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"Seul l'avenir est un pays supportable"


Un film cadavre-exquis inauguré par Régis Jauffret

"Seul l'avenir est un pays supportable",film cadavre-exquis lancé par Régis Jauffret,montage complet,ventscontraires.net,théâtre du Rond-Point

Eteinte


Elle s’est éteinte cette nuit, envolée au paradis. Sa disparition soudaine, inéluctable pour son âge, nous a brutalement plongés dans le vide et le chagrin, surtout les enfants. Même le chien ce matin affichait un petit air sentencieux.  
D’après le médecin, son décès est le fruit d’un processus endogène tout à fait naturel. Il n’y avait rien à faire.  
Ces derniers temps, son état d’aphasie de plus en plus préoccupant, prémices avant-coureur d’une vie qui s’achève, nous avait préparé à la terrible nouvelle. Mais tant qu’une étincelle de vie continue d’éclairer nos cœurs alors même la raison reste aveugle et sourde face à toute idée de disparition.  
Quelle personnalité et quelle vie tout de même ! Tout le monde lui était attaché, pas un repas, pas une soirée ne se déroulait sans sa compagnie. S’il m’arrivait parfois et souvent même de  morigéner à son encontre, jamais je ne me sentais capable de la quitter.  
Malgré ses démences, son langage parfois outrancier et cette manière terrible qu’elle avait de tout le temps radoter, elle va, c’est sûr, terriblement nous manquer. Dans le codicille de ses pensées, je me suis tout de même permis de récupérer les piles de sa télécommande.  
Bref, notre télé est morte un dimanche matin et on est bon pour en changer.

De la nécrologie comme crotte de chien


Le deuil est un chien comme les autres
Aux fantômes on s’en prend comme aux chiens. On les mate, on les dresse. Assis, debout, couché, attaque, à la niche, lève la patte. Adopter, apprivoiser l’animal, c’est se garantir une domination définitive, s’aliéner un amour à vie. On a son chien, on est quelqu’un. Obéissant, fidèle, loyal, protecteur, craintif, il se montre reconnaissant à jamais de la dépendance où on le tient, l’animal domestique. Il ne connaît ni la rancœur ni l’ingratitude. Sa jalousie, une plus-value, grandit le maître. Le deuil est un chien comme les autres. On asservit le spectre, on le nourrit. On le soumet à nos peurs du grand néant inconcevable. On a une ardoise avec le ciel, on en appelle aux morts, on prie pour la paix de leur âme dans tous les bénéfices du doute. C’est faire avec ce qu’on a, exactement rien. Le deuil, c’est faire avec rien. Et les morts et les deuils s’entrechoquent, on mélange bientôt nos fantômes, les spectres sont pratiques ; ils rapprochent ceux qui restent. Pareils, les chiens se reniflent le trou du cul sous l’œil mouillé de ceux qu’ils baladent, et qui grâce à eux s’accostent enfin. Puis on ramasse les excréments, c’est la moindre des choses. Il faut bien que les vivants traversent le monde sans marcher toujours dedans. Goûter de la nécrologie, guetter l’hommage de tf1, acheter le journal match ou libé parce qu’il a fait sa grande une avec le petit mort de l’année, c’est ramasser dans un sac plastique la crotte de chien ; pour que les vivants marchent un peu au propre, au clair, au calme d’une conscience débarrassée momentanément du suprême effroi d’être soi-même le jouet de la mort.

Combien de temps ?



Cette nuit, moi j’ai rêvé que je perdais mes dents. Alors j’me suis levée, j'ai fait le tour de mes sentiments. Mais aussi le tour de ma vie pour voir si j’étais méritante. C’est pas bon signe le coup des dents... c’est signe de mort qu’on dit tout l'temps !
J’ai inspecté ma mémoire, j’voulais savoir... si j’aurais droit au paradis ou bien alors au purgatoire. Et j’ai même pensé à St Pierre avec sa barbe au fromage blanc, son air gentil, enfin j’espère, parce-ce… quand j’y pense: toutes les conneries que j’ai pu faire... c’est peut-être l’enfer qui m’attend ! 
Allez, demain c’est sûr, j’irai les voir, mes vrais amis et mes parents. J’vais rattraper tous mes retards, j'vais leur crier combien j’les aime, malgré l’existence qui nous saigne. Parce-que tout n’a qu’un  temps… mais pour combien, combien de temps ?
 
J’me suis pincée, j’me suis fait mal... c’était pas bon signe, j’ai rigolé. Je préfère rire que de penser que j’vais mourir, j’suis pas pressée ! C’est important de le savoir parce-qu’ici tout est illusoire... tout n’a qu’un temps…
Et puis… j’me suis regardée dans le miroir pour voir si j’étais quelqu’un de bien. J’ai vidé même tous mes tiroirs pour être sûre que j’oubliais rien… Mais j’ai rien vu dans le miroir, y’avait personne, pas de reflet !
Alors tout est devenu noir, j’me suis même pas entendue crier. Y’avait personne dans le miroir! La mort m’avait donc prise en traître... mais comment peut-on disparaître, comme ça, sans s’en apercevoir ?
Alors maintenant c’est sûr, j’peux plus les voir…  mes vrais amis et mes parents. J’peux plus rattraper mes retards, ni dévoiler mes sentiments à celui qui est mon seul amour, il ne le sait pas, mais c’est plus le jour !
J’peux plus crier combien j’les aime, à cause de la mort qui m’entraîne... j'peux plus crier, malgré tous mes efforts…
Mais combien, combien de temps dure la mort ?
 
