ta maman, tu t’es paumé sur le bord de la route avec ton doudou-cheveux et tu pleures. Ouin. Et si tu n’avales pas cette couleuvre de la solitude et de la douloureuse impossibilité du bonheur, si tu restes à tout jamais coincé sur le bord de la vie avec l’idée que quelque chose de pur est éventuellement réalisable, alors tu restes un être inachevé qui a éternellement perdu sa maman. Pur, mais inachevé. Je tourne la tête, et je vois près de la route un arbre mort dont le tronc tient pourtant encore debout. Quelques étoiles assez puissantes pour percer le nuage d’azote s’allument au- dessus de ses branches noires. Je vais m’allonger et tenter de dormir un peu. Demain, ce sera la phase décisive de mon plan.

Chronique rurale


Septième jour : la phase active du plan

> Premier épisode                    > Episode suivant   Ca y est, je suis enfin passé dans la phase active du plan, j'irai voir maman demain. Je revêts une combinaison anti-radiations et un masque. Cela sied à ma silhouette d'individu enceint (je ne sais pas trop comment dire). Je marche dans la zone interdite d'un pas alerte, je ramasse des petits oiseaux morts pour faire du feu. Dans les rues désertées de Saint- Lô -c'est fou que le souffle de l'explosion soit parvenu jusqu'ici !-, je croise une poule qui redescend la côte menant à la Maison du Département. Depuis quelques jours, il se passe un truc effrayant : on a remarqué que les poules sont en train de devenir carnivores sous l'effet de la radiation. Elles se bouffent entre elles. Je marche encore, j'arrive dans la campagne : l'herbe est cramée, sous un ciel abscons. Etouffant sous mon masque et empâté dans ma combinaison, je m'emmêle dans les fils barbelés, je trébuche, et je m'étale sur le sol cramoisi d'un champ dévasté. Au travers des petits trous pratiqués dans la coque de mon masque de plomb, je devine un nuage qui pisse une fine pluie jaune. Etendu dans l'herbe sèche, je pense à Nadine et à Monsieur le Curé, ils sont tout ce que j'ai au monde. Je sens un coup de pied du bébé dans mon bas-ventre - j'ai l'impression que le très haut niveau de radiation accélère anormalement la croissance du foetus, malgré la combinaison de protection que j'ai achetée sur le Bon Coin. C'est alors qu'une voix m'arrache à mes douloureuses rêveries : maman est là, juste au-dessus de moi, elle s'est échappée de la maison de retraite. Ses yeux révulsés me scrutent avec une insupportable angoisse. Je me rends compte que je ne suis toujours pas allé lui rendre visite. - « Quand est-ce que tu viens me voir ? » se plaint-elle d'une voix typiquement geignarde. Et alors que me redressant sur mes coudes moites, j'hésite entre une réponse hypocrite et une affirmation cynique, je vois soudain maman partir en arrière, comme happée par une force inouïe qui l'arrache à son tour à ses reproches maternels. Elle hurle. Une poule carnivore lui a choppé le pied avec les dents et la traîne sur la longueur du champ, traçant un sillon digne d'une grosse charrue. Mû par un réflexe inattendu, je parviens à ôter ma combinaison empêtrée dans les barbelés, puis à me lancer à la poursuite de ma mère et de la poule dentée qui lui bouffe le pied. Raclant la terre et soulevant un nuage de poussière rouge, maman laisse échapper un cri continu et néanmoins saccadé, rythmé par les rebonds de sa nuque sur les mottes de terre séchées. Je cours quant à moi de toutes mes forces, mais la poule carnassière qui retient ma malheureuse génitrice reste incontestablement la plus rapide. Impuissant, je les vois s'éloigner dans le soleil couchant, et j'assiste à la désolante dévoration de ma mère par une poule radioactive et sans pitié.  

"Quand j'étais petite, mon père m'expliquait que le Sahara gagnait déjà un kilomètre par an."


Marine Le Pen, France 2, jeudi 23 février 2012
Après un tel aveu on comprend mieux que la fille Le Pen fasse commerce électoral de l’invasion arabe qui menacerait notre civilisation. Désertification-islamisation : même combat !  Tout se tient dans l’esprit lepénien où il faut retenir que ceux qui ne croient pas aux dangers intrusifs venus du sud, sont les même qui gobent les balivernes des « prêtres et évêques du changement climatique. » C’est une facette méconnue du projet FN  qui a été présentée lors de l’émission «  Des paroles et des actes » marquée surtout par la bagarre entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, où celle-la se l’est jouée Sainte Blandine martyrisée par le tribun païen. Chez les Le Pen on est ainsi « climato-sceptiques » de père en fille. Mais s’il y avait eu un flux migratoire esquimau aux frontières, le FN aurait-il dénoncé la fonte de la banquise sous l’effet des émissions de gaz de serre ? Voici en tout cas  une recrue pour l’Internationale des hystéro-chrétiens du parti républicain américain et des pétro-islamistes d’Arabie saoudite, virulents climato-sceptiques qui partagent la même foi dans les dividendes pétroliers. Aussi la croisade de Marine vise-t-elle désormais à délivrer le paysage des « immondes » éoliennes qui prétendent nous préserver d’un monde de « brut », ce qui ne va pas sans paradoxe puisqu’elle est aussi adepte du tout-nucléaire. Le Pen présidente c’est l’assurance d’une marée noire en guise de cerise sur le tsunami de Fukushima.
 
 

Reggae anti-nucléaire


Alors que les niveaux de radioactivité autour de la centrale de Fukushima atteignent ces derniers jours des niveaux de plus en plus inquiétants, un clip vidéo pose la question du nucléaire et de ses dangers. Le morceau écrit dans les jours qui ont suivi la catastrophe est l'oeuvre de Rankin' Taxi, un vétéran du reggae japonais, accompagné par le groupe Oki Ainu Dub Band. Et voici sa traduction en français par Mathieu Gaulène du blog "Le Japon à l'envers" (voir aussi son 2ème blog)

C'est terrible, terrible, terrible, terrible,
le nucléaire
C'est terrible, terrible, terrible, terrible,
quand un accident se produit
C'est terrible, terrible, terrible, terrible,
Fukushima
C'est terrible, terrible, terrible, terrible,
Ce que ça a fait

La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,

Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux

Une fois que l'accident se produit, c'est la grande panique,
Juste avant le naufrage, c'est le Titanic
Tchernobyl aujourd'hui est une ville fantôme,
Des enfants innocents ont un cancer de la thyroïde

Bienvenue
au célèbre Plutonium,
Au mythe de la sureté,
A "Fukushima, c'est terminé"

On ne pourra bientôt plus manger,
les produits de la ferme
N'importe où, n'importe quand,
la pollution se répand

La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,

Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux

Elle touche tout le monde comme par exemple,
Kadhafi, Obama, Sarkozy, Berlusconi,
Hirose Takashi, Rankin Taxi, le premier ministre,
Hanshin (équipe de baseball d'Ôsaka), Kyojin (surnom des Yomiuri Giants de Tôkyô)

Ceux qui sont pour, ceux qui sont contre,
Tepco, Kepco, Nandenkanden (chaîne de restaurants ramen)
Les hommes, les femmes, les enfants, les adultes,
Asahi (journal), Bunshun (magazine), Ebisu, Kirin (marques de bière)
Les Blancs, les Noirs, Seiyu, Daiei (supermarchés)
Toyota, Nissan, l'Irak et l'Iran
La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,
On ne peut ni la voir, ni la sentir

Même si le circuit de refroidissement fuit,
la centrale nucléaire va bien,
Protéger la paix dans le monde 24/24h,
Avec la bombe atomique,
Se réveiller quand il y a une catastrophe,
et n'en tirer aucune leçon,
Même en faisant attention,
une simple et stupide erreur peut survenir,

Des publicités habiles,
Dans des médias tout-puissants,
Une athmosphère douce,
Et des images subliminales,
Des journaux accumulant l'argent,
En étant remplis de publicités,
Et pendant qu'on croit tout ça,
Le vent souffle dans notre direction,

La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,
On ne peut ni la voir, ni la sentir

Elle touche tout le monde comme par exemple,
Beyonce, Bae Yong-joon (acteur sud-coréen)
Alien, Anpanman, Ultra Seven, Level Seven,
Dub Ainu Band, Green Island, Soft Bank, Hard-Punk,
Matsumoto Kiyoshi (chaîne de pharmacie), Matsumoto Hitoshi (humoriste)
"Zack" (Zaccheroni, sélectionneur du Japon), McDo,
Godzilla, Mothra (monstres géants), la police, les petits caïds,
Le pdg, les profs, Michaël (Jackson), Maiko Haaaan!! (comédie de 2007)
Tamori (humoriste), Takeshi (Kitano),
Matsuya, Sukiya, (chaînes de fast-food)
Takata (électroménager), Starbucks,

La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,
On ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuir

Est-ce que vous voulez mourrir en avalant la radioactivité ?
NON Y'A PAS MOYEN !
Ils nous disent que la fuite ne s'arrrête pas ?
NON Y'A PAS MOYEN !
Est-ce que vous voulez que nos enfants nous reprochent de n'avoir rien fait ?
NON Y'A PAS MOYEN !
Est-ce que vous voulez vivre avec une grave maladie ?
NON Y'A PAS MOYEN !