   

Jean-François



Je n’aimerais pas mourir pendant qu’il passe quelque chose d’intéressant à la télé. Comme par exemple un match de football entre deux équipes brillantes et qui serait de ce fait le match du siècle. Ou bien une réclame pour un produit qui s’apprête  à révolutionner la vie de tous les jours du consommateur lambda. Ou bien le discours de démission en direct d’un président de la République en place depuis plus de sept ans. Ou bien un film d’amour très émouvant qui, même si l’on sait très bien qu’à la fin l’héroïne meurt de la tuberculose, réussit toujours à faire pleurer et cela malgré les nombreuses rediffusions. Ou bien un documentaire animalier sur les chatons ou de manière plus générale un documentaire sur les bébés animaux qui sont les choses les plus mignonnes au monde après les hommes musclés qui portent torses-nus, des bébés dans leurs bras. Ou bien une télé-réalité dans laquelle une blonde aux seins refaits vomirait dans une piscine parce qu’elle serait saoule (la blonde aux seins refaits, pas la piscine) et qui ferait scandale aurès de la ménagère de plus de cinquante ans. Ou bien une télénovela mexicaine bien nunuche et bourrée de clichés. Ou bien un bulletin météorologique annonçant l’arrivée d’une tempête tropicale en Europe centrale. Ou bien le premier film pornographique en trois dimensions. Ou bien alors le tirage d’un loto des plus intéressants présenté par une nouvelle animatrice intimidée qui buterait sur les mots « et tout de suite le numéro complémentaire est le… » et s’excuserait d’un petit sourire des plus charmants. Ou bien encore une émission culinaire explicitant de manière très claire l’art des pieds et paquets ce qui contribuerait à la réhabilitation des pieds et paquets dans la gastronomie contemporaine française… En fait, je n’aimerais pas que ma mort soit associée à un évènement banal plus important que ma mort elle-même. Je veux juste qu’on se souvienne un peu de moi et qu’on se dise : « Jean-François ? Barf, il était rudement sympa quand même comme type ». Juste ça.                                                                                                               

Jean-François, pupille de la natation.

Essuie-glaces



Se servir du rire pour faire face, c'est vieux comme la connerie. Rire contre la mort, l'absurdité humaine, rire contre le sida, contre le racisme, l'intolérance, mon voisin... C'est quasi naturel, d'utilité publique mais non remboursé par la Sécurité sociale. Un scandale. Alors rions contre les scandales. Rire en résistant, rire pour résister, résister pour rire, rire de résistance, résistance dans le rire... Toutes les combinaisons sont possibles, quelle est la bonne ?
Certainement la moins drôle, c'est ça l'humour; un air de musique sur le Titanic, dérisoire et magnifique. Quand un peuple d'Occidentaux gavés à l'économie dominante, baignant dans l'hygiénisme, prisonnier de ses peurs, ses angoisses et son endettement, perturbé par le retour d'un couvre-feu moral et l'arrivée d'un politiquement correct géniteur d'autismes sociaux et d'artistes consensuels, manipulé par la dictature du mou et l'autocensure médiatique, se résigne, dopé par l'impuissance et le défaitisme, à laisser gesticuler le pouvoir dans les pires directions : LE CLOWN ENTRE EN PISTE;
Voici venu le temps du défoulement, de la thérapie collective, de l'exutoire : le roi est nu.
A quoi ça sert? A ne pas oublier que nous sommes nés libres et que l'Etat, c'est nous. "L'humour, c'est comme les essuie-glaces, ça n'arrête pas la pluie mais ça permet d'avancer".

© Le Rire de résistance, tome II, de Plaute à Reiser (Théâtre du Rond-Point / Beaux Arts éditions)

Où est donc passée la tête de Goya?


Dans la nuit du 15 au 16 avril 1828, Francisco Goya s’éteint à Bordeaux. Quelques jours plus tard, un défilé de corbeaux accompagne le peintre au cimetière de la Chartreuse. Dans sa dernière demeure, pensez-vous ? Non, seulement pour 60 ans. Le temps qu’un consul espagnol, un peu plus regardant que ses confrères, n’entreprenne les démarches pour rapatrier le corps à Madrid. Sauf que l’administration, vous savez ce que c’est ? Et bien oui, ça traîne. Résultat des courses, l’exhumation n’a lieu qu’en 1888. Et là, autour du caveau, c’est le coup de théâtre : la tête de Goya a disparu ! - Le génie a-il été enterré décapité ? A l’époque, la femme du peintre Brugada, qui peignit Goya sur son lit de mort, affirme que la tête était bien là. - Mais alors comment est-ce possible ? Minute papillon ! En 1928, on découvre un petit tableau du peintre Dionisios Fierros qui représente une tête de mort sans mâchoire sous laquelle est inscrit « Crâne de Goya – 1849 ». Etrange, non ? L’histoire raconte que, dans son atelier, Dionisos Fierros avait un crâne. - Celui de Goya ? Impossible à vérifier. Le fils de Fierros, étudiant en médecine, emporta le crâne à Salamanque qu’il fracassa au cours d’une de ses expériences…