Est-ce que l'amour augmente avec la radioactivité ?
Est-ce qu'on devient plus intelligent grâce à la radioactivité ?
Est-ce qu'il n'y a plus de guerre avec la radioactivité ?
Est-ce que les gens sourient plus avec la radioactivité ?

La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,
On ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuir

On ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuir (x3)


 [En fond, il est écrit sur un portique "Le nucléaire, une énergie pour un avenir brillant"] On ne peut pas fuir, pas fuir, pas fuir, pas fuir,
le nucléaire
On ne peut pas fuir, pas fuir, pas fuir, pas fuir,
quand il y a un accident,

[Rankin Taxi en premier ministre, faisant des grands gestes]
C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,
le nucléaire,
C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,

tant qu'il n'y a pas d'accident,
C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,
le nucléaire,
C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,
Jusqu'à que ça le devienne

Jusqu'à que ça le devienne (x4)
Abruti!

Fukushima c'est plié, on n'en parle plus ?


Ça n'est pas de gaieté de cœur que je viens vous parler de Fukushima sur ventscontraires.net. Mais comme la presse est devenue distraite sur le sujet, je suis allé fouiller à la recherche de sites consacrés à la crise nucléaire au Japon. Les nouvelles que j'ai pu y glaner sont toutes plus effrayantes les unes que les autres : les cœurs ont fondu, les cuves fuient, les eaux sont contaminées, les filtres à air des véhicules tokyoïtes font bondir les compteurs Geiger, un lapin serait né sans oreilles (selon cette vidéo d'une chaîne russe anglophone), certains analystes craignent une évacuation à venir de la capitale japonaise, certains imaginent encore pire...
Pour vous faire votre propre opinion, je vous conseille les pages de l'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l'Ouest) qui traduisent au jour le jour du japonais les informations disponibles sur tous les paramètres. C'est passionnant et édifiant.
Les vidéos sur Fukushima sont recensées par le site suisse 2000 watts.org,
Plongez directement sur la centrale ici avec googleearth.
Après l'accident de Tchernobyl, l'Union Soviétique a sauvé l'Europe d'une seconde explosion (qui aurait ravagé la moitié du continent) en sacrifiant 800.000 "liquidateurs" pendant une année, comme le raconte l'hallucinant documentaire de Thomas Johnson "La bataille de Tchernobyl". Nos sociétés individualistes seront-elles capables d'une telle abnégation si elle s'avérait nécessaire ? A voir, sur le sujet, un second film de Thomas Johnson, étrangement prophétique : "Nucléaire en question".
Je vous avais prévenu que ça ne serait pas drôle.


Sortir du nucléaire c'est renier de Gaulle!


Actualités fraîches 32

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A l'heure où l'Europe peine se mettre d'accord sur les procédures "crash test" pour tester la résistances des centrales nucléaires du continent, que devons-nous faire ?
Abaisser notre consommation électrique ? Pas si facile vous allez voir... Prenez les ampoules écologiques à basse consommation. Ces ampoules seraient, d'après une étude suisse (on ne peut que leur faire confiance aux Suisses ! ), seraient dangereuses pour la santé.
Là tu fais « merde, ça tombe mal ».
Elles émettent des ondes magnétiques, ça a un effet physiologique, ça provoque un réchauffement du corps.
Et alors ce qui est magnifique dans cette étude, c'est que les mecs disent à la fin à propos de ces ampoules écolos :
– Il faut s'en éloigner !
Imaginons un instant Daniel Cohn Bendit qui rentre le soir chez lui… Le mec il a mis des ampoules à basse consommation partout.
Donc il ouvre la porte, il vient de lire l'étude suisse, et là il allume son couloir rempli d'ampoules écolos. Qu'est-ce qu'il fait ?
Il traverse son couloir en rampant.
Puis il se relève vite pour éteindre, allume le salon… et là il se jette par terre !
> 1er épisode


> mes niouzes sur Rue89

Chronique Rurale


Cinquième jour : le fantôme de Kadhafi

> Premier épisode                    > Episode suivant

Hier, en sortant du supermarché, je pensais encore à Nadine et je me disais que cet émoi sentimental avait quelque chose de typiquement masculin. Pourtant je ne suis même plus certain que ce soit le cas : aujourd’hui j’ai mis une robe et je me sens bien. Vous me direz qu’il s’agit d’un simple code vestimentaire, d’une habitude culturelle. Il n’empêche. Il me semble que j’ai les seins qui poussent. Je suis un peu perdu(e).  
Dans le journal, il est question d’un type qui a eu une apparition la nuit dernière. Il lui est arrivé un drôle de truc : il a vu dans son champ le fantôme de Kadhafi qui semait du maïs bio sur un tracteur. Il faut dire que les gens sont un peu secoués depuis le rachat de Guy Degrenne par un émir saoudien. Il a reconverti la Vallée de la Sée en Silicon Valley, pour y faire fabriquer des iPhones et des écrans plats éco-certifiés - les élus placent beaucoup d’espoir dans ce projet. Surtout depuis que les charges sociales ont été supprimées et que le Smic a été divisé par deux : les investissements affluent dans tout le Sud- Manche et le chômage est repassé en dessous de la barre des 25 %. Il faut dire que la région a bien souffert avec l’explosion de l’EPR et la mise en place d’une zone interdite entre Cherbourg et St Lô. Ceux qui y sont allés n’en sont pas revenus. On y aurait vu des lapins fumer des carottes avec les oreilles, en les tenant par les pattes arrière.  
Tout ça me fait penser qu’il va me falloir mettre mon plan à exécution, j’ai déjà pris beaucoup de retard. Il va me falloir du courage et de l’abnégation. Et une combinaison anti-radiations.

Pendant ce temps, à la Centrale


"- Professeur ! Le disrupteur quantique de subphotons est en surcharge ! Ses boucliers vont lâcher et nous risquons une explosion thermonucléaire de toute la galaxie dans moins de trente-sept secondes !
- Damned ! Que faire ? Attendez, j'ai une idée... passez-moi un vieux bout de ficelle !"

Igor


Ou bien imaginer une nouvelle version de « Petit Papa Noël », dans laquelle il ne serait plus question d’une belle nuit, mais d’un crépuscule post-apocalyptique, quelque chose de très sombre, quelque chose à des années-lumière des idées dégoulinantes de bons sentiments que l’on nous impose chaque année, que nos chères têtes blondes apprennent bêtement…  

C'est la belle nuit de Noël 
La neige étend son manteau noir 
Et les yeux levés vers le ciel 
À genoux, les petits enfants 
Avant de fermer les paupières 
Font une dernière prière. 
 

 … et dans laquelle le vieux monsieur généreux porterait des bottes à semelles de protection, une combinaison antiradiation homologuée, des gants en kevlar, un masque à gaz, un gilet pare-balles, car dehors, il va avoir si chaud… Dans cette version, le narrateur, un enfant de dix ans, Igor, aux traits fatigués, sans innocence, Igor, flétri, sans aucun avenir ou notion d’avenir, habiterait un bunker souterrain de 9m² avec toute sa famille. Il n’y aurait aucune cheminée, mais seulement un conduit d’évacuation et de traitement de l’air conditionné.   Petit Papa Noël Quand tu descendras du ciel Avec tes jouets par milliers.   

Bunker 248 de l'abri antiatomique numéro 47, sous-sol 3, ascenseur 24. Dans cette version de la chanson, le vieillard ferait sa distribution au son des compteurs Geiger des églises et des hurlements des chiens fossoyeurs des ruines.  

Ta distribution de surprises.
   

Dans cette nouvelle chanson, Igor se languirait de revoir un jour le soleil se lever autrement qu’à la télé. Il ne dirait plus qu’il a été sage, mais qu’il n’a rien fait, lui. [Refrain] 
Dans ce nouveau couplet, il serait question de nuages dépollués et même d’animaux vivants et en bonne santé, histoire d’apporter un peu de rêve, un peu de fêtes. Le sentiment de. Dans cette version moderne du Petit Papa Noël, on évoquerait des idées positives d’avenir radieux et de félicité partagée. [Refrain] 

Dans cette chanson, tout serait très beau, très à sa place : rien ne dépasserait. Dans les abris antiatomiques, les jours de fête auraient un goût particulier qui, on l’espère, ne serait pas celui âcre et violet de l’iode. Dans les abris, les gens danseraient comme des damnés, loin des réalités noircies des cendres grenat.  

Dans une version alternative, plus mature, il serait question de l’aversion de l’homme pour les choses visqueuses. Les crachats, les glaires, le sperme. Puis Igor ou tout du moins une version adulte d’Igor, argumenterait : « si Dieu n’avait pas voulu la semence masculine, il aurait fait du sperme en flocons de neige » et de rebondir avec le refrain, les notions d’hivers et de froid. Pour revisiter l’enfance, il faut désapprendre l’adulte.

Sous la plage, les pavés


Ce jour-là, à la plage, l'ambiance était assez tendue. Jeannette approuvait sans réserve la sortie du nucléaire adoptée par les allemands alors que Lucette y décelait ni plus ni moins qu'une capitulation de la chancelière Merkel face au lobby éolien. Mauricette quant à elle ne se remettait pas de la chute de DSK et, en tant que femme de chambre à l'Hôtel de la Plage, elle se sentait trahie par cet homme qu'elle avait tant soutenu. Jean-Claude pour sa part en avait plus qu'assez d'être le faire-valoir artistique de ces péronnelles et avait très envie de tout quitter pour assister à la finale de Roland Garros.
 
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