Jean-Michel


Singe comme une image

Un bête d'instrument de musique



Si tu veux sonner de l'éléphant, libre à toi. Mais n'exige pas de nous, s'il te plaît, que nous t'appelions Roland de Roncevaux. Ce dernier, en effet, comme nous l'apprend La chanson de Roland, avait plutôt choisi de souffler dans un olifant, et ceci aux alentours de 778. Ce qui est à la fois plus réaliste, et plus harmonieux mais qui, cependant, n'empêche pas de mourir à la fin. Avec un éléphant — de bonne composition — Roland aurait pu se faire transporter jusqu'à l'hôpital le plus proche et ne pas décéder bêtement, comme ça, sur le champ de bataille au milieu d'affreux cadavres de toutes sortes, à la fois sales et malodorants.

Ô Senescence !



Vieillir, c'est se suicider au temps qui passe. On ne le dit pas assez. J'ai remarqué que, arrivé à un certain âge, on devient épicurien de gré ou de force, dans le sens où on vit chaque jour comme le dernier. Il n' y a aucun remède contre cela, et la mort viendra à nous aussi sûrement que la joue vient au poing à qui sait la tendre. Dans notre société de consommation sans scrupules, même la sénilité fait recette. Les vieux sont prêts à avaler n'importe quoi pour rajeunir, comme le viagra, ou les crèmes anti-rides. Ou le concept des femmes cougars. Je m'excuse, mais une cougar, sans ses dents, ça fait pas courir grand monde ! Et notre Johnny, ils vont nous le tuer avec sa prochaine tournée, Cheveux blancs, idées noires. Ma grand-mère me donnait son avis sur la question l'autre jour : « Tu veux que je te dise ? La jeunesse, c'est dans la tête ! » La pauvre. Elle ne se rappelle même plus qu'elle a Alzheimer. Mon grand-père me disait à ce propos : « Regarde cette photo sur le mur. Elle était belle à dix-huit ans, ta grand-mère. Cette photo c'est un peu le portait de Dorian Gray, mais à l'envers. » La vie est une vaste blague et la mort en est la chute. Parfois, c'est une chute qui n'en finit plus de chuter. Chute des cheveux, chute des dents, chute de tension, chute dans la baignoire et, pour finir, chute dans l'oubli. Sans rigoler, on en finirait presque par se demander si ce ne seraient pas les plus courtes les meilleures.

Mauvaise surprise


"- Hem... je crois comprendre ce qui s'est passé... Elle a dû ouvrir ces tiroirs, fouiller dans les dossiers et elle sera tombée sur les fiches de paie de ses collègues. Forcément, ça a dû lui mettre un coup !"

Michel Onfray : De quoi riait Démocrite ? 8) Rire de la mort / Conclusion de la conférence


Le rire de Démocrite - 15

Onfray 15
Qu'est-ce que le rire de résistance?, avait demandé l'université du Rond-Point au philosophe Michel Onfray.
Réponse : Démocrite. Ou plus exactement "le Rire de Démocrite". C'est le titre d'une conférence que ventscontraires.net vous distille en feuilleton hebdomadaire.

> 1er épisode

Mark



Je reviens de loin, d’une sorte de rêve étrange. Certains appellent ça une catharsis, moi je me contente d’appeler ça un rêve étrange : il n’y a aucun mal à dire les choses différemment pourvu qu’on les dise avec honnêteté. Personne ne me jugera pour ça. J’ai fait ce que l’on appelle une EMI : une Expérience de Mort Imminente. En anglais, on dit : NDE : Near Death Experience. Je ne suis pas doué en anglais, mais « NEAR » ça veut dire « près » et « death », « mort ». Ce que j’ai fait, c’est être si proche de la mort que l’on revendique sa vie de manière si indécente qu’on oublie à peu près tout. Regarder directement dedans, bien rentré, à l’intérieur et cela tout en étant à l’extérieur. L’instant d’avant ça va bien et l’instant d’après, tout se perd. Near death Experience. Expérimenter. Experience. Expérience. La vie, c’est empirique, la mort, c’est autre chose. La mort, c’est perdre du temps à essayer de comprendre ce qui s’est passé dans la vie. La mort, c’est très utile, mais ça n’a rien de ressenti : c’est ailleurs et cet ailleurs, c’est à venir. Je me suis trouvé juste assez proche de la mort pour comprendre son sens et après je suis revenu à la vie. Certains appellent ça mentir, moi j’appelle ça se révéler : il n’y a aucun mal à dire les choses différemment. Personne ne me jugera pour ça. Ou tout du moins, personne ne le devrait, mais on n’est jamais à l’abri. En fait, il faudrait vraiment que j'arrête de bouffer des yaourts au Bifidus Actif parce que c'est franchement dégueulasse...
 
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